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ISBN : 2264052775
Éditeur : 10-18 (16/09/2010)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 867 notes)
Résumé :
La révélation des années quatre-vingt assurément. Le premier livre du sulfureux Ellis, qui n'a alors que vingt ans, est un choc. À sa sortie pourtant, "Moins que zéro" est modérément accueilli par les critiques américains. Il connaît en revanche un énorme succès en France.
L'histoire, un puzzle dont on ne cesse de replacer les morceaux, est celle de personnages interchangeables, jeunes gens dorés sur tranche, désœuvrés et la tête enfarinée. L'un s'ennuie à m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (84) Voir plus Ajouter une critique
iris29
  24 octobre 2016
Whaouh ...
Comment résumer ce livre ... bon, c'est l'histoire d'un gamin qui s'appelle Clay . Il a dix-huit ans et vit sur Mulloland Drive à Los Angeles [ y a pire comme adresse et comme âge ...]. Il revient quelques jours chez lui après un séjour en fac dans le New-Hampshire [ y a pire comme vie ...]. Objectif : passer le plus de temps avec ses amis , petits amis, petite copine , amis d'enfance et autres paumés .
Comme Clay et ses potes, croulent sous le pognon et la "trash attitude ", trainer ensemble s'avère être du grand n'importe quoi . Le début est gentil mais on passe vite de "Let's dance" à" I'm waiting for my man "...
De Fêtes en RV avec le dealer, de brèves pauses au bord des piscines en rencontres sordides , rythmées par le son des années 80 , leurs errances atteignent le summum de l'ignominie et de l'autodestruction .
Mais où sont les parents, non de Dieu ?! Occupés par leurs jobs de rêve dans l'industrie du cinéma , ils passent complétement à coté des ultra-modernes-solitudes de leurs rejetons ... Aucune conversation digne de ce nom, aucune lucidité, aucune inquiétude sur la santé de leur progéniture . Parents et enfants se croisent et cohabitent dans deux univers parallèles .
L'auteur avait 21 ans lors de la parution de ce premier roman qui fut accueilli comme le symbole d'une génération , celle des années 80.
Certes dans "Moins que zéro", on écoute MTV, Blondie, Prince, Bowie, Bananarama, Duran Duran. On y compose son numéro de téléphone comme un grand, les portables n'avaient pas encore été inventés ...On lit Glamour et Interview .
Mais pour le reste, je dirais que c'est surtout le portrait d'une certaine classe sociale car ces jeunes n'ont aucun problèmes d'argent . Leurs comptes sont alimentés par Papa sans contrepartie , leurs voitures sont luxueuses et leurs adresses prestigieuses ...
Et s' ils sont paumés, et s'autodétruisent , c'est qu' ils ne s'aiment pas et n'aiment personne , rien , "zéro" . On dirait des papillons qui se cognent aux parois d'une lampe ... Leur vie n'est qu'un ennui abyssal, un vide "ParisHiltonnien "...Du Moins que zéro .
Les regarder s'enfoncer est troublant parce qu' ultra-réaliste .
Je suis incapable de vous dire si j'ai aimé ou pas ... N'attendez-pas de rédemption, de chute, de morale , BEE ne conclue pas , et nous laisse dans le noir, le vide , le néant . . je viens d'apprendre qu' y aurait une "suite" aux aventures de Clay , j'irai y faire un tour (ou pas , le soleil Californien m'a brûlé !) .
Je peux juste vous dire que ce roman est loin d'être un livre pour ados . Ames sensibles s'abstenir . Ça a été bien plus trash que ce à quoi je m'attendais .
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zwyns
  09 décembre 2014
Moins que zéro ,le roman américain des années 80? Bret Easton Ellis un auteur-culte ?Le titre donne un avant-goût des 250 pages qui vont suivre.
