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EAN : 9782072704406
128 pages
Éditeur : Gallimard (09/02/2017)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 87 notes)
Résumé :
«Elle s'était levée au moment où l'ambulance Ford manoeuvrait pour se garer sur la place, le faisceau des phares balayant la façade de grès. Elle était montée sur un banc pour apercevoir le médecin et le photographe qui se dirigeaient vers l'arrière du véhicule, leurs pas imprimés dans le tapis blanc qui déjà recouvrait le gravier. Une jeune femme en était sortie la première, le visage encadré par une épaisse chevelure noire, enveloppée dans une ample cape, puis un ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  23 juillet 2015
Déjà plus de deux semaines que j’ai achevé ce texte bref de Didier Daeninckx… que j’ai pourtant largement apprécié. La plume alerte de l’auteur et sa sensibilité nous font partager un moment unique dans une communauté d’hommes et de femmes engagés, pendant la seconde guerre…
Nous voici en 1943, dans un asile de fous en Lozère, à Saint-Alban où une jeune résistante, Denise Glaser vient se réfugier, en même temps qu’un certain Paul Eluard et de Nush, sa compagne. Lieu insolite où on soigne « les fous », mais où on protège également les dissidents, résistants et juifs pourchassés…
Dans cette communauté éphémère… cinq figures des plus exceptionnelles, tant en Littérature, qu’en psychiatrie, et en engagements politiques et humanitaires, vont vivre ensemble un temps donné.
Denise Glaser rentre dans la Résistance grâce à son professeur de philosophie, Dominique Desanti…Pourchassée, elle trouve refuge à Saint-Alban, où elle participe à la collectivité en s’occupant de la bibliothèque, ainsi que d’enfants.
[Après la guerre, elle participera à la naissance de la télévision. En 1959, elle crée « Discorama », une émission qui deviendra mythique, où elle interviewera tous les talents de la scène musicale]
Paul Eluard et Nush, passeront quant à eux quatre mois dans cet asile de Saint-Alban. Pendant cette période, Eluard crée les éditions clandestines de La Bibliothèque Française, imprimées sur les Presses de René Amarger à Saint-Flour.
Il côtoie plusieurs patients qui s’exprimaient au moyen de la peinture, du tissage et de la sculpture, comme Aimable Jayet, Clément Fraisse et surtout Auguste Forestier, dont il acquiert plusieurs œuvres, que Jean Dubuffet rencontrera d’ailleurs, lors d’une de ses visites à la fin du printemps 1944. Le concept d’art brut émergera par la suite.
Quant aux personnalités médicales de ce lieu, elles n’en sont pas moins exceptionnelles intellectuellement et humainement :
- Lucien Bonnafé (1912-2003)- Médecin-directeur de l’hôpital de Saint-Alban, en 1943, il anime la Société du Gévaudan qui jette les bases d’une critique radicale des institutions d’aliénés. Parallèlement, il transforme l’institution en lieu d’asile pour les résistants et les juifs traqués
-François Tosquelles (1912-1994)- Psychiatre catalan, républicain marxiste et libertaire, il est condamné à mort par Franco et interné dans un camp de concentration français. Transféré à Saint-Alban comme infirmier, il devra recommencer toute sa formation en France
Un très beau récit qui nous fait rejoindre une communauté d’homme et de femmes de tous horizons, animés par le même courage, et une solidarité exemplaire
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rabanne
  16 novembre 2016
Livre emprunté à ma fille aînée, en 1ère L, dont la liste de romans à lire porte sur le thème de la "folie".
J'avais déjà beaucoup apprécié la plume de l'auteur de Cannibale.
Plaisir renouvelé avec cette biographie romancée de 114 pages, lue d'une traite.
Nous sommes en 1943. Denise, une résistante d'origine juive, fuit Arras et le régime nazi pour trouver refuge dans un asile de fous en Lozère, à Saint-Alban.
Elle y côtoie deux médecins courageux et zélés, qui oeuvrent non seulement pour le soin, le bien-être et la survie des patients (le régime de Vichy laissant sciemment les malades mentaux mourir dans les hôpitaux psychiatriques), dont des enfants, mais également cachent des résistants, des juifs et des intellectuels recherchés par la Gestapo.
C'est en ces mêmes lieux que Denise croise Paul Eluard et sa compagne...
Un récit percutant, émaillé de réflexions du poète, célèbre auteur de "liberté".
