AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Claude Aziza (Éditeur scientifique)
ISBN : 2258050170
Éditeur : Omnibus (24/03/1998)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 201 notes)
Résumé :
Publié en feuilleton dans Le Siècle du 20 octobre 1847 - 12 janvier 1850. Sans doute le meilleur, le plus vibrant, le plus émouvant des grands romans de Dumas. Celui qui a souffert d'être "la suite" des Trois Mousquetaires et de Vingt ans après alors qu'il est l'une des oeuvres les plus achevées du romancier. Tout commence en 1661, l'année de la prise du pouvoir par Louis XIV. La première partie du livre raconte d'abord comment les Mousquetaires restaurent Charles I... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  04 juin 2018
2 600 pages, 268 chapitres, c'est incontestable, "Le vicomte de Bragelonne", suite et fin des aventures des célèbres mousquetaires Athos, Porthos, Aramis et D Artagnan, est un monument... d'ennui.
Au risque de surprendre ou de choquer, je livre un avis mitigé de cette fastidieuse lecture, sans complaisance pour un auteur classique que je connais pourtant bien et que j'apprécie. Toutefois j'estime que l'objectivité est de rigueur quand il s'agit comme ici d'une oeuvre aussi colossale dont l'écriture se ressent de tous les travers du feuilletoniste du XIXème siècle. Même si la plume collaborative de Dumas et de Maquet est très belle, et souvent caustique, la narration interminable du "Vicomte de Bragelonne" souffre terriblement du rythme excessivement lent.
Ce qui se profilait déjà à l'horizon avec "Vingt ans après" se réalise donc pleinement dans ce troisième volet des aventures des mousquetaires : récit délayé à l'envi, redites sans nombre d'un chapitre à l'autre, descriptions souvent inutiles qui donnent l'impression de remplir plutôt que d'orner, et goutte qui fait déborder le vase, la fameuse technique qui consiste à faire rapporter par un personnage secondaire les actions des personnages principaux que les lecteurs viennent pourtant de vivre "en live". Schéma type : dans un premier chapitre, l'action se déroule, dans un second chapitre, l'action est rapportée par un témoin ou un acteur de la scène à un autre personnage absent de l'action, et dans un troisième chapitre, ce dernier personnage rapporte lui-même l'action rapportée à une tierce personne. Au final, le lecteur en est pour lire l'action trois fois. Ce qui était utile voire nécessaire lorsqu'il s'agissait de rafraîchir la mémoire des abonnés des gazettes s'avère limite supportable quand le roman est lu en bloc. Si Dumas et Maquet avaient été scénaristes, on les aurait tout simplement accusés de "faire de la pellicule", rien de moins.
Autre point décevant, le fameux vicomte Raoul de Bragelonne, le fils d'Athos et de Mme de Chevreuse, - et qui donne son nom au roman - est le grand absent du roman. Les personnages principaux sont bel et bien les quatre mousquetaires, vieillis quoique toujours fort braves et rusés, et les chapitres consacrés à Raoul de Bragelonne - pour qui je me sentais une tendresse naturelle dès "Vingt ans après" - se comptent hélas sur les doigts de la main d'un manchot ; c'est presque en filigrane qu'il apparaît de loin en loin, et rarement dans un rôle valorisant. J'ai donc eu le sentiment d'un rendez-vous manqué avec ce personnage qui avait tout pour devenir un héros.
Bilan de la narration : cinq cent premières pages réjouissantes dans la droite lignée des "Trois mousquetaires" et de "Vingt ans après", c'est-à-dire pleines de complots, d'actions aventureuses, de rois détrônés, d'enjeux politiques, de fracas d'épée, de serments échangés ; cinq cent dernières pages émouvantes avec une vraie dimension dramatique, habitées elles aussi de belles preuves d'amitié, de combats acharnés, d'îles assiégées et de bravoure suicidaire ; entre les deux, plus de mille cinq cent pages d'enlisement à la cour de Louis XIV avec des développements à n'en plus finir sur les amours contrariées du Roi-Soleil, sur sa vanité froissée, sur ses appétits en tout genre, sur les luttes intestines entre courtisans et surintendants, sur les intrigues du sérail, etc. A peine y a-t-il une petite résurgence d'intérêt grâce au secret d'Etat autour du Masque de Fer mais sincèrement, de vous à moi, la traversée fut plutôt désespérante.
