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Claude Aziza (Éditeur scientifique)
EAN : 9782258050174
1728 pages
Omnibus (24/03/1998)
4.18/5   273 notes
Résumé :
Publié en feuilleton dans Le Siècle du 20 octobre 1847 - 12 janvier 1850. Sans doute le meilleur, le plus vibrant, le plus émouvant des grands romans de Dumas. Celui qui a souffert d'être "la suite" des Trois Mousquetaires et de Vingt ans après alors qu'il est l'une des oeuvres les plus achevées du romancier. Tout commence en 1661, l'année de la prise du pouvoir par Louis XIV. La première partie du livre raconte d'abord comment les Mousquetaires restaurent Charles I... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
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Gwen21
  04 juin 2018
2 600 pages, 268 chapitres, c'est incontestable, "Le vicomte de Bragelonne", suite et fin des aventures des célèbres mousquetaires Athos, Porthos, Aramis et D Artagnan, est un monument... d'ennui.
Au risque de surprendre ou de choquer, je livre un avis mitigé de cette fastidieuse lecture, sans complaisance pour un auteur classique que je connais pourtant bien et que j'apprécie. Toutefois j'estime que l'objectivité est de rigueur quand il s'agit comme ici d'une oeuvre aussi colossale dont l'écriture se ressent de tous les travers du feuilletoniste du XIXème siècle. Même si la plume collaborative de Dumas et de Maquet est très belle, et souvent caustique, la narration interminable du "Vicomte de Bragelonne" souffre terriblement du rythme excessivement lent.
Ce qui se profilait déjà à l'horizon avec "Vingt ans après" se réalise donc pleinement dans ce troisième volet des aventures des mousquetaires : récit délayé à l'envi, redites sans nombre d'un chapitre à l'autre, descriptions souvent inutiles qui donnent l'impression de remplir plutôt que d'orner, et goutte qui fait déborder le vase, la fameuse technique qui consiste à faire rapporter par un personnage secondaire les actions des personnages principaux que les lecteurs viennent pourtant de vivre "en live". Schéma type : dans un premier chapitre, l'action se déroule, dans un second chapitre, l'action est rapportée par un témoin ou un acteur de la scène à un autre personnage absent de l'action, et dans un troisième chapitre, ce dernier personnage rapporte lui-même l'action rapportée à une tierce personne. Au final, le lecteur en est pour lire l'action trois fois. Ce qui était utile voire nécessaire lorsqu'il s'agissait de rafraîchir la mémoire des abonnés des gazettes s'avère limite supportable quand le roman est lu en bloc. Si Dumas et Maquet avaient été scénaristes, on les aurait tout simplement accusés de "faire de la pellicule", rien de moins.
Autre point décevant, le fameux vicomte Raoul de Bragelonne, le fils d'Athos et de Mme de Chevreuse, - et qui donne son nom au roman - est le grand absent du roman. Les personnages principaux sont bel et bien les quatre mousquetaires, vieillis quoique toujours fort braves et rusés, et les chapitres consacrés à Raoul de Bragelonne - pour qui je me sentais une tendresse naturelle dès "Vingt ans après" - se comptent hélas sur les doigts de la main d'un manchot ; c'est presque en filigrane qu'il apparaît de loin en loin, et rarement dans un rôle valorisant. J'ai donc eu le sentiment d'un rendez-vous manqué avec ce personnage qui avait tout pour devenir un héros.
Bilan de la narration : cinq cent premières pages réjouissantes dans la droite lignée des "Trois mousquetaires" et de "Vingt ans après", c'est-à-dire pleines de complots, d'actions aventureuses, de rois détrônés, d'enjeux politiques, de fracas d'épée, de serments échangés ; cinq cent dernières pages émouvantes avec une vraie dimension dramatique, habitées elles aussi de belles preuves d'amitié, de combats acharnés, d'îles assiégées et de bravoure suicidaire ; entre les deux, plus de mille cinq cent pages d'enlisement à la cour de Louis XIV avec des développements à n'en plus finir sur les amours contrariées du Roi-Soleil, sur sa vanité froissée, sur ses appétits en tout genre, sur les luttes intestines entre courtisans et surintendants, sur les intrigues du sérail, etc. A peine y a-t-il une petite résurgence d'intérêt grâce au secret d'Etat autour du Masque de Fer mais sincèrement, de vous à moi, la traversée fut plutôt désespérante.
