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EAN : 9782843440465
135 pages
Éditeur : Le Bélial' (10/04/2003)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 18 notes)
Résumé :

1945.La porte d'une triste masure se referme sur une fratrie marquée par le malheur et la honte. Bernadette et Suzie ont été tondues pour avoir couché avec l'occupant. Tondues et violées sur la place du village... Putains ! Putains ! Guillaume, le plus jeune, muré dans sa terreur, parle si peu qu'aux yeux de tous il n'est qu'un attardé doublé d'un déserteur. Quant à l'aîné, Clément,il a beau... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Malaura
  07 décembre 2013
Clément, Guillaume, Suzie et Bernadette sont frères et soeurs. En 1945, après la guerre, ils ont eu à subir les terribles représailles et l'humiliation de la vindicte populaire pour leurs agissements passés.
Les deux soeurs ont été battues, violées et tondues sur la place publique, devant un public hilare, pour avoir fricoté avec l'ennemi.
Guillaume, être veule et mou, a fui ses engagements militaires et a déserté. Quant à Clément, ses airs de bon soldat et de redresseur de torts camouflent mal le parfait sale type qu'il est en réalité, n'ayant pas hésité à dévaliser les maisons du voisinage et à détrousser les morts de guerre quand l'occasion se présentait.
L'aversion, le rejet, le dégoût qu'ils inspirent les a alors convaincus de se cloîtrer définitivement dans une petite maison perdue dans la campagne.
Bientôt se referme sur eux la lourde porte de la masure. Lourde de la honte et de l'amertume qui les habitent. Lourde de tout ce qu'ils veulent cacher dans l'enfer déjà clos de leurs consciences flétries.
Mais ces quatre-là, tous frères et soeurs qu'ils sont, se haïssent avec trop de constance et d'acharnement pour supporter l'enfermement sans que les remugles de leur haine ne viennent très vite exhaler ses relents d'hostilité et de ressentiment, et ne rompent l'ennui et la monotonie d'une existence étriquée, dans la pénombre d'une masure aux volets fermés, en s'affichant autrement que dans des débordements d'inimaginable sauvagerie.
Comment supporter la promiscuité, la claustration, la réclusion à perpétuité sans perdre la raison, qui plus est lorsqu'on s'exècre ?
Clément, Guillaume, Suzie et Bernadette n'y échapperont pas, glissant un peu plus chaque jour dans l'animalité la plus effroyable.
Pourtant, ensemble ils ont passé un pacte et s'y tiendront.
Désormais, ils ne sortiront plus. le monde les a rejetés, ils n'y paraitront plus.
Désormais, cette maison sera leur tombeau. Et celui du lecteur qui sera assez fou pour y pénétrer à leur suite…
« Il n'y a jamais de motifs aux enfers qu'on se forge. Seulement des prétextes. »
Ecrivain français de romans policiers et de livres de science-fiction souvent primés, Claude Ecken, dans ce récit d'une insoutenable noirceur, nous sert beaucoup plus de prétextes que de motifs.
Directe, froide, incisive, la plume de l'auteur semble se délecter à gratter les plaies, à racler les chairs et s'épandre dans l'horreur. Tout est prétexte à débauche et surenchère de violence et de perversité. Chaque page nous fait gravir un peu plus les échelons de l'abjection et descendre d'autant les degrés de l'échelle de l'humanité.
L'auteur n'aurait pas démérité, nous semble-t-il, en décortiquant davantage les mécanismes psychologiques et les rouages conduisant à l'animalité plutôt que de prendre le seul parti de la description clinique et distanciée des sévices que s'infligent les personnages. le roman aurait certainement gagné en profondeur.
