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EAN : 9782365778749
248 pages
Éditeur : Urban Comics Editions (09/12/2016)
4.6/5   24 notes
Résumé :
Depuis la création de l'univers jusqu'à la capture de Morphée, les pages de SANDMAN OUVERTURE révèleront tous les secrets de cette épopée. Les Éternels Destiny et Death, le Corinthian ou encore Lucien, tous sont de retour pour vous conter les origines inédites de l'une des sagas les plus acclamées du label Vertigo. Le rêve ne fait que commencer. Contient : Sandman Ouverture #1-6


Destin, Destruction , Mort, Délire, Désir, Désespoir et Rêve form... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Presence
  08 décembre 2015
L'histoire se déroule avant les événements du premier tome de la série Sandman de Neil Gaiman. Il comprend les épisodes 1 à 6, initialement parus de 2013 à 2015, écrits par Neil Gaiman, dessinés et encrés par J.H. Williams III, avec une mise en couleurs de Dave Stewart et un lettrage de Todd Klein. Si cette histoire se déroule avant la série en 75 épisodes, elle gagne en saveur à être lue après. Ce tome commence par une page d'introduction de Neil Gaiman écrite en septembre 2015, expliquant comment ce prologue est paru 20 ans après la fin de récit et pourquoi il peut aussi se lire comme un épilogue.
Une page rappelle les 3 sens du mot Ouverture. Puis le récit en bande dessinée commence sur une petite planète peuplée de 3 races. Quorian, une fleur carnivore dotée de conscience, rêve et reçoit la visite de Morpheus (sous forme de plante bien sûr). À Londres en septembre 1915, le Corinthien rend visite à un pauvre clerc de notaire. Dans un endroit qui n'en est pas un, Destiny reçoit la visite attendue (car tout est inscrit dans son livre) de sa soeur Death.
Dans son rêve, George Portcullis reçoit la visite de Morpheus. Ce dernier y reçoit la visite du Corinthien. Mais leur conversation est interrompue par un appel pressant. Morpheus se rend dans son royaume, où il est reçu par Lucien (qui papotait avec Mervyn Pumpkinhead). Il s'équipe de son casque, son rubis, et sa sacoche pour l'épreuve qui l'attend.
Que le lecteur connaisse ou non le personnage de Sandman et qu'il ait lu tous les tomes ou aucun il est tout d'abord frappé par la forme luxueuse de la narration. Cette édition se présente sous un format plus grand que celui des comics, avec une couverture rigide, une jaquette très douce au toucher, une introduction en bonne et due forme, et des bonus qui viennent rehausser la saveur du récit. Dès la couverture, le travail de J.H. Williams apparaît luxueux. Plus que des images pour raconter une histoire, il a conçu une structure différente pour chaque page, construit des bordures de case changeant avec la nature de la séquence, réalisé des illustrations magnifiques et exquises, d'une richesse affolante.
Le premier ressenti du lecteur est celui qu'enfant il pouvait avoir en plongeant dans un livre de conte aux belles illustrations. J.H. Williams n'a pas ménagé sa peine et il est à fond à chaque page, sans que cela n'obère en rien la fluidité de la narration, ce qui est déjà un exploit en soi. Il s'agit vraisemblablement de la dernière histoire de Sandman écrite par Neil Gaiman, et rien n'est trop beau pour ce récit. La structure de la première page est à base de cercles se recoupant de haut en bas. Celle de la seconde est à base de tiges de fleur. Un peu après, les cases sont en forme de dent pour évoquer le motif du Corinthien. Et c'est comme ça du début à la fin. Quelques pages après, les cases sont en forme de case, mais à l'intérieur du livre de Destiny (une forme de mise en abîme), puis elles prennent la forme des carreaux d'une vitre. Et tout ça avant la moitié du premier épisode.
Le lecteur observe également que l'artiste change régulièrement d'outils pour s'adapter à la séquence. Il peut réaliser des dessins traditionnels, avec un détourage des formes à l'encre, puis une mise en couleurs complexe réalisée par Dave Stewart. Il peut s'agit de dessins en noir & blanc le temps de 2 ou 3 pages, avec un encrage au trait fin et d'épaisseur uniforme. Il peut sembler que l'image ait été peinte de manière traditionnelle. À 2 reprises, les formes présentent des particularités évoquant les dessins de Jack Kirby. Puis dans l'épisode 3, le lecteur pense immédiatement à Moebius. Au début de l'épisode 4, le lecteur voit ce qu'aurait été une bande dessinée réalisée par Alfons Mucha, avec une touche de Salvador Dali (la montre / sæculum). Puis la cité des étoiles donne l'impression d'avoir été dessinée par infographie, dans des teintes pastel. Et toujours la narration reste fluide, emmenant le lecteur dans des mondes d'une grande richesse.