Sous la forme d'un "journal intime" Clay nous conte ses vacances de retour sur la côte ouest,dans les environs de L.A.,au milieu de la jeunesse dorée,de la jet-set,dont les loisirs se résument à des fêtes copieusement arrosées,de dégustation de drogues en tout genres,de sexe,et lorsqu'ils se mettent à converser ce n'est qu'un charabia vide de sens,comme leur vie d'ailleurs....Dans leurs chères têtes blondes,des cerveaux déjà entamés.
Même les parents,peu motivés,ont démissionné et vont fricoter dans leur coin. Des décors de leurs vacances,rien...Même L.A.,la ville inhumaine n'apparaît pas,cachée dans la brume des joints et celle des lendemains de cuites.
Je mettrais au crédit de l'auteur,sa franchise,et son talent pour décrire cette société en voie de dérive,mais personnellement on ne m'y reprendra plus avec Bret Easton Ellis
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greg320i
  25 septembre 2015
Point trop n'en faut pour résumer Moins que zéro ..
Il vous suffira déjà de lire le titre , voir bien moins même que cela.
Embourbé de trémolos et de mots faciles ,le jeu de l'auteur à situer la hauteur de son ouvrage en-deçà de la terre est du moins honnête .

Réfractaire à tout, à la qualité , à l'intérêt ou quelconque vérité, on en déduira que le vrai du faux est sa volonté de rendre le papier absorbant comme une éponge des plus inutile, son topo au plus ennuyant possible.
Fuyant le désir de façonner une histoire, ne voulant en rien créer ou manoeuvrer la direction des chapitres vers une morale , Bret Easton Ellis se suffit à lui-même. Point barre.

Mais alors ? C'est de la provocation volontaire et oui ,et il est évident que le renoncement est là dessus, pardon dessous, tout à fait réussi .
Vous envisagiez une tentative d'attentat envers votre santé ? Vous croyiez à tord atteindre le bas-fond de votre bonheur ? Attention, vous entrer dans ce livre avec un sérieux avertissement sur la qualité de vie, le risque de vous dire qu'il y a pire..
le MOINS que zéro .
Frigide, insipide voir lapidaire , l'auteur se saigne un titre que beaucoup jugerons sado-maso .
Le topo ( au ras du tapis) : Son héros -s'il peut être caractérisé ainsi- est un jeune homme bizarre, banlieusard richard pour qui tout semble acquis . N'espérer donc aucun effort de justice ou ténacité de ce côté .
Aussi mou qu'un marshmallow ,entre ligne de coke et vide existentiel ,son ciel est un feu d'artifice permanent. Oui-Oui au pays de L'Amérique.
Evidemment Oui-oui à sa voiture , sa belle devanture, son joli côté lisse à souhait, et tout roule comme son joint qui déroule sa fumée rose .
Seulement Cendrillon à sa son bal et son heure donné ,voilà le drame ...
de poupon à qui tout parait facile, poupée-qui-fait-non apparaîtra subitement dans sa tête ( de linotte) , transformant l'abrutissement en une révélation .

Construire un si long préambule pour finalement se retrouver coincé dans une bulle de chewing-gum que tout efface, est-ce bien efficace ? J'en n'en suis pas sûr puisque tout est bien moins que zéro ...
Pâte à mâcher zéro calorie, light de tout soupçons, voilà le ton.
Gare à l'étouffement !
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Aaliz
  07 janvier 2012
Beaucoup de personnes n'ont pas aimé ce livre. Et c'est vrai qu'avec Bret Easton Ellis, on aime ou on déteste, difficile d'avoir un avis mitigé. En ce qui me concerne j'ai aimé. J'ai aimé car ce livre m'a conforté dans ma conviction que l'argent ne fait pas le bonheur. J'ai aimé car, tout au long de ma lecture, je me suis rendue compte que ma vie à moi, aussi plate et insignifiante soit-elle, est tout simplement géniale et que je suis une grande chanceuse.
