AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2253086746
Éditeur : Le Livre de Poche (08/02/2017)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 120 notes)
Résumé :
À Mou di, en Chine, la politique de l’enfant unique a fait des ravages. Alors qui s’inquiéterait de la disparition d’une nouvelle fillette ?
Quand Lina accepte de mener dans le village une enquête discrète pour le compte d’une ONG, le piège se referme sur la jeune Française.
Mené de main de maître par Julie Ewa, ce suspense formidablement documenté nous conduit au coeur d’une Chine cynique et corrompue où la vie d’une petite fille ne vaut que par ce ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses et Avis (59) Voir plus Ajouter une critique
domisylzen
  08 novembre 2016
Les bouquins sur la Chine, j'adore. C'est toujours, pour moi, un gage de dépaysement. Ce roman est une totale immersion dans un petit village avec ses traditions et ses secrets
Pour éviter une surpopulation du pays, la Chine décide de contrôler les naissances à partir de 1979. Un seul enfant sera admis par foyer. Culturellement les garçons ont la préférence, à l'issu du mariage les filles vont dans les belles-familles alors que les garçons prendront soin de leurs ainés. Une maxime résume cela : avoir une fille c'est arroser le champ du voisin.
En 1991, une fillette disparait, une de plus, qui s'en inquiète ? Personne, sauf sa mère qui vit cela comme un déchirement. Elle remuera ciel et terre pour la retrouver.
En 2013, Lina, une jeune française de Strasbourg, part étudier pour un an à Canton. A sa descente d'avion elle est contactée par Thomas, membre d'une ONG, pour enquêter sur les disparitions de fillettes dans les années 1990.
Un récit sur les deux époques avec des personnages communs. Même si j'ai eu du mal à adhérer au départ, notamment sur la facilité avec laquelle Lina accepte de collaborer avec Thomas, il faut reconnaitre la maitrise de l'auteur pour avoir ficelé un roman aux petits oignons. Les chapitres, très courts, se répondent à 22 ans d'intervalle. Elle a aussi le don de nous maintenir en suspens à la fin de chacun d'eux, nous obligeant à pousser toujours plus loin pour découvrir la vérité. Mais elle a surtout cette capacité de réaiguiller son enquête pour mieux nous perdre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          1031
canel
  06 juin 2017
« Son père voulait la pendre ou la noyer.
Un seul enfant par foyer.
Il voulait un garçon, mais sa connasse de femme a fait le taf qu'à moitié.
A la campagne on a besoin d'homme fort pour travailler,
Pas d'une bouche à nourrir,
Pas d'une pisseuse bonne qu'à chialer.
C'est presque impossible de vivre à trois.
Une fille unique, c'est perdre son nom de famille,
C'est la honte pour un villageois.
Qu'est-ce qu'il pouvait faire d'un déchet humain ?
Lui éclater le crâne entre deux pierres, l'enterrer à côté du chien... » *
Ces paroles sont extraites de 'La petite marchande de porte-clefs', chanson du rappeur Orelsan citée par l'auteur de ce roman aussi noir que documenté. Sous couvert d'une intrigue policière de construction classique, Julie Ewa bouleverse son lecteur en l'informant sur la société chinoise des trente dernières années - pauvreté, corruption, industrialisation, politique de l'enfant unique et ses conséquences catastrophiques sur les filles et leurs mères...
Si on soupçonne l'auteur d'en rajouter pour faire pleurer dans les chaumières, on peut découvrir les ouvrages de Xinran (notamment 'Messages de mères inconnues'), une journaliste à laquelle Julie Ewa se réfère à plusieurs reprises. Pour (ré)apprendre que le bienheureux Occidental s'équipe à pas cher grâce aux petites mains d'Asie ou d'Afrique, on peut aussi lire 'La fabrique du monde' de Sophie van der Linden...
'Les petites filles' a reçu en 2016 le 'Prix du Polar historique'.
C'est amplement mérité ! ♥
* La Petite Marchande de Porte-Clefs, Orelsan
https://www.youtube.com/watch?v=RXCIkIcdCD8
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          433
stokely
  31 août 2016
Une belle surprise que ce livre dont j'ai lu pas mal de bons échos et je n'ai pas été déçu. Une alternance d'époque, des chapitres courts, avec pour fil conducteur des disparitions de jeunes filles et la politique de l'enfant unique en Chine.