Chaque page est donc un florilège de savantes structures, et de dessins aux mille saveurs. Quant à ce qui est représenté, la sophistication et l'élégance restent de mise, avec une incroyable intelligence visuelle pour donner une forme à des concepts échevelés. Gaiman indique lui-même qu'il ne s'est pas imposé de limite, en connaissant le niveau de compétence de l'artiste (il suffit de lire Promethea d'Alan Moore pour en avoir la preuve). Effectivement, chaque séquence recèle des trésors d'invention pour pouvoir rendre visuel le récit. J.H. Williams donne une apparence inoubliable à chaque personnage (à commencer par ceux déjà apparus dans la série Sandman, et ils sont nombreux). Il peut intégrer plusieurs dizaines de personnages dans une même image, en s'assurant qu'elle reste parfaitement lisible. Il est aussi à l'aise pour un rendu quasi photographique d'un immeuble délabré de Londres au temps présent, que pour donner une forme conceptuelle au domaine du Temps. Sa versatilité ne connaît aucune limite, d'une petite fille en train de pleurer à une vieille femme en train de divaguer, d'aéroglisseurs de science-fiction à un galion, etc.
Cette histoire bénéficie donc d'un niveau de mise en images qui est celui de tableaux de maître pour chaque page, en conservant le savoir-faire d'une narration séquentielle. Pourtant ce qui transporte le lecteur dès la première page, ce sont bien les mots; les phrases de Neil Gaiman. Lui aussi a pris l'option de luxe, et d'écrire comme s'il s'agissait d'un livre de littérature, tout en conservant une mesure raisonnable pour rester dans le domaine de la bande dessinée. D'une certaine façon, les auteurs ont choisi une forme littéraire très écrite, et très peinture classique pour raconter leur histoire. Dès la première séquence, le lecteur reconnaît la dimension poétique de l'écriture de Neil Gaiman, évoquant le rêve d'une fleur, sur une planète vouée à la destruction. Il n'y a rien de condescendant ou de gnangnan, sans rien sacrifier à la délicatesse.
L'auteur raconte son récit dans une forme sophistiquée avec des déplacements dans l'espace, des déplacements dans le temps, des intrigues secondaires, sans oublier bien sûr sa marque de fabrique, des histoires dans l'histoire. Il a conçu une véritable intrigue, à la mécanique complexe, avec un suspense quant à la manière d'éviter une destruction massive. La distribution des personnages est assez importante, avec l'apparition de plusieurs frères et soeurs de Morpheus (les Endless), et d'autres membres de la famille. L'intrigue emmène les personnages au bout du monde, de l'univers et même en dehors. le péril est à l'échelle de l'univers, et la tactique employée est aussi téméraire que rusée.
Pour un lecteur qui ne connaît rien de Sandman, il est possible qu'il se produise un effet catalogue, où des personnages hauts en couleurs et très intrigants apparaissent le temps d'une scène ou deux, pour ne plus jamais revenir (la vielle dame guidant Sandman dans un asile délabré), générant une réelle frustration. Il est vraisemblable également que plusieurs remarques tombent à plat, et même que la forme de certains personnages ne fasse pas sens. Il reste un récit à la dimension visuelle époustouflante et envoutante, avec une intrigue bien corsée, et une narration aux effluves poétiques inattendues, évoquant la relation entre les enfants et leurs parents sous une forme tellement exotique qu'elle la fait apparaître sous un jour nouveau.
Pour un lecteur ayant lu la série Sandman, il retrouve tout de suite les sensations qu'il lui associe. Neil Gaiman a fait les choses en grand, en incluant plusieurs personnages récurrents de la série, du Corinthien aux Bienveillantes, en passant par beaucoup d'autres. Leurs apparitions donnent parfois la réponse à des questions laissées en suspens dans la série originale, ou bien font écho à de doux souvenirs (par exemple Death ou Destiny, Lucien, et tant d'autres, et même Daniel Hall). Neil Gaiman maîtrise à la perfection l'effet nostalgique, sans se complaire dans l'autosatisfaction : l'effet est d'une rare puissance (vite, vite, il faut que je relise Sandman). Il cite également l'une des histoires de Endless nights, celle dessinée par Miguelanxo Prado, jusqu'à faire mention du Green Lantern Corps (comme il avait mention d'Oa dans le récit consacré à Dream dans Endless Nights).
