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EAN : 9782290024829
177 pages
Éditeur : J'ai Lu (07/01/2013)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 67 notes)
Résumé :
Au fil des trois années passées en camp de concentration lors de la Deuxième Guerre mondiale, Viktor Frankl a découvert, autant pour lui-même que pour les autres, que le fait d'avoir un but et un sens à sa vie l'aidait à survivre aux conditions inhumaines qui sévissaient. Cette recherche de sens a donné naissance à la logothérapie, une approche qu'il a utilisée tout au long de sa vie en captivité et, par la suite, dans sa pratique comme psychiatre. L'auteur indique ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Nicolas9
  21 janvier 2020
Né à Vienne en 1905, le psychiatre et philosophe Viktor Frankl a 37 ans lorsqu'il est déporté à Theresienstadt avec toute sa famille puis à Auschwitz où sa femme meurt le jour de son arrivée, mais sans qu'il ne le sache.
Sur une centaine de pages d'une grande pudeur, il raconte de manière quasi clinique les conditions de vie d'un déporté. Tout d'abord, l'anéantissement de l'état-civil des détenus : de personnes avec un nom et un passé, ils sont réduits à de simples numéros de matricule sans passé ni avenir. Seul le présent compte et il signifie travailler au-delà de ses forces pour éviter d'être considéré comme « inutile » et donc gazé.
Au camp, la nourriture est sciemment insuffisante de même que les soins médicaux. D'ailleurs, ses collègues qui sont reçus à l'infirmerie reçoivent encore moins de nourriture pour les motiver à retourner travailler...
Évidemment, beaucoup décident d'en finir en arrêtant de s'alimenter puis en se jetant contre les barbelés électrifiés. Viktor, comme des centaines d'autres se refuse au suicide. Et c'est là tout l'intérêt de ce témoignage écrit en neuf jours, quelques mois après sa libération.
En effet, lors de son arrestation en 1942, il était en train de terminer un ouvrage scientifique sur « le vide existentiel » qui accablait certains de ses patients. Il y était question de la (re) découverte du sens de la vie.
Bien que son précieux manuscrit lui ait été arraché par les SS dès son arrivée au camp, il n'a eu de cesse d'y penser durant toute sa détention avec la folle volonté de le publier s'il en sortait. Or, il observe parmi ses compagnons d'infortune (le mot est faible) que ceux qui survivent le plus longtemps ne sont pas nécessairement les plus costauds. Non, ce sont plutôt les détenus capables d'invoquer des valeurs nobles (comme la dignité) et de les vivre le plus possible au quotidien.
Il explique que « tout homme peut, même dans des circonstances particulièrement pénibles, choisir ce qu'il deviendra — moralement et spirituellement. Et de conclure : on peut garder sa dignité dans un camp de concentration. Autrement dit, on ne peut enlever à un être humain sa liberté intérieure. »
Ce qu'il découvre à Auschwitz, c'est « qu'il est également possible de poursuivre un but même si l'on n'éprouve aucun plaisir à vivre et qu'on ne peut aucunement développer sa créativité (...) Car, si l'existence à un sens, il faut qu'il y ait un sens à la souffrance. Celle-ci, comme la mort, fait partie de notre destinée. »
Pour Frankl, c'est justement « la manière dont un être humain accepte son sort et tous les tourments qu'il implique » qu'il aura l'occasion de trouver un but plus profond à sa vie. Il peut alors agir avec dignité, courage et désintéressement. »
Heureusement aimerait-on dire, il reconnaît que « seuls quelques prisonniers surent préserver leur liberté spirituelle. Mais, ces exemples suffisent à démontrer que l'être humain peut transcender un sort contraire. »
En l'occurrence, pour lui cela signifiait « transformer les expériences vécues en triomphe » : par exemple, aujourd'hui malgré le froid, la neige et l'épuisement qui m'ont accablé, je n'ai pas abdiqué en me laissant mourir derrière un arbre.
Une autre manière de contrer le désespoir était de se projeter dans une réalité parallèle : il s'imaginait parfois donnant une conférence sur la psychologie des déportés à un parterre de scientifiques bien nourris et vêtus avec classe !
A l'inverse, ses collègues qui se rappelaient le passé idéalisé finissaient toujours par déprimer encore plus, tant la comparaison avec le réel qu'ils vivaient était douloureuse. Souvent, ils finissaient par se dire que leur vie au camp n'en valait pas la peine et ils se laissaient dépérir...
C'est pourquoi, lorsqu'il décelait les symptômes avant-coureurs de la dépression chez un détenu, il essayait de lui suggérer un but quelconque : « dehors, ta famille t'attend et elle compte sur ton retour » ou « tu t'apprêtais à terminer ce magnifique projet en arrivant ici, il te faut t'accrocher pour pouvoir finir » ou « que dirait ta mère si elle te voyait te laisser aller de la sorte ? »
Et de reconnaître que « ces tâches, qui donnent un azimut à la vie, sont différentes pour chaque homme et à chaque moment. Il est donc impossible de définir le sens de l'existence d'une manière générale. » Ce qui n'empêchait pas les plus courageux de reconnaître que dans leur situation désespérée, leur unique défi consistait à accepter et endurer la souffrance quotidienne « avec fierté ».