Alors, on me trouvera sans doute un peu sévère mais on est en droit d'attendre beaucoup d'un auteur aussi formidable qu'Alexandre Dumas ; on est surtout en droit d'être emporté plutôt qu'assommé. Heureusement, ce qui sauve un peu le tout c'est l'affection fidèle qu'après tant de temps passé ensemble on voue aux quatre terribles compagnons d'armes que sont Athos, Porthos, Aramis et D Artagnan et ce n'est pas sans émotion sincère qu'on les quitte à l'issue de leur épopée.

Challenge XIXème siècle 2018
Challenge MULTI-DÉFIS 2018
Challenge PAVES 2018
Challenge 50 OBJETS 2018 - 2019
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          342
Franckync
  01 juillet 2017
Titre : le vicomte de bragelonne
Année : 1847
Editeur : Omnibus
Auteur : Alexandre Dumas
Résumé : Dernier volet de la trilogie consacrée aux mousquetaires; le vicomte de Bragelonne narre dans un premier temps la restauration de Charles II sur le trône d'Angleterre grâce à l'intervention du brave D'artagnan puis des intrigues de la cour de Louis XIV et de la rivalité entre Colbert et Fouchet. Dans la troisième partie est évoquée l'affaire du masque de fer et d'un complot qui fit vaciller le roi soleil sur son trône.
Mon humble avis : Tout a été dit sur l'illustre oeuvre de Dumas et je n'aurais dans ce billet aucune autre prétention que de vous donner mon sentiment brut sur ce roman qui déchaina les passions et inspira tant de cinéastes. D'artagnan, Porthos, Aramis et Athos font partie du panthéon de la littérature classique française et je dois avouer qu'à la lecture de ce pavé de plus de 1600 pages je comprends qu'un tel monument ait pu traverser le temps et marquer de son empreinte des générations de lecteurs. Pour la petite histoire je trouvais l'ouvrage chez un bouquiniste il y a quelques temps et me promettais de le lire dès que j'en aurais l'occasion tant je fus effrayé par l'épaisseur du volume. Et puis à l'occasion d'un long trajet en avion je me lançais dans cette lecture m'attendant, je dois l'avouer, à une lecture longue et fastidieuse puisque je n'avais encore jamais parcouru un roman du mythique auteur métis natif de Villers-Cotterêts. Et puis rapidement (ô surprise !) je fus conquis et passionné par un texte et un style qui n'ont pas pris une ride. L'écriture de Dumas ( bien aidé à priori par l'oublié Auguste Maquet ) est précise, lyrique et d'un modernisme à couper le souffle. Les personnages sont héroïques, dignes sans être caricaturaux et la troisième partie du roman révèle des trésors d'émotion dont je n'aurais jamais soupçonné la force. Les thèmes abordés sont bien évidemment multiples mais je retiendrais plus particulièrement les ultimes pages sur le temps qui passe, l'amitié, la loyauté et l'amour filial. Sur ce dernier thème les pages décrivant la relation entre Athos et son fils Raoul, vicomte de Bragelonne, sont d'une beauté et d'une émotion rare. Quel plaisir de lecture, rarement ennuyeux ( excepté tous les passages sur les intrigues de cour qui sont celles qui m'ont le moins intéressé ) ce texte est, à mon humble avis, en tout point proche de la perfection littéraire. Alternant les scènes d'action, les dialogues et des tournures de phrases superbes, ce roman et les personnages qui le peuplent resteront pour moi une expérience enrichissante et précieuse. Les mousquetaires et l'amitié indéfectibles qui les lient resteront gravés dans ma mémoire à tout jamais et j'ai vraiment hâte de lire les deux premiers tomes pour retrouver ces héros aux sentiments si nobles et sublimes.  Quelle puissance ! Quelle souffle et que d'émotion dans ce texte aux aspirations aussi hautes que ne l'était le talent du génial et illustre Dumas ( ou Maquet c'est selon ! ).
J'achète ? : Soyons franc je suis tout à fait conscient qu'un tel pavé puisse effrayer la plupart des lecteurs. Pourtant si quelques uns pouvaient faire l'effort de s'y pencher, ils découvriraient une oeuvre forte, moderne, ambitieuse et en tout point digne du succès qu'elle rencontre depuis près de deux siècles. Pour ma part je suis devenu définitivement fan d'Alexandre Dumas.
Lien : http://francksbooks.wordpres..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          300
PiertyM
  11 juillet 2015
Troisième et dernier volume des trois mousquetaires,Le Vicomte de Bragelonne est la partie la plus détendue, l'auteur crée une espèce de virement dans la conduite de ses mousquetaires.