Alors, on me trouvera sans doute un peu sévère mais on est en droit d'attendre beaucoup d'un auteur aussi formidable qu'Alexandre Dumas ; on est surtout en droit d'être emporté plutôt qu'assommé. Heureusement, ce qui sauve un peu le tout c'est l'affection fidèle qu'après tant de temps passé ensemble on voue aux quatre terribles compagnons d'armes que sont Athos, Porthos, Aramis et D Artagnan et ce n'est pas sans émotion sincère qu'on les quitte à l'issue de leur épopée.

Challenge XIXème siècle 2018
Challenge MULTI-DÉFIS 2018
Challenge PAVES 2018
Challenge 50 OBJETS 2018 - 2019
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Franckync
  01 juillet 2017
Titre : le vicomte de bragelonne
Année : 1847
Editeur : Omnibus
Auteur : Alexandre Dumas
Résumé : Dernier volet de la trilogie consacrée aux mousquetaires; le vicomte de Bragelonne narre dans un premier temps la restauration de Charles II sur le trône d'Angleterre grâce à l'intervention du brave D'artagnan puis des intrigues de la cour de Louis XIV et de la rivalité entre Colbert et Fouchet. Dans la troisième partie est évoquée l'affaire du masque de fer et d'un complot qui fit vaciller le roi soleil sur son trône.
Mon humble avis : Tout a été dit sur l'illustre oeuvre de Dumas et je n'aurais dans ce billet aucune autre prétention que de vous donner mon sentiment brut sur ce roman qui déchaina les passions et inspira tant de cinéastes. D'artagnan, Porthos, Aramis et Athos font partie du panthéon de la littérature classique française et je dois avouer qu'à la lecture de ce pavé de plus de 1600 pages je comprends qu'un tel monument ait pu traverser le temps et marquer de son empreinte des générations de lecteurs. Pour la petite histoire je trouvais l'ouvrage chez un bouquiniste il y a quelques temps et me promettais de le lire dès que j'en aurais l'occasion tant je fus effrayé par l'épaisseur du volume. Et puis à l'occasion d'un long trajet en avion je me lançais dans cette lecture m'attendant, je dois l'avouer, à une lecture longue et fastidieuse puisque je n'avais encore jamais parcouru un roman du mythique auteur métis natif de Villers-Cotterêts. Et puis rapidement (ô surprise !) je fus conquis et passionné par un texte et un style qui n'ont pas pris une ride. L'écriture de Dumas ( bien aidé à priori par l'oublié Auguste Maquet ) est précise, lyrique et d'un modernisme à couper le souffle. Les personnages sont héroïques, dignes sans être caricaturaux et la troisième partie du roman révèle des trésors d'émotion dont je n'aurais jamais soupçonné la force. Les thèmes abordés sont bien évidemment multiples mais je retiendrais plus particulièrement les ultimes pages sur le temps qui passe, l'amitié, la loyauté et l'amour filial. Sur ce dernier thème les pages décrivant la relation entre Athos et son fils Raoul, vicomte de Bragelonne, sont d'une beauté et d'une émotion rare. Quel plaisir de lecture, rarement ennuyeux ( excepté tous les passages sur les intrigues de cour qui sont celles qui m'ont le moins intéressé ) ce texte est, à mon humble avis, en tout point proche de la perfection littéraire. Alternant les scènes d'action, les dialogues et des tournures de phrases superbes, ce roman et les personnages qui le peuplent resteront pour moi une expérience enrichissante et précieuse. Les mousquetaires et l'amitié indéfectibles qui les lient resteront gravés dans ma mémoire à tout jamais et j'ai vraiment hâte de lire les deux premiers tomes pour retrouver ces héros aux sentiments si nobles et sublimes.  Quelle puissance ! Quelle souffle et que d'émotion dans ce texte aux aspirations aussi hautes que ne l'était le talent du génial et illustre Dumas ( ou Maquet c'est selon ! ).
