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ISBN : 9791030701647
Éditeur : Au Diable Vauvert (05/10/2017)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 848 notes)
Résumé :
Neil Gaiman sait redonner aux légendes établies un souffle nouveau. Celui qui, dans une nouvelle éblouissante, a osé présenter Blanche-Neige comme une criminelle sadique, se permet, dans American Gods, de mêler mythologie et conflits de l'Amérique d'aujourd'hui... Quand les anciens dieux se sont installés en Amérique, amenés par de hardis navigateurs puis par les vagues successives d'émigrants, ils pensaient tr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (116) Voir plus Ajouter une critique
Erik35
  04 janvier 2018
INTERMINABLE...
Dans un grand bol commun, sélectionnez quelques dizaines de dieux antiques et plus ou moins oubliés, ajoutez un ex-taulard qui regrette ce temps perdu pour une peine méritée mais pour une erreur de parcours qu'il ne refera plus, faites se rencontrer les uns et les autres sans grande logique apparente. Compliquez l'appareil d'une véridique morte-vivante, follement amoureuse du précédent, son époux. N'oubliez pas de sucrer ces éléments de quelques rencontres brèves, inattendues, voyageuses et diversement amusantes. Aspergez d'un intrigant parfum de guerre à venir.
Réservez.
Dans un grand plat usé aux allures d'Etats-Unis - principalement de cette Amérique profonde des coins pommés, des régions à red-necks, des grandes plaines ininterrompues ou d'anciens lieux mystiques de ses premiers habitants humains, les amérindiens, vous ferez frire un Voyageur aux patronymes innombrables (Wotan, Gaut, Odin, "Le père de tout", etc), ayant l'envie d'en découdre avec ces nouveaux "dieux" parfaitement insipides et froids des USA d'aujourd'hui (Technologie, Ville, Monde, Media, etc). Poivrez d'un zeste de ce bon vieux Loki, toujours prompt à porter, surtout par la parole et le mensonge, un peu de chaos dans ce qui semble trop aller de soi. Salez de quelques remarques acerbes et vaguement humoristiques.
Mélangez le tout.
Garnissez de quelques petites historiettes éparses, sans vraies conséquences mais distrayantes, au sein de la trame générale.
Délayez autant que vous le pourrez. Encore un peu plus : allez ! Il faut que la pâte s'étale le plus possible. Comme tout gâteau sans saveur particulière, il faut au moins qu'il gonfle, qu'il attire le regard, qu'il prenne de l'espace...
Faites cuire à feu mou une bonne partie de la cuisson. Servez et avalez de préférence très vite, de crainte de vous perdre dans les méandres indigestes de cette pâtisserie aussi insipide qu'elle était pleine de promesse.
Oubliez.
Sous cet avant-dire sans doute sévère, c'est malheureusement tout ce qu'il restera de cette lecture fastidieuse, longue, décevante. Pourtant, la lecture des cent premières pages était pleine de promesse, malgré déjà, quelques truismes, quelques facilités. Mais l'entame était rythmée, laissant planer de multiples possibles de même qu'autant de mystères à résoudre, à découdre. Hélas, l'ensemble est servi par ce style écoeurant à force d'être invariablement le même pour toute une école littéraire américaine contemporaine, presque tous genres ou sous-genres confondus, ce style appris sur les bancs des universités, efficace sans nul doute, direct, sans fioriture inutile ni syntaxe dérangeante, mais qui tend ainsi à uniformiser toute production pour la niveler, la conforter, la conformer à une médiocrité moyenne, certes lisible par tous mais tellement sans aspérité que cela fini par en devenir désespérément pénible.
Tant que la tension narrative parvenait à faire oublier ce non-style, le compte n'y était sans doute pas, mais le plaisir de suivre ces personnages plus ou moins attachants - C'est le cas, presque unique, de cet Ombre, personnage principal, sorte d'anti-héros issu de cette middle class américaine en perdition et en manque de repère - dans leurs aventures abracadabrantes mais originales et qui parvenaient à faire oublier ce style de roman de gare (encore que dans les anciens mal nommés romans de gare, on trouvait parfois de vrais styles, mais passons).