Une chose est sûre, il faut avoir le coeur bien accroché ou être un monstre d'insensibilité pour ne pas frémir d'horreur à la lecture de cet « Enfer clos » :
Noir comme la mort, la violence et la crasse, et noir comme la bestialité,
Noir comme des hurlements terrifiants dans la nuit, noir comme les marques de coups sur les corps meurtris, comme la lame d'un couteau pénétrant dans la chair, comme des vers boursouflant un cadavre, comme un mort qu'on démembre, qu'on dépèce et qu'on mange,
Noir comme un bébé difforme balancé contre un mur,
Noir comme le viol, la torture et le cannibalisme, comme les exhalaisons pestilentielles d'un macchabée pourrissant,
Noir comme la barbarie et la brutalité écumantes de rage,
Noir comme la cruauté gratuite et la sauvagerie exprimées dans un grand rire démentiel,
Noir comme la férocité dans les regards lubriques, noir comme l'obscénité des gestes incestueux,
« Enfer clos »…Plus noir que les ténèbres…
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Foxfire
  12 janvier 2015
A la libération, pour échapper à la vindicte populaire, suite à leurs agissements pendant l'occupation, une fratrie composée de deux frères et deux soeurs, va vivre recluse pendant plusieurs décennies.
Toujours attirée par les récits évoquant des personnes qui basculent de la normalité à la folie, j'ai été naturellement interpellée par ce sujet.
C'est peu de dire qu'il faut avoir le coeur bien accroché et ne pas craindre d'être secoué pour lire jusqu'au bout ce roman pourtant très court.
Trop court d'ailleurs. J'aurais aimé un récit qui montre une déshumanisation progressive, au travers de personnages fouillés, j'aurais aimé que le récit explore leur psychologie. Au lieu de cela, en à peine 135 pages, Ecken expédie 40 ans d'enfermement. le récit n'est pas très bien mené et les ellipses mal gérées. Si bien que je n'ai pas eu le sentiment que 40 ans s'étaient écoulés.
Je pense qu'il aurait fallu un récit allant crescendo de l'humanité à sa négation. Or, ici, dès les premières heures de leur réclusion, les protagonistes s'insultent, se battent...
Là où j'aurais aimé voir des personnages basculer peu à peu, nous rappelant ainsi que la folie barbare est en chacun de nous et peut se réveiller selon les circonstances, je n'ai vu que des protagonistes identiques du début à la fin, comme condamnés d'avance par leur auteur. Suzie et Clément, ordures durant la réclusion, l'étaient déjà avant. Bernadette et Guillaume, étaient et restent jusqu'au bout des victimes apathiques.
Au lieu de nous montrer comment, en vivant reclus si longtemps, exclus de la société et de l'humanité, ces êtres glissent de la normalité vers la folie la plus absurde, l'auteur, froidement, énumère leurs atrocités. Uniquement les actes. Leurs pensées et sentiments ne sont que survolés. Ce qui donne l'impression de lire un simple et vain catalogue d'horreurs.
Restent quelques passages intéressants comme cette atroce et terrifiante scène où Suzie est tondue et violée sur la place publique ou comme ces passages glaçants évoquant les souvenirs de maltraitance de Guillaume.
C'est trop peu pour sauver ce roman.
En bref, un récit creux et vain sur un sujet qui aurait pu être passionnant.
Challenge Petits plaisirs (13)
Challenge Variété 3 (catégorie : "un livre basé sur une histoire vraie")
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Kely
  04 octobre 2011
Présentation par l'éditeur en 4ème de couverture
Enfer clos de Claude ECKEN dont le vrai nom est Claude Eckenschwiller
« Il n'y a jamais de motifs aux enfers qu'on se forge. Seulement des prétextes. »
1945.
La porte d'une triste masure se referme sur une fratrie marquée par le malheur et la honte. Bernadette et Suzie ont été tondues pour avoir couché avec l'occupant. Tondues et violées sur la place du village... Putains ! Putains ! Guillaume, le plus jeune, muré dans sa terreur, parle si peu qu'aux yeux de tous il n'est qu'un attardé doublé d'un déserteur. Quant à l'aîné, Clément, il a beau se poser en héros, on devine sous la patine du mensonge une vérité aux couleurs plus troubles...
Et c'est lui, Clément, violent et paranoïaque, qui prend la décision de cloîtrer son petit monde derrière les volets de cette cabane insalubre. Car il faut se protéger des autres, de l'extérieur, de ceux qui ne crient qu'un seul mot en cette période exultante de l'après-guerre : vengeance ! Ainsi débutent quarante années d'un enfermement total, quarante années pour libérer le monstre qui sommeille en chacun, quarante années d'enfer clos...
