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Hugues Le Paige (Préfacier, etc.)Michel Lisse (Éditeur scientifique)
EAN : 9782507000745
198 pages
Éditeur : Luc Pire (26/02/2009)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 13 notes)
Résumé :

Otto n'aime pas se poser de questions. Il se contente d'une vie bien rangée, entre une passion fanée pour l'aquariophilie et le rituel du thé qu'il partage avec son amie Katrin. Jusqu'à sa rencontre avec le propriétaire du manoir voisin, le puissant et charismatique Jorg von Elpen. C'est l'histoire d'une rencontre qui tourne mal, dans un pays qui ressemble à tant d'autres. C'est l'histoire d'une machination savamment orchestr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
M_a_r_c
  02 novembre 2017
Otto est un individu ordinaire. Banal même. Il partage son quotidien entre un commerce d'aquariophilie en plein déclin et le thé qu'il partage avec Katrin, sa voisine.
Contrairement à Katrin, Otto n'aime ni la politique, ni l'histoire. Même s'il le reconnait terne, il se contente de vivre un présent qu'il n'encombre ni de souvenirs, ni de projets d'avenir.
Sa rencontre fortuite, un jour de pluie, avec le propriétaire du château voisin changera pourtant tout pour lui.
Otto deviendra le complice de Jorg von Elpen et de ses noirs desseins. Tout d'abord sans s'en apercevoir, sur une méprise. Ensuite sa lâcheté le conduira à fermer les yeux et à laisser son voisin tisser lentement sa toile jusqu'à ce que surviennent des événements rappelant ceux qui, en Europe, assombrirent le milieu du XXe siècle.
A sa publication en 2002, le roman, signé du pseudonyme de Baptiste Morgan, aurait pu passer pour une fiction louable mais un peu simpliste sur les dangers de l'extrémisme et sur la nécessite du travail de mémoire. C'était sans compter sur les élections présidentielles françaises, dont le premier tour vit triompher Jacques Chirac et, pour la première fois de l'histoire de son parti d'extrême-droite, Jean-Marie le Pen.
Plus question de caricature donc, puisque la réalité rejoignait la fiction, lui donnant à rebours un caractère désagréablement prémonitoire. Tout en répondant en même temps à cette question que même aujourd'hui, en 2017, je me suis posée durant ma lecture : oui, des individus comme Otto existent bel et bien. Des individus ordinaires, mais dont l'inertie, l'étroitesse d'esprit et leur oubli du passé rendent malheureusement possible les pires scénarios de l'Histoire.
De ces individus qui ont permis, en 2002 à le Pen d'accéder au second tour des élections présidentielles ou, 2 ans plus tôt à Jörg Haider d'entrer au gouvernement autrichien, Otto présente de multiples traits, comme le prouvent mieux qu'une longue dissertation ces quelques extraits :
- Je crois que l'oubli est une faculté indispensable pour la survie.
- […] ce passé que j'ignorais, ces camps dont la moindre image à la télévision, me faisait changer de chaîne aussitôt.
- J'ignore ce que mon père a fait durant la guerre sous son uniforme noir à tête de mort. Je ne veux même pas savoir quel uniforme il a porté.
- […] j'avais l'impression d'être pris moi-même dans un piège infernal alors que je n'avais rien à me reprocher, moi, je n'avais jamais défendu aucune idée !
- Alors que von Elpen gouverne le pays ou le monde, je m'en fous, du moment qu'il me laisse en paix.
Certains, à l'esprit critique exacerbé, souriront face au procédé de « télémination » imaginé par Vincent Engel. Un procédé peut-être moins farfelu qu'il n'y paraît. Surtout en tenant compte des progrès exponentiels de la technologie. Afin de n'être pas trop long, je laisse ici de côté la question du contrôle et de la manipulation des médias, qu'aborde le roman avec le procédé précité, mis au point par Hans, un magnat des médias ami de Jorg von Elpen.
Otto, personnage moins intelligent qu'il ne le croit (est-ce si rare ?), pourra aussi agacer, je l'ai déjà évoqué, lui qui, à chacun de ses pas, s'enfonce un peu plus dans le marasme sans trop sans apercevoir et surtout sans jamais trouver le courage de faire marche arrière pour en sortir avant qu'il ne soit trop tard. Pourtant, l'actualité autrichienne ayant précédé la publication du livre (l'ayant même peut-être inspiré) et celle qui, en France, l'a immédiatement suivie, donnent raison à cette caricature qui n'en est pas une, mais qui renvoie finalement au concept de « banalité du mal » élaboré par Hannah Arendt lors du procès d'Eichmann à Jérusalem.
J'aurais encore pu écrire beaucoup sur Mon Voisin, C'Est Quelqu'Un. Son thème m'est cher. Mais mes critiques n'ont pour but que de présenter brièvement un livre et, s'il m'a plu, vous donner l'envie de le lire et pas nécessairement de se transformer en débats politiques ou sociaux. (Pour ça, vous êtes les bienvenus en chair et en os autour d'un verre !) ;-)
Concluons donc… La forme fictionnelle du récit n'a pas emporté mon adhésion. Je préfère souvent, quand sont abordés les thèmes du fascisme, du nazisme et de l'extrémisme en général, un ouvrage collant aux faits. Mais soit, c'est affaire de goût personnel. le livre de Baptiste Morgan/Vincent Engel n'en reste pas moins intéressant, surtout compte tenu du contexte politique européen de l'époque, qui lui a donné sa pleine mesure.