Seulement, du souffle, il faut en avoir pour tenir ses six cents pages. Sans présumer de ce que Neil Gaiman est capable de produire par ailleurs - que nous ne connaissons pas -, ce roman-ci ressemble plutôt à l'exploit laborieux d'un asthmatique de l'écriture, sur plus des deux tiers de ce pavé, et pour tenir quatre cent pages d'un interminable ennui, il faut, reconnaissons-le, être un peu masochiste et, malgré tout, avoir un sens presque maladif de la curiosité pour poursuivre jusqu'à la fin. Et ce n'est pas en sur-multipliant les rôles, les personnages, les situations que les choses s'arrangent . Pire, protagonistes secondaires et mises en scènes finissent par se ressembler un peu tous, n'ont pour tout contours que le flou dans lequel ce non-style les maintient, se refusent à tout véritable attachement, se brisent sur l'imprécis de leur psychologies ou sur la rapidité faible des descriptions. Un comble : rédiger autant de pages pour en faire découvrir finalement si peu !
Pour les courageux qui auront tenu jusqu'à la fin de cette succession ininterrompue mais filandreuse de saynètes où l'on saute régulièrement du coq à l'âne sans aucune logique ni mise en forme (comme si Neil Gaiman avait préparé son bouquin pour être mis directement en feuilleton pour quelque compagnie d'Entertainment US, charge au réalisateur de s'en débrouiller ensuite), il faut admettre que les cent dernières pages redressent légèrement le cap. On s'y ennuie un peu moins, on parvient bon an, mal an, à y démêler les fils trop nombreux d'une intrigue finalement bien futile et moins complexe qu'il pouvait y paraître - Ah ! Ces bons vieux dieux de la mythologie scandinave tellement pratiques dans n'importe quelle histoire, tant ils sont polymorphes. Les auteurs de comics américains l'ont bien compris qui les usent jusqu'à la corde depuis soixante-dix ans -, mais qui se tient somme toute convenablement. Sans génie. Sans être nul non plus.
Quant à y trouver une critique de l'Amérique contemporaine... Oui, bien entendu. Une de plus a-t-on envie d'ajouter immédiatement... On est loin, cependant, de ce que les auteurs de la Lost Generation firent en leur temps, on est encore plus loin de ce que défourailla un Charles Bukowski, un Henri Miller en leur temps, ou de la vision plus insidieuse, moins frontale d'un Paul Auster, mais tout aussi terrible sur ce pays immense, froid, déshumanisé, accumulant les solitudes à l'incrédulité. Ce que Neil Gaiman défini par l'impossibilité qu'a cette terre à y laisser vivre et prospérer les dieux.
American Gods se voudrait de cette veine-là, à travers une fiction entremêlant fantastique et fantasy - après tout n'est-ce pas ce que fit aussi, et avec un incroyable talent, un H.P. Lovecraft jadis ? - mais il n'en a pas la moelle, ni le tempérament, ni la profondeur. À peine parvient-il à en effleurer la surface intranquille. du moins, dans ce roman-là, complète et interminable déception.
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ElGatoMalo
  31 mai 2012
American Gods ou american Goods ? Un pavé qui sonne comme un paquet de muesli quand on le secoue un peu. En bouche, on trouve des tas de petits trucs variés au goût fade qui croquent un peu sous la dent mais pas trop : les poncifs de l'Amérique contemporaine avec en filigrane la référence à un meltingpot culturel et religieux. Tel est Ombre, héros terne, costaud mais inactif, inséré dans le tissus d'une Amérique vue au travers des stéréotypes Hollywoodiens à l'eau de rose, balloté par les évènements, poussé par l'étrange Voyageur d'un piège à touriste à l'autre. Il avance sur la route sans trop comprendre où il va ni ce qui se passe (le lecteur non plus, soit dit en passant). A sa description floue, on se demande bien qui il peut être jusqu'à la toute fin... ou presque.
La construction du récit n'est pas vraiment linéaire. Ce n'est pas un simple roadmovie (ou l'équivalent littéraire) quoique les personnages soient le plus souvent rencontrés sur le bord du chemin. le plus décevant touche le développement des aventures au creux de l'hiver qui tourne court. le long passage qui se déroule à Lakeside n'a pas de conclusion. Pas qui soit satisfaisante pendant la lecture. Pas de révélation fracassante, pas de chute de fin de scène. Des fils sont dénoués, tirés mais on n'en voit pas le bout. Juste des débuts d'histoires. Des situations mystérieuses. Au moins une qui commence comme un polard : on se demande qui fait disparaître ces jeunes gens chaque année. Allusions, plongée dans l'histoire ancienne de la ville qui fait référence à un personnage truculent dont on aimerait bien qu'il soit sinon le responsable peut-être la clé qui conduit à la solution de l'énigme. Mais non ! Tout s'arrête. le héros (ou l'antihéros) est retiré de cette trame narrative pour être projeté ailleurs dans les coulisses du monde en laissant le lecteur très frustré. En tout cas, moi, je l'ai été. le retournement final conclut l'histoire principale sans tambour ni trompette. Encore une frustration. Il faut attendre les toutes dernières pages (un peu comme dans ces films où après le générique de fin, le réalisateur colle encore une dernière scène qui laisse entrevoir la possibilité d'une suite) pour enfin être confirmé dans les déductions que l'on n'avait pas manquer de faire.
