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Myriem Bouzaher (Traducteur)
EAN : 9782246659716
460 pages
Éditeur : Grasset (13/09/2007)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 32 notes)
Résumé :
" Supposons que dans un roman anglais, un personnage dise it's raining cats and dogs. Le traducteur qui, pensant dire la même chose, traduirait littéralement par il pleut des chats et des chiens serait stupide. On le traduira par il pleut à torrents ou il pleut des cordes. "
Dire presque la même chose n'est pas un essai théorique sur la traduction, mais une illustration des problèmes que pose la traduction à travers des exemples qu'Umberto Eco a vécus : en t... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Tandarica
  27 juin 2015
Partageant l'opinion de Malivriotheque, j'ajoute pour ma part que cette lecture "imposée" pour moi (formation à l'ITIRI de Strasbourg) a également été marquée par un certain scepticisme lié à la maîtrise réelle de trop de langues à la fois. Par delà l'aspect utilitaire (comme pour les véhicules), cette lecture me prouve au final que le mieux c'est de traduire (parfois même en justice) quitte à ne pas savoir comment on le fait exactement, mais avec la conscience de servir l'oeuvre (et rien d'autre) car "elle le vaut bien". Je salue donc la traductrice de Eco pour son admirable travail !
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Malivriotheque
  23 septembre 2012
Umberto Eco se lance dans la comparaison de traductions, dans l'analyse du procédé même...
Oui, je ne suis pas trop inspirée pour le résumé. Normal, y en a partout. Dans le cadre précis de la traduction, ça part dans tous les sens.
Disons que j'ai trouvé ça bien long. Surtout qu'Eco s'évertue à comparer les traductions allemande, anglaise, française, catalane et j'en passe de ses propres écrits et ceux d'autres grands qu'il a lui-même traduits. le problème, c'est que, même si, grâce à ma formation linguistique, je suis capable de comprendre le minimum dans plusieurs langues européennes, je suis loin d'en ressentir les nuances nécessaires à une bonne traduction. Ce qui fait qu'on s'ennuie ferme dans tous les passages où le maître montre que lui sait ces distinctions, et qu'il est capable de dire si son traducteur portugais a fait le bon choix à un problème posé ou pas.
Ce qui me dérange, c'est qu'Eco dit que tout bon traducteur devrait être capable de lire et comprendre la langue originelle d'un livre traduit qu'il doit à son tour traduire. Il donne en cela l'exemple à suivre du traducteur japonais qui doit traduire la version anglaise d'un écrit français (ou autres langues, mais c'est de toute façon le même principe). Parce qu'on sait que traduire des traductions c'est pas top, ledit traducteur japonais s'est référé au texte français pour vérifier si l'anglais correspondait ou s'il y avait des divergences. Excusez-moi si j'ai oublié d'apprendre le suédois ou le tamoul quand j'étais plus jeune, mea culpa. Franchement, tout traducteur ne peut pas maîtriser plusieurs langues au point d'en percevoir TOUTES les subtilités !! Ou alors Umberto Eco s'y croit trop.
Néanmoins, on trouve dans cet ouvrage des choses intéressantes, même si le début inventorie toutes les règles de base qu'un traducteur digne de ce nom sait déjà.
Enfin, on trouve des choses amusantes, entre dix-douze citations de nos copains linguistes "relous" Benjamin, Sappir et Cie.
Brrr, je suis contente d'avoir fini !
Lien : http://livriotheque.free.fr/..
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Enroute
  19 juin 2018
Comme souvent dans les textes d'Eco, il manque à celui-ci un peu de passion, un peu d'envolée fantaisiste qui le rendre pleinement séduisant. Mais la très grande érudition d'Eco et la subtilité de ses lectures parvient à nous donner l'impression de faire l'expérience d'une réalité constituée dans d'innombrables langues, bien que l'on sache qu'il ne s'agit que d'une illusion et que ce n'est que le travail de lecture et de collection qui mène le sémiologue à ce résultat. On se demande d'ailleurs où il a trouvé le temps de rassembler tous ces exemples.
Eco pêche peut-être, pour une fois, par une méthode un peu défaillante : la succession des thèmes paraît un peu confuse. Reste la subtilité de ses lectures et l'amusement de la prise de conscience d'une réalité mondialisée, car l'auteur s'est amusé manifestement dans ses textes à poser des problèmes aux lecteurs non immédiatement visés par ses romans, c'est-à-dire italophones... et il s'est aussi amusé dans ce texte-ci à insérer des renvois intertextuels. Un gros travailleur tout de même cet Eco.
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Apoapo
  04 février 2016
Les essais de traductologie sont généralement très arides, durs à lire, rébarbatifs, de nature à faire dire à tout lecteur de bon sens qu'au lieu d'un tel effort d'érudition, l'auteur aurait bien mieux fait de s'asseoir à la table de l'atelier artisanal du métier et de se mettre à la pratique (car la traduction, c'est de l'artisanat et métier, donc affaire de pratique...).
