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EAN : 9782757888094
320 pages
Points (04/03/2022)
4.08/5   158 notes
Résumé :
Relizane, pendant la guerre d’Algérie. Lorsqu’en pleine nuit, on frappe à la porte, Marcel, le grand-père d’Olivia Elkaim, craint pour sa vie et celles de sa femme et de leurs deux enfants. On lui enfile une cagoule sur la tête, il est jeté dans un camion et emmené dans le désert. Va-t-il être condamné à mort ou gracié ? Il revient sain et sauf à Relizane trois jours plus tard, et ses proches se demandent quel est le secret de ce sauf-conduit. À quoi a-t-il collabor... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (46) Voir plus Ajouter une critique
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Jeanfrancoislemoine
  16 mars 2022
Assurément, un de ces très beaux livres qui nous font pénétrer dans L Histoire, celle qui est nôtre.
Là bas , c'est l'Algérie. Ils y vivent heureux mais , une nuit , Marcel doit suivre des hommes qui l'encagoulent . Fait , hélas commun , sauf que Marcel , contrairement aux autres , rentre chez lui .Voilà l'engrenage de la haine qui se met en route ....Irrespirable situation : ." tu es menacé " . Départ des êtres chers vers un autre lieu , plein de promesses mais surtout de sécurité....Et enfin , on les rejoint et ....les masques tombent : non , les pieds- noirs ne sont pas les bienvenus en France , leur pays .Terrible constat d'une impossibilité d'exister entre un pays qui ne vous accepte plus et d'un autre qui ne vous accepte pas alors qu'ils sont vôtres .Dispersion familiale , rancoeurs blessures ..Poids à porter et à supporter jusqu'au delà de la vie même .Marcel et Viviane vivent la " perte du Paradis " et le rejet d'un asile supposé bienveillant ...Il se dégage de ce roman tout ce que j'aime , des émotions. Rien de " bisounours "dans cet ouvrage qui " respire " le souvenir vécu et l'impossible intégration dans un monde qu'on croyait " sien " .
Après, point de pathos , non , le récit d'une vie et d'une seule envie , la reconnaissance .
Ce roman ne peut laisser personne indifférent, il nous laisse face à notre propre image , celle de gens ignorants et , finalement , assez " distants " . le triste événementiel nous plonge dans l'indignation mais va rarement au delà...
Qu'en sera - t- il des malheureuses personnes chassées de leur Éden aujourd'hui ? Les images télé sont élogieuses quant à l'accueil de personnes ukrainiennes en détresse. Même si je doute un peu , je me réjouis. Dans le roman d'olivier Elkaim , autre ambiance ....Et c'est dur , car pas de caméras, pas d'empathie ..?
Mais attention , pas de pathos , non , de la fierté, plutôt.
Un roman formidablement bien écrit et " touchant " qui m'a ému , porté avec tact , fierté, et passion . Un rappel , pour moi , de l'extraordinaire " Mayrig " d'Henri Verneuil .De très beaux ouvrages qui , nous perturbent jusqu'à la moélle mais qu'on ne peut pas lâcher tant ils sont proches de l'actualité et ...du passé. C'est triste de le constater et de l'assumer mais le monde ne change pas , l'homme est et reste un prédateur . Ce superbe livre vous " prend aux tripes " , vous savez , là où ça fait mal ...Marcel et Viviane ? Oui , ils étaient juifs et français. Ça modifie quelque chose ? Non ? C'étaient des " Pieds noirs " , Oui je crois mais ....c'est important ? Non ? Pour moi non plus ....Alors , amis de l'immigration , bonjour et ....bienvenue Et puis , si vous voulez partir ou rester , c'est à vous de décider........
J'ai adoré ce récit qui nous ....interpelle pour son sujet et qui nous fascine par la puissance des mots .
Superbe .
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Cannetille
  18 mars 2021
Installés en Algérie bien avant la présence française, les Elkaim sont naturalisés français par décret en 1870, comme tous les Juifs du territoire. Ecartelés entre Occident et Orient pendant la guerre d'Algérie, les grands-parents de l'auteur sont finalement forcés de fuir et de rejoindre la cohorte des pieds-noirs si mal accueillie en France. Ce n'est que bien plus tard, après leur décès, qu'Olivia Elkaim est amenée à reconstituer leur parcours, prenant alors conscience de l'ampleur de leur drame, au fur et à mesure que l'hostilité et la misère venaient verser du sel sur les blessures de leur déracinement.