J'achète ? : Soyons franc je suis tout à fait conscient qu'un tel pavé puisse effrayer la plupart des lecteurs. Pourtant si quelques uns pouvaient faire l'effort de s'y pencher, ils découvriraient une oeuvre forte, moderne, ambitieuse et en tout point digne du succès qu'elle rencontre depuis près de deux siècles. Pour ma part je suis devenu définitivement fan d'Alexandre Dumas.
Lien : http://francksbooks.wordpres..
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Arakasi
  17 octobre 2018
Troisième opus de la trilogie des Mousquetaires d'Alexandre Dumas, “Le vicomte de Bragelonne” est le petit (gros) mal-aimé de la portée. L'écrasante majorité des amoureux du romancier romantique ont lu et relu “Les trois mousquetaires”, beaucoup se sont plongés avec délectation dans “Vingt ans après”, mais relativement peu sont ceux à avoir tenté leur chance avec ce dernier tome dont la longueur effarante - 1800 pages et quelques en grand format - avait de quoi effrayer les moins timorés. Personnellement, je garde un souvenir ambigu de ma première lecture à l'adolescence. D'un côté, “Le vicomte de Bragelonne” est le premier roman sur lequel j'ai pleuré, vraiment pleuré, versant des torrents de larmes à la mort de chaque mousquetaire. D'un autre côté, je me souviens de m'être copieusement ennuyée pendant des chapitres entiers, tournant les pages machinalement en espérant qu'enfin - enfin ! - ce cuistre de Louis XIV allait réussir à se taper cette petite mijaurée de la Vallière. Jusqu'à cet été, “Le vicomte” restait le seul roman de la trilogie des Mousquetaire que je n'avais pas relu une demi-douzaine de fois, voire même une seule.
Il fallait bien y remédier un jour et j'ai profité d'un retard monumental dans mes critiques littéraires pour m'y atteler enfin. Trois semaines et demi plus tard - presque un record de durée, en ce qui me concerne - je sors de ma lecture un peu essoufflée mais pas aussi déçue que je le craignais. Commençons par les défauts. Ils sont nombreux. Trop de délayage, trop d'anecdotes, trop de descriptions peu inspirées, des nouveaux personnages insipides au possible et beaucoup trop présents, pas assez d'aventure, pas assez d'épique, définitivement pas assez de mousquetaires… Pas besoin de chercher midi à quatorze heures : Dumas n'aime pas la période qu'il décrit dans “Le vicomte de Bragelonne” et cela se sent. Il n'aime pas Louis XIV, il n'aime pas sa cour trop policée, il n'aime pas l'ennui rigide et ordonné qui imprègne son règne, il n'aime pas Raoul de Bragelonne, il n'aime pas cette nouvelle génération de jeunes gens trop courtois, trop civilisés, qui ne veulent plus se battre et savent mieux conter fleurette que manier la rapière. Car Dumas parle énormément de romance dans “le vicomte” et, soyons francs, il en parle assez mal. Rien d'étonnant à cela d'ailleurs puisque, excellent ami, le bon Alexandre a toujours été un amant désastreux…
Que nous reste-t-il alors à nous mettre sous la dent ? Mais nos mousquetaires, pardieu ! Toujours nos mousquetaires ! Ils ont vieilli, hélas, surtout Athos dont la quasi-absence se fait tristement sentir dans ce dernier volume, mais on les a aimés pendant si longtemps, on les aime tant encore, qu'on ne peut que se réjouir de faire ce dernier bout de chemin à leurs côtés. On a vu D Artagnan s'aigrir, se renfermer, perdre peu à peu sa fougue de déception en déception, mais on appréciera d'autant plus son humour noir et son point de vue tranchant sur le monde fastidieux et corrompu où il est forcé à présent d'évoluer. Porthos n'a jamais été aussi adorable et con à la fois et certaines de ses naïvetés nous arracheraient presque des larmes d'attendrissement. Quant à Aramis… Ah, terrible, orgueilleux, malheureux Aramis que sa soif de pouvoir entraînera loin de ses camarades et lui fera commettre le pire des crimes - non pas celui de lèse-majesté, très pardonnable, mais celui de lèse-amitié bien plus grave aux yeux de Dumas… - mais qui offrira aux lecteurs la meilleure partie du roman, l'intrigue flamboyante et passionnante du Masque de fer ! C'est eux qui procurent au “vicomte de Bragelonne” la puissante force émotionnelle qui rend tout le reste pardonnable. Et ouais, j'ai pleuré. Encore. Plusieurs fois. Même pas honte.