Clay est ce que l'on appelle un « gosse de riche », ses parents sont extrêmement fortunés, il ne manque de rien. Il a 18 ans, il a tout, peut tout faire, et pourtant il ne vit pas.
Son monde se résume aux sorties, en boîte, au cinéma, dans des bars, à des soirées people. Son entourage se compose de parents divorcés, de deux soeurs frivoles, et de ses amis. Enfin … peut-on vraiment parler d'amis ? Ils sont bien sûr du même milieu que Clay, sont livrés à eux-mêmes par des parents absents qui les ignorent, passent leur temps aux mêmes activités, se droguent, dealent et s'envoient en l'air avec tout ce qui bouge.
Tous les personnages que l'on croise dans ce roman se ressemblent : cheveux blonds coupés court, bronzage. Il y a beaucoup de personnages et j'ai eu parfois des difficultés à me remémorer qui était qui. Et puis il y a cette atmosphère lourde, pesante et malsaine. Il fait chaud en Californie, Clay souffre de cette chaleur, BEE insiste beaucoup sur ce détail et fait de nombreuses allusions au feu ou à des incendies faisant ainsi rapprocher le décor qu'il construit à l'Enfer lui-même : les petits-anges blonds qui ont tout pour réussir se retrouvent déchus et se débattent dans les flammes de la géhenne. Et le pire c'est que Clay a parfaitement conscience de tout ça, il l'avoue lui-même, il ne souhaite plus rien, ne s'intéresse à rien, n'a envie de rien, comme s'il avait baissé les bras et ne pouvait plus que se contenter de subir et de rester passif.
Certaines scènes sont un peu dures et choquantes, d'autres assez étranges. BEE parvient avec talent à décrire et à transmettre au lecteur ce désarroi et ce mal-être. Je me suis sentie aussi mal que Clay à certains endroits et j'avoue avoir ressenti de la pitié pour lui même si je me suis parfois interrogée à son sujet, notamment sur sa manie qu'il avait, plus jeune, de collectionner les articles de faits divers violents et sanglants. Je m'attendais alors à chaque instant à un dérapage, à ce qu'il franchisse la ligne mais au contraire, quand l'occasion se présente il refuse. J'ai donc eu tendance à mettre ça sur le compte de l'adolescence et de l'inévitable attrait que constitue parfois ce genre de choses pour les ados.
Ne lisez pas ce livre si vous voulez de l'aventure et des tas de rebondissements. Non, ce n'est pas ce genre de romans là. Certains se sont ennuyés, je peux les comprendre. Mais c'est justement l'axe de ce roman : l'ennui. Clay s'ennuie, ne trouve aucun sens à sa vie. Je l'ai déjà dit , il peut tout avoir et tout faire sauf qu'il ne peut pas rêver, il ne peut pas avoir d'objectifs, de projets, il sait d'avance qu'il lui suffit de s'y mettre pour réussir. Comment concevoir son existence sans lui donner un sens ? Ce qui finalement nous fait avancer et lever chaque matin n'est-il justement pas le fait que l'on a des défis à relever, des buts à atteindre ?
Mais à ces jeunes-là, ces anges blonds, que leur reste-t-il ? Si ce n'est la découverte de sensations fortes : la drogue d'abord, le sexe jusqu'au viol et la prostitution, la fascination pour un cadavre trouvé dans une ruelle …
Moins que zéro : en-dessous du niveau zéro le monde des enfers.
Moins que zéro : la température dans l'espace, dans le vide interstellaire.
Moins que zéro : le récit du vide de l'existence et de l'enfer sur Terre.
Quelques mots sur le style : un style clair, précis, efficace parfois cru. BEE donne dans le détail c'est-à-dire qu'il raconte chaque geste que fait Clay (pas systématiquement non plus je vous rassure) mais à certains passages ça m'a marqué. Comme si BEE voulait ainsi combler le vide de l'existence de Clay. Les dialogues aussi m'ont surprise. Là où on pourrait voir des répliques inutiles, j'ai trouvé qu'au contraire BEE parvenait à nous retranscrire les dialogues tels qu'ils auraient réellement pu avoir lieu. Des platitudes, là encore pour combler le silence, le vide.