Un bon bouquin, ceci dit. J'ai délibérément fait trainer la lecture aussi longtemps que possible car j'ai vraiment apprécié de m'y replonger encore et encore...
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PatrickCasimir
  29 janvier 2018

J'aime la Fantasy anglo-saxonne. Je viens d'achever American gods de Neil Gaiman, un auteur Britannique vivant aux Etats unis, bien connu, notamment pour sa série graphique Sandman.
Cet American gods m'a été offert à Noël 2017 par un jeune adorant la Fantasy, évidemment. Cet opus est déjà ancien, 2001 ; 2002, pour la traduction française. de quoi cela parle-t-il ? Je vais vous le raconter…J'en ai envie, tant pis si c'est un peu long.
Il s'agit des aventures d'Ombre en compagnie de dieux païens, devenus cosmopolites et désuets, par la puissance migratoire de leurs ouailles et la force de l'Histoire. Ombre est un ex-détenu qui a passé trois années en prison pour avoir « démoli » sans les tuer, des complices d'un casse qui voulaient les escroquer lui et sa femme Laura ; un séjour à l'ombre dont le motif se trouvera circonscrit à la bagarre et non au hold-up gardé secret par les protagonistes au procès.
Tout heureux, à sa libération anticipée de quelques jours sans qu'il ne sache trop pourquoi, à l'idée de retrouver sa femme et du travail dans le gymnase de Robbie, un ami du couple lui-même marié, le voilà, cependant, abordé par un inconnu qui se fait appeler Voyageur et qui n'a de cesse de le convaincre de travailler pour lui. Quel genre de travail ? Cela demeure un mystère et Ombre ne veut pas le savoir, car il n'est pas intéressé.
Sa résistance aux sirènes de Voyageur qui lui promet un bon salaire, et dont le comportement, les aptitudes à le retrouver, chaque fois qu'il croyait l'avoir semé, ne cessent de l'étonner, sans lui faire perdre, pour autant, son flegme, car Ombre est un costaud flegmatique, s'effondre lorsqu'il apprend, par ce même Voyageur, que sa femme vient de mourir dans un accident de voiture.
Ayant reçu confirmation du décès de Laura, il souhaite, avant de débuter sa collaboration avec Voyageur, se rendre à la cérémonie funèbre ; à cette occasion, il apprend les circonstances du drame de la bouche de la femme de Robbie, lui aussi, décédé dans l'accident, après que celle-là a déposé des fleurs sur la poitrine de Laura tout en lui crachant au visage. Qu'est-ce-que cela veut dire de la part d'une amie ?
C'est que le conducteur et sa passagère sont passés de vie à trépas, dit-elle, en rencontrant un camion, au moment décisif où Laura avait dans la bouche la verge de Robbie. Ce qui permet de comprendre la colère de la toute nouvelle veuve et la surprise du flegmatique et costaud tout nouveau veuf.
Malgré tout, Ombre salue la dépouille de Laura avec dignité et lui fait « présent » d'un quarter d'or qu'il avait gagné à l'occasion d'un concours improvisé dans un bar, de prestidigitation avec un des compagnons bizarres de Voyageur, qui se révélera être un leprechaun. Ce dernier regrettera la perte de la pièce, perte qui lui sera fatale plus tard.

En effet, les aventures d'Ombre sont ponctuées de numéros d'empalmage pour lui-même ou pour les autres, grâce auxquels il peut faire disparaître des pièces de monnaie, des quarters précisément. L'empalmage apparaît, ainsi, comme une seconde nature chez lui, même s'il estime devoir progresser encore dans ces tours de passe-passe.