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PiertyM
  11 juillet 2015
Troisième et dernier volume des trois mousquetaires,Le Vicomte de Bragelonne est la partie la plus détendue, l'auteur crée une espèce de virement dans la conduite de ses mousquetaires.
Seul le premier tome nous fait vivre une merveilleuse aventure avec la restauration de Charles II sur le trône d'Angleterre, après celui-ci, le climat se relâche comme si les personnages se délassent de leurs aventures, l'urgence est tout bannie, les missions suicides sont quasi inexistantes, elles se réalisent plutôt avec plus de philosophie, l'auteur prend le temps développer chaque moment, il nous fait vivre les démêlés dans la cour du roi Louis XIV...
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MatthieuMouquet
  06 octobre 2022
DUMAS ! DUMAS !
Mais quelle pépite incroyable ! Moi qui croyais que ça allait jamais s'arrêter et bah pourtant si !
Plus de 3000 pages de pur bonheur !!!!
Pour commencer bien évidemment Les Trois Mousquetaires, Vingt ans après et le Vicomte de Bragelonne !
Le plus gros livre que j'ai jamais lu et je pense que c'est le dernier !
Mais whaouuuuuuuu j'ai du mal à imaginer que j'ai du finir cette pépite !
J'ai pas voulu quitter mes amis les mousquetaires ! Surtout Portos et D Artagnan !
Je me sentais à chaque fois à côté d'eux des moments drôle en plus ! Des moments d'amour avec Monsieur Fouquet ! Des moments de rébellion !
Diable ! Diable ! Diable !
Faut impérativement imposer de la Dumaine à tous !
Nous avons eu aussi Charles II d'Angleterre ! Ça fait drôle de se dire que maintenant c'est Charles III après 400 ans de silence de Charles ! Depuis le décès de la reine Elizabeth !
J'ai appris aussi que Porthos était Mélancolique comme moi et fier de l'être !
J'ai appris qu'ils adorent le Mans !
Dans la région de mes origines !
Mais que dire de plus à par que j'ai rejoint vraiment l'aventure !
Quelle tristesse pour la mort de ,, Porthos ! Et celle de d'Artagnan !!

Je n'ai vous faire une suite moi !!!!

Matthieu Mousquet !

À l'aventure ! de nouveau !

Merciiiii DUMAS pour ces pépites que tu nous a fait !
Je t'aime
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Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
MatthieuMouquetMatthieuMouquet   13 septembre 2022
- Vous avez manqué tout à l'heure d'esprit monsieur Fouquet dit elle
- C'est possible madame
- Et maintenant voilà que vous manquez de cœur
Fouquet comprima de sa main crispée sa poitrine haletante
- Accablez moi dit il je n'ai rien à répondre
- Je vous ai offert mon amitié monsieur Fouquet
- Oui madame, mais vous êtes bornée là.