Aussitôt après avoir terminé ma lecture de ce livre, j'ai couru à la librairie me procurer la suite : Suite(s) impériale(s). J'ai hâte de voir ce qu'est devenu Clay.

Lien : http://booksandfruits.over-b..
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colimasson
  14 août 2012
Moins que zéro propose une variation sur la fameuse question de la poule et de l'oeuf... Qui est apparu en premier ? Est-ce la réalité d'un monde inhumain qui a engendré l'apparition en série de clones désincarnés ? A moins que ce ne soit l'existence de ce troupeau de bétail meuglant qui ait fait de la Terre un lieu où personne n'aimerait mettre les pieds ?
A travers son récit, Clay décrit une certaine facette d'un monde qui le renvoie à lui-même. le personnage, tout juste âgé de dix-huit ans (Bret Easton Ellis avait vingt ans lorsqu'il a publié ce livre), rentre d'études pour passer un mois de vacances chez lui. Alors qu'il n'est pas revenu depuis plusieurs mois, et même s'il se doute que rien n'a fondamentalement changé au cours de cette brève période, Clay se prépare déjà à sentir le malaise des retrouvailles.
Pourtant, pas d'effusion entre proches... le père et la mère, qui mènent leur vie séparément, tiennent à leur indépendance et à leur fierté comme à de vieux restes d'une adolescence inachevée ; les soeurs remarquent à peine le retour de leur frère, noyé sous une tonne de ragots bien plus excitants que son caractère taciturne ; les amis ne lui proposent rien de plus qu'un ennui partagé ; et l'ancienne petite amie, avec qui les relations sont ambiguës, reste toujours aussi inconnue que dans le passé. En rentrant chez lui, Clay retrouve ce qu'il avait laissé dans le même état qu'avant son départ. Si quelque chose a été modifié, rien de visible. L'éloignement que le temps a creusé entre lui et ses proches ne se voit pas et ne se dit pas.
Clay retrouve ses habitudes. Les journées vides sont meublées par le sommeil et l'apathie, les nuits par des sorties en boîte, dans des bars ou dans des demeures de riches. C'est l'occasion d'éveiller en soi des sensations devenues difficiles à susciter : il suffit de mélanger alcool, Valium, Témesta et séances de torture sado-maso autour d'une piscine et d'un buffet. L'effet est bluffant mais ne dure pas. En tout cas, Clay en est revenu. Même s'il continue à participer à toutes ces orgies de convention afin de suivre les traces de ses (anciens) amis et parce qu'il n'a rien de mieux à faire, on sent qu'il se tient à une certaine distance de ces spectacles. Regard critique ? Ou désespoir si intense que même ce qui faisait le plaisir de ses journées d'antan ne suscite plus rien en lui ? Clay est surtout marqué par une pensée lancinante : « Les gens ont peur de se retrouver ». Et il ne s'exclut pas de ce constat.
Clay n'indique pas clairement de quelle façon les gens arrivent à détourner cette peur, mais il le fait comprendre à travers une démonstration qui s'étend tout au long du livre : ils essaient d'étouffer tout sentiment. Ils ne sont plus déçus : ils boivent ; ils ne sont plus désespérés : ils prennent du Valium ; ils ne sont plus furieux : ils violent des petites filles ; ils n'ont plus honte : ils tapinent. le tout s'accomplit dans le silence le plus pesant. Clay, victime parmi les victimes, aussi inhumain que tous les autres abrutis autour de lui, décrit ces jours sur le ton du simple constat. On sent que la manière dont se déroulent les choses ne lui convient pas mais il n'espère rien de mieux. Il balade son désespoir et sa résignation au détours de phrases banales, de conversations inintéressantes et de détails sans intérêt -prémisse d'American Psycho. Ce mépris total ressemble presque à un désir absolu de voir se produire une apocalypse digne de ce nom.