Un regard croisé (dialogues intenses) sur les différentes facettes de notre humanité, qui interroge sur notre approche de l'altérité, de la "normalité".
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Ambages
  01 mai 2016
Un instant de Liberté. Un instant de Grindel. Un éclair de Marie. Le tout raconté avec la sensibilité de Daeninckx, c'est très joli.
C'est féminin
« je les écoute, les femmes surtout, et leurs mots s'enchaînent aux miens... »
C'est poétique
« dans le cachot, la poésie se fait révolte. Elle ne se limite pas à constater, elle répare... »
C'est encore féminin
« dans les phrases des femmes on heurte le mur du regret qui cerne leurs existences »
C'est toujours poétique
« c'est dans les chambres obscures qu'on voit le mieux la lumière »
C'est tellement humain
« nous étions en incursion dans l'empire des fous... c'est un monde dont j'ai toujours éprouvé le vertige, je me suis souvent tenu en équilibre instable au bord des gouffres... »
Nusch, l'empire des sens, l'empire de la folie, je ne les ai pas oubliées nos Nuits partagées ni cette invitation que tu as lancée à Denise de ton regard bleu limpide, un matin dans un rayon de soleil. Nous y étions alors au bord du gouffre, caché dans ce refuge, ce havre, cet asile. « Ils savent plein de choses que personne ne leur demande jamais... » Ils nous ont sauvés. Un instant.
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belcantoeu
  07 décembre 2018
Ce livre poignant, prix littéraire de psychanalyse, relate une extraordinaire expérience de générosité, une tranche de vie à la clinique psychiatrique de St-Alban (Lozère) pendant la seconde guerre mondiale, et notamment la façon dont les religieuses, les médecins, le personnel et les patients y accueillent, cachent et soignent des maquisards blessés, des juifs, des résistants et des réfugiés. Parmi eux, le poète Paul Eluard (1895-1952), auteur du poème «liberté», publié clandestinement en 1942, donc chaque strophe se termine par «(Liberté), j'écris ton nom», poème qui sera parachuté à des milliers d'exemplaires par des avions de la Royal Air Force au-dessus du sol français. Tristan Tzara et bien d'autres artistes y sont passés aussi. Eluard y créera les éditions clandestines. le livre s'étend aussi sur Denise Glaser (1920-1983), jeune juive résistante qui créera après la guerre l'émission populaire Discorama.
Cette clinique de Saint-Alban était dirigée par le Dr Lucien Bonnafé (1912-2003) assisté par François Tosquelles (1912-1994) (prononcer Toskayès), médecin catalan, lui-même réfugié, qui a milité pendant la guerre civile espagnole dans le POUM, parti marxiste mais antistalinien et libertaire (dans le bon sens du terme), ce qui lui a valu d'être condamné à mort à la fois par Franco et par les communistes. Très vite, à deux, ils bouleversent la psychiatrie. Exemple que le livre ne montre pas, mais que j'ai vu, c'est une extraordinaire photo de Tosquelles, pioche en mains, abattant les murs de l'asile, cat tout devait changer. Chacun put désormais se rendre librement au village. Et les villageois venaient faire la fête avec les malades qu'on appellera «pensionnaires», car c'est peut-être la société qui est malade et qu'il faudrait soigner.
Ailleurs en France, on a laissé mourir les malades mentaux: 40.000 morts pendant la guerre, victimes de malnutrition et de l'«extermination douce» imputables aux directives de Vichy (p. 109) sous l'influence de l'eugénisme. N'oublions pas qu'Alexis Carrel, prix Nobel de médecine, a proposé de gazer les malades mentaux dans son best seller «L'Homme cet inconnu» (plus de détails dans ma critique sur Babelio).
