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ISBN : 9791030701647
Éditeur : Au Diable Vauvert (05/10/2017)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 775 notes)
Résumé :
Neil Gaiman sait redonner aux légendes établies un souffle nouveau. Celui qui, dans une nouvelle éblouissante, a osé présenter Blanche-Neige comme une criminelle sadique, se permet, dans American Gods, de mêler mythologie et conflits de l'Amérique d'aujourd'hui... Quand les anciens dieux se sont installés en Amérique, amenés par de hardis navigateurs puis par les vagues successives d'émigrants, ils pensaient tr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (101) Voir plus Ajouter une critique
Erik35
  04 janvier 2018
INTERMINABLE...
Dans un grand bol commun, sélectionnez quelques dizaines de dieux antiques et plus ou moins oubliés, ajoutez un ex-taulard qui regrette ce temps perdu pour une peine méritée mais pour une erreur de parcours qu'il ne refera plus, faites se rencontrer les uns et les autres sans grande logique apparente. Compliquez l'appareil d'une véridique morte-vivante, follement amoureuse du précédent, son époux. N'oubliez pas de sucrer ces éléments de quelques rencontres brèves, inattendues, voyageuses et diversement amusantes. Aspergez d'un intrigant parfum de guerre à venir.
Réservez.
Dans un grand plat usé aux allures d'Etats-Unis - principalement de cette Amérique profonde des coins pommés, des régions à red-necks, des grandes plaines ininterrompues ou d'anciens lieux mystiques de ses premiers habitants humains, les amérindiens, vous ferez frire un Voyageur aux patronymes innombrables (Wotan, Gaut, Odin, "Le père de tout", etc), ayant l'envie d'en découdre avec ces nouveaux "dieux" parfaitement insipides et froids des USA d'aujourd'hui (Technologie, Ville, Monde, Media, etc). Poivrez d'un zeste de ce bon vieux Loki, toujours prompt à porter, surtout par la parole et le mensonge, un peu de chaos dans ce qui semble trop aller de soi. Salez de quelques remarques acerbes et vaguement humoristiques.
Mélangez le tout.
Garnissez de quelques petites historiettes éparses, sans vraies conséquences mais distrayantes, au sein de la trame générale.
Délayez autant que vous le pourrez. Encore un peu plus : allez ! Il faut que la pâte s'étale le plus possible. Comme tout gâteau sans saveur particulière, il faut au moins qu'il gonfle, qu'il attire le regard, qu'il prenne de l'espace...
Faites cuire à feu mou une bonne partie de la cuisson. Servez et avalez de préférence très vite, de crainte de vous perdre dans les méandres indigestes de cette pâtisserie aussi insipide qu'elle était pleine de promesse.
Oubliez.
Sous cet avant-dire sans doute sévère, c'est malheureusement tout ce qu'il restera de cette lecture fastidieuse, longue, décevante. Pourtant, la lecture des cent premières pages était pleine de promesse, malgré déjà, quelques truismes, quelques facilités. Mais l'entame était rythmée, laissant planer de multiples possibles de même qu'autant de mystères à résoudre, à découdre. Hélas, l'ensemble est servi par ce style écoeurant à force d'être invariablement le même pour toute une école littéraire américaine contemporaine, presque tous genres ou sous-genres confondus, ce style appris sur les bancs des universités, efficace sans nul doute, direct, sans fioriture inutile ni syntaxe dérangeante, mais qui tend ainsi à uniformiser toute production pour la niveler, la conforter, la conformer à une médiocrité moyenne, certes lisible par tous mais tellement sans aspérité que cela fini par en devenir désespérément pénible.
Tant que la tension narrative parvenait à faire oublier ce non-style, le compte n'y était sans doute pas, mais le plaisir de suivre ces personnages plus ou moins attachants - C'est le cas, presque unique, de cet Ombre, personnage principal, sorte d'anti-héros issu de cette middle class américaine en perdition et en manque de repère - dans leurs aventures abracadabrantes mais originales et qui parvenaient à faire oublier ce style de roman de gare (encore que dans les anciens mal nommés romans de gare, on trouvait parfois de vrais styles, mais passons).