Après l'enterrement, les choses sérieuses commencent avec Voyageur à travers les petites villes des Etats Unis. Ombre arrive à la conclusion que Voyageur et ses « amis » sont des dieux anciens venus avec les migrants, de tous les coins de la Terre, dieux égyptiens, hindous, européens, (irlandais, scandinaves, slaves…) africains (avec l'esclavage qui nous vaut un beau et dur chapitre sur les atrocités du commerce triangulaire), asiatiques, Djinns d'Arabie, sans compter les dieux natifs amérindiens. Bref, un melting pot divin en quelque sorte.
Ces dieux vivent au milieu des Américains moyens et apparaissent eux aussi comme des dieux moyens qui végètent. Mais quelquefois ils font montre d'une véritable puissance divine. Ainsi, cette Bilqis, bien connue au Yémen, en Ethiopie, en Arabie et en Judée, sous l'identité de la Reine de Saba, qui se fait call girl dans un motel, et avale un client par la vulve en lui faisant connaître une jouissance extraordinaire, d'autant plus que ce sera la dernière. Voilà Bilqis repue…
Il y a aussi ce chauffeur de taxi, Djinn aux yeux de feux, camouflés derrière des lunettes noirs, qui apporte son aide à un jeune arrivant d'Afrique du nord qui peine à placer chez des commerçants New yorkais ses objets sans valeur.
Après une nuit enflammée avec le Djinn, notre désespéré se retrouve plein d'optimisme, conducteur d'un taxi jaune, à la place du Djinn, dont on suppose qu'il a repris le chemin du désert d'Arabie.
Ombre finit par comprendre que Voyageur veut rassembler ces dieux oubliés par les migrants sur le sol américain, et qui vivotent, alors que les dieux plus modernes (dieu de l'automobile, de la bourse, du coca cola, de la TV, etc., etc.) ont fait leur apparition et triomphent avec la ferme volonté d'exterminer les anciens qui prétendent encore faire parler d'eux.
Où l'on apprend un peu plus sur la personnalité de Voyageur, dieu à femmes, roublard, manipulateur, escroc, voleur et borgne. Où l'on comprend aussi que le but de ses déambulations est la bataille finale entre ces dieux anciens que Voyageur cherche à rallier à sa cause, non sans difficulté, et les dieux modernes arrogants, sûrs de leur position sociale et divine en Amérique.
En effet, l'argumentation de Voyageur consistant à déplorer qu'on ne leur sacrifie plus rien, car ils ne vivent que de cela, de sacrifices sanglants, humains parfois, peine à convaincre certains dieux qui se montrent réticents à le rejoindre.
Nonobstant, la collaboration avec Voyageur dans sa quête n'est pas sans danger pour Ombre que des dieux ennemis cherchent à tuer. Voyageur le protège, notamment, en « l'exilant » pour un temps dans de petites localités isolées des EU et en particulier à Lakeside ville plutôt prospère dans une région qui a cessé de l'être depuis longtemps et où il fait la connaissance des habitants plus ou moins attachants et en particulier d'un certain Hinzelmann, vieillard qui se montre plutôt chaleureux à son égard.
Ombre y est le témoin de la disparition d'une jeune adolescente à la recherche de laquelle il participera en vain avec les habitants de la ville qui semblent étrangement habitués à ce genre de phénomène chaque hiver depuis plus d'un siècle. C'est en tout cas ce qu'il découvre en lisant les vieux journaux d'époque pour tuer son ennui.
Il est aussi invité par Hinzelmann à parier, comme la plupart des habitants de Lakeside, sur la date d'engloutissement, à la fonte des glaces, d'une vieille automobile que l'on a poussée au milieu du lac gelé de la ville. C'est une tradition. Lui, a parié pour le 23 mars et a poursuivi ses aventures hors de Lakeside.
Pourquoi ? Parce qu'il en a été chassé et délivré en même temps par des dieux copains de Voyageur, car une femme, la veuve de Robbie, Audrey Burton, cousine lointaine du sympathique policier de Lakeside, devenu un peu le guide d'Ombre et qui en pinçait pour ladite Audrey et lui avait suggéré de venir lui rendre visite, a, aussitôt qu'elle l'a vu, accusé Ombre d'un crime imaginaire. Il a dû être exfiltré de Lakeside.
Les aventures d'Ombre sont également émaillées d'apparitions incongrues de Laura sa femme morte, mais pas tout à fait, et pour cause, le quarter d'or qu'il a laissé sur son cercueil au moment de sa mise en terre, lequel, il l'apprendra plus tard de la bouche d'une déesse slave de la nuit (ou de la lune), était destiné à le protéger, lui, Ombre, a rendu Laura à une « demi-vie » qui lui a conservé sa beauté, son tailleur bleu, mais sans lui enlever les odeurs de pourriture propre au cadavre en décomposition, odeurs qu'elle s'efforce de masquer avec force parfums entêtants.