« Samedi en fin de soirée nous sommes tous chez Kim. Il n'y a pas grand-chose à faire, sinon boire des gin-tonic et de la vodka avec beaucoup de jus de citron et regarder des vieux films sur le Betamax. Je fixe sans arrêt le portrait de la mère de Kim, suspendu au-dessus du bar dans le salon au plafond élevé. Il ne se passe rien ce soir. »
Ainsi, cette description minutieuse d'un monde creux, peuplé d'une humanité qui sillonne des routes vides, confrontée parfois à des apparitions surréalistes -un coyote écrasé au bord de la route, une voiture en flammes, des Mexicains qui pleurent, autant de signes de la déchéance proche- fait apparaître des images dignes d'un road-movie catastrophe. Lorsqu'on connait l'attrait de Bret Easton Ellis pour la description des crises de fureur qui s'emparent souvent de ses personnages, l'hypothèse d'un déchaînement n'est jamais invraisemblable.
Ce premier livre de l'écrivain n'est pas son meilleur. le regard critique de Clay ne parvient pas encore à s'exprimer avec toute l'agressivité qui fera par exemple la puissance d'American Psycho, et la superficialité des situations décrites à travers son regard donne parfois au texte l'impression d'être vide lui aussi. Pourtant, on sent déjà que l'écriture de Bret Easton Ellis s'imprègne des particularités qui feront sa singularité et son succès dans ses livres suivants. Moins que zéro n'est peut-être pas le livre qui permettra le mieux de se singulariser avec l'écrivain, mais sa lecture intéressera forcément celui pour qui American Psycho a été un grand livre. Il suffirait de se laisser aller à un peu d'émotion pour avouer que Moins que zéro est troublant car il permet le déploiement d'une vision à peine désabusée, mais que l'on sent déjà prête à s'épanouir dans toute son ampleur au fil des livres suivants…
Lien : http://colimasson.over-blog...
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Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   28 août 2012
« Quoi de neuf ? » je lui demande.
« Quoi de neuf ? » elle me répond.
Je ne dis rien.
Elle lève les yeux, étonnée. « Allez, Clay, dis-moi. » Elle cherche dans la pile de vêtements. « Tu dois bien faire quelque chose. »
« Oh, je sais pas. »
« Quesse tu fais ? » elle me demande.
« Des trucs, j’imagine. » Je m’assois sur le matelas.
« Par exemple ? »
« Je sais pas. Des trucs. » Ma voix se brise, le souvenir du coyote me traverse l’esprit, j’ai l’impression que je vais pleurer, mais mon envie passe et je désire seulement récupérer ma veste avant de partir.
« Par exemple ? » elle insiste.
« Que fait ta mère ? »
« La voix off d’un documentaire sur les enfants paraplégiques. Et toi, Clay, que fais-tu ? »
Quelqu’un, peut-être Spit, Jeff ou Dimitri, a écrit l’alphabet sur le mur. J’essaie de me concentrer là-dessus, mais je remarque vite que la plupart des lettres ne sont pas dans le bon ordre, si bien que je demande ; « Que fait d’autre ta mère ? »
« Elle va tourner ce film à Hawaii. Que fais-tu ? »
« Tu lui as parlé ? »
« Ne me demande plus rien sur ma mère. »
« Pourquoi ça ? »
« Ne dis pas ça. »
« Pourquoi pas ? » je répète.
Elle trouve ma veste. « Tiens ».
« Pourquoi pas ? »
« Que fais-tu ? » elle me demande en me tendant ma veste.
« Que fais-tu, toi ? »
« Que fais-tu, toi ? » elle redemande d’une voix tremblante. « Me pose pas ce genre de question, s’il te plaît. Okay, Clay ? »
« Pourquoi pas ? »
Elle s’assoit sur le matelas dès que je me lève. Muriel hurle.