Seulement, du souffle, il faut en avoir pour tenir ses six cents pages. Sans présumer de ce que Neil Gaiman est capable de produire par ailleurs - que nous ne connaissons pas -, ce roman-ci ressemble plutôt à l'exploit laborieux d'un asthmatique de l'écriture, sur plus des deux tiers de ce pavé, et pour tenir quatre cent pages d'un interminable ennui, il faut, reconnaissons-le, être un peu masochiste et, malgré tout, avoir un sens presque maladif de la curiosité pour poursuivre jusqu'à la fin. Et ce n'est pas en sur-multipliant les rôles, les personnages, les situations que les choses s'arrangent . Pire, protagonistes secondaires et mises en scènes finissent par se ressembler un peu tous, n'ont pour tout contours que le flou dans lequel ce non-style les maintient, se refusent à tout véritable attachement, se brisent sur l'imprécis de leur psychologies ou sur la rapidité faible des descriptions. Un comble : rédiger autant de pages pour en faire découvrir finalement si peu !
Pour les courageux qui auront tenu jusqu'à la fin de cette succession ininterrompue mais filandreuse de saynètes où l'on saute régulièrement du coq à l'âne sans aucune logique ni mise en forme (comme si Neil Gaiman avait préparé son bouquin pour être mis directement en feuilleton pour quelque compagnie d'Entertainment US, charge au réalisateur de s'en débrouiller ensuite), il faut admettre que les cent dernières pages redressent légèrement le cap. On s'y ennuie un peu moins, on parvient bon an, mal an, à y démêler les fils trop nombreux d'une intrigue finalement bien futile et moins complexe qu'il pouvait y paraître - Ah ! Ces bons vieux dieux de la mythologie scandinave tellement pratiques dans n'importe quelle histoire, tant ils sont polymorphes. Les auteurs de comics américains l'ont bien compris qui les usent jusqu'à la corde depuis soixante-dix ans -, mais qui se tient somme toute convenablement. Sans génie. Sans être nul non plus.
Quant à y trouver une critique de l'Amérique contemporaine... Oui, bien entendu. Une de plus a-t-on envie d'ajouter immédiatement... On est loin, cependant, de ce que les auteurs de la Lost Generation firent en leur temps, on est encore plus loin de ce que défourailla un Charles Bukowski, un Henri Miller en leur temps, ou de la vision plus insidieuse, moins frontale d'un Paul Auster, mais tout aussi terrible sur ce pays immense, froid, déshumanisé, accumulant les solitudes à l'incrédulité. Ce que Neil Gaiman défini par l'impossibilité qu'a cette terre à y laisser vivre et prospérer les dieux.
American Gods se voudrait de cette veine-là, à travers une fiction entremêlant fantastique et fantasy - après tout n'est-ce pas ce que fit aussi, et avec un incroyable talent, un H.P. Lovecraft jadis ? - mais il n'en a pas la moelle, ni le tempérament, ni la profondeur. À peine parvient-il à en effleurer la surface intranquille. du moins, dans ce roman-là, complète et interminable déception.
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ElGatoMalo
  31 mai 2012
American Gods ou american Goods ? Un pavé qui sonne comme un paquet de muesli quand on le secoue un peu. En bouche, on trouve des tas de petits trucs variés au goût fade qui croquent un peu sous la dent mais pas trop : les poncifs de l'Amérique contemporaine avec en filigrane la référence à un meltingpot culturel et religieux. Tel est Ombre, héros terne, costaud mais inactif, inséré dans le tissus d'une Amérique vue au travers des stéréotypes Hollywoodiens à l'eau de rose, balloté par les évènements, poussé par l'étrange Voyageur d'un piège à touriste à l'autre. Il avance sur la route sans trop comprendre où il va ni ce qui se passe (le lecteur non plus, soit dit en passant). A sa description floue, on se demande bien qui il peut être jusqu'à la toute fin... ou presque.