Seul le premier tome nous fait vivre une merveilleuse aventure avec la restauration de Charles II sur le trône d'Angleterre, après celui-ci, le climat se relâche comme si les personnages se délassent de leurs aventures, l'urgence est tout bannie, les missions suicides sont quasi inexistantes, elles se réalisent plutôt avec plus de philosophie, l'auteur prend le temps développer chaque moment, il nous fait vivre les démêlés dans la cour du roi Louis XIV...
Commenter  J’apprécie          270
Luniver
  23 juin 2012
Le vicomte de Bragelonne est le troisième volume de la trilogie des "trois mousquetaires" (dont je n'ai d'ailleurs pas lu le second). D'artagnan est au service du roi Louix XIV, qui a un rôle purement décoratif : c'est le premier ministre Mazarin qui s'occupe de toute la politique du royaume. Quand le roi avoue être dans l'incapacité de prêter un million à son frère pour reconquérir le trône d'Angleterre, D Artagnan donne sa démission au roi, et se met en tête de réinstaller la monarchie à Londres par ses propres moyens. Il y parvient avec l'aide involontaire d'Athos, qui avait pris la même résolution que lui sans lui parler de ses projets.
Quelque temps après que Charles II ait récupéré son trône, Mazarin meurt. le ministre lègue à son roi le conseil de ne plus jamais reprendre de ministre s'il veut régner, et Colbert, comptable scrupuleux qui prendra soin des finances de l'Etat. Ce dernier s'attaque immédiatement à Fouquet, surintendant des finances, qui s'est engraissé depuis plusieurs années avec sa charge. Aramis complote dans l'ombre pour favoriser Fouquet. Porthos, avec sa bonhomie habituelle, suit Aramis sans trop comprendre ce qu'on lui demande de faire.
Le vicomte de Bragelonne est le fils d'Athos. Bien que le titre du livre lui soit dédiée, son rôle est mineur dans le récit : il aime Mlle de la Vallière, qu'il connait depuis son enfance, et qu'il compte épouser. Mais ce projet de mariage est désapprouvé par son père, puis par le roi, surtout que celui-ci finit par tomber amoureux lui-même de la demoiselle, amour qui sera d'ailleurs réciproque.
L'ambiance est plus sombre que dans le premier volume de la série. Les quatre amis ne sont pas dans le même camp, et seront appelés à se mettre des bâtons dans les roues l'un l'autre. Et d'ailleurs, aucun des personnages n'est parfaitement bon, aucun n'est totalement mauvais. Chacun lutte pour ses ambitions, et essaie de placer ses pions avec ses qualités et ses défauts.
Le vicomte de Bragelonne est un roman monumental : plus de 1600 pages d'intrigues de cour, d'amours contrariées, de politique, de complots en tout genre et d'aventure. le style de Dumas, avec ses petites pointes d'humour présentes dans chaque chapitre, est plaisant à suivre. Malgré l'épaisseur du livre, on ne s'ennuie pas un instant. La fin laisse un petit goût amer, mais c'est une fin digne des quatre héros.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
Hanta
  25 octobre 2015
Certains projets mettent du temps à se réaliser, comme celui-ci : cinq ans après la lecture de Vingt ans après, je suis contente de vous présenter ce dernier tome qui réunit nos amis D Artagnan, Athos, Porthos et Aramis.
Dans celui-ci, nous suivons les intrigues politiques autour du règne du roi Louis XIV. Ce livre, qui comprend un nombre conséquent de pages, m'a paru laborieux à certains moments. Si on souhaite le résumer de manière très succincte, je dirais qu'il est divisé en trois grandes parties : la restauration du roi Charles II sur le trône d'Angleterre en parallèle avec le début de règne de Louis XIV, l'amour naissant entre le roi et Louise de la Vallière et la rivalité entre Fouquet et le roi, où se joue un complot qui vise à le détrôner.
Cette histoire m'a paru plus mélancolique et plus sombre que les deux premiers tomes : on dit adieu à la fraîcheur et à la spontanéité de la jeunesse des quatre mousquetaires pour se concentrer sur leur situation respective et leur ambition personnelle: Athos est retiré dans la campagne de Blois ; Porthos dans son domaine du Vallon; Aramis, devenu évêque, est mêlé à des intrigues avec Fouquet le surintendant ; et D Artagnan occupe fidèlement son poste de mousquetaire. Il y a moins d'aventures, moins de combats et moins de situations périlleuses ; nous sommes plus confrontés à l'hypocrisie des courtisans, aux joutes verbales pour asseoir son pouvoir auprès d'un aristocrate de haut rang et aux amourettes à la cour du roi. C'est intéressant de découvrir les moeurs de cette époque mais parfois, je me suis demandée où mènent tous ces chapitres superflus.