Lina jeune fille va partir en Chine faire un stage, à son arrivée un membre d'une Ong l'a contacte afin de la mettre en immersion dans le village de Mou Di. Dans ce village de mystérieuses disparitions de jeunes filles ont eu lieu et on n'a jamais su ce qu'elles sont devenues. Lina membre d'association en France venant en aide aux enfants accepte cette mission. Elle va donc être héberger par un moine sur place dans ce petit village.
De fil en aiguille elle va découvrir les habitants de celui-ci et on va lui raconter l'histoire de Sung Tang dont la fille a disparu du jour au lendemain. Lina va donc tenter d'en savoir plus à ce sujet et à partir de ce moment la des choses étranges vont se passer au village.
J'ai d'abord eu peur de la situation en Chine pour cette ouvrage, les thrillers se passant plus habituellement en Amérique, en France, en Angleterre. Mais ce livre ne se limite pas à l'enquête menée ici par Lina le sujet est beaucoup plus vaste.
Une auteur à suivre pour ma part, une immersion dans la campagne reculée chinoise j'ai vraiment beaucoup appréciée cette lecture.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          320
gruz
  09 janvier 2016
Quand une jeune auteure alsacienne vient nous conter un sombre récit se déroulant en Chine, on est loin de banales chinoiseries.
Julie Ewa arrive sur la pointe des pieds dans la prestigieuse collection Spécial suspense de Albin Michel. le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle ne dépare pas dans le paysage. Un vrai sang neuf.
Ce récit à beau débuter à Strasbourg, c'est d'une réalité bien chinoise dont il est question. Une situation réelle, loin du guide touristique, que nous européens avons trop tendance à écarter de notre regard par confort…
Une histoire basée sur un fait de société terrible. L'auteure, sous couvert d'un vrai suspense, décrit l'horrible sort de certains enfants, et particulièrement Les petites filles.
Ne fuyez pas à l'évocation d'un sujet aussi dur ! le sujet est à manier avec des baguettes (…euh des pincettes), ce que fait bien l'auteure. Ce livre est un concentré d'émotions sans coté trop moralisateur, même si Julie Ewa y défend de manière poignante les droits des femmes. de toutes les femmes, pas juste des enfants d'ailleurs.
Un sujet fort mais aucunement traité comme un reportage. Nous sommes bien dans le cadre d'une fiction romanesque. L'intrigue y met en lumière des personnages avant tout. Des caractères touchants et poignants (entre les occidentaux découvrant le pays et les autochtones). Oui l'auteure a pris le parti de raconter une vraie histoire et surtout de construire de vrais personnages.
On a beau être dans la collection consacrée au suspense, le roman est loin des polars classiques, même si la tension est bien présente. A coups de chapitres très courts (3 pages), Julie Ewa imprime un rythme soutenu, nous baladant entre le présent et les années 90. Voyager dans le temps, pour mieux comprendre les histoires de ses personnages.
Le choix de ces brefs chapitres rend la lecture particulièrement fluide. A titre personnel, j'aurais aimé davantage de développements concernant l'ambiance dans le cadre de passages plus longs, même si l'atmosphère est globalement bien rendue (du point de vue de l'occidental que je suis). Loin de moi, donc, l'idée de « saké » ce roman pour ce parti-pris ! Bien au contraire, cette lecture est tout autant distrayante que salutaire.
Une chose est claire, Julie Ewa n'a pas à rougir face à ses illustres camarades de cette collection « suspense ». Elle prouve qu'on peut proposer un divertissement grand public tout en exposant une problématique forte, sans jugement hasardeux et avec une belle humanité.
Lien : https://gruznamur.wordpress...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          252
AudreyT
  26 février 2017
Lina est une jeune étudiante française qui part pour un an en Chine. Elle pourra perfectionner l'apprentissage de cette langue tout en s'imprégnant de la culture du pays. Mais quand elle est approchée dès sa descente d'avion par Thomas, un jeune membre d'une ONG, elle ne se doute pas qu'elle va vivre une aventure difficile et éprouvante. Courageuse et tenace, elle ira jusqu'au bout pour arriver à faire éclater la vérité...