La construction du récit n'est pas vraiment linéaire. Ce n'est pas un simple roadmovie (ou l'équivalent littéraire) quoique les personnages soient le plus souvent rencontrés sur le bord du chemin. le plus décevant touche le développement des aventures au creux de l'hiver qui tourne court. le long passage qui se déroule à Lakeside n'a pas de conclusion. Pas qui soit satisfaisante pendant la lecture. Pas de révélation fracassante, pas de chute de fin de scène. Des fils sont dénoués, tirés mais on n'en voit pas le bout. Juste des débuts d'histoires. Des situations mystérieuses. Au moins une qui commence comme un polard : on se demande qui fait disparaître ces jeunes gens chaque année. Allusions, plongée dans l'histoire ancienne de la ville qui fait référence à un personnage truculent dont on aimerait bien qu'il soit sinon le responsable peut-être la clé qui conduit à la solution de l'énigme. Mais non ! Tout s'arrête. le héros (ou l'antihéros) est retiré de cette trame narrative pour être projeté ailleurs dans les coulisses du monde en laissant le lecteur très frustré. En tout cas, moi, je l'ai été. le retournement final conclut l'histoire principale sans tambour ni trompette. Encore une frustration. Il faut attendre les toutes dernières pages (un peu comme dans ces films où après le générique de fin, le réalisateur colle encore une dernière scène qui laisse entrevoir la possibilité d'une suite) pour enfin être confirmé dans les déductions que l'on n'avait pas manquer de faire.
Un bon bouquin, ceci dit. J'ai délibérément fait trainer la lecture aussi longtemps que possible car j'ai vraiment apprécié de m'y replonger encore et encore...
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Luniver
  01 septembre 2011
Gros coup de coeur pour ce livre !
L'histoire commence avec Ombre, qui sort de prison pour retrouver son épouse et son meilleur ami. Malheureusement pour lui, ils meurent dans un accident de voiture la veille de sa libération. Ombre apprend de plus qu'ils étaient amants. Il va se faire ensuite engagé par un type louche, Voyageur, et va se retrouver au centre d'une bataille entre les anciens dieux et les nouveaux.
Les anciens dieux tentent de survivre comme ils peuvent : l'un d'entre eux travaille dans un abattoir pour que des boeufs soient toujours sacrifiés en son nom, des dieux égyptiens tiennent une entreprise de pompes funèbres pour continuer à momifier, une déesse se prostitue pour être encore vénérée, ... Les nouveaux dieux (la technologie, le progrès) tentent de les éliminer définitivement.
Le rythme est soutenu, la mythologie se trouve partout, le récit est entre-coupé par des petits passages qui expliquent comment tous ces dieux sont arrivés en Amérique. Que du bonheur !
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Accalia
  12 novembre 2017
Pour le dernier livre du mois d'août, j'ai jeté mon dévolu sur ce roman dont on parle énormément ces derniers mois grâce à la série.
Forcément, j'ai fini par en entendre parler et à m'y intéresser d'un peu plus près, surtout après avoir visionné le trailer de la série.
J'ai déjà découvert la plume de Neil Gaiman avec deux romans jeunesse/ ado, à savoir le très célèbre Coraline (que j'ai beaucoup aimé) et le génialissme L'Etrange vie de Nobody Owens (que j'ai donc adoré, vous l'aurez compris). J'adore les univers que cet auteur dépeint, les détails et les décors qu'il plante. Franchement, j'avais plutôt un bon à-priori et j'étais curieuse de voir ce que valaient ses romans adultes les plus célèbres.
J'avais envie d'aimer ce roman, le thème me plaisait beaucoup, mais j'avais entendu plusieurs personnes critiquer le côté très trash et cela m'effrayait. Je n'aime pas du tout le sang, la surenchère, la violence dans les romans (raison principale pour les thrillers et moi…voilà quoi).
Je l'ai donc commencé avec un peu d'appréhension.
Et finalement, j'ai passé un très bon moment de lecture! Je suis ravie, j'ai vraiment beaucoup aimé et j'aurais voulu qu'il soit bien plus long. Il a d'ailleurs gagné un nombre impressionnant de prix, comme le Bram Stocker, Hugo, Nebula…
Je pense que que le plus incroyable tient du fait qu'une fois de plus, Neil Gaiman arrive à nous emmener et de faire vivre dans son univers. Celui-ci est juste époustouflant! Quelle superbe idée il a eu, de faire revivre les anciennes mythologies de cette manière!
En ce qui concerne le côté trash…je l'ai trouvé plutôt raisonnable…pas de descriptions trop horribles, pas de scènes trop longues…peut-être parce que je m'attendais à bien pire, c'est finalement passé sans problème!
Il y a tellement de choses à dire sur ce roman que je ne sais pas trop par où commencer…
J'ai beaucoup aimé le côté Road-Trip à travers une bonne partie des Etats-Unis, afin d'aller rendre visite aux différentes divinités qui y résident. Beaucoup d'heures en voiture, beaucoup d'Etats traversés, beaucoup de paysages à découvrir.