Alors, après son retour à la civilisation en 1945, Krankl a créé un troisième courant thérapeutique autrichien appelé la logothérapie. Il s'agit d'une psychothérapie devant aider le patient à découvrir un fil rouge à sa vie. le postulat de départ est le suivant : chaque individu a une raison de vivre qui n'est révélée qu'à lui seul. S'il fait l'effort pour la cerner, il aura la possibilité de lutter pour la conquérir... ce qui lui fournira un but à atteindre !
En effet, « ce dont l'humain a besoin, c'est de se sentir appelé à accomplir quelque chose. » le rôle du logothérapeute est alors de créer « l'électrochoc » qui réveillera l'esprit de combat de son client qui lui donnera l'énergie nécessaire pour sortir de la nasse dans laquelle il s'était laissé tomber.
Car, pour Frank cela ne fait aucun doute : « l'homme ne cherche pas avant tout le plaisir ou la souffrance, mais plutôt une raison de vivre. Voilà pourquoi l'homme est prêt à souffrir s'il le faut, mais à la condition, bien sûr, que sa souffrance ait un sens. Eurêka ! et CQFD :-)
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ErnestineRadioconducteur
  31 mars 2015
C'est un ouvrage très inspirant, qui ne peut laisser indifférent par la dureté de l'expérience racontée et l'humilité de l'auteur. Ses propos résonnent énormément tant ils sont au plus prés de la réalité et du vécu de chacun. Il décrit bien ce que l'on ressent face à ce vide existentiel, à quel point c'est normal et les voies qui peuvent permettre à chacun de trouver du sens à sa vie au lieu de nous dire qu'il faut faire sans et que cela ne devrait pas nous affecter.
Je l'ai lu deux fois de suite, et ai pris beaucoup de notes.
La seule chose qui me dérange est une contradiction. L'auteur fait l'apologie de très hautes valeurs morales qui sont possibles selon lui, dans un milieu aussi extrême et indispensable à faire du sens donc à avoir une raison de vivre qui augmenterait les chances de survie, comme cela a été son cas et en même temps reconnait au début de son récit que les meilleurs d'entre eux, à cet égard n'en sont pas revenus. Alors, je pose la question. A quoi bon garder de très hautes valeurs morales quand celles-ci nous empêchent de survivre? A quoi bon survivre quand on a renié ses valeurs morales et ses scrupules.
"Généralement, seuls se maintenaient en vie les prisonniers qui, ayant passé d'un camp à un autre pendant plusieurs années, avaient abandonné tous leurs scrupules et qui pour sauver leur peau, étaient prêts à employer tous les moyens, même la force brutale, le vol, la trahison. Nous qui sommes revenus des camps par chance ou par miracle-appelez-ça comme vous voudrez-nous savons: les meilleurs d'entre nous y sont morts"
"L'Homme n'est-il que le produit de son milieu? Dans ce milieu si extrême, l'Homme peut-il encore choisir?
Ses expériences prouvent qu'il peut choisir
On pourrait citer de nombreux comportements, souvent de nature heroïque, qui démontrent que le prisonnier pouvait surmonter son indifférence et contenir sa colère"
"Ceux qui ont vécu dans les camps se souviennent de ces prisonniers qui allaient, de baraque en baraque, consoler leurs semblables, leurs offrant les derniers morceaux de pain qui leurs restaient"
"Tout homme peut, même dans des circonstances particulièrement pénibles, choisir ce qu'il deviendra moralement et spirituellement"
"C'est cette liberté spirituelle qu'on ne peut nous enlever qui donne un sens à la vie"
On pourrait croire que ces considérations sont peu réalistes et trop distanciées de la vie de tous les jours, et il est vrai que très peu de gens sont capables d'épouser de hautes valeurs morales. Seuls quelques prisonniers surent préserver leur liberté spirituelle, seule une poignée d'hommes s'élevèrent jusqu'à ces valeurs que leurs souffrances leurs permettaient d'atteindre, mais ces seuls exemples suffisent à démontrer que l'être humain peut transcender un sort contraire"
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Bruno_Cm
  05 juillet 2013
Je n'ai pas réellement l'impression que la logothérapie soit quelque chose de tout à fait différent. Ca emprunte à beaucoup de philosophies et de penseurs. La question de donner un sens à sa vie pour bien la vivre, avancer, cheminer, ça n'a rien de neuf.
Toutefois dans ce livre, Frankl donne un certain corps et une certaine substance à travers son propre exemple (il n'y a jamais rien de plus parlant que les exemples personnels, rien de plus édifiant...). Ce qui fait qu'on aime ce livre, on aime Frankl et on a envie de promouvoir aussi cette logothérapie.