Le quarter d'or, du reste, sera remplacé par une pièce d'argent tout aussi protectrice, mais moins puissante, que lui a offerte la déesse lunaire en lui décrochant la lune d'argent aussitôt transformée en quarter d'argent, lors d'une conversation nocturne entre gens bien élevés (Ombre et la déesse) sur le toit de la modeste maison de la fratrie divine composée de trois soeurs et d'un frère, spécialiste à la retraite, du meurtre, par coup de marteau, des animaux en abattoir.
D'ailleurs, cet as divin du marteau arrachera à Ombre, la promesse qu'il reviendra se faire tuer à coup de massue d'acier, par le dieu pour avoir perdu une partie de dame contre lui, lors d'un pari idiot vous en conviendrez. Toutefois, en gagnant la seconde partie, Ombre a arraché au dieu une promesse de collaboration avec Voyageur, alors qu'il s'y était jusque-là refusé.
Passé la surprise de la première apparition de la morte Laura, le flegme d'Ombre reprend le dessus et s'engagent alors des dialogues proprement surréalistes entre Ombre et sa femme. Où l'on voit, ainsi, que malgré l'adultère, Ombre lui a pardonné et l'aime encore.
Quant à Laura, sa présence a toujours pour but de protéger ou de délivrer Ombre d'un quelconque danger, ce qui se traduit systématiquement par la mort violente des dieux qui en veulent à son mari. La demi-morte est effectivement très puissante et aucun prétendu immortel ne lui résiste.

Avant la bataille finale, des escarmouches ont lieu entre dieux anciens et nouveaux accompagnées fatalement de morts divins. Pendant ce temps, à ces moments perdus ou de perplexité, notamment quand les dieux nouveaux l'invitent à les rejoindre à travers l'écran de la TV, au moment où passe une série quelconque, à choisir le camp des vainqueurs (ou des futurs vainqueurs), il empalme son quarter d'argent.
Voyageur s'est fait piéger, un soir, du moins c'est ce que ses alliés croiront, par une invitation de ses ennemis à trouver un terrain d'entente destiné à éviter un bain de sang divin. le borgne se fera tuer et cet assassinat affligera Ombre qui commençait à apprécier son étrange employeur.
En terrain neutre, et avec mille précautions armées, de part et d'autre, destinées à prévenir toute entourloupe, les dieux nouveaux livreront sa dépouille à Ombre et aux amis de Voyageur. Et pour lui assurer une veillée, Ombre accepte de son plein gré de se faire supplicier aux branches d'un frêne sacré, forcément, avec l'aide de trois vieilles déesses qui, à l'occasion, donneront à Laura, qui passait par là dans l'espoir d'aider son mari pendu aux branches de l'arbre, un peu plus de vie grâce à une eau très spéciale.
La demi-morte ou demi-vivante, comme vous voulez, devient ainsi plus présentable et peut continuer à séduire des dieux qui en veulent à son mari et les tuer sans coup férir. Il est toujours très dangereux, même pour un dieu, de prendre en stop la nuit une demi-morte. Monsieur Ville en fera l'amère et mortelle expérience.
Ombre finira par mourir aux branches, après force souffrance, non sans avoir eu une conversation avec Horus qui passait par là, sur l'oiseau tonnerre, géant et sympathique volatile, pour se retrouver au séjour des morts où il lui a semblé, pourtant, qu'il était bien vivant et plutôt cool.
Au cours de ses déplacements au royaume des morts, il fait diverses rencontres de dieux qu'il a eu l'occasion de côtoyer à la surface de la terre, notamment de la déesse lunaire slave qui lui est de bons conseils pour prendre les bonnes directions dans ce lieu aussi trompeur que celui des vivants.
Il fait, aussi, la rencontre d'un psychopompe à tête d'oiseau qu'il reconnaît pour l'avoir fréquenté en surface et avoir sympathisé avec lui, et qui lui fait traverser la rivière, sorte de Styx, jusqu'à un lieu ou les dieux du coin évaluent la qualité de son âme. Malgré quelques hésitations à la pesée, il passe haut la main l'examen pour la plus grande déception d'un dieu dévoreur d'âmes. Durant son séjour au royaume des morts il apprendra qu'il est le fils de Voyageur qui n'est autre qu'Odin lui-même.

