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EAN : 9782070269990
275 pages
Éditeur : Gallimard (27/03/1969)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 25 notes)
Résumé :
« Expliquer ce que j'avais voulu faire dans les livres précédents où tant de choses encore étaient restées obscures ? Pas seulement, pas exactement, mais en allant un peu plus loin, revenir, comme par un nouveau tour de spirale, en deçà de ce que j'avais entrepris ; montrer d'où je parlais ; repérer l'espace qui rend possibles ces recherches, et d'autres peut-être que je n'accomplirai jamais ; bref, donner signification à ce mot d'archéologie que j'avais laissé vide... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
vincentf
  04 juillet 2010
Qu'est-ce qu'un discours ? Plus précisément, qu'est-ce qui le rend possible ? La question posée par Michel Foucault me semble cruciale. Qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné on a pu dire ceci ou cela ? Qu'est-ce qui fait qu'un domaine du savoir existe ? Foucault écarte l'hypothèse d'une continuité qui feraient des différents discours une tension vers le discours universel dont ils ne seraient que l'ébauche. Pour lui, un discours existe parce qu'à un moment donné un objet de discours se forme. Cet objet ne préexiste pas au discours. Il en est à la fois le contenu et le point de départ.
Et le sujet dans tout ça, l'individu qui tient le discours, quelle est sa part de liberté ? Peut-il créer un discours nouveau ? Pour Foucault, le sujet s'insère toujours dans des structures discursives qui lui échappent, « il est une place déterminée et vide qui peut être effectivement remplie par des individus différents ». En énonçant quel discours que ce soit, je m'insère en tant que sujet dans une structure où ma place est déterminée sans que je puisse modifier cette place. Ce que je peux modifier, c'est le contenu du discours mais pas le discours lui-même.
La question qui se pose alors est celle de l'apparition de nouveaux discours. Qu'est-ce qui a fait qu'à un moment donné un nouvel objet de discours est apparu ? Pour Foucault, le discours est toujours dynamique, « le moindre énoncé – le plus discret ou le plus banal – met en oeuvre tout le jeu des règles selon lesquelles sont formées son objet, sa modalité, les concepts qu'il utilise et la stratégie dont il fait partie ». Un discours est donc en perpétuelle mutation mais cette mutation est interne. Elle échappe au sujet énonciateur, qui ne peut que prendre position dans un système discursif donné à l'avance. Il faut donc, pour adhérer à la pensée de Foucault, renoncer au rôle de l'homme de génie constituant par son unique réflexion des savoirs nouveaux et à un discours transcendantal que l'homme aurait pour tâche de déchiffrer afin d'atteindre la vérité. C'est extrêmement difficile.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
DanieljeanDanieljean   13 avril 2018
On ne revient pas à l'en deçà du discours-là où rien encore n'a été dit et où les choses, à peine, pointent dans une lumière grise ; on ne passe pas au-delà pour retrouver les formes qu'il a disposées et laissées derrière lui ; on se maintient on essaie de se maintenir au niveau du discours lui-même. Puis qu'il faut parfois mettre des points sur les iota des absences pourtant les plus manifestes, je dirai que dans toutes ces recherches où je suis encore si peu avancé, je voudrais montrer que les « discours », tels qu'on peut les entendre, tel qu'on peut les lire dans leur forme de textes, ne sont pas, comme on pourrait s'y attendre, un pur et simple entrecroisement de chose et de mots : trame obscure des choses, chaîne manifeste, visible et colorée des mots ; je voudrais montrer que le discours n'est pas une mince surface de contact, ou d'affrontement, entre une réalité et une langue, l'intrication d'un lexique et d'une expérience ; je voudrais montrer sur des exemples précis, qu'en analysant les discours eux-mêmes, on voit se desserrer l'étreinte apparemment si forte des mots et des choses, et se dégager un ensemble de règles propres à la pratique discursive. Ces règles définissent non point l'existence muette d'une réalité, non point l'usage canonique d'un vocabulaire, mais le régime des objets. « Les mots et les choses », c'est le titre — sérieux — d'un problème ; c'est le titre — ironique — du travail qui en modifie la forme, en déplace les données, et révèle, au bout du compte, une tout autre tâche. Tâche qui consiste à ne pas — à ne plus — traiter les discours comme des ensembles de signes (d'éléments signifiants renvoyant à des contenus ou à des représentations) mais comme des pratiques qui forment systématiquement les objets dont ils parlent. Certes, les discours sont faits de signes ; mais ce qu'ils font, c'est plus que d'utiliser ces signes pour désigner des choses. C'est ce plus, qui les rend irréductibles à la langue et à la parole. C'est ce « plus » qu'il faut faire apparaître et qu'il faut décrire.
