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ISBN : 2352947928
Éditeur : Bragelonne (22/10/2014)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 53 notes)
Résumé :
Un bal secret au cœur de l'hiver, une violoniste dont les notes soulèvent le voile des apparences, une dresseuse d'automates dépassée par sa création : à travers ces douze textes ciselés, découvrez ou retrouvez l'univers envoûtant de Mélanie Fazi, auteure rare à la plume délicate, qui joue des mots-émotions avec une justesse bouleversante.
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
colka
  30 décembre 2018
J'aime qu'un(e) auteur(e) me sorte de ma zone de confort et me prenne par la main pour me faire entrer dans un univers qui ne m'est pas familier. C'est ce qui s'est produit avec ce recueil de nouvelles de Mélanie Fazi : le jardin des silences. Difficile de classer cette auteure dans un genre. Bien sûr, elle puise dans le vieux fonds de contes et légendes que l'on connaît : marâtres, dragons, animaux fantastiques côtoient un vilain monstre, l'Avatar, qui n'est pas sans rappeler le Minotaure. Viennent aussi s'ajouter d'autres thématiques plus proches de la S.F ou du fantastique : mondes parallèles, robots humanoïdes, esprits, fantômes...
Mais son talent est justement de revisiter et de s'approprier ces thématiques dans une alchimie très réussie et de livrer à notre appétit de lectrice ou lecteur de bien étranges nouvelles souvent très noires.
Un des fils conducteurs est que, presque dans toutes, nous sommes en face d'une héroïne ou d'un héros hors normes qui se trouve confronté(e) à un don/malédiction qui le stigmatise ou qui se retourne contre elle ou lui. C'est le cas dans l'Eté dans la vallée, le dragon caché ou Trois Renards. Celle ou celui qui se voit attribué(e) un double, sosie ou reflet, n'est pas mieux loti(e). Dans les deux cas c'est la mort pour l'un des deux. Dans Née dans le givre, la narratrice va être vampirisée par son reflet alors que dans Miroir de porcelaine, c'est elle qui va tuer le sosie qu'elle avait créé.
C'est donc bien dans un univers noir de chez noir que l'auteure nous entraîne et dans tous ses récits le côté ombre de l'être humain fait irruption dans les situations dangereuses et/ou transgressives. Qu'il s'agisse de la jalousie, du désir de vengeance ou de l'envie de tuer, sa plume rageuse donne à ces sentiments extrêmes, une grande force dévastatrice. Elle sait aussi montrer toute leur ambivalence et leur complexité lorsqu'elle évoque par exemple, le couple infernal peur/colère, qui dans certaines situations est le seul qui permette à son personnage de continuer à vivre. C'est le cas dans Trois Renards ou le jardin des silences.Cette plume incandescente sait aussi se faire allusive, légère lorsqu'elle évoque des thématiques lourdes comme le pédophilie, les violences sexuelles ou conjugales. Mais en définitive tout n'est pas si noir que cela dans ces nouvelles. C'est en tout cas ce que je me suis dit à la fin de la lecture du Jardin des silences ou Trois Renards. Dans les deux récits nous sommes face à deux héroïnes qui vont faire preuve d'une formidable capacité de résilience et renaître de leurs cendres, douloureusement mais sûrement.
Pas vraiment une lecture de Noël me direz-vous ? Eh bien si. Deux merveilleuses nouvelles : l'Arbre et les corneilles et Un bal d'hiver m'ont fait entrer dans le monde magique des contes de Noël. Dans la première, il est question de corneilles qui vont jouer les fées marraines et dans la deuxième, d'une "danse avec les fantômes" ceux des morts liés aux personnages de l'histoire. Je ne vous en dis pas plus et vous laisse au plaisir de lire ce recueil.
Pour ma part, je remercie Kuroineko dont le billet m'a donné envie de lire ces nouvelles.
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boudicca
  17 novembre 2014
Après « Notre-Dame-aux-écailles » et « Serpentine », le nouveau recueil de nouvelles de Mélanie Fazi ne fait que confirmer le talent de l'auteur dont la plus grande force réside en sa capacité à réveiller le mystère et la poésie des lieux les plus ordinaires ou des situations les plus glauques. Réenchanter notre quotidien : voilà ce que permettent les textes de Mélanie Fazi.