« Parce que…je sais pas », elle soupire.
Je la regarde, je ne sens rien, je sors avec ma veste.
+ Lire la suite
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line70line70   19 mars 2011
Je ne veux pas de l'amour. Si je me mets à aimer des trucs, je sais que ça va être pire, que ce sera encore une chose qui me causera du souci. Tout est moins douloureux quand on n'aime pas.
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colimassoncolimasson   23 août 2012
« […] Récemment, tu vois, j’ai fait un rêve où je voyais le monde entier se liquéfier. J’étais debout sur la Cienega, de là-haut je surplombais le monde, et il fondait, il se liquéfiait, c’était tellement fort et réaliste tu vois. Alors j’me suis dit Eh ben si ce rêve se réalise, comment pourrais-je l’arrêter, tu vois c’que j’veux dire ? »
J’opine du chef.
« Comment faire pour changer les choses, tu vois ? Alors j’ai pensé que si moi j’me perçais l’oreille ou quelque chose, si je modifiais mon apparence physique, changeais de couleur de cheveux, le monde cesserait de se liquéfier. J’me suis donc teint les cheveux, et ce rose tient le coup. Il me plaît. Il dure. Et j’crois que l’monde va cesser de se liquéfier. »
+ Lire la suite
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pilepile   15 octobre 2011
Je ne regarde pas très souvent mes parents, je ne cesse de me passer la main dans les cheveux en regrettant de ne pas avoir de coke, n’importe quoi pour m’aider à surmonter cette épreuve, et puis je regarde le restaurant qui est seulement à moitié plein ; les gens chuchotent mais leurs paroles portent d’une table à l’autre, et je réalise qu’en fin de compte j’ai dix-huit ans, des mains qui tremblent, des cheveux blonds, un début de bronzage et que je suis seulement à moitié défoncé, assis chez Chasen au coin de Doheny et de Beverly, et que j’attends que mon père me demande ce que je désire pour Noël.
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colimassoncolimasson   17 août 2012
Le soleil entre à flots dans ma chambre à travers les stores vénitiens et quand je regarde dans le miroir, il me renvoie l’image d’un sourire dément, fêlé. Je vais dans mon cabinet de toilette, j’observe mon visage et mon corps dans la glace ; je fais une ou deux flexions, me demande si je devrais aller chez le coiffeur, décide que j’ai vraiment besoin d’une séance de bronzage. Pivote sur mes talons et ouvre l’enveloppe, également cachée derrière les chandails. Je me prépare deux lignes de coke achetée à Rip hier soir, les sniffe et me sens mieux. Je descends en bermuda. Bien qu’il soit déjà onze heures, je crois que tout le monde dort encore et je remarque que la porte de ma mère est fermée, sûrement à clef. Je sors, plonge dans la piscine, fais une vingtaine de brasses rapides, sors de l’eau, m’essuie en entrant dans la cuisine. Prends une orange dans le réfrigérateur et l’épluche en remontant. Je mange l’orange avant d’aller sous la douche et m’aperçois que je n’ai pas le temps de faire mes haltères. Je rentre alors dans ma chambre, allume M.T.V. en mettant le son fort, me fais une autre ligne puis prends la voiture pour aller retrouver mon père.
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Videos de Bret Easton Ellis (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Bret Easton Ellis
Mika BIermann Sangs éditions P.O.L: où MIka Biermann tente de dire pourquoi il a voulu écrire un roman horrible et insupportable après avoir lu "Justine où les Malheurs de la vertu" de Sade et "American Pyscho" de Bret Easton Ellis, à l'occasion de la parution aux éditions P.O.L de "Sangs", à Marseille le 12 février 2017 "Chez les Romains, « famille » signifiait réunion de serviteurs ou d?esclaves. Dans l?analyse marxiste, la famille a une origine purement économique et intéressée. C?est aux États-Unis dans les années soixante que l?amour est déclaré ciment familial. Ça va saigner."
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