Pour ce lecteur ayant déjà achevé la série Sandman, de nombreux éléments de ce prologue entrent en résonnance avec les événements à venir. le récit se déroule avant la série et s'achève là où commence le premier épisode de Sandman. Lorsque Morpheus effectue une partie de son chemin, en compagnie d'un chat, ce dernier évoque le rêve d'un millier de chats (épisode 18, paru en 1990). Lorsque Morpheus raconte une histoire à la jeune fille qui l'accompagne pendant un temps, il choisit une histoire d'amour qui fait écho à celle de Nada. À nouveau, les souvenirs affluent, ramenant des émotions encore vivaces, liées à la lecture de ces épisodes.
Très rapidement, le lecteur constate que ce récit ne se limite pas à un exercice virtuose d'évocation de souvenirs avec de meilleures illustrations. L'intrigue est originale et ouvre sur une cosmogonie personnelle, en parfaite cohérence avec les Endless. le lecteur n'éprouve donc jamais une impression de répétition stérile. Toutefois en arrivant vers la fin du récit, il s'interroge sur le sens à donner à ce conte merveilleux, et même sur la nature du dénouement. Il est vrai qu'il est facile de se laisser hypnotiser par cette richesse infinie, et de se laisser porter, sans s'attacher à éplucher chaque détail. Neil Gaiman est dans une forme éblouissante, avec une verve insolente, pleine de d'images évocatrices, laissant la place à l'imagination du lecteur pour les développer ou les compléter en fonction de ses propres inclinations. Au vu de la richesse inépuisable de la narration, il peut se permettre de choisir, de butiner à sa guise, et de négliger certains éléments.
Après tout, peu importe le détail de ce qui est raconté sur George Portcullis, car la musique des mots suffit à contenter l'esprit du lecteur. Quand il est écrit" Peut-être que quand il est éveillé, il est une femme, ou un enfant ou un papillon.", le lecteur comprend bien qu'il s'agit d'installer une atmosphère onirique, de présenter une situation qui relève du domaine du rêve, avec son côté éthéré et brumeux. Il se souvient vaguement que cette histoire de papillon renvoie à un songe de Tchouang-tseu (penseur chinois du IVème siècle avant Jésus Christ, auteur de Zhuāngzǐ) qui rêve qu'il est papillon, et qui se réveille en se demandant s'il n'est pas plutôt papillon qui rêve qu'il est un homme. Un petit moment de poésie dans un récit qui en regorge, mais aussi un présage de ce qui est à venir (sans qu'il soit littéral, ou à prendre au pied de la lettre). Cette histoire mérite que le lecteur prenne son temps pour la savourer, et le récompense au-delà de toute espérance.
Le tome se termine avec une quarantaine de pages, comprenant des interviews des créateurs, réalisées par Shelley Bond, la responsable éditoriale du projet, des explications de J.H. Williams sur les modalités de composition et de réalisation de certaines pages, des explications de Dave Stewart sur les étapes de la mise en couleurs, des explications de Todd Klein sur la conception et la réalisation du lettrage, aux caractéristiques si particulières dans cette série (impossible d'oublier le lettrage des phylactères de Delirium). Il y a également l'ensemble des couvertures variantes, à commencer par celle de Dave McKean qui se fend lui aussi de quelques mots pour exposer sa démarche créative. Tous ces suppléments font apparaître le degré de sophistication et la complexité de réalisation de chaque planche, avec élégance et intelligence. Ils constituent un prolongement agréable et éclairant de cette lecture.
Neil Gaiman n'est pas venu cachetonner pour vendre un peu plus de papier, avec ce prologue. Il a mis les petits plats dans les grands, les responsables éditoriaux aussi, et l'artiste retenu excelle à donner corps à ce récit d'une exigence folle sur le plan visuel. le nouveau lecteur découvrant Sandman sera subjugué par la richesse de ce monde, et la sensibilité poétique de la narration, en regrettant de voir passer si brièvement tant de personnages si intrigants. le lecteur connaissant l'oeuvre sera subjugué par une nostalgie constructive, par un prologue aux riches résonnances annonciatrices, par un regard pince-sans-rire sur le caractère de Morpheus, par une famille dysfonctionnelle, par une ode à l'imagination. Comme l'annonce Neil Gaiman dans l'introduction, ce récit est autant un prologue à la série (avec plusieurs séquences annonçant des chapitres), qu'un épilogue bouclant la boucle, en particulier du fait de la gestion du temps.