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DanieljeanDanieljean   13 avril 2018
À la différence de toutes ces interprétations dont l'existence même n'est possible que par la rareté effective des énoncés, mais qui la méconnaissent cependant et prennent au contraire pour thème la compacte richesse de ce qui est dit, l'analyse des formations discursives se retourne vers cette rareté elle-même ; elle la prend pour objet explicite ; elle essaie d'en déterminer le système singulier ; et du même coup, elle rend compte du fait qu'il a pu y avoir interprétation. Interpréter, c'est une manière de réagir à la pauvreté énonciative et de la cornue par la multiplication du sens ; une manière de parler à partir d'elle et malgré elle. Mais analyser une formation discursive, c'est chercher la loi de cette pauvreté, c'est en prendre la mesure et en déterminer la forme spécifique. C'est donc, en un sens, peser la « valeur » des énoncés. Valeur qui n'est pas définie par leur vérité, qui n'est pas jaugée par la présence d'un contenu secret ; mais qui caractérise leur place, leur capacité de circulation et d'échange, leur possibilité de transformation, non seulement dans l'économie des discours, mais dans l'administration, en général, des ressources rares.
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DanieljeanDanieljean   13 avril 2018
Cette matérialité répétable qui caractérise la fonction énonciative fait apparaître l'énoncé comme un objet spécifique et paradoxal, mais comme un objet tout de même parmi tous ceux que les hommes produisent, manipulent, utilisent, transforment, échangent, combinent, décomposent et recomposent, éventuellement détruisent. Au lieu d'être une chose dite une fois pour toutes — et perdue dans le passé comme la décision d'une bataille, une catastrophe géologique ou la mort d'un roi — l'énoncé, en même temps qu'il surgit dans sa matérialité, apparaît avec un statut, entre dans des réseaux, se place dans des champs d'utilisation, s'offre à des transferts et à des modifications possibles, s'intègre à des opérations et à des stratégies où son identité se maintient ou s'efface. Ainsi l'énoncé circule, sert, se dérobe, permet ou empêche de réaliser un désir, est docile ou rebelle à des intérêts, entre dans l'ordre des contestations et des luttes, devient thème d'appropriation ou de rivalité.
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DanieljeanDanieljean   13 avril 2018
L'énoncé est toujours donné au travers d'une épaisseur matérielle, même si elle est dissimulée, même si, à peine apparue, elle est condamnée à s'évanouir. Et non seulement l'énoncé a besoin de cette matérialité ; mais elle ne lui est pas donnée en supplément, une fois toutes ses déterminations bien fixées : pour une part, elle le constitue. Composée des mêmes mots, chargée exactement du même sens, maintenue dans son identité syntaxique et sémantique, une phrase ne constitue pas le même énoncé, si elle est articulée par quelqu'un au cours d'une conversation, ou imprimée dans un roman ; si elle a été écrite un jour, il y a des siècles, et si elle réapparaît maintenant dans une formulation orale. Les coordonnées et le statut matériel de l'énoncé font partie de ses caractères intrinsèques. C'est là une évidence. Ou presque. Car dès qu'on y prête un peu attention les choses se brouillent et les problèmes se multiplient.
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DanieljeanDanieljean   13 avril 2018
Mais chercher dans le grand amoncellement du déjà-dit le texte qui ressemble « par avance » à un texte ultérieur, fureter pour retrouver, à travers l'histoire, le jeu des anticipations ou des échos, remonter jusqu'aux germes premiers ou redescendre jusqu'aux dernières traces, faire ressortir tour à tour à propos d'une œuvre sa fidélité aux traditions ou sa part d'irréductible singularité, faire monter ou redescendre sa cote d'originalité, dire que les grammairiens de Port-Royal n'ont rien inventé du tout, ou découvrir que Cuvier avait plus de prédécesseurs qu'on ne croyait, ce sont là des amusements sympathiques, mais tardifs, d'historiens en culottes courtes.
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Vidéo de Michel Foucault
Le philosophe Jean-Claude Monod publie au Seuil L'art de ne pas être trop gouverné, un essai philosophique et politique qui repense la thèse de la crise des gouvernementalités développée par Michel Foucault à l'aune des enjeux contemporains. L'occasion de questionner les révoltes suscitées par la gouvernance de l'Etat néolibéral de la crise des Gilets Jaunes à la remise en cause de l'action de l'Etat face au péril écologique. Avec Jean-Claude Monod, directeur de recherche au CNRS, pour "L'art de ne pas être trop gouverné" (Seuil, octobre 2019).
La Grande table Idées de Raphael Bourgois – émission du 2 janvier 2020 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/saison-26-08-2019-29-06-2020
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