Les rues de Paris, une aire d'autoroute, un atelier, une simple chambre... : tout devient objet de fascination sous la plume de l'auteur qui nous fait don ici de onze textes desquels se dégage une grande sensibilité. Sensibilité que l'on retrouve chez ses personnages féminins, héroïnes souvent au bord de la rupture dont la confrontation avec le fantastique va leur permettre de panser leurs blessures. C'est le cas dans « Trois renards », texte magnifique et très émouvant dans lequel une jeune femme entretenant une relation destructrice avec son compagnon va trouver la force nécessaire pour s'en sortir grâce à sa musique, ou plus précisément grâce aux êtres qu'elle parvient à invoquer avec ses mélodies. Même émotion et même souffrance dans « Le jardin des silences » où une trentenaire va revivre par le biais d'un jardin fantastique un événement tragique de son adolescence. Mais si ce qui sort de l'ordinaire peut se révéler une bénédiction, comme dans les deux nouvelles précitées, cela peut aussi avoir l'effet inverse. L'héroïne de « L'été dans la vallée » se passerait bien, par exemple, de cette voix sans âge et très étrange dont on lui a fait don à la naissance et qui l'entrave à sa région natale. Idem pour l'artiste de « Miroir de porcelaine » dont le talent va finir par se retourner contre elle.
Pour ce nouveau recueil, l'auteur est également allée puiser à la source des contes, et notamment ceux des frères Grimm dont elle se réapproprie à merveille à la fois l'enchantement mais aussi la cruauté. C'est notamment le cas dans « Swan le bien nommé », nouvelle dans laquelle une jeune fille et son frère se retrouvent confrontés à la nouvelle compagne de leur père, une marâtre pas comme les autres qui possèdent de drôles de pouvoirs... J'ai également beaucoup apprécié « Née du givre », texte très bref mais qui nous fait parfaitement ressentir toute la détresse du personnage et la cruauté de ce qu'elle est en train de vivre. Mais rassurez-vous, le recueil compte également quelques nouvelles plus sereines, notamment deux qui ont pour thème commun les fêtes de Noël. Dans « L'arbre et les corneilles » on assiste par exemple au déroulement d'une tradition familiale émouvante réservée aux futures mamans et réveillant une foule de souvenirs liés à cette période. C'est aussi un rite hivernal qui va apporter un peu de paix à l'héroïne de « Un bal d'hiver », dont le chagrin éprouvé suite à la mort prématurée de sa mère va lui permettre de se lier avec l'étrange voisine de la nouvelle demeure de son père.
On ressort de la lecture des textes de Mélanie Fazi comme d'une douce rêverie, à la fois émerveillé mais aussi, d'une certaine façon, apaisé. « Le jardin des silences » est donc une nouvelle belle réussite pour l'auteur dont la plume demeure toujours aussi poétique et les histoires aussi captivantes. Sans doute l'une des meilleures auteurs de fantastique aujourd'hui.
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BlackWolf
  20 février 2015
En Résumé : J'ai passé un excellent moment de lecture avec ce recueil de 12 nouvelles de Mélanie Fazi qui a de nouveau réussi à me happer de la première à la dernière page avec des textes qui se révèlent sensibles, touchants, oscillant entre ombre et lumière, amour et douleur et où l'espoir n'est jamais non plus très loin. le cadre de chaque nouvelle se révèle magnifique, envoutant, féérique qui se révèle subtil et intriguant avec son lot de surprises. L'auteur nous dépeint comme toujours des personnages qui sont profondément humains, avec leurs faiblesses et leurs forces, dont on s'attache assez facilement tant on peut s'identifier un minimum à eux. La plume de l'auteur est toujours aussi poétique, délicate, entrainante et dense, plongeant de façon rapide et efficace le lecteur dans des récits fantastiques dont il ne ressort jamais vraiment le même. Il est difficile de vraiment mettre en avant mon ressenti, mais en tout cas Melanie Fazi fait clairement parti, selon moi, des plus belles plumes du fantastique français et mérite d'être découverte.

