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ISBN : 207045455X
Éditeur : Gallimard (25/09/2014)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 24 notes)
Résumé :
Si l’Afrique ancienne n’a pas d’écritures, elle a bien sûr une histoire depuis longtemps sous-estimée lorsqu’elle n’est pas simplement niée. À partir des traces laissées par des civilisations brillantes et les traditions orales, François-Xavier Fauvelle-Aymar reconstitue de manière captivante la richesse de ce continent retrouvé. En trente-quatre courts essais, Le Rhinocéros d’or offre un panorama de l’Afrique subsaharienne du VIII ͤ au XV ͤ siècles. Des v... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
YvesParis
  14 octobre 2013
On parle peu de l'Afrique précoloniale. Les écoles historiques, notamment est-européennes, qui se sont penchées sur elle au lendemain de l'indépendance, ont disparu. Raison de plus pour saluer à sa juste valeur l'ouvrage de l'historien et archéologue François-Xavier Fauvelle-Aymar luxueusement illustré par une riche iconographie. Il relève le défi de rendre accessible aux non-spécialistes un matériau savant, principal projet de l'ouvrage : des comptes rendus de fouilles en Éthiopie, la stratigraphie d'un site swahili, l'épigraphie d'une stèle chinoise, l'analyse d'une mosaïque nubienne, d'un atlas marocain…
On sait peu de choses du Moyen Âge africain, une période que l'auteur intercale entre le VIIIe siècle, où l'Afrique se connecte à l'islam, et le XVe siècle, où elle est « découverte » par les Portugais. L'historien Raymond Mauny parlait de « siècles obscurs » tant les sources manquent à son sujet. Évoquant les trésors de Debre Damo, un monastère situé dans le nord de l'Éthiopie, Fauvelle-Aymar reconnaît avec une belle humilité : « Nous sommes condamnés à ressasser les maigres observations qui nous sont parvenues, pièces éparses et incomplètes d'un puzzle dont nous ne savons pas du reste de quoi il consiste. »
Même si l'Afrique n'ignorait pas l'écriture, la production d'archives ne s'y généralise que tardivement. L'historien doit donc utiliser d'autres sources : les sources orales porteuses d'une tradition millénaire, les sources archéologiques, qui n'ont hélas guère résisté dans les zones humides de l'Équateur – ce qui explique que la carte des lieux les plus connus décrit un vaste croissant qui, de la Mauritanie à la côte swahilie, en passant par le Sahara et l'Éthiopie, ignore largement l'Afrique de la forêt.
La maigreur des sources ne laisse au savant d'autres solutions que de multiplier les hypothèses. Dans l'Afrique du Moyen Âge, la recherche s'apparente souvent à une enquête policière dont certains mystères ne sont pas encore élucidés. le constat d'une « histoire incomplète, consentante aux découvertes encore à faire et aux transformations de sens » peut parfois laisser passer un sentiment de frustration. Ainsi, on n'a toujours pas localisé la capitale du Ghâna, ce royaume sahélien situé aux frontières de la Mauritanie et du Mali – dont le nom fut emprunté par la Gold Coast en 1958. On ignore si le petit rhinocéros d'or retrouvé sur les bords du Limpopo, à la frontière de l'actuelle Afrique du Sud et du Zimbabwe, a été importé d'Asie (il ne possède qu'une seule corne) ou fabriqué sur place.
La rareté des sources internes oblige à privilégier les sources externes. Il s'agit beaucoup moins de sources européennes – l'ouvrage n'en cite quasiment aucune – que de sources arabes, voire chinoises. Et c'est là l'enseignement principal de ce livre : c'est grâce au « pouvoir d'interconnexion du monde islamique » que l'Afrique est entrée de plain-pied dans la mondialisation, exportant de l'or et des esclaves, important du sel et des étoffes, de l'Europe jusqu'à la Chine. La prépondérance de ces sources arabes conduit aussi hélas à une distorsion : l'Afrique médiévale décrite par Fauvelle-Aymar est pour l'essentiel une Afrique vue par les yeux des voyageurs arabes.
L'auteur a l'humilité de reconnaître le caractère fragmentaire de sa documentation. À la « grande fresque narrative » brossant sur près d'un millénaire le récit fantasmé d'une Histoire du Moyen Âge africain, il a l'humilité de préférer le « vitrail » kaléidoscopique constitué de trente-quatre Histoires (au pluriel) du Moyen Âge africain. Ces trente-quatre courts récits forment un tableau impressionniste d'un continent connecté au reste du monde par le commerce, aux antipodes de l'image caricaturale d'une Afrique « éternelle », de l'Afrique des « tribus », de l'Afrique « miroir des origines », et qui n'a pas attendu que l'Europe le découvre pour entrer dans l'Histoire.
Cette critique a été publiée dans le numéro 246 de la revue "Afrique contemporaine" de l'AFD
Lien : http://www.cairn.info/revue-..
