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EAN : 9782080663948
145 pages
Éditeur : Flammarion (08/01/1992)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Louise et Thomas, réfugiés dans un hangar, guettaient les voitures pour tuer le temps. L'attitude des occupants d'une voiture immobile les emplit de panique et ils finissent par se comporter en coupables. Par l'auteur de « Les Adieux ».
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Blackbooks
  05 janvier 2020
Le cimetière des fous, pas de plaque, pas de commémoration, juste une errance, une perdition, une descente abyssale vers la folie, un voyage sans retour pour"ce cimetière enfanté par la luneEntre deux vagues de ciel noirCe cimetière archipel de mémoireVit de vents fous et d'esprits en ruine"Il vit reclus dans son hangar, ce lieu abandonné entre terrain vague et route. Un endroit devenu sa coquille protectrice depuis l'amputation symbolique de ses deux bras, ses deux soutiens. Son travail d'astronome, retiré. Sa femme, enfermée. Laura, une odeur, un morceau de peau, une silhouette, une identité perdue, un drap blanc, un balancement de corde… un souvenir, "j'avais vécu sur les limbes de ma mémoire. Elle constituait le seul vivier de mes émotions" (page 33). Alors, il attend la mort ou la renaissance dans cette coquille, ces quatre murs emplis de violence, "le hangar constituait l'enveloppe d'un lent et lâche suicide" (page 45).Il ne se promène pas, il n'erre point, Thomas marche. "J'allais, comme bien d'autres. J'étais un individu ordinaire" (page 96). Toujours un but, un objectif. Un cimetière d'épaves, un ramassis d'âmes en vrac, de pensées désordonnées, loin de Maison rouge, cet établissement que Thomas fuit mais qui revient inlassablement tel un boomerang. Laura, Louise cette fille aperçue le long de la route, tout le ramène à ce cimetière des fous. Hasard, fragilité de l'être, Thomas est submergé par le flot, par des évènements, tel un personnage de Kafka, le salut ne vient que de l'immuabilité, de l'emplacement des étoiles, de ce hangar finalement révélateur de "la dimension de nos misères" (page 60). Thomas est un paumé, un être tourmenté à la Raskolnikov, éloigné de la réalité. Cette crevasse va s'approfondir avec la survenue de Louise, "cette enfant sans ombre, qu'ils ont jetée au bas de sa propre vie" (page 58). Une femme brisée, sans vie, mise à nue. "Elle avait besoin d'oublier. Elle ne vivait qu'à cette condition. Il lui fallait se défaire des signes de Maison rouge (…)" (page 56), mais peut on oublier réellement, peut-on survivre à notre folie?Dans un huis-clos sombre, les personnages s'éclairent au fil de la déposition, de la confession de Thomas. La douleur, l'angoisse perlent de son récit, la mémoire s'illumine. Les silhouettes, les questions apparaissent de nouveau face au reflet sans appel du miroir.Un roman intense qui vous happe, vous hante dès la première page, la première phrase.
"Les inconnus sont sortis de prison
Coiffés d'absence et déchaussés
N'ayant plus rien à espérer
Les inconnus sont morts dans la prison
Leur cimetière est un lieu sans raison" (Paul Eluard)
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
flambotteflambotte   21 juin 2019
Elle disait que le temps avait fini par emporter ses petits bonheurs. Que les souvenirs lui apparurent bientôt comme les traces d'un univers où elle n'avait plus sa place. Il ne lui restait rien, elle n'avait pas d'espoir. Elle s'enferma dans des songes malhabiles qui n'aboutissaient nulle part mais qui, du moins, l'éloignaient des murs et des verrous. Elle brisait les rythmes. Elle subsistait dans un univers blanc dépourvu de positif et de négatif. Elle était là. Elle se levait, elle se couchait, elle n'agissait pour personne. Elle se souciait de sa tête mais plus de son corps. Son corps était à eux, ils n'auraient pas sa tête. Son corps était comme une personne détachée dont elle n'apercevait que l'essentiel : son visage dans la glace, gris, sali par les larmes.
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flambotteflambotte   21 mai 2019
J'ignore où sont mes racines et même si elles existent. Avant, j'étais une branche attachée à un tronc. Le tronc a été haché menu par les chagrins et les douleurs, la branche est tombée, elle a tenté de survivre, je suis là. C'est ma seule liberté.
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flambotteflambotte   06 juin 2019
Je n'avais pas prononcé mon nom depuis longtemps. J'ai pensé qu'il constituait mon seul bien, que je l'avais à portée de la main et qu'il avait suffi qu'on me le demande pour que je le donne.
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Romain28Romain28   24 août 2018
L’émotion né du regard peut être infirmée ou confirmée: il suffit de voir à nouveau. L'odorat impose et enferme, il saisit. il produit un effet quasi immédiat, quasi automatique qui renvoie aussitôt aux souvenirs et à l'histoire. Ceux ci se bousculent alors au premier plan en un flot d'impressions et de sensations qu'il est impossible de circonvenir . L'odorat est semblable au gout, il porte en lui toutes les radicelles de la mémoire.
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flambotteflambotte   21 mai 2019
On m'a donné le jour, c'était un cadeau empoisonné.
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