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Georges Belmont (Traducteur)Guy Morel (Traducteur)
ISBN : 2877302962
Éditeur : Editions Philippe Picquier (23/04/1999)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 299 notes)
Résumé :
Bleu presque transparent relate, en une succession de courts chapitres, quelques journées dans la vie d'un groupe d'adolescents. Journées ou plutôt nuits vides d'espoir d'une "génération perdue" et désillusionnée qui s'abîme dans la destruction. Sexe, drogue, musique, violence... le tableau serait d'une banale désespérance s'il n'y avait ce mélange de distance quasi clinique et d'infinie générosité dans le regard porté sur les personnages. Dans Tôkyô oppressante et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
Iansougourmer
  17 janvier 2013
Premier roman de Ryû Murakami, ce roman a créé un fort engouement et choqué plus d'un lecteur au Japon à sa sortie, et a valu à son auteur de recevoir le prestigieux prix Akutagawa.
L'auteur nous offre un premier livre intense qui malgré son aspect provocateur se révèle subtil. Cependant il reste clivant : tout est une question de personnalité !
A titre personnel, j'ai beaucoup apprécié ce livre, récit de la vie désordonnée de Ryû et de sa bande d'amis, jeunes japonnais en perte de repères qui partagent leur temps entre drogues, alcool, sexe et musique.
J'ai été saisi par la puissance du texte, par la force de ces instants de vie. Tout le roman semble irradier une sombre énergie : ces jeunes mènent une vie dissolue et paraissent pris dans une spirale destructrice à laquelle ils n'ont aucun moyen d'échapper. Les personnages ne semblent avoir aucun futur et portent tous un sentiment de vide désabusé ou d'expectative fébrile et pourtant ils brûlent d'une fureur de vivre, dont témoigne la frénésie avec laquelle ils pratiquent toutes sortes d'activités. Mais toute cette action ne peut pas masquer ni au lecteur ni à ces jeunes le sentiment de vide qu'ils ressentent, que ni les plaisirs artificiels des drogues ni ceux fugaces du sexe ne peuvent tromper.
C'est toute l'habileté de Ryû Muakami que de parvenir avec autant de justesse à montrer la rupture de toute une frange de la jeunesse nipponne avec une société qui apporte certes stabilité matérielle mais qui est dépourvue de toutes valeurs. de cette déliquescence s'explique le choix de cette jeunesse qui préfére se réfugier dans sa propre destruction par la recherche toujours plus vertigineuse d'un plaisir artificiel, qui ne peut amener qu'à la destruction de l'être.
En tant que lecteur, je me suis surpris en manifestant un intérêt croissant au fur et à mesure que ces jeunes s'enfonçaient de plus en plus dans leur propre débauche, ce qui a créer en moi une sensation de malaise assez forte née de ma curiosité, il faut bien l'avouer, malsaine. Ce qui m'a fasciné est le déni d'avenir de la part des personnage et leur plongeon dans l'autodestruction. En outre, j'ai beaucoup apprécié le style très particulier de l'auteur.
En effet, le mérite de l'écrivain est aussi stylistique. La violence du style, parfois assez cru et le choix de faire du roman dans sa plus grande partie une suite ininterrompue de débauches signe la volonté de bousculer le lecteur, voire de le provoquer, choix qui s'il détourne du livre certains stimule l'intérêt d'autres. L'action du livre est également bien bâtie, alternant de courts chapitres qui sont autant de moments aussi intenses les uns que les autres et permettent au lecteur de voir toute une gamme de jeunes aux personnalités différentes. Par ailleurs quelques passages sont réellement des moments assez poétiques.
Par dessus tout , j'ai vivement apprécié la fin, qui tranche de manière spectaculaire avec le reste du récit. Alors que jusque là il était donné à lire au lecteur un style vif mettant la réflexion au second plan, la fin est poétique et symbolise le message que l'auteur veut nous faire passer : l'ombre que Ryû croit s'abattre sur lui et qui le plonge dans la confusion et la terreur symbolise la victoire d'un monde funeste et vide de sens qui s'impose au personnage, en dépit de toute sa volonté d'y échapper par tous les moyens possibles.
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Foxfire
  06 juillet 2015
Dire que j'ai été déçue par ce "Bleu presque transparent" est bien en-dessous de la vérité. C'est pourquoi, je ferai assez court.
La froideur du récit, simple photographie d'instants de vie d'une jeunesse désoeuvrée, est sans doute volontaire mais n'a provoqué chez moi que l'ennui. La litanie des scènes de beuverie et d'orgie, déconnectée de toute trame narrative, m'a paru vaine et gratuite, un étalage de trash creux. L'évocation de cette génération perdue est parlante mais finalement ne raconte rien et ne procure aucune émotion ni sensation.
La faute à des personnages sans intérêt. Ils n'ont aucune psychologie, ne sont absolument pas caractérisés. Ils sont si peu dépeints qu'ils semblent totalement interchangeables. On ne ressent ni identification, ni empathie, ni même agacement. Rien, on ne ressent rien pour eux.