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Aela
  06 mars 2013
L'histoire de l'Afrique est très mal connue sous nos latitudes, à tel point que cela a fait dire (injustement) à certains hommes politiques que l'Afrique n'avait point d'histoire.
Et pourtant... avec ce magnifique livre de François-Xavier Fauvelle-Aymar, historien spécialiste de l'Afrique, on découvre que l'Afrique a eu une histoire particulièrement intéressante, notamment au Moyen-Age, dans les années de 1300 à 1400, période concernée plus particulièrement par ce livre.
A travers toute l'Afrique, sub-saharienne plus particulièrement, se développent de forts courants d'échanges, artistiques, commerciaux, militaires..
Des royaumes prospères y cohabitent (royaume chrétien d'Abyssinie, royaume d'Alwa, royaume de Makuria, royaumes islamiques d'Abyssinie..)
Des richesses naturelles sont mises en valeur et échangées: ambre de cachalot, or, métal, sel..
Il y a eu même des échanges entre la Chine et l'Afrique, notamment pendant la dynastie Ming (1368-1644). Entre 1405 et 1433, en effet, l'eunuque impérial Zheng He (celui-là même qui a dirigé des expéditions vers les côtes américaines..), grand amiral de la flotte chinoise, qui était musulman, conduisit sept expéditions navales vers les rivages indiens, perses, arabiques et africains de l'océan Indien.
Pourquoi cette histoire d'un continent pourtant proche, nous est-elle restée inconnue pendant longtemps?
Certainement en grande partie, parce que les sociétés africaines n'ont pas développé les traditions écrites qui servent de sources aux hsitoriens.
Les traditions orales y avaient une grande place...
Un livre magnifique, à lire et à relire.
Les photographies, cartes et illustrations sont magnifiques.
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encoredunoir
  17 mai 2013
« le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.
Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès.
Dans cet univers où la nature commande tout, l'homme échappe à l'angoisse de l'histoire qui tenaille l'homme moderne mais l'homme reste immobile au milieu d'un ordre immuable ou tout semble être écrit d'avance.
Jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin. »
On aura reconnu là les mots de l'ineffable Henri Guaino placés dans la bouche de Nicolas Sarkozy à l'occasion d'une escapade sénégalaise. Choquants par ce qu'ils révélaient de l'immense complexe de supériorité éprouvé par les anciens colonisateurs et de la vigueur des stéréotypes issus justement de l'époque de la colonisation, il n'en demeure pas moins que ces mots exprimait par ailleurs la profonde méconnaissance que l'on peut avoir de l'histoire africaine d'avant l'instauration de contacts réguliers entre les royaumes d'Afrique noire et les Européens à partir du XVème siècle.
À ce titre, l'ouvrage de François-Xavier Fauvelle-Aymar, par sa volonté d'éclairer à la fois le lecteur sur l'histoire riche et diverse de cette Afrique médiévale, et sur la difficulté qu'il y a à faire cette histoire pour l'historien, est une oeuvre salutairement instructive propre à bousculer les idées reçues de celui qui fera l'effort de s'y confronter.
De fait, comme l'indique l'auteur en avant propos, faire l'histoire de l'Afrique, de ses royaumes et empires mouvants utilisant peu l'écriture et fondés en des lieux où les conditions climatiques et les remous de l'histoire obèrent en partie la conservation des éléments archéologiques susceptibles de guider l'historien, se révèle être un véritable sacerdoce.
Il n'en demeure pas moins que ce n'est pas parce qu'elle ne saute pas aux yeux du chercheur que cette histoire n'existe pas. Peut-être même ce mystère qu'instillent la rareté et la fragilité des sources la rend-elle encore plus passionnante.
Passionnant, c'est en tout cas ainsi que l'on peut qualifier le rhinocéros d'or, ouvrage érudit et accessible qui nous révèle ces fragments d'histoire sur lesquels travaillent historiens et archéologue. Ici une monnaie, là un rhinocéros d'or, ailleurs une inscription en grande partie effacée ou le récit d'un voyageur lointain, européen ou asiatique… En 34 courts chapitres, François-Xavier Fauvelle-Aymar nous fait voyager dans le temps et l'espace, un millénaire durant, du Nord au Sud et de l'Est à l'Ouest du continent africain, et rend compte de la difficulté de la démarche historique autant que de la richesse d'une histoire encore emplie de zones d'ombres mais dont il nous fait discerner la complexité et l'importance.
Excellent travail de vulgarisation écrit avec une belle plume jamais pontifiante, le rhinocéros d'or est un livre à lire d'une traite ou à picorer au hasard, un chapitre par ci, un autre par là, et qui, surtout, offre au lecteur curieux, amateur d'histoire et de mystères, des horizons insoupçonnés.

Lien : http://www.lacauselitteraire..