Saint-Alban fut un lieu d'effervescence artistique et intellectuelle, et de résistance, mais surtout de révolution de la psychiatrie et de la relation du soignant au patient, avec plus de liberté, un sens plus humain, et une insertion des pensionnaires dans la vie «normale». A peine diplômé, Tosquelles emmenait par exemple ses patients se baigner à la plage de Barcelone. Il avait engagé des prêtres et des prostituées pour soigner les malades, car «leurs métiers leur avait probablement appris que les hommes sont fous». Pour ne pas les voir mourir de faim comme dans la plupart des asiles en France, il envoie les pensionnaires de St Alban aider les fermiers qui les rémunèrent en denrées alimentaires (pommes de terre et choux surtout, maigre base de l'alimentation de guerre soumise au ravitaillement). Cette optique continue aujourd'hui à la clinique de la Borde (Loire et Cher), en quelque sorte «fille» de Saint-Alban, où j'ai rencontré le fils de Tosquelles et où fait un stage sous la direction de Jean Oury (1924-2014), médecin qui qui avait commencé sa carrière de jeune psychiatre à St Alban, et qui a travaillé à La Borde jusqu'à ses 90 ans. Je ne suis jamais allé à Saint-Alban, mais j'ai retrouvé à toutes les pages du livre ce que j'ai vécu avec Jean Oury, farouche défenseur de la dignité des « malades» pensionnaires. Quelques règles: Aucune porte n'était fermée. Tout le monde mangeait ensemble. le jardinier comme le cuisinier étaient formé à la psychothérapie institutionnelle. C'est peut-être avec eux que va se nouer le transfert. Chaque pensionnaire qui le pouvait avait une fonction, donc une dignité: téléphoniste, responsable du bar, du journal, de l'accueil, d'un coin du potager, de l'atelier modelage,... Je suis certain que le lecteur du livre y trouvera aussi ce respect qui manque si souvent aux malades mentaux (comme aux pensionnaires âgés des homes).
Comme Saint-Alban était isolé dans la campagne, l'accueil des clandestins pendant la guerre était plus facile. Les prêtres fournissaient aux juifs de faux actes de baptême, et le maire de faux papiers avec des cachets volés, et de fausses cartes de rationnement.
Le livre comporte de nombreux poèmes d'Eluard.
Quelques extraits :
(Un professeur veut s'interposer quand la Gestapo a encercle l'université de Clermont-Ferrand «Ils l'ont aussitôt abattu devant ses élèves... Il y eut près de mille deux cents arrestations» (p. 21).
«Un journal idiot trouve toujours un public. Et plus il est idiot, plus son public est nombreux. Regardez donc autour de vous» (p. 67) : ça n'a pas changé.
(A propos de la presse clandestine à Saint-Alban) : «Pour la prochaine publication, nous n'aurons pas besoin de franchir la frontière [suisse]. J'ai établi le contact avec un imprimeur de Saint-Flour qui assure la fourniture de papier, la composition, l'impression et la reliure. On peut s'y rendre en ambulance... Paul [Eluard] fera un malade tout à fait acceptable, et Denise une infirmière très convaincante» (pp. 76-77)... «Au petit matin, la majeure partie du tirage prendrait le train de Paris, dissimulée au fond de cageots, recouverts de légumes par les cheminots résistants de la gare de Saint-Flour» (p. 97).
Et pour finir, une citation de Tosquelles digne du pape François: Les religieuses «ne nous dénonceront pas parce que, grâce à nous, elles sont devenues de vraies catholiques...Je me suis aperçu qu'en Espagne, la plupart des catholiques ne sont pas catholiques... Une partie de notre rôle consiste à convertir les individus... que ce ne soit pas simplement la façade... C'est ce qui leur arrive, à nos soeurs de Saint-Alban. Elles sont reprises dans les mailles de la vraie vie. En soignant les blessés du maquis, elles se soignent elles aussi» (p. 79-80). Magnifique.
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nilebeh
  30 janvier 2020
Nous sommes en 1943, au fin fond de la Lozère, dans le village De Saint - Alban, dans un décor sauvage et des conditions de vie difficiles. la Margeride domine, superbe, la région mais il peut faire un froid de loup par ici.
C'est pourtant là que des malades psychiatriques sont hébergés, à l'abri des idées démoniaques des nazis. C'est aussi là que passent des hommes et des femmes, résistants, juifs, pourchassés pour leurs opinions ou leur religion. Ils y sont accueillis par le directeur Lucien Bonnafé, par le Dr Tosquelles, mi - italien, mi-espagnol, rescapé des purges franquistes et sorti de l'indigne camp d'accueil dans le sud de la France. C'est là aussi qu'arrive un jour Denise Glaser, juive et résistante, obligée de se mettre à l'abri. Les plus anciens se rappellent « Discorama » qui passait à la télévision le dimanche midi où elle présentait musiciens et chanteurs. le destin de Denise Glaser aura été original et désolant quand on pense à la façon dont elle a fini sa vie.