Pendant ce temps, les dieux en foule se rassemblent à Rock city pour la bataille finale. Dans cette foule bigarrée et prête à en découdre se trouvent des dieux qui ont apprécié Ombre et admiré son sacrifice. Ils iront le récupérer sur les branches du frêne et le ramèneront à la vie. Il se rendra aussitôt à Rock City sur le dos emplumé du gigantesque oiseau-tonnerre.
Laura qui l'a précédé a tué M. Ville qui l'avait prise en stop et l'avait trouvée plutôt à son goût malgré une arrière-arrière odeur de pourriture qui semblait percer sous la persistance des parfums.
Ville haïssait Ombre et travaillait pour M. Monde qui attendait le bâton qu'il lui avait demandé de couper sur une branche du frêne sur lequel Ombre agonisait. Il s'était exécuté en couvrant de son mépris le supplicié inconscient ou mort, il n'aurait su le dire. C'est en se rendant à Rock City après s'être mille fois égaré qu'il avait pris en stop Laura qui se proposait de le guider. On connaît la suite.
Quel pouvait être l'usage de ce bâton ? Monsieur Monde lui-même avait déclaré que ce bâton, jeté par lui au milieu des dieux, se transformerait aussitôt en une lance dont l'action devait provoquer un bain de sang et un chaos sans nom chez les immortels. Quelle n'a été sa surprise en voyant Laura se présenter avec le bâton. Il devine alors que M. Ville est mort. Mais pense qu'il peut circonvenir sans trop de mal la jeune femme et récupérer, ainsi, son bien.
Serrant de très près Laura dans ses bras par derrière, pour obtenir d'elle avec douceur qu'elle lui rende le bâton, la jeune demi-morte plonge dans sa poitrine de cadavre ledit bâton qui se transforme, comme de juste, en une lance dont la hampe les traverse tous les deux comme deux harengs enfilés sur un harpon. Monsieur Monde a tout le temps de se rendre compte de sa misère par une mort lente quoique fort agitée.
A son arrivée peu après le drame, Ombre se rend compte qu'il a été manipulé par Voyageur et par Loki-Monde qui voulaient, pour retrouver leur pouvoir, s'offrir l'holocauste ultime, celui des dieux, peu importerait qu'ils fussent nouveaux ou anciens.
En fait Voyageur et Loki n'ont pensé qu'à leur petite déité en faisant accroire que la guerre devait rétablir les anciens dieux dans leurs droits. Foutaise, ils ont trahi tout le monde et c'est ce qu'Ombre fera comprendre, dans un beau discours, à l'assemblée hostile des dieux ennemis. Ces derniers, convaincus, décident de rentrer, chacun chez soi, sans combattre, mais non sans avoir approuvé admirativement le discours d'Ombre.
Laura encore gisante sur le sol souhaite lui faire ses adieux, car elle ne veut plus d'une demi-vie. Après leur déclaration d'amour réciproque, il renvoie définitivement sa femme vers le royaume des morts en lui arrachant la chaîne comportant le quarter d'or, qu'elle avait au cou.
Ombre décide de revenir à Lakeside afin de vérifier une intuition devenue irrépressible. Nous sommes le 23 mars, le véhicule est toujours au milieu du lac gelé, le dégel a tout doucement commencé. Il se précipite au milieu du lac, force les ouvertures de la voiture et retrouve complètement gelée et morte bien sûr, l'adolescente disparue, les larmes figées sur ses joues.
La glace finit par rompre et le lac engloutit la voiture entraînant avec elle, Ombre par le fond. Il se débat comme il peut, mais il ne peut s'épargner la vision des cadavres d'enfants gisant sur le sol du lac dans des carcasses de voitures, notamment.
Il manque de se noyer et finit par être tiré d'affaire par des dieux bienveillants qui lui tournent cependant le dos. Et sans trop savoir comment, il reprend ses esprits dans la baignoire emplie d'eau plus que tiède de Monsieur Hinzelmann, plutôt ravi d'avoir sauvé Ombre.
Mais Ombre en a assez de se faire manipuler, au cours de leur conversation, il perce à jour Hinzelmann, petit dieu insignifiant qui prétend protéger Lakeside depuis toujours, en lui apportant calme et prospérité, alors qu'alentour tout se délite, moyennant un petit sacrifice d'enfant par hiver.