Voilà bien longtemps que je n'avais pas lu de thriller... et quelle angoisse !! On plonge dans une histoire de trafic d'enfants en plein coeur de la campagne chinoise. On est aux côtés de cette jeune femme qui découvre les tristes pratiques de ce peuple, engendrées par la politique de l'enfant unique. Un très bon roman, bien écrit, prenant, qui glace les sangs !!!
Commenter  J’apprécie          250
Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
canelcanel   05 juin 2017
« Il vaut mieux un fils infirme que huit filles valides », prônait le dicton. Des sottises... Avec [son fils] Pan-Pan, ni descendance ni 'assurance-vie'. Personne ne veillerait sur ce qui lui restait de vieux jours.
« Tout est de la faute des Occidentaux ! Maudits 'yangguizi' ! »
Elle en avait fait les boucs émissaires de ses nombreux malheurs. Pan-Pan serait-il malade s'il n'avait pas fabriqué des jeans pour ces satanés Américains ? Quand son épouse était décédée, Pan-Pan était devenu 'mingong' (1). Pendant seize ans, le pauvre homme avait dormi dans un piteux dortoir avec d'autres migrants et trimé plus de soixante-dix heures par semaine pour une paye mensuelle de mille yuans (2). Certes, c'était dix fois plus qu'un salaire de paysan, dans les années 1990... Mais pour une telle somme, il avait inhalé des nuages de poussière, ravageant peu à peu les alvéoles de ses poumons. Le sablage industriel l'avait rendu malade.
____
(1) 'Paysan-ouvrier'. En Chine, beaucoup de paysans désertent la campagne et partent chercher une emploi d'ouvrier, souvent en usine, afin de nourri leurs proches, restés au village.
(2) Environ 120 euros.
____
(p. 308-309)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          194
canelcanel   07 juin 2017
Un fatras d'émotions [l']envahit. Il n'y croyait pas. [Elle] était jeune, si jeune. Pourquoi s'en aller maintenant ?
Après des années de pratique bouddhiste, le moine était convaincu que la mort n'était pas une fin. Tout était impermanent. Nous venions de quelque part et nous y retournions. Une simple continuation. Entre deux renaissances, la vie était un voyage, une aventure, avec pour unique bagage le fruit de notre karma. Celui qui comprenait ce processus n'avait pas de raison de s'inquiéter. Dans ce cas, pourquoi souffrait-il ?
(p. 425)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
domisylzendomisylzen   11 octobre 2016
Depuis des millénaires, les Chinois pensent que les hommes ont plus de valeur que les femmes. Surtout, un fils perpétue la lignée, il restera auprès de ses parents et prendra en charge leurs vieux jours . A l'inverse, les filles mariées s'en vont vivre avec leur belle-famille.
Commenter  J’apprécie          281
canelcanel   04 juin 2017
Il avait de très beaux yeux, gris avec des reflets marron. En ville, Sun avait entendu dire qu'il existait des yeux encore plus beaux en Occident : des bleus, des verts, aussi ronds que des soleils. Une dame lui avait raconté que beaucoup d'Européens avaient les cheveux jaunes... Sun n'en avait jamais vu, mais elle se méfiait des 'da bizi'*. Personne n'aimait leurs bras poilus et leurs longs nez.
(p. 45)
* en mandarin, ce mot désigne les étrangers, mais signifie littéralement 'long nez'.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
domisylzendomisylzen   08 novembre 2016
Maître Yao-Shi dit qu'en chacun de nous, il y a un Bouddha qui dort … Il est plein de joie et plein d'amour mais il se cache à l'intérieur de notre cœur.
Commenter  J’apprécie          210
Videos de Julie Ewa (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Julie Ewa
http://www.passion-bouquins.com http://www.facebook.com/pages/Blog-Passion-Bouquins/327561607257926
33e Foire du livre Saint Louis 2016
Entretien avec Julie Ewa qui présente son nouveau roman publié chez Albin Michel : Les petites filles, dont l'action se situe en Asie.
autres livres classés : chineVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle




Quiz Voir plus

Classiques en Chine

Hymne aux femmes de toute condition dans une société féodale, ce chef d'oeuvre de la littérature classique chinoise fait évoluer plus de 400 personnages. De quel roman s'agit-il ?

L'histoire des trois Royaumes
La Cité des femmes
Epouses et Concubines
Le rêve dans le pavillon rouge

10 questions
44 lecteurs ont répondu
Thèmes : chine , littérature chinoise , culture chinoiseCréer un quiz sur ce livre
. .