Il parle de choses assez peu « glorieuse » des Etats-Unis, comme la colonisation, le massacre des indiens, l'esclavagisme, le chômage, le racisme.
J'ai aimé En effet, l'auteur nous parle de tous les différentes types de colonisations qu'il y a eu aux Amériques, que cela soit les Vikings, les colons européens ou encore les esclaves,des négriers, ou bien les déportés d'Angleterre. Souvent, ils ne venaient pas de gaieté de coeur!
Entre chaque chapitre, Neil Gaiman nous décrit l'arrivée de différents types de population avec leurs croyances, leurs traditions et il montrait comment petit à petit, au fil des siècles, ces croyances cédaient la place à autre chose et que les différentes divinités n'arrivaient pas à réellement s'implanter.
J'ai adoré les rêves qu'Ombre fait des anciennes divinités à jamais perdu, du Bison enflammée, de l'arbre…il y a tellement de symbole, de choses à noter que c'est impressionnant.
Mais surtout il y a un humour présent durant tout le roman qui est assez savoureux. Autant être honnête, les personnages sont assez vulgaires. Voir des divinités jurer, avoir une vie quotidienne assez banale,voir catastrophique et essayer de se dépêtrer avec les problèmes que tout le monde rencontre…Cela donne des moments très drôle!
Les personnages sont très charismatiques. On a envie de rester près du Voyageur, de vivre ses aventures, de mieux le comprendre et le connaitre. Il en va de même pour Ombre, qui, en découvrant tout avec nous, nous permet vraiment une immersion complète.
Les personnages secondaires sont tout aussi intéressants et passionnants. Franchement, il n'y a pas de faux pas.
Finalement, j'ai deux reproches à lui faire :
Tout d'abord, qu'il n'y ait pas d'index et de notes de bas-de-page des différentes divinités que Neil Gaiman cite.
Franchement, c'était agaçant…j'avais l'impression de rater quelque chose, de poser le doigt sur des points assez essentiels, qui faisait le « sel » de l'histoire, sans le comprendre réellement.
Il fallait que j'arrête ma lecture, que j'aille sur internet pour faire des recherches, parfois poussées, parce qu'il n'utilise pas toujours des divinités connues, pour ensuite retourner à ma lecture. Quelques lignes pour juste nous indiquer de quelle mythologie il s'agit, de quel dieu ou créatures…Cela aurait été top.
Ensuite, j'ai eu l'impression que le roman était trop court. C'est assez drôle à dire d'un roman de presque 600 pages, mais j'ai eu plusieurs fois l'impression que l'auteur allait dans tous les sens, qu'il commençait plusieurs intrigues qui auraient mérités bien plus de pages et que parfois certaines scènes se passaient très vite et j'avais du mal à suivre parfois à me dire « mais il vient de se passer quoi au juste là??« .
Ce sont donc de petits reproches comme vous le voyez. le reste est vraiment à la hauteur.
[Attention, je dévoile la fin, franchement ne lisez pas si vous voulez garder la surprise]

—————————————

Un petit mot sur la première saison de la série réalisée en 2017 que j'ai visionné durant le mois de septembre :
J'ai beaucoup aimé cette première saison. L'image, le son, vraiment cette série est très belle. Mais vraiment, ils ont fait un effort sur l'image, tout est beau, féerique, c'est très agréable à regarder et admirer.
Il y a un côté sanglant qui est accentué, soyons honnête, mais cela m'a fait penser à Tarantino plus qu'à autre chose, c'est souvent assez grotesque et irréaliste, il est donc plus difficile d'y croire.
Les acteurs sont tous excellents. Magnifique casting, ils ont fait leur rôle à la perfection. Tout particulièrement le Voyageur qui a une présence absolument extraordinaire.
La série s'éloigne sur plusieurs points de l'intrigue du roman par contre et suit d'autres pistes. Je serais donc très curieuse de voir la saison 2. Mais je ne peux que conseiller cette série pour ceux qui n'ont pas forcément envie de lire le livre.
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Une lecture que j'ai donc beaucoup apprécié, un univers magique et détaillé, des personnages géniaux, une intrigue qui tient en haleine…franchement, plus j'y pense et plus j'y pense agréablement.
Malgré le côté un peu trash et vulgaire, je ne peux que vous conseiller cette lecture.
Lien : https://writeifyouplease.wor..