Les personnages principaux restent attachants et drôles mais je me suis sentie nostalgique devant ce délitement de l'amitié, devant ce temps qui passe et qui laisse ses grands hommes derrière, comme si leur sacrifice et leur abnégation d'antan n'avaient plus aucun sens désormais. Nos quatre amis sont rattrapés par la vieillesse ; ils sont moins enclins à partager leurs secrets et leurs ambitions et, puis, chacun a fait son propre choix de vie.
En tout cas pour tous les lecteurs qui ont aimé Les trois mousquetaires et Vingt ans après, ce livre reste un incontournable. C'est ici que l'on va les revoir une dernière fois et préparez vos mouchoirs, certains passages sont poignants ! Dumas m'a causé du chagrin, et quand j'y repense, un long soupir s'exhale de ma poitrine.
Le style d'écriture d'Alexandre Dumas reste toujours aussi somptueux, vif, sarcastique et fluide. Un vrai régal pour les yeux ! Un vrai plaisir pour les amateurs de classique !
Pour conclure, je reprendrai cette phrase de Dumas : « Athos, Porthos, au revoir ! Aramis, à jamais, adieu !"
Lien : http://leslecturesdehanta.co..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   29 mars 2018
- J’avoue, monsieur d’Artagnan, que j’ai peur…
- De comprendre ?
- Oui.
- De comprendre que je veux faire remonter sur le trône le roi Charles II, qui n’a plus de trône ? Est-ce cela ?
Planchet fit un bond prodigieux sur sa chaise.
- Ah ! Ah ! dit-il tout effaré ; voilà donc ce que vous appelez une restauration, vous !
- Oui, Planchet, n’est-ce pas ainsi que la chose se nomme ?
- Sans doute, sans doute. Mais avez-vous bien réfléchi ?
- À quoi ?
- À ce qu’il y a là-bas ?
- Où ?
- En Angleterre.
- Et qu’y a-t-il, voyons, Planchet ?
- D’abord, Monsieur, je vous demande pardon si je me mêle de ces choses-là, qui ne sont point de mon commerce ; mais puisque c’est une affaire que vous me proposez… car vous me proposez une affaire, n’est-ce pas ?
- Superbe, Planchet.
- Mais puisque vous me proposez une affaire, j’ai le droit de la discuter.
- Discute, Planchet ; de la discussion naît la lumière.
- Eh bien ! puisque j’ai la permission de Monsieur, je lui dirai qu’il y a là-bas les parlements d’abord.
- Eh bien ! après ?
- Et puis l’armée.
- Bon. Vois-tu encore quelque chose ?
- Et puis la nation.
- Est-ce tout ?
- La nation, qui a consenti la chute et la mort du feu roi, père de celui-là, et qui ne se voudra point démentir.
- Planchet, mon ami, dit d’Artagnan, tu raisonnes comme un fromage. La nation… la nation est lasse de ces messieurs qui s’appellent de noms barbares et qui lui chantent des psaumes. Chanter pour chanter, mon cher Planchet, j’ai remarqué que les nations aimaient mieux chanter la gaudriole que le plain-chant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
Gwen21Gwen21   25 mai 2018
- A-t-on d’aussi fins moutons dans votre province, monsieur du Vallon ? continua le roi.
- Sire, dit Porthos, je crois qu’en ma province, comme partout, ce qu’il y a de meilleur est d’abord au roi ; mais, ensuite, je ne mange pas le mouton de la même façon que le mange Votre Majesté.
- Ah ! ah ! Et comment le mangez-vous ?
- D’ordinaire, je me fais accommoder un agneau tout entier.
- Tout entier ?
- Oui, sire.
- Et de quelle façon ?
- Voici : mon cuisinier, le drôle est Allemand, sire ; mon cuisinier bourre l’agneau en question de petites saucisses qu’il fait venir de Strasbourg ; d’andouillettes, qu’il fait venir de Troyes ; de mauviettes, qu’il fait venir de Pithiviers ; par je ne sais quel moyen, il désosse le mouton, comme il ferait d’une volaille, tout en lui laissant la peau, qui fait autour de l’animal une croûte rissolée ; lorsqu’on le coupe par belles tranches, comme on ferait d’un énorme saucisson, il en sort un jus tout rosé qui est à la fois agréable à l’œil et exquis au palais.
Et Porthos fit clapper sa langue. [...]
- Et cela n’est pas trop gras ?