Une grande émotion imprègne les pages de ce récit qui se lit comme un roman. Ne s'étant intéressée que tardivement à son histoire familiale, l'auteur réalise avec regret combien longtemps elle est restée indifférente aux cicatrices dont était cousu le coeur de ses grands-parents. Au-delà de la cruauté de leur drame, c'est l'impuissance d'une tendresse qui ne trouve à s'exprimer que trop tard pour être partagée avec ses destinataires qui rend le texte si poignant. Alors, à son tour, le lecteur se sent saisi par l'envie de serrer sur son coeur ce couple qui reprend vie sous la plume puissamment évocatrice d'Olivia Elkaim.

L'on se retrouve ainsi plongé dans les couleurs et les odeurs d'une Algérie à laquelle Marcel et Viviane s'accrochent désespérément, comme à un navire en train de couler. Ils sont bientôt jetés dans le flux d'un exode dont ils ne se doutent pas encore, ni qu'il sera sans retour, ni qu'ils y perdront, non seulement leurs possessions, y compris les plus sentimentales, mais aussi leur dignité et leur identité. Indésirables de part et d'autre de la Méditerranée, marqués malgré eux de l'injuste sceau d'une infamie et d'une traîtrise dont le sentiment prévaut dans l'opinion publique, le couple et ses enfants vont bientôt découvrir que le pire reste à venir. Contraints à des conditions de vie effroyables, ils finiront à force de courage par se faire un chemin, mais resteront bafoués pendant des décennies par une administration française sourde et aveugle. Quels plus grands symboles de leur souffrance que cette clef soigneusement conservée qui n'ouvrira jamais plus aucune porte, et que ce souvenir d'un modeste cimetière aux tombes désormais vouées à l'oubli et à l'abandon ?

Avec la troisième génération aujourd'hui, une page se tourne : en pleine réappropriation d'un passé qu'elle avait longtemps rejeté, la narratrice se découvre enfin capable d'empathie pour l'amertume et la mélancolie de ses grands-parents. Maintenant que les témoins directs ont disparus, ce livre est l'occasion d'une réconciliation avec des origines qu'elle se déclare prête à ne plus oublier, en même temps qu'un nécessaire témoignage et un émouvant hommage. C'est la gorge serrée et les cils humides qu'on en achève la lecture. Coup de coeur. (5/5)

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Zephirine
  08 mars 2021
Fille et petite fille de ceux qu'on a appelé « pieds noirs », Olivia Elkaim remonte l'histoire de sa famille et de celle de l'Algérie française. Son texte, qui mêle biographie et fiction, est d'une sincérité qui bouleverse. Ce roman m'a rappelé par certains côtés « l'art de perdre » d'Alice Zeniter qui, comme Olivia Elkaim, cherche à comprendre l'histoire familiale et se rendra aussi en Algérie dans le village de ses ancêtres.
L'indépendance de l'Algérie est restée un souvenir douloureux, un arrachement à la terre de leurs ancêtres pour nombre de pieds noirs. Ces gens simples et sans fortune ont tout perdu, il leur a fallu du courage pour tout recommencer en métropole où ils ont dû affronter le mépris, voire le rejet.
Le témoignage de l'autrice est émouvant parce que dénué de pathos et puisé à la source même.
L'histoire débute ce jour d'octobre 1958, ou plutôt cette nuit, où Marcel Elkaim, grand-père d'Olivia, est enlevé par des hommes du FLN. Tailleur de son métier, Marcel est un homme simple, marié à Viviane et père de deux garçons. Cette nuit-là, il croit qu'il va être abattu comme tant d'autres avant lui. Il aura la vie sauve car le lieutenant Lazreg a besoin de ses talents de couturier pour lui faire des costumes. de retour chez lui, à Relizane, les langues vont se délier, pourquoi lui est revenu vivant de son enlèvement ?