Depuis la sortie de son premier roman, L'Abbé X en 1984, Claude Ecken a publié une vingtaine d'ouvrages, romans, livres illustrés ou même bandes dessinées. Nouvelliste rare, couronné par le prix Rosny Aîné en 2001, il a publié la plupart de ses textes récents dans la revue Bifrost ou les anthologies du Fleuve Noir et des éditions du Bélial' — chez qui on retrouvera bientôt son premier recueil.
Claude Ecken a quarante-neuf ans et vit à Béziers. Enfer clos, livre coup de poing s'il en est, roman d'une maîtrise psychologique époustouflante inspiré d'un fait divers inconcevable, démonte avec lucidité les mécanismes du vernis social sous lequel gronde la bestialité. Terrifiant.
Mon ressenti sur ce livre
J'ai un moment hésité : vais-je pouvoir dévoiler la nausée de plus en plus envahissante au fur et à mesure des pages tournées...
J'ai acheté ce livre à un ou deux euros, sans rien connaitre de l'auteur, chez un bouquiniste, emballée par l'histoire présentée en quatrième de couverture et par le style d'écriture découvert sur les premières lignes.
"Enfer clos" est plébiscité sur de nombreux sites spécialisés en S.F., sans doute parce qu'il s'agit du genre dans lequel s'inscrit habituellement C. Acken. Cependant, ce livre en particulier, est présenté comme une histoire basée sur des faits réels, ce qui en augmente davantage le côté insoutenable.
Ce sont quarante ans d'une vie d'enfermement total, choisi par cette fratrie composée de deux frères et deux soeurs, que C. Ecken nous raconte en 135 pages réparties sur 15 chapitres.
Chaque chapitre est un palier supplémentaire que franchit cette famille s'installant progressivement dans la déshumanisation totale. Perte des valeurs sur la perception du bien et du mal, perte des sentiments humains, perte de la conscience de soi, de l'autre, allant même jusqu'à la perte de la parole... c'est terrifiant!!!!!!!!
Claude Ecken a une écriture séduisante et accrocheuse. Il possède, à mon sens, un véritable savoir-écrire dans la progression d'une intrigue.
Cependant, et je le déplore, il l'a utilisée ici de manière outrancière et a franchi les limites de l'humainement lisible.
Le sentiment de honte qui a conduit cette fratrie à "s'emmurer" dans cette période dure de la libération, évolue vers la violence verbale, puis physique. Puis, c'est l'insceste qui s'installe... la suite est bestiale, dégradante...nécrophage, gore.
Trop, c'est trop! Trop de descriptions détaillées dans cette descente de l'âme aux enfers, qui auraient pu n'être que suggérées, sans nuire à la décadence progressive de chacun des membres de cette fratrie sur laquelle l'auteur voulait mettre l'accent.
Ma première, et assurément, ma dernière lecture de cet écrivain!
Ma note 2/10
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pixton
  30 septembre 2014
Extrait de la chronique :
« Celui qui se fait bête se débarrasse de la douleur d'être homme », avait écrit Hunter S. Thomson. Claude Ecken nous enlève, nous séquestre dans une maison de l'horreur, nous enchaîne sur une chaise inconfortable et nous oblige à devenir les témoins de cette métamorphose insoutenable. Des êtres humains, déjà fragiles, brisés depuis l'enfance, germes de monstres, qui deviennent pire que des bêtes, au-delà de l'animalité, hérauts de la barbarie, de la cruauté, de la folie, de l'inconcevable.
Ne lisez surtout pas ce livre si vous avez une quelconque foi en l'espèce humaine, si vous pensez que les monstres n'existent pas ou ne sont que des créatures fantastiques et irréelles. Ne le lisez pas si vous cherchez la protection rassurante et le réconfort d'explications pseudo-scientifiques, un charabia psycho-technique qui agirait comme un talisman contre le mal. Il n'y a aucune barrière. Ecken nous décrit la barbarie telle qu'elle est : inexplicable, sans point d'appel. Elle est l'inscription buggée qui parasite notre code génétique, notre condition d'humains maudits.