Retrouvez ma chronique complète sur mon blog.
Lien : http://www.blog-o-livre.com/..
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kuroineko
  12 juin 2018
Troisième recueil de nouvelles fantastiques de Mélanie Fazi. J'y retrouve la même richesse d'imagination de l'auteure. Elle est vraiment une conteuse hors-pair qui sait nous prendre par la main pour nous emporter dans son univers. Hormis dans des récits fantasy comme "Les soeurs de la Tarasque" est le même que le nôtre. La différence est que Mélanie Fazi sait soulever le voile ténu qui cache/révèle une autre réalité.
Ses belles histoires sont parcourues de nombreuses références, qu'il s'agisse de l'Alice de Lewis Caroll ou des contes d'Andersen, de la mythologie ou de la magie élémentaire. Je ressors enthousiasmée et charmée tant par le fond que par la délicatesse de son style. Ses textes sont beaux à lire, même au-delà du sens, par le choix des mots, la musicalité des phrases. Tout en équilibre sans tomber dans une préciosité qui serait déplacée.
Et que dire de ses personnages sinon répéter à l'instar de mes précédentes critiques sur ses recueils? Leur âme, leur humanité sont poignantes et emportent l'adhésion du lecteur. Souvent différents, comme Viviane dans "L'été de la vallée" ou le jeune Abel du "Dragon caché", ils doivent affronter le regard lourd et menaçant des humains dits normaux. Éloge de l'altérité et de la tolérance.
Chacune des nouvelles présentées dans ce recueil est un bijou joliment ciselé que Mélanie Fazi offre à nos yeux charmés. Puisse-t-elle continuer encore et encore à nous enchanter. Notre époque en a grand besoin.
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ATOS
  23 octobre 2016
On l'appelle la princesse du fantastique français.
Après Serpentine, après Notre Dame aux écailles, je me suis plongée dans le jardin des silences, autre recueil de nouvelles de Mélanie Fazi. Douze moments de lecture d'un pur bonheur. Il y a chez cette écrivain une délicatesse de cristal, un chant d'opaline, un poème de porcelaine. C'est délicat, léger, troublant, inquiétant parfois, jamais terrifiant. Je ne sais d'où vient exactement cette fêlure vibrante comme une caresse constante qu'elle arrive à nous faire entendre à travers les univers qu'elle met en scène. Nous sommes fantastiques, tous extraordinaires, nos rêves, nos corps, nos vois, nos peaux, nos blessures, notre mémoire, nos élans, nos amours, nos erreurs . Tout écrit en nous, autour de nous. Nous ne sommes pas transparents mais translucides. Nous sommes nos meilleurs possibles. Nous sommes merveilleusement sans limite. C'est peut être cela que l'on reçoit en lisant les nouvelles de Mélanie Fazi. Oui , sous le charme, je suis sous le charme. L'écriture est ciselée, les personnages touchants fragiles et immenses à la fois. Petite musique, fantastico cantabile. Extraordinaire orfèvrerie des mondes croisés en nos humanités. Laquelle des douze nouvelles ai-je la plus aimée ? Je ne sais. Toutes et chacune pour une raison particulière. Aucune ne se ressemble. Univers sensuel, sensibilité à fleur de page, c'est le regard que Mélanie Fazi porte sur nous qui est fantastique. Elle nous transmet son imagination comme si elle nous injectait un renouveau. En sortant du jardin des silences , on se dit que l'on a devoir de toujours espérer. C'est ça aussi la magie de Mélanie Fazi : la force de l'espoir.