Marcel continuera à coudre des costumes pour les chefs du FLN contre une protection tacite et lointaine. En 1962, il devra pourtant envoyer sa famille en France avec des milliers de français natifs chassés de leur pays. Lui les rejoindra plus tard, après avoir tenté de sauver quelques meubles et la voiture.
Les débuts en France seront difficiles, Marcel ne veut rien demander à sa famille et son épouse Viviane a toujours du mal à gérer les enfants.
En reliant les souvenirs de son père Pierre aux faits historiques, Olivia Elkaim dépasse le folklore lié à l'Algérie pour restituer au plus près la vie de sa famille écartelée entre deux pays, deux cultures. Chez les Elkaim, on parle français depuis toujours et on se revendique comme tel, mais le regard des français de métropole est tout autre. L'autrice plonge aussi dans ses propres sentiments par rapport à ses origines, cet éloignement et ce désir de devenir une vraie parisienne. Pourtant, elle porte en elle cette nostalgie et ce besoin de mettre par écrit cette histoire douloureuse qui lui a été transmise.
Ce roman, c'est un témoignage émouvant et une réconciliation avec ses origines.
L‘écriture d'Olivia Elkaim est fluide, son roman sonne juste et c'est une lecture que j'ai vraiment appréciée.
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oran
  26 août 2021
Trente neuf commentaires sur Babelio , pratiquement tous, élogieux !
Le mien ne se différencie pas et le sera tout autant !
Marcel, Viviane Elkaim, leurs deux enfants Pierre-Joseph et Jean-Moïse, vivent à Relizanne, à quelques 140 km au sud est d'Oran. Lui exerce le métier de tailleur.
Quatre ans après le début de l'insurrection le 1/11/58, qui deviendra la guerre d'Algérie, Marcel va être enlevé par un commando FLN. Quelques jours après, il regagnera son domicile sain et sauf.
Après un divorce, traversant une crise douloureuse, Olivia Elkhaim, leur petite- fille, va souhaiter découvrir l'histoire de son grand-père, de son père, de ce pays, l'Algérie , berceau de sa famille.
Son père va répondre à son voeu en lui confiant une valise contenant de nombreux documents révélant l'histoire familiale où s'entremêle L Histoire douloureuse des années de guerre de décolonisation, la déchirure, l'exode, l'éprouvante installation en France ...
C'est un témoignage sensible, émouvant, réaliste, ce livre est un précieux passeur intergénérationnel.
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afadeau
  07 avril 2021
Le sixième roman d'Olivia Elkaim, parvient à nous raconter une histoire familiale hors normes sur trois générations, le rêve d'une terre jamais oubliée, l'Algérie, depuis les années 1950 jusqu'à maintenant. Elle n'est jamais allée au cimetière des Semboules à Antibes sur la tombe de ses grands-parents, Viviane et Marcel, depuis leur mort en 2010. Qu'à cela ne tienne, elle va leur dresser une stèle littéraire comme elle l'écrit à la fin de ce récit.
En 1958, Marcel, tailleur à Relizane, une ville entre Alger et Oran, est enlevé par un commando du FNL et ne réapparaît que trois jours plus tard. Il a dû tailler des costumes pour un chef des maquisards et s'engager à prendre comme apprenti le neveu de ce chef, Reda, en échange d'une relative protection. Sa femme Viviane, et tout son entourage, l'interroge afin de savoir ce qui s'est passé mais il garde le silence par crainte des conséquences pour lui et sa famille. A partir de ce moment, la peur s'installe dans le couple jusqu'à l'inévitable fuite vers la France, « la métropole », en 1962. Il fera partie du million de « pieds noirs » débarqués en France entre 1962 et 1965. J'ai appris ici que se trouvaient parmi eux 100 000 juifs sur les 130 000 que comptait le pays natal des grands-parents de l'autrice.
Réflexion sur le passé, la transmission, à travers une histoire bien trop grande pour des personnages modestes qui ne souhaitaient pas, ne pouvaient pas être dans un camp ou dans un autre. Olivia révèle les traumatismes de l'errance sur plusieurs générations, les incitations à s'assimiler, la tentation de nier leur origine. Les enfants de Viviane et Marcel s'appellent Jean et Pierre. Olivia, elle-même, demandera à orthographier le nom El Kaim en rattachant la particule.