Mon désintérêt a été amplifié par le style de l'auteur. Certains passages sont plutôt bien écrits, et même si on sent poindre une forme de prétention dans l'écriture, ces pages au style travaillé sont assez agréables à lire. Mais ces passages sont trop rares. Murakami use et abuse des dialogues. Il aligne des pages entières de dialogues, pas très réussis d'ailleurs, faisant de "Bleu presque transparent" un roman trop peu littéraire.
"Bleu presque transparent" était ma première incursion dans l'oeuvre de Ryu Murakami, une rencontre bien décevante. "Les bébés de la consigne automatique" dorment dans ma PAL depuis un bail et risquent d'y dormir encore longtemps.
Challenge Petits plaisirs 30
Challenge Variété 27 (catégorie "le premier livre d'un auteur célèbre")
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BaronKitajima
  04 septembre 2015
Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce livre ne fait pas l'unanimité. Deux camps d'affrontent dans les critiques à propos de ce livre, dans une mésentente digne de la querelle des Anciens et des modernes, de la bataille d'Hernani ! Dans un coin du ring littéraire, ceux qui ne voient dans le récit de la vie dissolue de Ryû et de sa bande d'amis qu'une suite de beuveries, toxicomanie, sexe et violence sans intérêt sinon le scandale. de l'autre côté, il y le camp de la Raison, les lucides, les clairvoyants, qui se rallient à mon blanc panache !
Toute plaisanterie mise à part, je comprends parfaitement que ce livre ne plaise pas. C'est presque une fatalité quand on connaît la radicalité d'un auteur comme Murakami Ryû. Ce qu'il aime dépeindre, c'est ce qu'il nomme les poubelles de la société japonaise, ces personnages refusant annihilation sociale et cherchant vainement à se différencier, à exister en tant qu'individus. Leur tentatives ne trouvent à s'exprimer que dans l'auto destruction, la violence, l'absurde. Murakami développe une écriture photographique, compacte,baroque et dense, qui ne ménage pas le lecteur. Alternent impitoyablement des scènes de calme, d'introspection où l'on ressent de plein fouet le vide des personnages, et des scènes débridées, paroxysmes de violence psychologique et morale, pics de délires de toutes sortes. Mes passages préférés sont ces monologues des personnage, palimpsestes de fantasmes, de faits, de propos absurdes, ces flots sans aucun sens sont un opposé et en même temps un écho terrible au vide interne des personnages. C'est donc la genèse de cette esthétique que Murakami nous fait voir dans son premier roman, bleu presque transparent, un vrai roman punk sur le mode no future !
Ce roman tourne autour de la vie dissolue de ces jeunes. Au fur et à mesure que la spirale d'excès toujours grandissant s'amplifie, on distingue de plus en plus le vide que semblent tenter de combler ces personnages. Excès devient recherche d'un étourdissement dans les douleurs et plaisirs. c'est aussi l' abandon d'un avenir qui n'est jamais dessiné sinon pour entrevoir la mort prochaine ( Okinawa le toxicomane ) ou des plans sur la comète pathétiques ( Yoshiyama ). Ryû lui ressent un vide qu'il tente de faire taire mais qui se manifeste dans les moments d'ennui, qui le couvre comme une chape de plomb. Cette tension connaît son épilogue avec la prise de conscience de Ryû sur qui s'abat la transparence délirante et les ombres opaques de ce monde qui ne lui laisse aucune perceptive, aucun avenir, le condamnant à être cet atome humain vulnérable et négligeable sans contrôle sur le monde.
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edwige31
  03 septembre 2012
Une claque!!!! Déroutant devant tant de désespoir et de violence, décrit de l'intérieur par un junkie, appelé Ryû. Sans espoir, le lecteur attend la prochaine catastrophe, la violence qui transparaît à chaque page, ou désespoir plus profond encore. Terrible mais superbement écrit!!!!
On suit le parcours de Ryû, jeune junkie de 22ans, qui alterne les séances de défonces et de sexe débridé, avec Lili, sa compagne, et ses partenaires de galère. Ce qui peut choquer, c'est la crudité des scènes de sexe et la description très appuyée de la violence associée. Pourtant, derrière cette façade, transparait l'amour du jeune homme pour Lili, qu'il tente malgré tout de protéger. Ces jeunes gens crucifiés par la société modernes ne peuvent que répondre à leurs besoins primaires qui sont se nourrir (parfois), boire (que de l'alcool), se soulager (n'importe où fait l'affaire), dormir (idem que pour se soulager) et avoir des rapports sexuels (hetéros ou homos en fonction de l'état de défonce). Seul l'amour et l'attachement entre ces êtres abimés leur permet de conserver une part d'humanité en alternance avec ses périodes de déchéances de plus en plus profondes.
Vous allez me dire, quel est l'intérêt de ce roman, sinon un besoin morbide de voyeurisme ? J'ai ressenti immédiatement les mêmes sensations du film Transpotting de Danny Boyle (1996) : c'est une sensation d'être bousculé, de voir tous ses repères d'une humanité cohérente explosée, d'être évidemment touché par le profond désespoir de ces jeunes gens, d'être confronté directement par cette réalité crue et cruelle de millions de personnes, que l'on souhaite oublier ou nier la plupart du temps. Ce livre a reçu le prix Akutagawa en 1976 (le Goncourt japonais). le roman devient un immense succès commercial et Murakami, lui-même, en fait un film en 1978.