Astrid Shriqui Garain
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critiques presse (1)
Elbakin.net   19 décembre 2014
De Swann le bien nommé à Trois renards (une histoire à la fois belle et cruelle sur un sujet malheureusement encore tristement d’actualité…) en passant par la nouvelle qui donne son nom au présent ouvrage, c’est bien la délicatesse brute (désolé pour cette figure de style… et cette nouvelle parenthèse) de ces mêmes sentiments qui nous secoue de page en page.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   24 octobre 2014
Moi qui me représentais les harpistes comme des créatures éthérées, j’étais tombée de haut en rencontrant Zoé. Elle était tout le contraire : solide, un peu boulotte, avec un langage de charretier et une franchise qui confinait à la brusquerie. Elle portait des jeans noirs usés, des T-shirts arborant le nom de groupes de metal en lettres gothiques, et des rouges à lèvres criards qui tranchaient avec le roux de ses longs cheveux raides. Elle avait le rire contagieux, un sens de la repartie cinglant et des doigts capables d’une incroyable finesse quand elle pinçait les cordes.
Voir Zoé trimballer la housse de sa harpe dans les couloirs du métro, avec sa veste en cuir et ses allures de batteuse, était pour moi une source d’hilarité constante.
Cet après-midi-là, nous voilà en train d’installer tout le matériel pour les balances dans la salle encore vide. L’endroit ressemblait à un théâtre avec ses rideaux, ses balcons et ses rangées de sièges. Une lumière jaune et terne les recouvrait comme une couche de poussière.
Dans les sièges, en creux, le fantôme des spectateurs à venir. C’était intimidant de les imaginer là. Je me suis placée tout à l’avant de la scène pour me les représenter tels qu’ils seraient tout à l’heure. À moitié plongés dans la pénombre, masqués par les projecteurs braqués sur nous. La chaleur des lumières sur mon visage, les flaques de couleur à mes pieds, sur mes mains, les reflets sur mon violon. Et au-delà de la frontière que marquait le bord de la scène, le public dont je percevrais le regard sans vraiment le voir.
Au milieu des câbles, des amplis, du matériel pas encore entièrement déballé, j’ai sorti mon violon et mon archet pour m’échauffer. Quelques notes pour me mettre en train et tester l’acoustique des lieux. Une de mes compositions, Calliope : un thème qui va crescendo et autour duquel les instruments viennent s’ajouter un par un. J’aime l’utiliser pour me mettre dans l’ambiance : son motif hypnotique me fait l’effet d’un mantra.
La mélodie était apaisante à mes propres oreilles. Mes gestes d’abord approximatifs retrouvaient peu à peu leurs marques. Mes épaules se détendaient. Mon dos se redressait. L’assurance de mes doigts se diffusait dans tout mon corps.
Je me suis laissé emporter, comme à chaque fois. Je ne sais pas pourquoi Calliope m’a toujours fait cet effet. Un morceau composé dans la grâce, comme il m’en vient trop rarement. C’est le premier que j’aie écrit pour Caméo, dans l’euphorie de la rencontre et de l’ouverture des possibles. J’y ai trouvé une nouvelle voix sans bien savoir comment, tout étonnée qu’elle ne se soit pas révélée plus tôt.
Le motif gagnait en ampleur à mesure qu’il se répétait, et un grand calme m’envahissait. Je jouais pour les sièges vides et le fantôme des spectateurs, pour la salle, la lumière jaune, la scène et les rideaux, pour l’euphorie qui me gagnait. C’était l’archet qui guidait mes doigts, plutôt que l’inverse. Et le violon s’emballait peu à peu. Sa voix s’élevait seule dans l’espace, sans les autres instruments pour le soutenir. Calliope sonnait différemment sans eux : un chant nu et beau, lancinant, entêtant.
Quand j’ai vu passer les renards, j’ai failli tout lâcher. Si les réflexes n’avaient pas pris le dessus, j’aurais laissé violon et archet s’écraser sur la scène. Mais mes doigts ne m’obéissaient déjà plus.
Ils étaient trois qui couraient le long des sièges, dans l’allée, en direction de la scène. Trois taches rousses un peu floues que je n’ai d’abord aperçues que du coin de l’œil. Mais des renards, sans aucun doute. La lumière paraissait les traverser. Comme s’ils n’étaient qu’une projection qu’on interrompt en passant la main devant la source. Ils étaient là, pourtant. Bien vivants.
Et c’étaient mes premiers. (« Trois renards »)
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Charybde2Charybde2   24 octobre 2014
La maison que je découvre derrière la haie ressemble à celle qu’occupent Judith et mon père. Mêmes murs de pierre, même modèle à peu de choses près, mais le jardin paraît négligé en comparaison. L’herbe est plus haute et rien n’indique la présence de plants de fleurs ou de légumes.