A Saint Alban, la vie s'organise en chiches repas, activités avec les malades, quand arrive le couple Grindel, manifestement objet d'une grande considération. On va vite apprendre qu'il s'agit de Paul Eluard de sa femme Nusch. le poète lit des passages de son oeuvre, écrit, part en ambulance, déguisé en malade et escorté de la pseudo-infirmière Denise, jusqu'à Saint Flour, pour faire imprimer ses textes, les vendre à de riches partisans et ainsi financer la Résistance.
Étrange et surréaliste ambiance au fil de ces pages. Tout le monde semble créer, le poète et les artistes locaux, déclarés « fous » mais d'une inventivité étonnante. Ici, ils sont traités avec douceur et respect. La médecine psychiatrique a encore beaucoup à découvrir, mais à Saint-Alban, on n'utilise ni contrainte ni camisole chimique.
La plume de l'auteur se fait légère, aérienne, chaleureuse mais aussi parfois très critique pour restituer ce qui semble avoir été un moment hors réalité pendant cette guerre.
Un livre utile, poétique, intelligent. Jolie découverte.
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critiques presse (1)
Telerama   24 juin 2015
Dans un refuge pas comme les autres, une poignante histoire de résistance à la folie des hommes... et à leur semblant de normalité.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
martineden74martineden74   13 septembre 2020
Je me suis aperçu, en Espagne, que la plupart des catholiques ne sont pas catholiques, que les religieuses croient l’être alors qu’elles ne sont que des fonctionnaires de l’Église. Une partie de notre rôle consiste à convertir les individus en ce qu’ils sont réellement, que ce ne soit pas simplement la façade, que ça corresponde à leur être, à leur moi idéal ! C’est ce qui leur arrive à nos sœurs de Saint-Alban… Elles sont reprises dans les mailles de la vraie vie. En soignant les blessés du maquis, elles se soignent elles aussi. Et c’est pareil avec les communistes…
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martineden74martineden74   13 septembre 2020
Dans le cachot, la poésie se fait révolte. Elle ne se limite pas à constater, elle répare … Elle se dresse contre l'injustice.
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HarioutzHarioutz   05 décembre 2019
Lucien Bonafé (1912 – 2003) étudie la médecine à Toulouse, où il croise l'épopée du cinéma d'avant-garde et l'aventure surréaliste.
Militant communiste, il est membre de la direction du Front National des médecins dès 1941 et met au point la première action d'assistance médicale lors d'un acte de résistance.
Médecin-directeur de l'hôpital de Saint-Alban en 1943, il anime la Société du Gévaudan, qui jette les bases d'une critique radicale des institutions d'aliénés.
Parallèlement, il transforme l'institution en lieu d'asile pour les résistants pourchassés, les Juifs traqués.
Il participe aux combats du mont Mouchet contre les troupes allemandes sous le nom de guerre de Sylvain Forestier, rendant ainsi hommage au dessinateur et sculpteur Auguste Forestier, dont l’œuvre fut découverte et encouragée par son grand-père, Maxime Dubuisson.
Il ne cesse de combattre pour que la lumière soit faite sur la mort de 40 000 malades mentaux internés dans les hôpitaux psychiatriques français, victimes de l'  « extermination douce », imputable aux directives sanitaires du régime de Vichy.

François Tosquelles (1912 – 1994). Psychiatre catalan, républicain marxiste et libertaire, il est condamné à mort par Franco et interné dans un camp de concentration français. Transféré à Saint-Alban comme infirmier, il devra recommencer toute sa formation en France.
Il est un des éléments essentiels de la transformation de cet hôpital, s'appuyant sur les travaux de Hermann Simon, pour lequel un établissement psychiatrique est un organisme malade qu'il faut constamment soigner.
Considéré comme l'un des concepteurs de psychothérapie institutionnelle, il a fortement influencé Jean Oury, Félix Guattari ou Henri et Madeleine Vermorel.

Paul Éluard (1895 – 1952). Lors de son séjour de quatre mois à l'hôpital de Saint-Alban en compagnie de son épouse Nusch, Paul Éluard crée les éditions clandestines de la Bibliothèque française imprimées sur les presses de René Amarger à Saint-Flour.
Il côtoie plusieurs patients qui s'expriment au moyen de la peinture, du tissage, de la sculpture, comme Aimable Jayet, Clément Fraisse et surtout Auguste Forestier, dont il acquiert plusieurs œuvres parmi lesquelles « Le Roi fou », « La Bête du Gévaudan » et un « Homme-coq ».
