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EAN : 9782221117163
156 pages
Robert Laffont (19/08/2010)
3.38/5   105 notes
Résumé :
Quand l'auteur parle de grandir, elle parle d'elle-même. Sa mère est dépendante d'elle. Il arrive que cette mère soit absente et parfois, au contraire, ses paroles et sa présence sont justes, drôles et imprévisibles. Et durant toute cette période, l'amour qu'elle a donné à sa fille lui est rendu comme on voudrait qu'il le soit toujours.Chaque morceau de la vie d'une vieille dame vulnérable est raconté : un jeune médecin, l'appétit, les vacances, un aide-soignant, le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
3,38

sur 105 notes

Isa0409
  08 juin 2021
🎊 « A huit heures du matin, (...) je me levai, je filai chez ma mère, je m'assis sur une chaise près du lit : « Maman, je lui disais pour la première fois depuis l'enfance, je t'aime. Tu es ma vie. Et comment, si je t'aime, toi qui es ma vie, je pourrais te laisser là dans ce lit, à l'abandon ? Je ne le pourrais pas. Écoute, je veux que tu me donnes l'autorisation d'appeler de le docteur, qui appellera l'ambulance, et tu seras dans un hôpital mais tu seras soignée, et je t'aime. Et je te donnerai du courage, je le pourrai. Tu veux bien ? »
La seconde inoubliable où je fus suspendue à sa réponse.
« Oui a tout », elle avait annoncé. »
(P.20)
🎊 D'après le dictionnaire, « grandir » signifie « devenir plus grand ». Être grand c'est, toujours d'après le dictionnaire, avoir une taille qui dépasse la moyenne ou atteindre sa taille. La question que je me pose est la suivante : cesse-t-on jamais de grandir ?
🎊 Sophie Fontanel raconte sa mère : une mère, c'est avant tout une image, une force, un roc invincible dont on espère qu'il ne chavirera jamais, une force de la nature indétrônable. Mais un jour, pourtant, fatigué, il arrive que ce symbole s'étiole : ainsi commence le déclin, une petite chute, un oubli, une absence. Entre la mère et la fille, on échange les rôles, subrepticement, sans jamais le dire : on accepte de panser les blessures de celle qui autrefois soignait nos peines, on répond au désarroi avec un sourire franc, de ceux qu'on aimait tant et qui avaient le pouvoir d'illuminer un visage, une journée, une vie. On devient artisan, on peint des fleurs, on coud des tissus, on parfume les chambres, on rassure avec des gestes intangibles, un regard, une oeillade, une main tendue. On aime plus qu'on n'aurait jamais pensé pouvoir.
🎊 Ce roman est une déclaration d'amour, un cri du coeur qui oscille entre le désespoir et l'admiration ; ce roman, c'est le récit d'une fille à sa mère, lorsque les rôles s'inversent, lorsque celle qui a élevé l'autre a besoin d'elle pour continuer à rester debout. Ce récit, c'est savoir donner quand on a si peu à recevoir, c'est trouver la lumière au crépuscule de la vie : elle est certes faible, mais elle scintille encore, a l'horizon. Ce récit, c'est l'espoir.
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tilly
  17 septembre 2010
Pourquoi : roman ?
C'est un texte émouvant et lisiblement autobiographique, mais il n'est pas romanesque pour un sou. C'est l'autoportrait d'une grande femme (comme on dirait “une grande fille”) qui vit difficilement mais courageusement, le moment de leur vie où sa relation avec sa mère va s'inverser pour toujours.
Pourquoi : grandir ?
Toute petite, Sophie Fontanel était déjà très grande... Mais ce que veut montrer l'auteur, en dehors d'un ton de sympathique auto-dérision, c'est qu'une fille (ou un fils) n'aura jamais fini de grandir tant que ses parents n'auront pas franchi le cap où ils acceptent enfin l'aide qui leur est nécessaire pour aller au bout de leur vie.
A presque cinquante ans, elle comprend ce que sa mère s'attachait à lui donner en héritage depuis longtemps, et que rebelle, elle s'obstinait à refuser : l'accès à la maturité, à la douceur, à l'écoute.
J'ai bien aimé qu'avec cet ouvrage, Sophie Fontanel déchire en petits morceaux le cliché rebattu d'enfants adultes devenus les parents de leurs parents retombés en enfance. C'est beaucoup plus compliqué que ça. Sophie Fontanel explique que pour elle, le lâcher prise de sa maman est au contraire un geste éducatif, le dernier, celui qui enfin la fait grandir.
Le portrait de la maman grabataire est joli et tendre, un peu idéalisé, certainement. C'est là que réside la faible part romanesque du livre, finalement.
Grandir est peu construit : pas de chapitres, juste des courtes scènes, sensiblement de la même longueur (deux pages imprimées), et juxtaposées sans souci de la chronologie. Cela donne une impression de désordre, de confusion, d'urgence, qui est peut-être voulue par l'auteur pour illustrer la maladie de sa mère, et les chambardements dans sa propre vie quotidienne entre boulot, hosto, dodo.
Pourtant dans la situation exposée (dans la vraie vie), il existe malheureusement une (dé)progression inéluctable de la personne âgée, que Sophie Fontanel évite de souligner comme si c'était seulement elle, la fille, qui sortait changée (en bien) de l'épreuve, pas la vieille dame.
Encore une fois, c'est un témoignage poignant, une expérience de vie décrite avec talent, mais ce n'est pas un roman. Sophie Fontanel n'a pas su choisir vraiment entre l'essai illustrant un problème de société (d'une journaliste) et le récit intime romancé (d'un écrivain). Dommage.
Une jolie phrase prise au hasard (enfin, presque) : “ avec l'humour, un temps, on peut se croire immortel “
Lien : http://tillybayardrichard.ty..
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keisha
  25 août 2010
"Quand l'auteur parle de grandir, elle parle d'elle-même. Sa mère est très âgée et dépendante d'elle, entièrement. Il arrive que cette mère soit absente et parfois, au contraire, ses paroles et sa présence sont justes, drôles et imprévisibles. Et durant toute cette période ultime, l'amour qu'elle a donné à sa fille lui est rendu comme on voudrait qu'il le soit toujours.