Il n’y a qu’une poignée d’arbres, en fait. Trois plus précisément, disposés en triangle dans un coin du jardin. Je trouve la voisine en train d’accrocher aux branches quelque chose de coloré. En m’approchant, je reconnais ces lanternes en papier qu’on associe plutôt aux barbecues d’été.
Je suis surprise en découvrant Bleuenn de près. D’après la description de Judith, je m’étais fait l’image d’une veuve desséchée, enfermée dans un cocon poussiéreux de deuil et de tristesse. J’attendais une vieille dame, mais la femme qui m’accueille n’a pas cinquante ans. Elle a simplement les traits tirés et les vêtements noirs de la tête aux pieds : un long manteau fourré et une jupe bouffante par-dessus ses bottes boueuses. Ses cheveux aussi sont noirs. Pour le reste, elle a le visage à peine marqué de rides et un grand sourire joyeux. Comme si le simple fait d’accrocher des lanternes à ces arbres la remplissait d’une euphorie de petite fille.
Je ne sais pas trop comment me présenter.
— Bonjour, je suis la… Enfin je… Je loge à côté. Pour quelques jours. Judith m’envoie pour les biscuits.
— Oui, bien sûr. Vous pouvez les poser là.
Bleuenn s’accroupit pour inspecter le contenu du panier. Ses jolis yeux pétillent quand elle ouvre la première boîte et en tire un biscuit qu’elle contemple dans sa paume : une étoile au contour souligné d’un trait de glaçage blanc.
— C’est pour les arbres, m’explique-t-elle comme si la chose allait de soi, avant d’ajouter : Vous pouvez m’aider si ça vous amuse.
Son sourire est déroutant. On dirait qu’elle croit m’accorder une grande faveur. Après tout, pourquoi pas ? J’ai des cadeaux à terminer, mais ça peut attendre un peu. Et puis, le temps que je rentre, Sylvain sera revenu. Ce sera plus facile en sa présence. (« Un bal d’hiver »)
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ange77ange77   13 juillet 2018
‘Je prends racine.’
Puis il avait fermé yeux et laissé le cocon végétal l’envelopper. Écorce et feuillage contre sa peau, tiges qui le frôlaient doucement. Le souffle du vent à ses oreilles. S’il restait immobile assez longtemps, des vrilles s’enroulaient autour de lui pour se glisser dans sa bouche ou ses narines. Il les acceptait sans broncher, toujours plus concentré. Son cœur paraissait ralentir.
Et la terre l’accueillait.
(...)
Alors il se déployait sous la surface. Loin en dessous de l’herbe, du jardin, de la vieille maison. Comme s’il lui poussait à son tour des racines : une vie cachée, loin des regards. (...) C’était comme plonger les mains dans l’océan et deviner l’immensité qu’on effleurait à peine.
Il y avait tant de choses là-dessous. Tant de choses cachées.


[extrait de « Dragon caché »]
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ange77ange77   03 juillet 2018
Depuis, je porte sa marque sur les doigts. Comme une infection. Partout où je les pose, les couleurs s’estompent. Les textures durcissent. Et ça se propage à vue d’œil. Des plaques de gel couvrent les murs. J’aperçois encore la peinture par endroits. Plus beaucoup. De toute façon, j’en ai presque oublié la couleur.


[extrait de « Née du givre »]
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colkacolka   30 décembre 2018
C'est incroyable un être humain. Ca paraît si petit, si fragile, instable. Mais ça peut contenir acide et magma et rester entier. De l'extérieur, on aperçoit à peine quelques lézardes. Ca peut pourrir de l'intérieur et continuer à marcher.
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Videos de Mélanie Fazi (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mélanie Fazi
A l'occasion des Utopiales de Nantes 2018, Mélanie Fazi vous présente son ouvrage "Nous qui n'existons pas" aux éditions Dystopia.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2279767/melanie-fazi-nous-qui-n-existons-pas
Notes de Musique : Audio Library YouTube.
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