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ISBN : 2742743545
Éditeur : Actes Sud (23/05/2003)

Note moyenne : 4/5 (sur 14 notes)
Résumé :

L'Abyssinie de la misère et de la guerre, Zinesh l'a quittée il y a longtemps pour devenir servante en Arabie Saoudite. L'apprentissage des obligations domestiques, des secrets des arrière-cours et des rues populaires, Zinesh l'a fait sous la férule des enfants tyrans, des maris libidineux et des maîtresses acariâtres, en parcourant une ville aux cadres sociaux sévèrement hiérarchisés. Pour la chrétie... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
cecille
  08 juillet 2019
Après 15 ans de mariage, un mari, Zaccaria parti au combat, sur le front de libération et une petite fille Kouri, cinq ans qui se meurt sur le chemin de l'exil, Zinesh, l'érythréenne chrétienne quitte courageusement son pays meurtri. Non vendue comme combien d'autres, elle part de son plein gré pour l'Arabie-Saoudite.
Ainsi sa vie de servante commence au palais de la princesse Kalthoum, oh une princesse de "moindre rang" mais qui vit seule et est d'un caractère impossible, une hystérique. Elle parvient à s'en libérer et travaille par la suite pour différentes personnes jusqu'à ce qu'elle soit au service d'un homme occidental, Italien, qui vit seul. Très vite elle découvre son mal-être, elle s'attache à lui, à sa souffrance qu'il noie dans l'alcool. Elle va avec ruse, le faire parler pour enfin comprendre d'où vient une telle souffrance. C'est alors qu'il lui confie son histoire avec la jeune Hind, rencontrée dix ans plus tôt trop vite passée dans sa vie. Il souhaite la retrouver mais dans ce pays il ne peut arriver à ses fins. Zinesh, elle ne l'entend pas de la même façon, elle fait la promesse de la retrouver.
C'est une très belle histoire, sensible, écrite d'une plume de maître. L'auteur nous embarque dans cette tragédie avec talent sous lequel nous ne pouvons succomber. j'ai vraiment préféré ce roman au premier que j'ai lu de Carine Fernandez qui était Mille ans après la guerre. Merci à elle pour cette histoire romancée très inspirée.
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mollymon
  11 juin 2016
Derrière l'histoire de Zinesh, une africaine qui a traversé la mer rouge pour se vendre comme domestique à Djedda , l'auteur parle de la condition de la main-d'oeuvre étrangère qui occupe un tiers des emplois en Arabie Saoudite.
Ces expatriés, qu'ils soient hommes ou femmes, asiatiques ou africains pour ceux qui ont les boulots les plus pénibles ou occidentaux pour ceux qui occupent les emplois qualifiés grassement rémunérés, tous sont considèrés comme des esclaves par les riches saoudiens. Ces travailleurs immigrés doivent absolument se soumettre à la loi islamique et adopter un mode de vie qui leur est étranger sous peine de sévères représailles. Derrière ce tableau, se cache la critique à peine voilée d'une société traditionnelle et conservatrice dont la vie quotidienne est régie par la stricte observance de la Charia mais qui ne manque pas d'astuce pour contourner les règles.
Ce monde, Carine Fernandez le connaît bien pour avoir a vécu au Liban, en Egypte et douze ans en Arabie Saoudite. A 16 ans elle s'est enfuie avec un étudiant saoudien et a vécu vingt ans d'exil, avant de revenir en France.
En empruntant la voix de Zinesh, une femme du peuple pleine de bon sens qui ne mâche pas ces mots, l'auteur donne à ce récit un ton très vivant et amusant pour nous parler d'un sujet qui ne l'est pas particulièrement .