Il offre certaines de ses trouvailles à Raymond Queneau, Picasso et Dora Maar. Jean Dubuffet découvrira le travail d'Auguste Forestier lors d'une visite chez Paul Éluard, à Paris, à la fin du printemps 1944. Le concept d'art brut n'allait pas tarder à émerger.

Denise Glaser (1920 – 1983). Fille unique de commerçants juifs d'Arras, à l'enseigne de La Maison bleue, elle se replie à Clermont-Ferrand quand le magasin familial est aryanisé. Elle noue une relation avec son professeur de philosophie, Dominique Desanti, qui l'intègre dans un réseau de résistance, le Mouvement national contre le racisme, dont l'une des principales activités consiste à organiser l'accueil d'enfants persécutés.
Pourchassée, elle trouve refuge à Saint-Alban, où elle s'occupe des enfants du Villaret.
Après guerre, Jean-Toussaint Desanti la présente à Frédéric Rossif, et elle participe à l'aventure de la naissance de la télévision.
En 1959, elle crée « Discorama », émission devenue mythique, où elle interviewera tous les talents de la scène musicale, Brel, Brassens, Ferré, Gainsbourg, Barbara, mais aussi Xénakis, Miriam Makeba ou les étoiles montantes du rock.
Elle s'attire les foudres du pouvoir gaulliste en 1963, en programmant « Nuit et brouillard » de Jean Ferrat, chanson alors mise à l'index.
Gréviste en 1968, licenciée en 1974, elle finit sa vie dans la misère.
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fanfanouche24fanfanouche24   29 mai 2015
Ce qui caractérise la psychanalyse, c'est qu'il faut l'inventer. L'individu ne se rappelle de rien. Alors, on l'autorise à déconner. On lui dit: "Déconne, déconne mon petit ! ca s'appelle associer. Ici personne ne te juge, tu peux déconner à ton aise". Moi, la psychanalyse, je l'appelle la déconiatrie. mais pendant que le patient déconne, qu'est-ce-que je fais ? Dans le silence ou en intervenant-mais surtout dans le silence- je déconne à mon tour. Il me dit des mots, des phrases. J'écoute les inflexions, les articulations, où il met l'accent, où il laisse tomber l'accent...Comme dans la poésie. J'ai toujours eu une théorie: un psychiatre, pour être un bon psychiatre, doit être un étranger ou faire semblant d'être étranger. Ainsi, ce n'est pas une coquetterie de ma part de parler si mal le français. Il faut que le malade-ou le type normal- fasse un certain effort pour me comprendre. Il est donc obligé de traduire et il prend à mon égard une position positive.[cf. extrait cité "L'art chez les fous: le dessin, la prose, la poésie" de Marcel Réja
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AmbagesAmbages   01 mai 2016
L'année dernière, Pétain a signé un accord avec le Reich qui prévoit le rapatriement de tous les prisonniers français veufs et pères d'au moins trois enfants. Il fallait donc fabriquer des veufs et des enfants ! Amarger, c'est le nom de l'imprimeur, s'y est attelé. Faux actes de mariage, faux actes de naissance, faux actes de décès, le tout agrafé aux dossiers officiels de rapatriement avec leurs alignements de faux tampons et de fausses signatures... Le plus difficile consistait à prévenir les prisonniers, dans leurs stalags, qui ne connaissaient pas ce qui leur arrivait. Imagine un peu la tête d'un célibataire endurci qui apprend coup sur coup que sa femme vient de mourir et qu'elle lui laisse trois mioches sur les bras ! En tout, il en a fait libérer une cinquantaine sur tout le département de la Lozère...
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Vidéo de Didier Daeninckx
À quelques jours des municipales, le réel d'abord : Didier Daeninckx ouvre son tract Gallimard sur son déménagement : il quitte la Seine-Saint-Denis (93) pour s'installer dans le Val de Marne (94). Porteur de la mémoire de ces espaces, il revient sur les nombreux bénéfices dont ont bénéficié les mairies et les associations communistes à Aubervilliers, et plus généralement dans les banlieues rouges. L'écrivain, pour qui l'écriture reste un lieu de résistance, explore le roman fiction dans trois livres, publiés dans la collection Tracts chez Gallimard intitulé "Municipales : Banlieue naufragée" (2020), "Le roman noir de l'Histoire" (Verdier, 2019) et, paru en mars en folio Gallimard, "Artana ! Artana !". Il est l'invité de la Grande table aujourd'hui.
La Grande table Culture d'Olivia Gesbert – émission du 11 mars 2020 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/saison-26-08-2019-29-06-2020
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