Ombre n'est pas le premier à l'avoir démasqué, le père du policier sympa aussi ; alors Hinzelmann l'a tué et s'apprête à faire de même avec Ombre. Mais, coup de théâtre ! le policier dissimulé derrière la porte d'entrée a tout entendu ; Hinzelmann en tentant de fuir se prend une balle dans la tête.
Le policier efface les indices en mettant le feu à la maison du dieu déchu, et se met à culpabiliser : il a tué un « homme » désarmé, effacé les indices de son forfait, etc., et il menace de se suicider.
Il faut toute la force de persuasion du fils d'Odin pour lui sortir ces idées grises de la tête. Grâce à Ombre, il envisage de rendre visite à Margie Olsen, une journaliste, sombre dont le jeune fils a mystérieusement disparu il y a quelques années. Il y a une possibilité d'égayer sa vie.
Ombre se rend, ensuite, chez le dieu au marteau pour honorer sa promesse et recevoir le coup fatal. La mort ne l'inquiète plus. Mais le dieu se fait clément en raison de son action pour la paix, et se contente d'un petit poc sur le front d'Ombre avec son marteau.
En voyage en Island, dans la capitale, Ombre fait la rencontre d'un vieil homme. Il s'agit d'Odin, plutôt content d'être chez lui…Ombre avec un avant dernier tour d'empalmage lui offre l'oeil de verre de Voyageur qui a été Odin sans l'avoir été tout à fait (allez comprendre) et puis, avec un dernier tour d'empalmage sur la demande du dieu admiratif Ombre laisse une pièce d'or en suspend en l'air puis s'en retourne prendre son bus. J'ai bien aimé ; Pat
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Arakasi
  20 juin 2018
Le monde est bizarrement foutu, vous ne trouvez pas ? Les bonnes nouvelles ne vont jamais seules et sont toujours contrebalancées par d'autres bien pires. Prenons un exemple : on vient vous chercher dans votre cellule de pénitencier pour vous annoncer votre libération anticipée. Vous avez à peine le temps de vous réjouir que vous apprenez que ce bienfait est dû à la mort brutale de votre femme, tuée la veille dans un accident de voiture. le pire étant qu'elle est morte le pénis de votre meilleur ami entre les dents. Ces choses-là arrivent, vous savez… C'est précisément le cas pour Ombre Moon. le voici sur la route de sa ville natale pour y enterrer l'épouse qu'il a éperdument aimée et essayer - sans grand enthousiasme - de recommencer une nouvelle vie. Dans un avion, il croise un curieux homme d'affaire nommé Voyageur qui lui propose de travailler pour lui quelques temps. le job ? Rien du plus simple : l'accompagner, le protéger et l'aider à réunir quelques vieux amis pour une entreprise de son cru.
Ombre accepte. Il a tort mais l'ignore encore car Voyageur n'est pas un homme d'affaire comme les autres. Longtemps auparavant, son oeil droit fut énuclé et lui-même fut pendu pendant neuf jours dans un arbre pour y apprendre tout le savoir du monde. Encore aujourd'hui, deux corbeaux l'accompagnent et viennent lui croasser à l'oreille tous les secrets de la terre. Et ses “vieux amis” ne sont pas en reste. Chauffeurs de taxi aux yeux de feu, prostitués aux pouvoirs sulfureux, croques-mort aux curieux talents de métamorphe… Ils sont tous arrivés sur le continent américain, des siècles, voire bien davantage, auparavant. Ils y sont venus avec leurs prêtres et leurs croyants, y ont grandi et prospéré avant de connaître la lente déchéance de l'oubli. Aujourd'hui, ils vivotent, grappillant ça et là quelques miettes de croyance. Mais ils n'ont pas dit leur dernier mot pour autant. Car une guerre s'annonce, la plus grande guerre que le monde ait jamais connu et elle opposera les vieux dieux aux nouveaux - les parvenus, les arrivistes, ceux qui leur ont dérobé leurs croyants et s'apprêtent maintenant à les rayer de la surface du monde. Et, dans cette guerre totale, absolue, Ombre sera au premier rang.