Lien : https://livrelecteur.wordpre..
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emi13
  19 mars 2015
Avec son amie Katrin ils aiment le rituel du thé, mais Otto n'est plus heureux sa passion pour l'aquariophilie ne l'intéresse plus. Aux fils des jours il va rencontrer son voisin qui n'est autre que Jorg von Elpen le propriétaire du manoir .Se qui devant être une belle rencontre tourne mal. Un bon petit thriller.
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davem
  02 avril 2017
Otto, un homme simple, rencontre son voisin von Elpen, châtelain, politicien, un homme impressionnant aux idées nauséabondes. Sur un malentendu, les deux hommes vont collaborer pour mener à bien les ambitions politiques de von Elpen.
Ecrit tout d'abord sous un pseudonyme (Morgan Baptiste), "Mon voisin, c'est quelqu'un" est un court roman ayant pour thème l'extrême droite. Ce roman avait été écrit, apparemment, au moment où Jean-Marie Lepen était passé au deuxième tour lors des élections présidentielles. A quelques semaines des élections je lis donc ce roman dans un contexte assez similaire, comme quoi l'histoire tend à se répéter. Répétition des horreurs du passé, c'est évidemment de cela qu'il s'agit ici, avec un von Elpen populiste, fasciste prêt à tout pour parvenir au pouvoir. Il profite donc d'Otto pour effectuer de sombres tâches.
Ce qui m'a un peu gêné dans ce roman, c'est ce personnage principal apathique qui semble dépourvu d'une capacité à se rebeller, penser ou même à prendre sa vie en main, juste pour ne pas froisser les gens qui l'entoure et quitte à s'enfoncer dans le mensonge et l'immoralité. Bref un personnage principal un peu à l'image des poissons "stupides" qu'il vend, j'imagine d'ailleurs que le choix de sa profession n'est pas un hasard.
Un autre élément qui m'a dérangé, c'est ce politicien d'extrême droite caricatural dans sa férocité, sa malhonnêteté, je crains malheureusement que l'extrême droite d'aujourd'hui soit autrement plus sournoise et pernicieuse ce qui la rend encore plus dangereuse que celle décrite dans le roman.
Un roman qui dénonce l'extrême droite, un sujet louable qui tient l'auteur à coeur. On regrettera néanmoins l'apathie agaçante du personnage principal et cette extrême droite caricaturale.
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clodermer
  07 septembre 2016
D'un côté, un avocat, un leader, Jorg von Elpen, qui est prêt à tout pour obtenir le pouvoir dans son pays, de l'autre, Otto, un homme ordinaire, qui mène une vie fade, banale et qui s'en contente. Et voilà qu'ils se rencontrent. Est-ce vraiment le hasard ? Qui va manipuler l'autre ? En tout cas, les évènements s'enchainent, Otto pose des actes irrémédiables.
En lisant ce livre, je me suis posé beaucoup de questions. Jusqu'où vont-ils aller ? Otto va-t-il vraiment accepter toutes les basses besognes sans oser réagir ? Personne ne va empêcher Jorg von Elpen de mentir, tromper, tuer pour arriver à diriger son pays ? Est-il possible que des hommes agissent ainsi réellement ? Non, c'est du roman ! Quoique ? Hitler, Franco, Khadafi... n'étaient-ils pas prêts à tout pour conquérir et garder le pouvoir ? Ne pouvaient-ils pas compter sur des hommes de main ?
Ce livre est bien un roman, il se lit d'ailleurs facilement, mais au-delà de cela, il pose de très bonnes questions et nous invite à être vigilants...