(Je sais qu'on pourra me contredire sur chacune de ces affirmations, et qu'on pourrait me demander quelles créances j'offre pour les avancer...)
Bon: ce bouquin d'Umberto Eco, à l'inverse, a été pour moi un véritable livre de chevet, lu, relu et fait lire à outrance, tant il est léger et juste, car fondé presque uniquement sur des exemples, en cinq langues, tirés aussi bien de l'expérience d'Eco traducteur que surtout des traductions de ses romans (notoirement très très ardus à traduire). La théorie y est rarissime; par contre presque tout ce à quoi il faut penser lorsque l'on traduit y est évoqué.
Deux leçons me sont restées: 1. "Parmi les synonymes de fidélité il n'y a pas exactitude, mais loyauté, honnêteté, respect, piété". 2. La traduction est une négociation, un compromis: parfois on supprime du sens, parfois on en ajoute, la transaction devant être à peu près équitable. Et bien sûr (mais ça, c'est de moi!): rien n'est intraductible!
Le moment de ma rencontre avec ce livre (sa parution en italien) fut aussi particulièrement miraculeux dans ma biographie...
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juanilin
  07 septembre 2008
"Supposons que dans un roman anglais, un personnage dise -it's raining cats and dogs-. le traducteur qui, pensant dire la même chose, traduirait littéralement par -il pleut des chats et des chiens- serait stupide. On le traduira par -il pleut à torrents- ou -il pleut des cordes-."
Je ne veux pas dire, mais Myriem Bouzaher a dü plancher durant quelque temps sur la traduction de cet ouvrage^^. Un grand merci, il est enrichissant en diable ! Et les figures de style de M. Eco sont uniques...
"Un texte qui réjouira traducteurs, enseignants et étudiants, mais aussi tous les lecteurs d'Umberto Eco."
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
TandaricaTandarica   27 juin 2015
La "fidélité" manifeste des traductions n'est pas le critère qui garantit l'acceptabilité de la traduction (si bien qu'il faut revoir l'arrogance de la condescendance "belles mais infidèles"). La fidélité est plutôt la conviction que la traduction est toujours possible si le texte source a été interprété avec une complicité passionnée, c'est l'engagement à identifier ce qu'est pour nous le sens profond du texte, et l'aptitude à négocier à chaque instant la solution qui nous semble la plus juste.
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PilingPiling   20 août 2011
D'aucuns pourront observer que, tout en s'adressant à un public non strictement spécialisé, ces pages semblent trop demander au lecteur, car elles sont constellées d'exemples en au moins six langues. Mais, d'une part, je donne d'abondants exemples, justement pour que celui qui n'est pas familier d'une langue puisse vérifier dans une autre langue – et puis le lecteur pourra sauter les exemples qu'il se réussit pas à déchiffrer. D'autre part, il s'agit là d'un livre sur la traduction et donc on suppose que celui qui l'ouvre sait à quoi s'attendre.
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PhilippeKadicPhilippeKadic   04 janvier 2020
Il arrive parfois que le terme d'une langue renvoie à une unité de contenu que d'autres langues ignorent, et cela pose de sérieux problèmes aux traducteurs. Mon dialecte natal a une très belle expression, "scarnebiè", pour indiquer un phénomène atmosphérique qui n'est pas tout à fait du brouillard ou du givre, n'est pas encore de la pluie, mais une sorte de crachin épais, qui opacifie un peu la vision et cingle le visage du passant, surtout s'il roule à bicyclette. Il n'existe aucun mot italien qui traduise efficacement ce concept, si bien qu'on pourrait dire avec le poète que « nul ne l'entend s'il ne l'éprouve ».
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PilingPiling   21 août 2011
Dans "L'Île du jour d'avant", les chapitres ont un titre qui suggère vaguement ce qu'il s'y produit. En réalité, je me suis amusé à donner à chacun le titre d'un livre du XVIIe siècle. Cela fut un tour de force, très peu rentable, car le jeu n'a été compris que par les spécialistes de cette période (et encore, pas par tous), et surtout par des libraires antiquaires et bibliophiles. Moi, cela me suffisait et j'étais content malgré tout : parfois, je me demande si je n'écris pas des romans uniquement pour me permettre ces références compréhensibles de moi seul, mais je me sens comme un peintre qui représenterait un tissu damassé et qui, entre les volutes, les fleurs et les corymbes, tracerait – presque invisibles – les initiales de son aimée. Peu importe si même elle ne les identifie pas, les actes d'amour sont gratuits.
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PilingPiling   20 août 2011
Au cours de mes expériences d'auteur traduit, j'étais sans cesse déchiré entre le besoin que la version soit "fidèle" à ce que j'avais écrit et la découverte excitante de la façon dont mon texte pouvait (et même parfois devait) se transformer au moment où il était redit dans une autre langue.
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