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jainas
  26 juin 2016
20 ans après la fin de la série Sandman qui l'a rendu célèbre, Neil Gaiman reprend la plume pour "Overture" : un tome unique, à la fois prologue et épilogue, qui nous ramène au tout début de Sandman et entraîne le lecteur sur les talons du Maître des Rêves, juste avant son emprisonnement de plusieurs décennies qui marque le début de la série.
Sandman est une œuvre connue et reconnue, un monument qui a en son temps donné ses lettres de noblesse aux comics et dont la richesse, les références mythologiques et la complexité narrative ont fait le succès considérable... Pourquoi revenir dessus si longtemps après alors, cela valait-il bien le coup de remettre l'ouvrage sur le métier ? D'y rajouter une annexe ?
Et bien la réponse est un oui retentissant.
Entre les mains du génial J.H. Williams III, le graphisme d'Overture est un chef d’œuvre indéniable et parfois psychédélique -mais quoi de plus normal pour l'univers du Seigneur des Songes ? Chaque double page est un tableau travaillé et raffiné, où le style graphique change en fonction des besoins narratifs et de la situation, le tout d'une richesse et d'une finesse graphique absolument renversante, avec un soin impressionnant porté à la composition et à la mise en page... et appuyé par une mise en couleur tout aussi travaillée et impressionnante de Dave Stewart.
Le scénario n'est pas en reste et éclaire quelques recoins restés obscurs de la série originale, mais entraine également le lecteur dans une quête qui, on le sait, va laisser Dream triomphant mais "épuisé au delà de toute endurance" et une proie facile pour le maladroit sort de convocation et d'emprisonnement jeté sur lui par des mortels trop audacieux... Sans rentrer dans les détail ou les spoilers, c'est un délice que de suivre les méandres de cette aventure, de revoir Death, Delirium, Desire, le Corinthien ou Daniel... Car Overture joue avec subtilité la carte de la nostalgie, avec juste ce qu'il faut de références pas trop appuyées, de clins d’œils que l'on devine... mais Neil Gaiman ne se complait pas sur ses lauriers et le scénario comme le déroulé sont solides, la prose toujours aussi maitrisée et l'on ne s'attarde pas longtemps en terrain connus, pour partir au delà des limites de l'univers, à la rencontre d'une étoile folle, à la découverte des géniteurs des Éternels et bien plus... le scénario propose quelques beaux retournements de situation, et une gestion du temps magistrale, qui permet à Overture le tour de force impressionnant d'être à la fois prologue et épilogue à la série.
Le lecteur en ressortira ravi... et avec une terrible envie de relire Sandman.
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LeScribouillard
  25 février 2021
Petite critique en mode coup de coeur, que je sortirai peut-être un mercredi en plus de celle hebdomadaire de samedi. Si comme moi vous êtes attirés par les comics indés mais avez rarement l'occasion d'y consacrer votre budget, alors vous avez peut-être comme moi reluqué longuement les étagères à l'entrée de la librairie Des Bulles et des Hommes de Saint-Étienne. Et vous serez alors tombés sur les sept épais volumes de Sandman, série dirigée par Neil Gaiman, célèbre dans les milieux SFFF pour son obsession envers les mythologies du monde entier. Vous vous serez dits : Y'a d'quoi lire, mais j'connais pas encore bien l'auteur, je sais pas si j'vais apprécier. Et puis nom d'un chien, j'ai déjà craqué tous mes sous de la semaine ?! Je mange pourtant la même salade en entrée depuis huit jours ! Hum… de quoi parlions-nous, déjà ?
Qu'importe, puisque maintenant que vous commencez à connaître mon blog, vous savez qu'il existe à Saint-Étienne un autre haut lieu de la culture : la médiathèque de Tarentaize. Alors je pourrais une nouvelle fois déverser mon fiel contre ses emprunteurs peu soigneux (l'exemplaire du livre dont je m'apprête à vous parler a été froissé et corné à de multiples reprises), mais reste que j'y ai trouvé le moyen de me pourvoir un choix remarquable d'Imaginaire pour pas un sou, et rien que ça, c'est beau. C'est donc comme ça que je tombe sur Sandman Overture et que j'ai l'opportunité de me l'offrir, même le temps éphémère de trois semaines. La couverture me séduit immédiatement : une créature ancienne des profondeurs du cosmos, dans une peinture sombre et énigmatique aux couleurs maîtrisées, laissant présager un monde graphique riche et de toute beauté.