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Iluze
  25 septembre 2010
Mon avis:
Vincent Engel nous livre ici un roman sur l'extrême-droite. Il veut nous montrer qu'elle est toujours existente et risque de ressortir au grand jour à tout moment. Mais cela n'a pas suffi pour me passionner vraiment.
Otto, le personnage principal, réveillait en moi une certaine tendresse. Il ne lit pas l'actualité et s'occupe tranquillement de son petit magasin d'aquarium. Mais j'avoue que je me suis sentie par la suite très distante de lui qui ne voit rien venir concernant son voisin. Il a perdu au fil du roman toute l'estime que j'avais en ouvrant le livre.

Le thème est intéressant et fait réfléchir. le style est toujours gracieux, élégant et juste comme je l'avais déjà remarqué dans Oubliez Adam Weinberger. Les mots glissent tous seuls et on déguste chaque jolie phrase qui se présente à nous.

L'histoire est pas mal non plus. Elle est machiavélique et je crois qu'on peut dire que c'est un thriller haletant. Genre que je n'apprécie pas particulièrement mais qui ne m'a du tout dérangé ici; J'ai même aimé toute cette tension qui monte au fil du roman.

Ce qui m'a vraiment gêné était l'ignorance d'Otto qui a fini par m'agacer. Ce ne sera donc pas un coup de coeur cette fois-ci. Mais je retenterai de lire du Vincent Engel, et ce avec plaisir.
Lien : http://iluze.over-blog.com/a..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
clodermerclodermer   07 septembre 2016
Et puis, von Elpen a pris du temps pour me parler. Il m'a exposé son programme politique : je n'y ai pas saisi grand-chose, mais je n'ai pas fait de commentaire. Il voulait régénérer notre pays, le débarrasser de ses parasites, rendre à notre peuple sa fierté... Je n'étais pas contre, tout se tenait logiquement. C'était presque de la sagesse. Du bon sens. Je n'osais pas en parler avec Katrin, parce qu'elle n'était pas de ce côté-là de la sagesse.
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IluzeIluze   23 septembre 2010
Ce n'est pas que ce soit une star, j'ignore d'ailleurs ce qu'il fait dans la vie, mais il m'impressionne, et les gens qui m'impressionnent, je ne conçois pas qu'ils puissent avoir envie de me parler.
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Vidéo de Vincent Engel
Vincent Engel présente son nouveau roman, le Miroir des illusions.
De Venise à San Francisco, en passant par Berlin et New York, voici les destinées romanesques de personnages guidés par l?obsession de la vengeance, au prix du bonheur, de la paix et peut-être de leur vie.
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