Chaque morceau de la vie d'une vieille dame si vulnérable est raconté: un jeune médecin, l'appétit, les vacances, un aide-soignant, les petits-enfants, des mains très douces, des souvenirs, l'Arménie, une amie d'enfance. A la page qui suit, on voit sa fille : une cavale, une vie à gagner, un défilé de mode, des articles à écrire, des dîners décommandés, la ville à traverser quand sa mère est tombée, tout de suite les infirmières de jour et celles de nuit, les douceurs."

Comme je dis parfois en souriant "C'est ma mère, je n'en ai qu'une et j'y tiens", alors j'ai tout de suite senti que ce livre était pour moi, mais je l'ai abordé avec un peu d'appréhension car je suis exactement à la période de la vie où les mamans deviennent un peu vos enfants... Pas qu'elles perdent forcément la tête, mais elles demandent conseils et aide (Bon, ce papier, j'en fais quoi? -Tu le ranges/Jettes) ou continuent à en faire à leur tête (J'ai fait les vitres alors j'ai utilisé l'escabeau - Argh! Non! - Souvenir d'une chute sans conséquences et d'un passage aux urgences. Plus jamais ça!)

Alors oui, j'avais un peu la boule dans la gorge en démarrant cette lecture, mais j'ai vite découvert que ce n'est pas du tout une lecture plombante! Au premier gloussement j'ai su que c'était gagné. Bien sûr les séquences émotion et réalisme sont nombreuses, avec la maman naturellement mais aussi avec l'entourage sur lequel l'auteur pose un regard bienveillant et attentif. "J'ai développé une sensibilité particulière aux personnes âgées. Est-ce une richesse?" "L'une tenait un désuet bagage effiloché qui déjà vous tordait le coeur. "