L'écho qu'a eu cette oeuvre mérite qu'on s'y attarde et surtout que l'on réponde à la volonté de l'auteur, que l'on s'interroge sur ce que la société peut offrir à cette jeunesse.
Lien : http://toshoedwige.blogspot...
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ericbo
  10 octobre 2018
J'avais découvert Ryu Murakami par "Les bébés...", qui reste certainement son chef-d'oeuvre à ce jour. Que dire alors de ma déception lorsque j'ai lu "Bleu presque transparent" ? L'histoire de jeunes paumés de Tokyo, qui se réunissent pour des moments de débauche absolue, sexe, drogue, alcool, transgressant tous les interdits, pour échapper au carcan de la société japonaise, surtout dans les années 70. Tout cela est à resituer dans le contexte socio-historique de l'époque, bien sûr. Ce n'est d'ailleurs pas sans rappeler les frasques des jeunes de la Beat Generation , de l'autre côté du Pacifique, ceux de Burrough, Ginsberg ou Kérouac. Toute cette problématique me semble de nos jours un peu dépassée. Pour le lecteur en tout cas, car malheureusement, la réalité sociologique irait plutôt dans le sens d'un accroissement de ces pratiques, vu le monde que notre génération s'apprête à laisser à nos descendants. Le Binch Drinking à l'anglaise se porte d'ailleurs très bien. Il y a toujours un trop plein à évacuer quelque part.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
KroKro   07 septembre 2010
-Tu te rappelles comment je jouais Navire de Cristal des Doors, autrefois?
-Tais-toi; maintenant quand je l'entends, j'ai envie de chialer. Chaque fois que je l'entends au piano, c'est comme si c'était moi qui jouais; et ça, je ne peux pas le supporter (...). Tu ne peux pas savoir ce que j'en ai marre. Pas toi, Ryû? Tu sais qu'on va avoir bientôt vingt ans tous les deux, hein? J'ai pas envie de finir comme Meg, j'ai pas envie de revoir encore quelqu'un dans cet état, jamais, non, plus jamais.
-Tu vas te remettre à jouer du Schumann?
-Non, c'est pas ça que je veux dire. Mais ce qui est sûr c'est que j'en ai plein le dos de ce genre de vie à la con. Je voudrais faire autre chose, je ne sais pas encore quoi au juste.
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26052605   09 octobre 2015
Pendant que je tâtais du bout de la langue les parties de mes gencives vaguement égratignées par l'insecte, la rosée répandue sur l'herbe me rafraîchit le corps. L'odeur m'enveloppait complétement, je croyais sentir la fièvre qui m'avait tourmenté et épuisé s'écouler lentement dans le sol. Couché sur le ventre dans l'herbe, je songeais que depuis toujours, je vivais au contact de choses que je ne comprenais pas. Ni même cet instant, ni même ce jardin d'hôpital et cette nuit douce n'y changerait rien, j'en étais sûr. Le grand oiseau noir continuait à planer et à battre des ailes et, tout comme l'herbe amère et le scarabée rond, j'étais emprisonné dans son énorme ventre maternel.
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LaeticiaRouveyrolLaeticiaRouveyrol   15 octobre 2012
En ce moment, tu sais, je passe des heures tout seul, à regarder beaucoup... la pluie, les oiseaux, les gens qui passent dehors, tout bêtement. Tu ne peux pas savoir comme c'est intéressant, si tu regardes assez longtemps.
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26052605   09 octobre 2015
Lettre à Lili

Lorsqu'on m'a proposé d'imprimer mon roman, j'ai demandé qu'on me laissât le soin de faire la couverture. C'est que, pendant que j'écrivais ce livre, je pensais toujours l'orner de ton visage. Tu te souviens de cette photo? celle que j'avais prise lorsque nous nous sommes rencontrés pour la première fois au Niagara. (...)

Lili, où es-tu à présent ? Il y a peut-être quatre ans de cela, j'ai voulu retourner encore une fois à ta maison, mais tu n'y étais plus. Si tu lis ce livre, écris-moi.
(...)
Qui sait même si tu ne t'es pas mariée avec ton peintre métis ? Mais cela m'est égal, j'aimerais te revoir juste encore une fois, même mariée. Nous chanterions une dernière fois tous les deux Che sera sera, comme dans le temps.

Et surtout ne vas pas penser que j'ai changé, simplement parce que j'ai écris ce roman. Je reste celui que j'étais alors, vraiment.
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edwige31edwige31   02 septembre 2012
Lili se tourne à demi e respirant profondément. Elle gémit tout bas. dérangée, la légère couverture qui la couvrait semble lui fausser compagnie au ralenti; Ses longs cheveux forment un grand S collé à son dos. un peu de sueur luit au creux de ses reins.
Les sous-vêtements qu'elle portait hier sont éparpillés sur le sol. roulés en boule et jetés loin, ils paraissent tout petits; on croirait des taches de peinture ou des brûlures dans le tapis.
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