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JCanonne
  20 août 2017
Bon allez, cela fait bien longtemps que je n'avais pas écrit de critique à la volée. Donc, c'est parti.
Qu'est-ce qu'une critique à la volée ? C'est une critique écrite d'une traite (ça, je sais faire), sans réfléchir (ça, je sais faire encore mieux), pour donner un ressenti sans chercher à tomber dans l'extravagance intellectuelle si chère aux torcheurs de cul sévissant dans certains magazines.
Alors le thème du jour sera double : une critique "littéraire" et une critique de série, concernant American Gods. Pourquoi double ? Tout simplement parce que le livre et la série se complètent fort bien.
Tout d'abord, le bouquin ! American Gods a été écrit par Neil Gaiman, un auteur/dessinateur américain que je connaissais surtout pour sa participation à l'excellent roman "De bons Présages" écrit main dans la main avec Sir Terry Pratchett. Bon déjà, c'est un bon point, si Terry l'avait choisi, c'est qu'il devait avoir du talent, le bougre. Et je ne saurai le faire mentir, car American Gods est puissamment puissant. Outre un véritable don de conteur, Gaiman a une imagination très fertile, mise à la disposition de sa plume simple, efficace et inventive (où l'on retrouve beaucoup d'humour noir entre les lignes). Mais qu'est-ce que ça raconte tout ça ?
Bon, là, on va essayer de ne pas spoiler comme un goret. American Gods nous narre l'histoire d'un mec appelé Ombre (déjà le nom...). Ombre est en tôle, mais plus pour très longtemps. D'ailleurs, il sort plus tôt que prévu. Une aubaine ? Non, il sort car il apprend que sa femme vient de mourir. Bon, déjà, le mec, la chance, il ne sait pas ce que c'est...Donc, un peu désemparé, mais sachant ce qu'il doit faire pour ces funérailles, il prend l'avion pour l'enterrer. Et il tombe (sans se faire mal, il a déjà assez mal comme ça, le pauvre) sur un étrange personnage nommé Voyageur (Mr Wednesday en version originale, et c'est bien mieux pour la compréhension). Ce dernier lui propose de devenir son garde du corps et son homme à tout-faire (et c'est peu dire) contre de l'argent. Ensemble, ils vont parcourir les USA et Ombre va découvrir un monde qui lui était inconnu : celui des Dieux.
Là, on va me dire que c'est capillotracté, tout ça. Et on aura raison. C'est capillotracté. Et c'est tout autant jouissif car nous sommes en présence d'une espèce de road-movie écrit, dans un cadre what the fuck, étrange, lugubre, sale. Là, déjà, je suis sûr que je retiens votre attention...Un étrange voyage les attend...où se mélangent croyance anciennes et nouvelles...où se mélangent philosophie crade et leçons de vie (et de mort)...
En réalité, le thème central d'American Gods demeure l'identité. Une identité perdue. Celle des USA, et celle d'Ombre. Comment définir l'un ou l'autre ? La culture, les mythes, les légendes sont pris dans une tornade moderne où l'identité de tout un chacun se perd au profit d'un grand tout indivisible.
Bref, c'est un voyage quasi initiatique qui vous attend. Dont vous ne sortirez pas indemne. Bien entendu, l'oeuvre n'est pas parfaite. Certains pourront la trouver longue, surtout au début où tout se met en place. Mais, si, comme moi, vous faites l'effort des quelques premières pages, vous serez happé par les qualités indéniables de ce roman, d'un genre très particulier, je me répète, mais particulièrement absorbant.
Fort du succès du livre (de nombreux prix en attestent), une série a vu le jour depuis peu, disponible pour les heureux abonnés d'Amazon Premium. Une série américaine créée par Bryan Fuller (Hannibal pour ne pas le citer) et Michael Green. Et là, on peut se demander comment les deux gars ont fait pour adapter une telle oeuvre foisonnante. Bah, simplement, avec talent.
La série reprend un rythme similaire au livre, et un visuel très particulier que les fans d'Hannibal reconnaitront tout de suite. C'est lent. C'est crade. Et c'est tout aussi jouissif (décidément, j'en ai plein sur le clavier). Avec un visuel détonnant. Avec une ambiance qui sert parfaitement ce WTF d'histoire de Dieux et de Déesses. Rien que l'opening vaut le coup, pour la musique et les images...
C'est un véritable prodige que de donner une image à un monde aussi torturé, et d'y donner le son adéquat. Une ambiance étrange, envoutante, et un tantinet morbide. Tout y est.