Et on ne peut pas dire qu'on est déçu : Sandman Overture, préquelle de la saga Sandman, est ce que j'appelle de la SFFF « à gros budget » : des extraterrestres de partout, des voyages qui se font sur des centaines de galaxies, des êtres vieux de plusieurs milliards d'années, le tout en changeant de style de dessin toutes les trois pages (quand ce n'est pas dans la même case). On dépasse le cadre de la science-fantasy avec l'introduction d'éléments horrifiques ou relevant de l'imagerie fantastique traditionnelle, c'est pourquoi je rangerais plutôt ce comic dans cette mystérieuse catégorie fourre-tout qu'est le weird. Pour vous la faire court : l'Univers et ce qui existe au-delà sont dominés par les Infinis, des sortes d'entités collectives possédant une multitude d'incarnations différentes. Morphée, aussi connu sous le nom de Marchand de Sable (sandman en anglais), est l'une de celles du Rêve, entre autres frère du Délire et fils de la Nuit. Or voilà-t'y pas que suite à une erreur ancienne de sa part les étoiles ont décidé de mourir et de tuer l'un de ses autres moi. Non, l'histoire n'est pas toujours facile à suivre.
Elle l'est d'autant moins qu'on découvre une multitude de trames narratives en même temps, ne se rejoignant pas forcément tout de suite. Pourtant, par rapport à L'Incal de Jodorowsky (dont on devine que Gaiman s'est largement inspiré), le récit se perd nettement moins dans différents objectifs opaques et autres symboles ésotériques. de même, face à des mastodontes de complexité et de sous-intrigues comme Civil War, Sandman Overture se fait nettement plus fluide et infiniment plus poétique. Car quelle n'est pas notre récompense en découvrant cette overdose de sense of wonder ! J. H. Williams III fait un travail d'orfèvre, qui nous est décrit en détail dans un portfolio en annexe relativement épais (dont son co-dessinateur Dave Stewart est malheureusement absent). Dans un univers à la Sabrina Calvo mais en infiniment plus démesuré, des milliers de races extraterrestres (dont de nombreuses non-anthropomorphes) font face à une menace démesurée qui menace de détruire l'Univers ; un combat cosmique où même les Infinis mourront, où se côtoient dans un ensemble baroque l'effroi, l'émerveillement et la poésie.
J'ai bien souvent rêvé d'écrire une histoire qui ressemblerait aux morceaux de musique que j'écoute : ambient, krautrock, zheul, psydub, trance. Quelque chose qui prenne directement aux tripes, qui s'étende de manière gigantesque dans l'espace et le temps. Mais créer un récit conduit à narrer des évènements et des comportements précis, quand la musique et le dessin sont des arts dont l'interprétation peut varier et changer autant que nous le voulons. Par sa logique onirique qui lui est propre, son imagerie hallucinée mais aussi son prodigieux sens du sublime et de la démesure, Sandman Overture parvient à concrétiser ce rêve que j'espère moi aussi accomplir un jour. Il ne me reste plus qu'à vous le recommander chaudement pour peu que vous ne soyez pas allergiques aux worldbuildings surréalistes qui font passer les sensations avant la raison. Et puis bon, c'est pour votre culture...

Lien : https://cestpourmaculture.wo..
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NicolasFJ
  03 janvier 2017
J'appréhendais de me replonger dans cet univers délaissé depuis longtemps. Mais la magie est toujours là, bien présente, avec une histoire ultra-ambitieuse, démesurée, et des dessins à la hauteur du thème : psychédéliques, hallucinés, mythologiques et méga-artistiques. Ça en devient écrasant, cyclopéen et donc totalement onirique. On a rarement été aussi proche du Rêve dans sa plus exacte définition.
J'avais peur aussi que ce prélude soit trop rapide et que le volume soit épaissi avec des tonnes de bonus inutiles, mais non, on a bien le droit à un chapitre très complet, qui joue à la fois le rôle de préambule et de conclusion, créant un sens de lecture en boucle qui convient parfaitement au style général.