- Ce que je fais est il d'une amie ?
- Sans doute
- Et vous refusez cette preuve de mon amitié
- Je la refuse
- Regardez moi monsieur Fouquet
Les yeux de la marquise étincelaient
- Je vous offre mon amour
- Oh ! madame dit Fouquet
- Je vous aime entendez vous depuis longtemps fausse délicatesse. Depuis longtemps je vous aime mais ne voulais pas vous le dire
- Oh ! Fit Fouquet en joignant les mains
- Eh bien ! Je vous le dis . Vous m'avez demandé cet amour à genoux je vous l'ai refusé ; j'étais aveugle comme vous l'étiez tout à l'heure. Mon amour je vous l'offre
- Oui votre amour, mais votre amour seulement
- Mon amour, ma personne, ma vie ! Tout , tout , tout !
- Oh mon Dieu ! s'écria Fouquet ébloui
- Voulez vous de mon amour ?
- Oh mais vous m'accablez sous le poids de mon bonheur !
- Serez vous heureux dites , dites... si je suis à vous tout entière à vous ?
- C'est la félicité suprême !
- Alors prenez moi . Mais si je vous fais le sacrifice d'un préjugé faites moi celui d'un scrupule
- Madame, madame ne me tentez pas
- Mon ami , mon ami ne me refusez pas
- Oh faites attention à ce que vous proposez !
- Fouquet un mot... Non...et j'ouvre cette porte.
Elle montra celle qui conduisit à la rue
- Et vous ne me verrez plus . Un autre mot... Oui , et je vous suis où vous voudrez les yeux fermés, sans défense, sans refus , sans remords
- Élise... Élise... Mais ce coffret
- C'est ma dot !
- C'est votre ruine ! s'écria Fouquet en bouleversant l'or et les papiers ; il y a là un million !
- Juste... Mes pierreries qui ne me serviront plus si vous m'aimez comme je vous aime !
- Oh c'en est trop ! c'en est trop ! s'écria Fouquet ; je cède : ne fût ce que pour consacrer un pareil dévouement. J'accepte la dot...
- Et voici la femme, dit la marquise en se jetant dans ses bras
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Gwen21Gwen21   29 mars 2018
- J’avoue, monsieur d’Artagnan, que j’ai peur…
- De comprendre ?
- Oui.
- De comprendre que je veux faire remonter sur le trône le roi Charles II, qui n’a plus de trône ? Est-ce cela ?
Planchet fit un bond prodigieux sur sa chaise.
- Ah ! Ah ! dit-il tout effaré ; voilà donc ce que vous appelez une restauration, vous !
- Oui, Planchet, n’est-ce pas ainsi que la chose se nomme ?
- Sans doute, sans doute. Mais avez-vous bien réfléchi ?
- À quoi ?
- À ce qu’il y a là-bas ?
- Où ?
- En Angleterre.
- Et qu’y a-t-il, voyons, Planchet ?
- D’abord, Monsieur, je vous demande pardon si je me mêle de ces choses-là, qui ne sont point de mon commerce ; mais puisque c’est une affaire que vous me proposez… car vous me proposez une affaire, n’est-ce pas ?
- Superbe, Planchet.
- Mais puisque vous me proposez une affaire, j’ai le droit de la discuter.
- Discute, Planchet ; de la discussion naît la lumière.
- Eh bien ! puisque j’ai la permission de Monsieur, je lui dirai qu’il y a là-bas les parlements d’abord.
- Eh bien ! après ?
- Et puis l’armée.
- Bon. Vois-tu encore quelque chose ?
- Et puis la nation.
- Est-ce tout ?
- La nation, qui a consenti la chute et la mort du feu roi, père de celui-là, et qui ne se voudra point démentir.