Lisez absolument ce livre, j'ai du mal à en parler évidemment, mais c'est le coup de coeur!
Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
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Winter-
  07 mai 2017
Voilà quelques temps que je suivais Sophie Fontanel sur le réseau social Instagram. J'adore ses publications loufoques et belles. J'ai voulu en apprendre plus sur elle, je n'ai pas été étonnée en apprenant qu'elle écrit des livres. Lors d'une visite à la médiathèque de ma ville, je tombe sur ce livre par hasard. Je le prends sans hésiter une seule seconde. C'est quitte ou double. J'ai retrouvé sa très jolie plume dans ce roman, l'auteur nous décrit son quotidien qui a basculé du jour au lendemain lorsqu'elle a apprit que sa mère était atteinte d'une grave maladie. J'ai bien aimé les petites références à ses origines arméniennes. Sophie Fontanel est une journaliste à l'agenda bien rempli, elle met sa carrière en péril pour s'occuper de l'être qu'elle aime le plus au monde. Bien heureusement, elle n'a pas d'enfants dont elle doit s'occuper, c'est une charge en moins. Je suis certaine que des personnes peuvent se reconnaître dans ce roman, cela a été un réel plaisir de découvrir Sophie Fontanel en tant que romancière. On savoure chaque mot, on a plus envie de s'arrêter. Ce récit autobiographique est touchant, Sophie Fontanel invite le lecteur à entrer dans une période de sa vie difficile. Je suis en admiration devant le courage de cette femme courageuse qui n'a jamais baissé les bras malgré les épreuves qu'elle a dû surmontées.
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SEVIKX
  02 mars 2016
Très touchant et très juste ce petit roman qui parle de la relation entre une fille et sa mère vieillissante. La dépendance, l'inversion des rôles parents / enfants, la peur de perdre l'être cher.... le rapport au corps dont la personne âgée est dépossédé. Les moments de lucidité qui alternent avec la perte de tout repère, les périodes d'abattement où plus rien ne permet à la personne âgée de s'accrocher à la vie. Les difficultés pour l'entourage de décider quand le parent ne peut plus être autonome, la culpabilité de l'arracher à son univers, à ses repères pour lui assurer une meilleure sécurité, un meilleur suivi médical.... C'est à la fois triste, poétique et drôle, de petites touches d'humour qui donnent une bouffée d'oxygène. le portrait de la maman grabataire est intime et tendre... Ce livre m'a beaucoup touchée car j'y ai retrouvé tout ce qu'à dû vivre ma mère il y a quelques mois avec ma grand-mère. Un sujet qui nous touche ou nous touchera tous à un moment ou à un autre, un sujet douloureux qui nous renvoie à notre propre condition de mortel, à la peur de la vieillesse, de la souffrance, de la dépendance et de la mort ...
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
luciolerougeluciolerouge   27 octobre 2010
L'arbre que tu plantes dans ton jardin. Pour toi ce ne va être qu'une galère de tuteurs. Mais un jour, pour d'autres, l'acacia s'élèvera dans le ciel, où tu seras déjà, et il fera de l'ombre à ceux de ton sang, et toi tu n'en feras plus à personne. Tu ne seras que lumière pour ceux qui se souviennent. Une soirée d'été, quelqu'un de ta descendance sera là sous cet arbre, à humer la douceur. Ce petit-fils, cet arrière-petit-cousin, cette arrière-arrière-petite-nièce, qui que ce soit, il ne pensera plus à ses déceptions. Au contraire, il se sentira accueilli dans une plénitude, sous l'arbre muet la nuit. Alors il se dira: "D'où vient tout cet amour?" (page 145)
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marysedepe81marysedepe81   03 février 2011
C'est alors que, d'une voix où ne pointait aucune ironie, aucun dédain,aucun ascendant, aucune cruauté, elle me fit cette remarque : " je te demanderais de te jeter par la fenêtre, tu le ferais." On sait comment ça se passe, parfois on a l'instinct de tout prendre mal, c'est dans l'enfant en nous. Je ne sais pas pourquoi, j'ai eu la force d'entendre qu'elle ne voulait pas m'agresser, qu'elle essayait de me dire autre chose, de constructif, quelque chose que je n'avais jamais voulu accueillir en moi. Et moi : " bien sûr que je le ferais, si tu me le demandais, ça voudrait dire qu'on serait au rez-de-chaussée...." J'eus son sourire céleste en hommage à ma maturité. Et je vis - je le jure- la paix tomber sur moi, la première main chaude de mon existence. La guerre que j'avais faite aux autres était terminée.
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TheomaTheoma   07 janvier 2011
Non. Ce n'est pas pareil. L'enfant, vois-tu, ton projet c'est de le sortir de la dépendance. C'est plus qu'un projet, c'est une mission. Et attends, c'est plus qu'une mission, c'est l'avenir. Un enfant, c'est quelqu'un qu'on rend indépendant. Il te quittera, pour vivre. Il a des chances de vivre, même s'il est malade, même s'il s'en sort mal. Tu peux y croire. Jusqu'au bout, tu peux penser que s'il guérit, il est sauvé, que s'il a son bac, il est sauvé, que s'il sait se lier, il est sauvé. Alors que ta maman, où tu l'emmènes ? L'indépendance à venir, ce sera la tienne. Jusqu'au bout c'est toi l'enfant que ta mère autonomise. C'est elle, la mère. Laisse-toi chambouler, parce que, mon amie, ce qu'elle est en train de parfaire, c'est ton éducation.
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keishakeisha   25 août 2010


"Maintenant qu'elle oublie tant de choses, elle peut savourer les joies de l'improviste. Je dis que je viens, et puis je viens, mais elle, elle avait oublié que je venais, et pour un peu elle m'applaudirait. Chaque visite est un coup de foudre. Chaque personne, une rencontre nouvelle. Chaque biscuit salé, un met à tester. La manière dont une fleur s'ouvre: du jamais vu. La manière dont le soleil lui lèche les pieds : un miracle."(...) Bien sûr son insouciance ne vaut que par mes responsabilités accrues, c'est moi qui dois penser aux détails et à l'évidence, je l'accepte. Elle m'a fait ce cadeau quand j'étais enfant, de me délivrer du poids du quotidien. Les frites délicieuses arrivent par miracle."
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fanfanouche24fanfanouche24   16 octobre 2013
J'ai depuis peu des idées nouvelles, par exemple sur ce que ça veut dire "être présent". je pense sans cesse qu'un jour moi aussi je serai âgée, moi aussi je passerai un cap et je devrai m'en remettre à la bienveillance d'autrui. Lorsque ce jour viendra, qui dans ce monde pourra faire pour moi ce que je fais pour ma mère ? qui sera présent ? Qui me soutiendra quand, à mon tour, je serai une personne vulnérable ? Est-ce que je me tuerai un jour, pour cause de ce manque d'amour très particulier qui est le manque d'aide ? (p.9)
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Du lundi au vendredi dans "Culture Médias", Lisa-Marie Marques fait le portrait de l'invité avant qu'il ne soit connu. Aujourd'hui Sophie Fontanel, auteure et journaliste.
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