J'ai aimé lire cette saga familiale dans la tourmente de la guerre d'Algérie car elle est riche d'amour et fournit matière à réflexion sur la façon dont on peut un jour ou l'autre, pour une raison d'origine, de religion, d'opinion, être rejeté de toute part. Difficile de s'assimiler, quand on est « pied noir » et juif.
Je me suis posé la question de la religion qui idéalement devrait relier les hommes, tous les hommes alors qu'elle divise et renferme trop souvent sur un groupe. Il est question ici des rites particuliers aux enterrements, avec le rabbin qui déchire la chemise au niveau du coeur et de la terre jetée dans la tombe. Je me suis dit que la religion soude une communauté grâce à ces rites mais au prix du rejet, quasi inévitable, des autres religions qui n'ont pas les mêmes pratiques.
Olivia Elkaim entremêle les souvenirs familiaux, des éléments du contexte historique et des éléments romancés quand les traces du passé sont absentes. L'écriture est vive et fluide, les pages se tournent rapidement.
J'ai vécu avec elle le désarroi des familles avant l'embarquement en juillet 1962, l'attente et les conditions sanitaires épouvantables. le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils n'ont pas vraiment été accueillis à bras ouverts alors qu'ils ont dû tout reconstruire dans ce pays inconnu.
Le personnage de Marcel est particulièrement attachant dans ce qu'on appellerait aujourd'hui sa résilience aux malheurs qui frappent sa famille : petits boulots, vie misérable pendant des années dans une sorte de cave à côté d'Angers, les déménagements, les démarches administratives entre 1974 et 1992 afin d'obtenir une indemnisation.
C'est un roman intime original et très réussi. Il est utile pour comprendre le destin individuel et familial de ceux, ils sont nombreux dans notre monde actuel, obligés de tout quitter et de réinventer une nouvelle vie dans un ailleurs où ils ne sont souvent pas les bienvenus. Et pourtant ils n'ont pas le choix !
On a là une vérité partielle mais précieuse, un récit parmi d'autres mais unique, pour raconter enfin cette guerre d'Algérie trop longtemps occultée. Cette terrible guerre coloniale pour les uns, d'indépendance pour les autres, n'est esquissée qu'à grands traits à travers le souvenir familial et quelques références peu développées. Peut-il y avoir un récit de cette sale guerre – elles sont toutes sales – ou des récits pluriels, portant des vérités, aidant à réfléchir ?
Pour ma part le tailleur de Relizane vient s'ajouter à quelques livres – curieusement j'ai plus de titres de films en tête – qui m'ont marqué, abordant ces « évènements » selon le terme employé à cette époque. Je pense d'abord à La question de René Alleg, Lettres d'un soldat de vingt ans de Jacques Higelin, Les serpents de Pierre Bourgeade, Des hommes de Laurent Mauvignier...
Et vous qu'avez-vous lu d'important sur le sujet ?
******
Complétez cette chronique par une petite visite de mon site clesbibliofeel avec la composition photo à partir de la très belle couverture du livre d'Olivia Elkaim, rubrique roman contemporain. Également sur Facebook, page clesbibliofeel. Merci pour votre lecture !

Lien : https://clesbibliofeel.blog
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critiques presse (2)
LeSoir   03 novembre 2020
Dans «Le tailleur de Relizane», Olivia Elkaim met en scène ses grands-parents tels qu'ils ont vécu la Guerre d'Algérie et l'installation en France.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Liberation   16 septembre 2020
Un témoignage précieux sur ce que furent la présence française en Algérie et la vie quotidienne de ceux que l’on a longtemps appelés «pieds noirs».
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
CannetilleCannetille   18 mars 2021
Cet été-là, 67 956 rapatriés débarquent dans la région Midi-Pyrénées. C’est beaucoup moins qu’à Marseille, où 450 000 pieds-noirs affluent par l’aéroport de Marignane et par la mer. Chaque jour, les paquebots, cargos, navires-citernes, et même les chalutiers, déversent des milliers de pauvres gens. Face à cette marée humaine, les pouvoirs publics sont dépassés.