Personnellement je pense exploiter, à ma manière, cette question du sens, dans mon travail de thérapeute et ce livre, que j'ai lu il y a longtemps dans une période plus sombre de ma vie, m'y a gentiment amené.
Un extrait de la postface Postface à l'édition de 1984 :
"Pour un optimisme tragique"
… cette expression signifie que l'on reste optimiste en dépit de la « triade tragique », formée des aspects suivants de l'existence humaine : 1) la souffrance ; 2) le sentiment de culpabilité ; et 3) la mort. […] la vie peut-elle conserver son sens en dépit de tous ses aspects tragiques ?
[…] aptitude de l'homme qui, lorsqu'il est en accord avec lui-même, peut : 1) transformer la souffrance en réalisation humaine ; 2) trouver dans son sentiment de culpabilité l'occasion de s'améliorer ; et 3) agir de façon responsable face au caractère transitoire de la vie.
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XjapanK
  20 février 2018
Un témoignage sur la réalité des camps de concentration, par un psychiatre...
Ensuite une analyse juste de la situation dans les camps et des comportements humains.
Et une présentation de la logothérapie, je pensais que ça allait être barbant... et pourtant!!
Donner un sens à sa vie, est fondamental pour un être humain, mais c'est aussi donner un sens à son mal, à sa douleur.
J'ai vraiment ADORE ce livre et je le recommande fortement!
Quand on tourne en rond dans sa vie, qu'on ne sait pas quoi faire, que faire, que devenir? Après avoir lu ce témoignage, on relative sur sa propre vie, sur ses petits bobos qui n'ont rien à voir.
Ensuite il faut mettre en application les conseils du livre, trouver un sens à sa vie...
A lire absolument!
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Fleurdecoeur
  19 avril 2013
Jusqu'à ma rencontre avec Thierry Janssen, je ne connaissais pas Viktor Frankl. Janssen l'a présenté comme le père de la psychologie positive. Ses nombreux éloges m'ont vivement incité à lire son autobiographie "Découvrir un sens à sa vie".
Frankl décrit avec son regard de thérapeute, son expérience à Auschwitz. J'ai découvert un homme d'une grande lucidité, animé d'une intelligence abyssale: sa capacité à travers chaque expérience à donner du sens à ce qu'il vit en se questionnant sans cesse sur ce que la vie attend de lui.
Un livre essentiel, malheureusement encore trop méconnu en France.
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Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
Seva1Seva1   23 mai 2020
« Notre responsabilité dans la vie consiste à trouver les bonnes réponses aux problèmes qu’elle nous pose et à nous acquitter honnêtement des tâches qu’elle nous assigne.
Ces tâches, qui donnent un sens à la vie, sont différentes pour chaque homme et à chaque moment. Il est donc impossible de définir le sens de la vie d’une manière générale. » p. 103
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Seva1Seva1   23 mai 2020
« Si on la compare à la psychanalyse, la logothérapie est moins rétrospective et moins introspective. Elle s’intéresse plutôt à l’avenir, c’est-à-dire à la signification que le client peut lui donner. En fait, la logothérapie est une psychothérapie fondée sur le sens de la vie. Elle aide le patient à sortir des cercles vicieux et des mécanismes de défense qui jouent un si grand rôle dans le développement des névroses. En conséquence, loin d’être continuellement renforcé, l’égocentrisme qui caractérise le patient névrosé se trouve brisé. » p. 124
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Seva1Seva1   23 mai 2020
« La logothérapie (…) se penche tant sur la raison de vivre de la personne que sur ses efforts pour en découvrir une : ces efforts, à mon avis, constituent une force motivante fondamentale chez l’être humain.» p. 124
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Seva1Seva1   23 mai 2020
« Une vie active permet à l’homme de réaliser ses valeurs à travers un travail créatif, tandis que celui qui mène une vie passive et vit pour son plaisir peut faire l’expérience de la beauté, de l’art, ou de la nature. » p. 92
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FleurdecoeurFleurdecoeur   19 avril 2013
Il fallait que nous changions du tout au tout notre attitude à l'égard de la vie. Il fallait que nous apprenions par nous-même et, de plus, il fallait que nous montrions à ceux qui étaient proie au désespoir que l'important n'était pas ce que nous attendions de la vie, mais ce que nous apportions à la vie. Au lieu de se demander si la vie avait un sens, il fallait s'imaginer que c'était à nous de donner un sens à la vie à chaque jour et à chaque heure. Nous devions le réaliser non par des mots et des méditations, mais par de bonnes actions, une bonne conduite. Notre responsabilité dans la vie consiste à trouver les bonnes réponses aux problèmes qu'elle nous pose et à nous acquitter honnêtement des tâches qu'elle nous assigne. (p. 83)
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Video de Viktor Emil Frankl (1) Voir plusAjouter une vidéo
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