Fuller, qui décidément a une patte indéniable, rend véritablement hommage au roman. Mais, là, où ils font fort, c'est qu'il en reprend la trame principale, mais en réécrivant certaines parties. Il met en avant des Dieux tertiaires dans le livre, avec leurs histoires. Il souligne certains traits qui ne le sont pas par l'écrit. Bref, il complète parfaitement l'oeuvre de Gaiman. Si bien que la série et le roman en viennent à se compléter. Les faits divergent (pas de jeu de mots honteux, je vous prix), certains sont mis en exergue, mais ils forment un tout inaltérable.
Ainsi, on peut lire le roman, tout en conservant la surprise avec la série. Et, franchement, ça, chapeau ! Et je m'y connais en chapeaux !
Vous l'aurez compris : j'ai adoré le livre et je me suis délecté avec la série. Qu'importe l'ordre que vous suivrez, aimez American Gods ! Déjà, ça vous changera de vos lectures habituelles, et ça vous changera des séries que l'on nous vend comme "intelligentes". L'intelligence n'est pas là, où les mots sont nombreux. L'intelligence est là quand on cherche du sens.
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critiques presse (1)
Elbakin.net   09 mai 2014
American Gods mérite amplement les louanges dont il a pu se voir gratifier, insufflant un souffle d’originalité démontrant qu’il existe encore bien des pistes à parcourir en Fantasy, loin des sentiers battus…
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (112) Voir plus Ajouter une citation
Erik35Erik35   03 janvier 2018
La section Mythes et Traditions des Amérindiens n'occupait qu'une seule étagère dans une des tourelles. Il en sortit plusieurs livres avant de s'installer sur un appui de fenêtre. Quelques minutes plus tard, il savait que les oiseaux-tonnerre étaient de gigantesques oiseaux mythiques, nichant sur les sommets, qui apportaient la foudre et battaient des ailes pour produire le tonnerre. Certaines tribus estimaient même qu'ils avaient créé le monde.
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OlafOlaf   13 juin 2017
Une fois, je chassais le daim, il y a quoi ? Trente ou quarante ans ; j’ai tiré un mâle et je l’ai raté, si bien qu’il s’est enfui dans la forêt. C’était sur la rive nord, pas loin de l’endroit où vous allez habiter, Mike. Le plus beau cerf que j’aie jamais vu : un vingt cors, aussi gros qu’un petit cheval, sans blague. Quant à moi, j’étais plus jeune et plus robuste que maintenant. Il avait commencé à neiger avant Halloween, cette année-là, mais on était aux alentours de la fête d’Action de Grâces et il y avait encore une neige toute fraîche par terre, si bien que je voyais clairement les empreintes de la bête. Elle avait l’air de s’enfuir vers le lac, affolée.
« Bon, il faut être complétement idiot pour courir après un cerf, mais vu que je suis complétement idiot, je me rue à sa poursuite, et voilà que je le trouve debout dans vingt ou vingt-cinq centimètres d’eau. A ce moment précis, le soleil passe derrière un nuage et il se met à geler – on a bien dû perdre dix degrés en autant de minutes, je n’invente rien. Et mon vieux cerf qui se préparait à filer se retrouve coincé. Pris dans la glace.
« Moi, je m’approche à petits pas. Visiblement, il voudrait s’enfuir, mais il n’y arrive pas. Je ne peux pas descendre une bestiole sans défense qui ne bouge même pas, hein ? Quelle sorte d’homme je serais, si je faisais ça ? Alors, je prends mon fusil et je tire en l’air.
« Ça fait un tel boucan, tellement inattendu, que le cerf sursaute assez fort pour jaillir hors de sa peau – et comme il a toujours les pattes prises dans la glace, c’est exactement ce qui se passe. Il laisse son pelage et ses andouillers sur place, et il galope dans les bois, aussi rose qu’un bébé souris, grelottant de tous ses membres.
« Je me sentais si mal pour lui que j’ai convaincu les dames du Cercle de Tricot de lui confectionner quelque chose de chaud pour l’hiver, et elles lui ont tricoté une espèce de combinaison, histoire qu’il n’attrape pas la mort. Bien sûr, on a fait les frais de la plaisanterie, parce qu’elles ont utilisé de la laine orange, si bien qu’aucun chasseur ne lui a jamais tiré dessus. Les chasseurs s’habillent en orange, par ici.