- Planchet, mon ami, dit d’Artagnan, tu raisonnes comme un fromage. La nation… la nation est lasse de ces messieurs qui s’appellent de noms barbares et qui lui chantent des psaumes. Chanter pour chanter, mon cher Planchet, j’ai remarqué que les nations aimaient mieux chanter la gaudriole que le plain-chant.
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Gwen21Gwen21   25 mai 2018
- A-t-on d’aussi fins moutons dans votre province, monsieur du Vallon ? continua le roi.
- Sire, dit Porthos, je crois qu’en ma province, comme partout, ce qu’il y a de meilleur est d’abord au roi ; mais, ensuite, je ne mange pas le mouton de la même façon que le mange Votre Majesté.
- Ah ! ah ! Et comment le mangez-vous ?
- D’ordinaire, je me fais accommoder un agneau tout entier.
- Tout entier ?
- Oui, sire.
- Et de quelle façon ?
- Voici : mon cuisinier, le drôle est Allemand, sire ; mon cuisinier bourre l’agneau en question de petites saucisses qu’il fait venir de Strasbourg ; d’andouillettes, qu’il fait venir de Troyes ; de mauviettes, qu’il fait venir de Pithiviers ; par je ne sais quel moyen, il désosse le mouton, comme il ferait d’une volaille, tout en lui laissant la peau, qui fait autour de l’animal une croûte rissolée ; lorsqu’on le coupe par belles tranches, comme on ferait d’un énorme saucisson, il en sort un jus tout rosé qui est à la fois agréable à l’œil et exquis au palais.
Et Porthos fit clapper sa langue. [...]
- Et cela n’est pas trop gras ?
- Non, sire ; les graisses tombent en même temps que le jus et surnagent ; alors mon écuyer tranchant les enlève avec une cuillère d’argent, que j’ai fait faire exprès.
+ Lire la suite
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Gwen21Gwen21   13 avril 2018
- Allons, dit-il, je vois ce qu’il en est. Soyons hommes. C’est fini, n’est-ce pas ? Le principal, Monsieur, est que vous ayez sauvé votre vie.
- Sans doute, sans doute, c’est quelque chose que la vie ; mais, en attendant, je suis ruiné, moi.
- Cordieu ! Monsieur, dit Planchet, s’il en est ainsi, il ne faut point se désespérer pour cela ; vous vous mettrez épicier avec moi ; je vous associe à mon commerce ; nous partagerons les bénéfices, et quand il n’y aura plus de bénéfices, eh bien ! nous partagerons les amandes, les raisins secs et les pruneaux, et nous grignoterons ensemble le dernier quartier de fromage de Hollande.
D’Artagnan ne put y résister plus longtemps.
- Mordioux ! s’écria-t-il tout ému, tu es un brave garçon, sur l’honneur, Planchet !
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Gwen21Gwen21   18 avril 2018
Mais, au moment où il l’allait ouvrir, il se fit à la fois un grand bruit dans la galerie, dans les antichambres et dans la cour.
- Ah ! ah ! dit Louis XIV, qui sans doute reconnut ce triple bruit, que disais-je donc qu’il n’y avait qu’un roi en France ! je me trompais, il y en a deux.
En ce moment, la porte s’ouvrit, et le surintendant des finances Fouquet apparut à Louis XIV. C’était lui qui faisait ce bruit dans la galerie ; c’étaient ses laquais qui faisaient ce bruit dans les antichambres ; c’étaient ses chevaux qui faisaient ce bruit dans la cour. En outre, on entendait un long murmure sur son passage qui ne s’éteignait que longtemps après qu’il avait passé. C’était ce murmure que Louis XIV regrettait si fort de ne point entendre alors sous ses pas et mourir derrière lui.
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Vidéo de Alexandre Dumas
Avec “La Reine Margot”, Alexandre Dumas a transformé l'un des pires massacres de civils en France en épopée flamboyante et humaniste. Voici l'histoire d'un chef-d'oeuvre mêlant romance et réalité historique.
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