Commenter  J’apprécie          230
blandine5674blandine5674   28 mai 2021
- Y a toujours des individus pour se faire de la monnaie sur le malheur des autres, dit Marcel à ses fils avant d’éteindre la lumière. Quand vous serez de grandes personnes, je veux pas que vous soyez du côté de ces gens-là.
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CannetilleCannetille   18 mars 2021
– Qu’est-ce qu’on va devenir, Marcel ? Il va falloir partir. Les enfants… Ils vivent comme des prisonniers.
Viviane murmure pour ne pas réveiller Pierre et Jean. Elle répète, comme un perroquet, des choses entendues ici ou là.
– La France, c’est le pays des droits de l’Homme.
– Les Levy qu’on voyait à la synagogue, ils se sont installés à Haïfa. Il faut réfléchir, pas se précipiter.
– Haïfa… en Israël ? Arrête tes bêtises. Nous, on est français.
– Ce que la France te donne, elle peut le reprendre. T’as déjà oublié la guerre ? Toi aussi, t’es devenue une apatride, à toi aussi, on t’a marqué « juive indigène » sur la carte d’identité. Tu te souviens de la cousine Arlette ? C’était la première de sa classe, on l’a empêchée de hisser le drapeau, juste parce qu’elle était juive.
– Dans mon cœur, je suis française, je n’ai jamais été rien d’autre. Ni indigène, ni séfarade, ni je ne sais quoi. Française. Je suis née juive, je mourrai juive et parfois, ça me pèse, tout le tralala pour faire plaisir à ta mère, au rabbin, à la communauté, pour être bien vue des uns et des autres. Mais française, tu vois, c’est comme un cadeau qu’on m’a fait.
– T’es trop romantique, Viviane. Tu comprends pas que ça va nous obliger à tout abandonner, ton romantisme de pacotille, ça va nous obliger à tout recommencer ailleurs ?
– Tu ne m’as jamais entendu dire un seul mot en arabe, en espagnol, jamais ! Et pourtant mes parents les parlaient à la maison. Je n’ai peut-être pas été beaucoup à l’école mais je sais que le français est ma langue et l’Histoire de France, mon histoire ! Je veux que mes enfants soient des enfants de la République française.
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afadeauafadeau   07 avril 2021
J’ai rangé les archives familiales dans la valise à roulettes, trié les livres, inventé là où aucun document, aucun mot de mon père ou de mes proches, ne confirmait mes hypothèses ni ne comblait les blancs.
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CannetilleCannetille   18 mars 2021
Ça voulait dire quoi, être français, être algérien ? Marcel n’avait pas beaucoup d’instruction. Il ne lisait jamais de livres. Écrits trop petit, phrases trop longues… Il ne comprenait pas tous les mots. Mais ces questions-là le taraudaient en silence.
Il était français par accident. Ses quatre grands-parents étaient des Juifs indigènes, issus de familles berbères autochtones installées depuis plusieurs siècles à Relizane. Ils avaient été naturalisés, comme les 35 000 Juifs du territoire, en 1871, par le décret Crémieux. Mais ils n’avaient rien réclamé, eux ! Marcel ne comprenait pas par quelle magie lui et toute sa famille avaient plus de droits que les Musulmans maintenus sous le régime de l’indigénat.
Sa nationalité française le plaçait dans une position de colon. Oui, il devenait un colon au même titre que certains exploitants agricoles, ceux qui traitaient les Arabes comme leurs esclaves. Il y avait tellement d’histoires, y compris ici, à Relizane, de domestiques engrossées par des patrons blancs, forcées d’avorter ou expédiées dans le Sud, de jeunes types fouettés à mort pour un seau d’oranges volé. Ça lui donnait envie de vomir.
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Videos de Olivia Elkaim (39) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Olivia Elkaim
La Bpi et le festival Effractions vous proposent la rencontre avec Olivia Elkaim et Camille Schmoll : Odyssées des femmes en Méditerranée, en langue des signes française (LSF). Elle est interprétée par Armelle Riccio et Christine Quipourt.
Retrouvez l'ensemble des rencontres sur le site Effractions : https://effractions.bpi.fr/
Retrouvez l'ensemble de la visite en langue des signes sur notre playlist : https://www.youtube.com/playlist?list=PLKkFbICkVcZnw_14zZOokWBLNAqPMCru6
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