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framotheframothe   07 mai 2016
"Vous êtes de Cornouailles? s'enquit-elle.
- Et comment : je suis un Cousin Jack, répondit le rouquin. Ou plutôt, j'en étais un. A présent, dans ce nouveau monde, plus personne ne dépose de bière ou de lait dehors pour un honnête garçon, ni une miche de pain à l'époque des moissons."
Essie redressa le bol de petits pois sur ses genoux.
"Si vous êtes qui je crois, je n'ai rien contre vous", dit-elle.
Dans la maison, Phyllida réprimandait la gouvernante.
"Ni moi contre toi, assura le rouquin, un peu triste, même si c'est toi qui m'as emmené ici, toi et quelques autres, dans ce pays qui n'a pas le temps pour la magie, pas la place pour les lutins et leurs pareils.
- Vous m'avez comblée de bienfaits.
- De bienfaits et de méfaits, corrigea l'inconnu qui louchait. Nous sommes comme le vent. Nous soufflons dans tous les sens." Son interlocutrice hocha la tête. " Prends donc ma main, Essie Tregowan."
Il lui tendit une main semée de taches de rousseur, sur le dos de laquelle Essie, quoique sa vue baissât, distingua des poils dorés qui luisaient dans le soleil de l'après-midi. Elle se mordit la lèvre? Puis hésitante, elle y pose sa propre main de vielle femme.
Elle était encore chaude lorsqu'on la trouve, quoique la vie eût fui son corps. Seule la moitié des petits pois était écossée.
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ElGatoMaloElGatoMalo   25 mars 2012
La boisson avait une couleur brun doré. Ombre en but une gorgée qui lui laissa un étrange gout aigre-doux sur le palais. Par-dessus nombre de parfums mêlés, surnageait celui de l’alcool. L'ensemble rappelait un peu la bibine de la prison, brassée dans un sac-poubelle avec des fruits pourris, du pain, du sucre et de l’eau, mais en plus sucré et nettement plus bizarre.
"- Bon, j’ai gouté. Qu’est-ce que c’est ?
- De l`hydromel, répondit Voyageur. Du vin de miel. La boisson des héros. Des dieux. "
Ombre avala une autre gorgée prudente. Oui, il sentait le miel : un goût parmi d’autres.
" On dirait un peu de la saumure, remarqua-t-il. Du vin de saumure sucré. `
- De la pisse d’alcoolo diabétique, oui, corrigea Voyageur. J’ai horreur de ça."
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ElGatoMaloElGatoMalo   09 avril 2012
Et quels animaux ! impressionné, Ombre contempla les centaines de créatures grandeur nature fixées sur la plate forme. Certaines réelles, d’autres totalement imaginaires, et des mélanges des deux. Toutes étaient différentes ; il vit sirène et triton, centaure et licorne, éléphants (un gigantesque, un tout petit), bouledogue, grenouille et phénix, zèbre, tigre, manticore et basilic, des cygnes tirant un carrosse, un taureau blanc, un renard, des morses jumeaux et jusqu’à un serpent de mer - ornés de couleurs vives et plus vrais que nature : tous tournaient au son de la valse qui s’achevait. Une autre commença sans que le manège ralentisse.
"A quoi ça sert ? demanda Ombre. Je veux dire : d’accord, c'est le plus grand carrousel du monde, celui où il y a le plus d’animaux, le plus d’ampoules électriques. Il tourne sans arrêt et personne n’y monte jamais.
- ll n’est pas là pour qu’on y monte, répondit Voyageur. Il est là pour être admire. Pour être.

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Videos de Neil Gaiman (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Neil Gaiman
Emission #1 du podcast Hommage Collatéral, qui s’intéresse à des personnalités intrigantes dont on apprécie l’art, mais aussi la personnalité. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’avec Gaiman, on ne peut pas rester insensible face à l’un ou l’autre.
Alors qu’on s'apprête à découvrir la série American Gods de Bryan Fuller, adaptée de son best-seller, l’écoute de ce show tombe à pic pour (re)faire connaissance avec Gaiman et s'imprégner de son génie. On y retrace toutes ses carrières, de Sandman à Neverwhere en passant par La Mythologie Viking.
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American Gods

Dans quel moyen de locomotion Ombre rencontre-t-il Voyageur pour la première fois ?

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