Au final, nous sommes tous enfermés les uns à côté des autres, dans ce vaste enfer qu'est notre société, notre prétendue civilisation. Comment la fin pourrait-elle être heureuse ? Aurez-vous assez de courage et de folie pour vous y confronter ?
Lien : http://ledecapsuleur.com/?p=..
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Cornwall
  25 février 2013

Enfer clos est un court roman (Novella) de 135 pages très dense.
Dense et encore une fois, tel que je l'ai précisé aussi pour Plop, à ne pas à laisser entre toutes les mains. le récit est dure et à la limite du soutenable.
Je vais rebondir aussi sur certaines critiques que je ne nommerais pas puisque le but ici est plus un avertissement. J'ai lu des articles descendre ce roman parce qu'il allait trop loin, certes mais ce n'est pas parce qu'un roman va trop loin pour certains qu'il en est mauvais. Ce n'est pas parce que ça vous heurte que le récit n'est pas bon, c'est qu'il n'est pas fait pour vous et puis c'est tout ^^
4 adultes sont enfermés pendant 40 ans dans des conditions de vie plus que précaire, je vous laisse imaginer dans quels extrêmes l'enfermement peut pousser les personnages. Personnages qui on le sait dès le début ne sont pas ce qu'il y a de plus équilibré au vue de leurs antécédents. Et l'auteur ne fera l'impasse sur aucune description, chaque situation y est brillamment et méticuleusement décrite. Chaque chapitre nous poussera un peu plus vers l'horreur, vers ce qui nous parait inconcevable. Durant cette lecture on est témoin de ces atrocités, de vrai témoin, pas seulement spectateur d'un fait divers relaté succinctement. On y est, on est présent dans les moindres détails où rien ne nous est épargné.
Un lecture coup de poing qui me laissera des marques …
Lien : http://laprophetiedesanes.bl..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
PatrothPatroth   03 juin 2020
A la fin de la guerre de 1945 , 2 frères et 2 soeurs qui ont plus ou moins eu rapports avec les Allemands s enferment dans une maison isolée pour ne plus en sortir...
La descente aux enfers commence....un engrenage infernal....
Disputes violentes , coups , bagarre , viols , cannibalisme , enfantements monstrueux.......
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rkhettaouirkhettaoui   19 juin 2017
Il avait toujours fui les gens qui tentaient de le prendre en main, de le forcer à assumer ses responsabilités d'homme. Qu'on l'obligeât à se cloîtrer ne pouvait que satisfaire ses aspirations au calme et à la quiétude. Qu'importaient les mauvaises humeurs de son frère, du moment qu'il était certain de demeurer à l'écart du monde et de ses vicissitudes ! Le héros de Kafka aurait dû comprendre que l'isolement dans lequel on le tenait suite à sa transformation signifiait sa mise en liberté. Mise à pied, mise en liberté, il n'y avait pas de différence quant au résultat. Détaché des obligations, il connaissait la paix de l'esprit.
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rkhettaouirkhettaoui   19 juin 2017
« Même à coucher avec les Allemands, puisqu'ils étaient les plus forts. Il n'y avait qu'eux qui mangeaient bien, tu comprends ? Il n'y avait que chez eux qu'on s'amusait… C'était facile… Suffisait de se laisser griser par le champagne, de se laisser caresser par un beau militaire. J'aurais pu en épouser un, devenir une grande dame… Pourquoi choisir de rester dans la misère quand il existe une chance ? Qu'est-ce que j'en ai faire, de la France ? Qu'est-ce qu'elle me réservait comme avenir ? Elle m'aurait remercié comment, si j'avais attendu, pour écarter les cuisses, qu'un cul-terreux revienne de son héroïque combat ? »
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rkhettaouirkhettaoui   19 juin 2017
Il suffit de voir vos crânes pour comprendre. Tout le monde sait que les femmes qui ont le crâne rasé sont celles qui ont couché avec les boches. Tout le monde sait, même dans les fermes les plus reculées, alors tu protestes pas !
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Videos de Claude Ecken (21) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Claude Ecken
Extrait de la conférence "Le temps de l'évolution" aux Utopiales 2017 avec S.Chambon, P.Lajoye, J.-S.Steyer, P.Pitrou, M.Suddain et C.Ecken.
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