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Litteraflure
  08 septembre 2018
Zinesh a fui l'Ethiopie, sa misère et ses guerres à répétition. Elle devient une servante domestique, une maid pour utiliser la dénomination que nous connaissons tous. Elle est d'abord envoyée chez une princesse lunatique, une véritable despote derrière les hauts murs de son palais qu'elle a transformé en prison pour tous ceux qui la fréquentent. « C'était une hystérique de l'espèce princière, la plus dévastatrice de toutes. Heureusement on n'entendait pas ses hurlements avant une heure de l'après-midi, heure a laquelle elle se réveillait la bouche pleine de haine » Zinesh est ensuite placée chez un couple de riches bourgeois dont elle finit par connaître les inavouables secrets, tant et si bien qu'elle sera chassée. Après ces années de souffrance et d'humiliations, son nouveau maitre italien, il signor Luca, aurait presque fait figure de bon samaritain. le vieil expatrié trompe sa mélancolie dans l'alcool et les cigarettes. «Cet homme était triste et aussi éteint que la cendre froide au fond des cendriers que la servante vidait sans relâche. Non elle n'aurait pas dit éteint. Quelque chose couvait tout au fond de ses yeux gris, un point orange, une incandescence… » Car l'ancien mécanicien d'Alitalia avait connu l'amour foudroyant d'une jeune saoudienne et ne s'en était jamais remis. Les nuits blanches succèdent aux beuveries matinales. L'entreprise d'autodestruction fonctionne à merveille jusqu'au jour où la servante abyssine, à qui son maître s'est enfin confié, décide de l'aider à retrouver son ancienne amante. Elle devient détective, tisse un réseau d'informatrices, interroge les commerçants, erre dans les rues de Djeddah pour y chasser le fantôme de cette idylle évanouie. Sa quête l'obsède « Zinesh devait reconnaître qu'une partie d'elle-même, pleine de feu, était alors à la recherche de cette femme comme si sa vie entière en eût dépendu ». Elle s'infiltre chez les femmes de la ville, elle participe à leurs festivités et, miracle, elle retrouve la jeune saoudienne. Les amants sont enfin réunis. Zinesh est la témoin silencieuse de leurs fougueuses retrouvailles, jusqu'au bout de leur cruel destin qu'on ne dévoilera pas entre ces lignes.
Chacun d'entre nous connaît une Zinesh, une Erythréenne, une Philippine, une Sri-Lankaise, des femmes qui ont à peu près tout subi dans le seul but de subvenir aux besoins de leur famille restée au pays. Carine Fernandez, dont c'était le premier roman, ne juge pas. Elle ne souhaite pas faire de Zinesh un objet de compassion mais elle nous tend le miroir de sa servitude et nous interroge dans notre quotidien en posant cette simple question : « et vous, que savez-vous de leur histoire ? »
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NicoleGiroud
  13 janvier 2017
je voudrais revenir sur un roman publié chez Actes Sud en 2003, le premier roman d'une jeune femme, Carine Fernandez, un roman époustouflant de maîtrise, un roman qui se dévore d'une traite : pas de gras ou de maladresse dans ce texte de 180 pages, pas de romantisme de bazar, pas de sociologie prétentieuse ; rien que la description d'une vie de servante noire arrivée dans les années soixante-dix en Arabie Saoudite ; rien que l'obsessionnel ennui et la vacuité des femmes saoudiennes ; rien que les multiples façons de survivre dans ce pays lorsqu'on est une inférieure, noire et chrétienne dans un état où les morts non-musulmans n'ont pas le droit d'être enterrés ; rien qu'un style somptueux mis au service d'une histoire magnifique.
Elle n'était pas venue de Djakarta ni de Kuala Lumpur comme les modernes esclaves. Non, juste traversé la Mer rouge après huit journées de marche pour rejoindre Asmara et attendre deux ans et six mois le train jusqu'au port de Massaoua. Deux ans, six mois, huit jours, pour voir enfin la mer et respirer la chaleur suffocante de la plaine côtière. Même air, même mer pour eux les peuples squelettiques de la Corne d'Afrique, que pour les veaux gras du Hedjaz.
Quatre pages et demie et tout est mis en place dans le premier chapitre : le chargement des esclaves volontaires, leur arrivée en masse en Arabie saoudite, et les éléments essentiels de la vie du personnage principal du roman.
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plumetis
  16 octobre 2014
Zinesh, érythréenne chrétienne, fuit son pays de misère et de violence pour gagner sa vie comme servante en Arabie Saoudite. Esclave moderne, elle est soumise à la tyrannie de différents maîtres. Invisible à leurs yeux, elle observe cette société, apprend les finesses de la langue et de la culture jusqu'à se rendre indispensable.
Déjà âgée, elle entre au service d'un italien dépressif qui l'intrigue jusqu'à ce qu'elle l'accouche du secret qui l'obsède: son amour pour une saoudienne mariée. Elle va mettre toute son énergie pour l'aider à la retrouver.
J'ai beaucoup aimé la description des différentes facettes de la société saoudienne, la recherche d'Hind. le récit de cette relation passionnelle, le dénouement m'ont moins plus, m'ont semblé plus convenus.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
ecumeuseecumeuse   19 mars 2012
...il avait eu ce chagrin sec qui semblait la force terrible de l'homme blanc. C'était une autre humanité. Arabes et africains pleuraient leurs morts et ne ravalaient pas, comme ceux-là, leurs gémissements dans la gorge. A pleurer à voix haute on trouve de la consolation et il y a de la douceur à écouter son propre chagrin.
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LitteraflureLitteraflure   10 septembre 2018
Cet homme était triste et aussi éteint que la cendre froide au fond des cendriers que la servante vidait sans relâche. Non elle n'aurait pas dit éteint. Quelque chose couvait tout au fond de ses yeux gris, un point orange, une incandescence…
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