- Non, sire ; les graisses tombent en même temps que le jus et surnagent ; alors mon écuyer tranchant les enlève avec une cuillère d’argent, que j’ai fait faire exprès.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          152
Gwen21Gwen21   13 avril 2018
- Allons, dit-il, je vois ce qu’il en est. Soyons hommes. C’est fini, n’est-ce pas ? Le principal, Monsieur, est que vous ayez sauvé votre vie.
- Sans doute, sans doute, c’est quelque chose que la vie ; mais, en attendant, je suis ruiné, moi.
- Cordieu ! Monsieur, dit Planchet, s’il en est ainsi, il ne faut point se désespérer pour cela ; vous vous mettrez épicier avec moi ; je vous associe à mon commerce ; nous partagerons les bénéfices, et quand il n’y aura plus de bénéfices, eh bien ! nous partagerons les amandes, les raisins secs et les pruneaux, et nous grignoterons ensemble le dernier quartier de fromage de Hollande.
D’Artagnan ne put y résister plus longtemps.
- Mordioux ! s’écria-t-il tout ému, tu es un brave garçon, sur l’honneur, Planchet !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230
Gwen21Gwen21   18 avril 2018
Mais, au moment où il l’allait ouvrir, il se fit à la fois un grand bruit dans la galerie, dans les antichambres et dans la cour.
- Ah ! ah ! dit Louis XIV, qui sans doute reconnut ce triple bruit, que disais-je donc qu’il n’y avait qu’un roi en France ! je me trompais, il y en a deux.
En ce moment, la porte s’ouvrit, et le surintendant des finances Fouquet apparut à Louis XIV. C’était lui qui faisait ce bruit dans la galerie ; c’étaient ses laquais qui faisaient ce bruit dans les antichambres ; c’étaient ses chevaux qui faisaient ce bruit dans la cour. En outre, on entendait un long murmure sur son passage qui ne s’éteignait que longtemps après qu’il avait passé. C’était ce murmure que Louis XIV regrettait si fort de ne point entendre alors sous ses pas et mourir derrière lui.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
Gwen21Gwen21   22 mai 2018
Sous ses dents, comme sous des meules, se broyaient les noyaux, dont les débris jonchaient le plancher et criaient sous les semelles de ceux qui allaient et venaient ; Porthos égrenait dans ses lèvres, d’un seul coup, les riches grappes de muscat sec, aux violettes couleurs, dont une demi-livre passait ainsi d’un seul coup de sa bouche dans son estomac.
Dans un coin du magasin, les garçons, tapis avec épouvante, s’entre-regardaient sans oser se parler.
Ils ignoraient Porthos, ils ne l’avaient jamais vu. La race de ces Titans qui avaient porté les dernières cuirasses d’Hugues Capet, de Philippe-Auguste et de François Ier commençait à disparaître. Ils se demandaient donc mentalement si ce n’était point là l’ogre des contes de fées, qui allait faire disparaître dans son insatiable estomac le magasin tout entier de Planchet, et cela sans opérer le moindre déménagement des tonnes et des caisses.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
Videos de Alexandre Dumas (55) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alexandre Dumas
Si les deux premiers épisodes d’Hommage Collatéral s’intéressaient à des ambassadeurs contemporains de la culture Pop, le troisième est carrément dédié à l’un de ses pères fondateurs. Tout le monde a lu (ou prétend avoir lu) Les Trois Mousquetaires et Monte-Cristo. Mais la vie et la carrière d’Alexandre Dumas sont bien plus vastes, bien plus flamboyantes que ses deux chefs-d’oeuvre. À la fin de la précédente émission, je disais que Dumas était le showrunner de son époque. (Si vous lisez son Petit éloge des séries télé, vous constaterez que Martin Wincker est d’accord avec moi.) Il était aussi script doctor à ses heures et surtout écrivain, bien-sûr. Mais il était tellement d’autre choses ! Dramaturge, metteur en scène, poète, parolier, mécène, duelliste, entrepreneur, patron de presse, politicien, aventurier. Dumas à tout fait. (Et, ce qu’il n’a pas fait, il l’a écrit.) Il était tout ça à la fois, tout en témoignant des nombreux changements du monde, pendant le 19ème siècle. Bref, il fallait bien un double-podcast pour tenter de synthétiser sa carrière, ses oeuvres, ses amis, ses amours, ses emmerdes.
+ Lire la suite
autres livres classés : de capes et d'épéesVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Les personnages des Trois Mousquetaires et Vingt ans après

Sous quel nom connaît-on monsieur du Vallon de Bracieux de Pierrefonds ?

Athos
Porthos
Aramis
D'Artagnan

9 questions
104 lecteurs ont répondu
Thème : Alexandre DumasCréer un quiz sur ce livre