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pbazile
  01 mars 2013
Un livre rare sur une période encore largement inconnue de l'Afrique subsaharienne. L'auteur fait le point de l'avancée des recherches. Beaucoup de textes, notamment arabes, restent à découvrir ou sauvegarder, et surtout à bien interpréter. Beaucoup de recherches archéologiques restent à faire. L'Afrique du moyen-âge (terme qui peut s'appliquer à ce continent, comme expliqué dans le livre) est bien mal connue, mais on en possède quelques vues éparses qui laissent entrevoir un fonctionnement assez complexe. Les échanges, notamment de sel (produit en Afrique du Nord) ou de coquillages ou de verre, contre de l'or et des esclaves est immémorial. Et le commerce est largement à la base des contacts et surtout était suffisamment complexe pour laisser des traces.
La réflexion qui m'est venue naturellement après la lecture est que je ne lis guère de science-fiction. Sans doute parce que jamais un livre de SF ne m'a dépaysé et fait m'interroger sur l'homme comme le fait ce genre de livre d'histoire, qui traite du temps où les civilisations étaient séparées et différentes.
Aujourd'hui où quand on voyage au bout du monde on se retrouve devant le même Mac Donald's, ça fait du bien...
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nathalie_MarketMarcel
  07 avril 2015
Formidable livre d'histoire à conseiller à tout le monde, il nous fait découvrir un monde, rend humble toute notre science, nous ouvre l'esprit.
L'auteur part souvent d'un document : une archive écrite, une stèle, un témoignage qui semble farfelu, un site archéologique mal fouillé par les colonisateurs, une carte. Même si ces documents sont lacunaires ou impossibles à vérifier, leur analyse permet d'apprendre quelques faits. L'histoire du document permet surtout de poser des questions stimulantes qui ouvrent une immensité de réflexions.
Le livre fait la part belle aux marchands musulmans et au commerce caravanier qui traverse le Sahara et fait le lien entre la Méditerranée et le pays mystérieux des hommes noirs. L'Islam n'est pas seulement la religion des élites, c'est aussi un code juridique et donc des règles commerciales, ce qui en fait tout son attrait.
Le livre parcourt l'Éthiopie, le Zimbabwe, le Sahel, la Corne de l'Afrique et même Madagascar dont la confusion avec Mogadiscio révèle bien des choses. Que font des monnaies de Bactriane (région au croisement de l'Inde et de l'Afghanistan) en Érythrée ?
La suite de chapitres très courts se lit facilement, sans fatigue. le ton est savant et plein d'humour et d'affection pour les personnages qui permettent à l'historien de travailler.
Lien : http://chezmarketmarcel.blog..
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critiques presse (2)
Lexpress   06 octobre 2014
Il nous promène dans cette Afrique méconnue et sous-estimée du Moyen Age, faute d'écriture, entre Sahara et principautés de l'Afrique de l'Est, royaumes chrétiens de Nubie et ruines du Grand Zimbabwe. Passionnant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   23 décembre 2013
Avec ses récits denses et brefs, servis par une édition soignée, richement illustrée, François-Xavier Fauvelle-Aymar restitue l'aura mythique de ce continent et parvient, sans se départir de la rigueur de l'historien, à rendre compte de l'"épaisseur mouvante" de l'Afrique médiévale, qui nous est devenue si opaque et qui fut si brillante.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
AelaAela   06 mars 2013
La plus haute distinction de la république d'Afrique du Sud, instituée en 2002, est l'ordre de Mapungubwe (Order of Mapungbuwe); son insigne incorpore un profil du rhinocéros d'or.
Le récit de la découverte du site est tiré de l'ouvrage de Sian Tiley,
Le petit royaume de Mapungubwe se trouvait à la jonction entre l'Afrique du Sud, le Bostwana et le Zimbabwe.
Le petit rhinocéros en or, qu'on a retrouvé, témoigne de l'existence d'un réseau de relations complexes.
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   07 avril 2015
Si nul ne s’étonne de voir les Portugais faire irruption depuis le sud, c’est sans doute d’abord parce que nul dans ces eaux n’a de raison de savoir ce qu’est le Portugal, microscopique royaume de l’extrême Occident chrétien aussi éloigné de ces rivages que l’est le Japon à l’extrême Orient. Nul n’a de raison non plus de savoir que ce royaume envoie une insignifiante flottille à l’assaut de son monde, ni qu’elle entend le faire en contournant l’Afrique, ni du reste que l’Afrique est susceptible d’être contournée. D’ailleurs, les Portugais ne se disent pas portugais, mais chrétiens. C’est en tant que tels qu’ils entament la remontée des côtes africaines vers le nord, en quête d’épices et d’or, d’un pilote qui les conduira en Inde, et d’autres chrétiens s’il en existe dans ces parages.
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pbazilepbazile   01 mars 2013
En reconnaissant l'un d'eux sur ce rivage de l'Inde, en reconnaissant peut-être en lui l'annonciateur de la fin d'un âge, leurs premiers mots trahissent incrédulité et colère: "Que le diable t'emporte! Qui t'a amené ici?"
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Videos de François-Xavier Fauvelle-Aymar (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François-Xavier Fauvelle-Aymar
François-Xavier Fauvelle-Aymar - L'Afrique ancienne : de l'Acacus au Zimbabwe
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