Bref, un ajout magistral pour une série magistrale qui ne ressemble à rien d'autre.
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l-ourse-bibliophile
  16 février 2019
Bien plus récent que les autres, ce tome qui s'achève au moment de la capture de Sandman par Burgess – événement qui ouvre le premier épisode de la série principale – est donc un préquel, mais un préquel à lire après les sept intégrales. Il n'en sera que plus compréhensible, ne serait-ce que pour appréhender chaque personnage (je ne pense pas que le plaisir soit le même si l'on ne peut reconnaître le Corinthien, les Bienveillantes ou Daniel Hall). En outre, il s'agit d'un récit encore plus onirique – si c'est possible – et étrange que les autres arcs narratifs de Sandman.
Nous sommes projetés d'un univers à un autre et l'illustrateur J.H. Williams III a créé des pages absolument étourdissantes. Jouant avec ce qu'on s'attend à trouver dans une BD, il fait parfois exploser les cases, alterne couleurs éclatantes et crayonnés plus grisâtres, nous oblige à tourner le livre pour nous déstabiliser autant que l'est le protagoniste de papier, crée des univers aussi complets que variés avec ces crayons, bref, il fascine. Cela ne nuit aucunement à l'immersion dans le récit : on en prend plein les yeux, mais on ne lâche pas notre Morphée. Visuellement parlant, c'est pour moi le plus dingue, le plus ahurissant, le plus original des tomes de Sandman.
Donnant la parole à Neil Gaiman (scénariste), J.H. Williams III (dessinateur), Dave Stewart (coloriste), Todd Klein (lettreur sur toute la série) et Dave McKean (plasticien ayant réalisé toutes les couvertures de Sandman), les annexes donnent à voir tous les métiers qui se sont réunis pour faire naître ces comics et permettent aux néophytes – comme moi – de mieux visualiser leur processus de création.
Bien que cette histoire m'ait invitée à recommencer ma lecture, il semblerait que l'aventure soit à présent bel et bien achevée et dire adieu tous ces petits ou grands personnages, même si je les retrouverai au fil des relectures futures, me laisse comme un vide. Une absence que je pressentais d'où mon retard pour lire ce tome Ouverture.
Lien : https://oursebibliophile.wor..
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critiques presse (3)
Sceneario   21 novembre 2016
Une lecture assez difficile, qui demande du temps, de l'attention, complètement en marge de ce qu'on peut trouver en bande dessinée habituellement.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Sceneario   12 janvier 2016
Un préquel très réussi, un nouveau chef d'oeuvre sorti de l'imagination de Neil Gaiman qui mérite toute votre attention !

Lire la critique sur le site : Sceneario
Elbakin.net   23 novembre 2015
On aurait aimé encore plus, être tout bonnement happé au cœur du récit, mais les auteurs ont opté pour une autre approche, plus introspective. Et finalement peut-être plus sincère encore.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
laulauttelaulautte   13 mars 2017
Peut-être un jour serons-nous devenus des légendes. Nous passerons par ici, hors de l’espace et du temps, quand de nous ils ne sauront plus que des questions. Ils graveront nos gestes dans la pierre. Nous chanterons en rimes.
Ce qu’ils diront de nous, ce seront des mensonges. Mais des mensonges tels qu’ils les diront seront une vérité Perpétuelle. Nos vies seront révisées, préservées, nous prononcerons les épopées de notre jeunesse.
Des acteurs nous joueront plus braves que nous ne sommes ; plus drôles, plus profonds et beaucoup plus jolis.
Leurs vers seront plus frappants et sages que tout ce que nous avons dit. Majestueux mensonges.
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laulauttelaulautte   10 mars 2017
Ce qui est plus fort que la douleur, plus fort que la solitude, c'est RIEN. Une immensité de rien, un lieu sans lumière ni information.
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laulauttelaulautte   10 mars 2017
Il y a toujours un temps où elle aura été en vie. Toujours un temps où elle n'existe pas. C'est la nature de l'existence.
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EmniaEmnia   11 février 2017
I do not recall ever enjoying myself more as a writer than in Chapter Two of this book, when Dream was finally able to talk to himself (and itself and herself and themselves and a cat).

Neil Gaiman, "Foreword is forewarned"
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laulauttelaulautte   10 mars 2017
Tout le monde tue, petit frère. On peut même tuer ses rêves.
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