A la base, “American Gods” et moi, c'est un peu un rendez-vous raté. J'avais lu ce roman à l'adolescence après ma découverte enthousiaste de “Neverwhere” du même auteur et de la série des “Sandman” et je l'avais jugé… Eh bien, ma foi, pas inintéressant mais assez longuet avec un personnage principal sans intérêt et une fin frustrante. Très favorablement impressionnée par l'adaptation récente en série télévisée et amusée par la lecture récente d'un recueil de mythes nordiques rédigé par Gaiman, j'ai décidé de lui donner une seconde chance. Bonne initiative puisque cette seconde lecture, sans être un vrai coup de coeur, s'est révélée beaucoup plus satisfaisante que la première. Si Ombre reste un protagoniste assez fadasse à mon goût, les nombreux personnages bizarres, déroutants ou inquiétants qu'il croisera dans son périple valent en revanche le détour. C'est dans leur caractérisation et leur étrangeté fascinante que la riche imagination de Gaiman se déploie et parvient à captiver l'attention du lecteur.
Peu de rebondissement dans cette curieuse odyssée aux allures de road-movie halluciné, mais une lente montée en puissance savamment orchestrée. Beaucoup d'allusions, de non-dits, de mensonges et d'énigmes sans solution. Après ce long trip légèrement hypnotique, on peut facilement être déçu par la toute fin du récit et son refus assumé du spectaculaire. Gaiman a fait germer en nous des attentes, les a entretenues pour mieux les décevoir et nous offrir un dénouement tout autre que celui que l'on souhaitait et que l'on avait l'impression - à tort ou à raison - de mériter. C'est à la fois habile, original et un peu agaçant. Clairement pas mon oeuvre préférée de Gaiman, mais un ovni littéraire tout à fait digne d'intérêt qui en enchantera certains comme il en ennuiera profondément d'autres. A lire pour vous faire votre propre opinion.
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Luniver
  01 septembre 2011
Gros coup de coeur pour ce livre !
L'histoire commence avec Ombre, qui sort de prison pour retrouver son épouse et son meilleur ami. Malheureusement pour lui, ils meurent dans un accident de voiture la veille de sa libération. Ombre apprend de plus qu'ils étaient amants. Il va se faire ensuite engagé par un type louche, Voyageur, et va se retrouver au centre d'une bataille entre les anciens dieux et les nouveaux.
Les anciens dieux tentent de survivre comme ils peuvent : l'un d'entre eux travaille dans un abattoir pour que des boeufs soient toujours sacrifiés en son nom, des dieux égyptiens tiennent une entreprise de pompes funèbres pour continuer à momifier, une déesse se prostitue pour être encore vénérée, ... Les nouveaux dieux (la technologie, le progrès) tentent de les éliminer définitivement.
Le rythme est soutenu, la mythologie se trouve partout, le récit est entre-coupé par des petits passages qui expliquent comment tous ces dieux sont arrivés en Amérique. Que du bonheur !
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critiques presse (1)
Elbakin.net   09 mai 2014
American Gods mérite amplement les louanges dont il a pu se voir gratifier, insufflant un souffle d’originalité démontrant qu’il existe encore bien des pistes à parcourir en Fantasy, loin des sentiers battus…
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OlafOlaf   13 juin 2017
Une fois, je chassais le daim, il y a quoi ? Trente ou quarante ans ; j’ai tiré un mâle et je l’ai raté, si bien qu’il s’est enfui dans la forêt. C’était sur la rive nord, pas loin de l’endroit où vous allez habiter, Mike. Le plus beau cerf que j’aie jamais vu : un vingt cors, aussi gros qu’un petit cheval, sans blague. Quant à moi, j’étais plus jeune et plus robuste que maintenant. Il avait commencé à neiger avant Halloween, cette année-là, mais on était aux alentours de la fête d’Action de Grâces et il y avait encore une neige toute fraîche par terre, si bien que je voyais clairement les empreintes de la bête. Elle avait l’air de s’enfuir vers le lac, affolée.
« Bon, il faut être complétement idiot pour courir après un cerf, mais vu que je suis complétement idiot, je me rue à sa poursuite, et voilà que je le trouve debout dans vingt ou vingt-cinq centimètres d’eau. A ce moment précis, le soleil passe derrière un nuage et il se met à geler – on a bien dû perdre dix degrés en autant de minutes, je n’invente rien. Et mon vieux cerf qui se préparait à filer se retrouve coincé. Pris dans la glace.
« Moi, je m’approche à petits pas. Visiblement, il voudrait s’enfuir, mais il n’y arrive pas. Je ne peux pas descendre une bestiole sans défense qui ne bouge même pas, hein ? Quelle sorte d’homme je serais, si je faisais ça ? Alors, je prends mon fusil et je tire en l’air.
« Ça fait un tel boucan, tellement inattendu, que le cerf sursaute assez fort pour jaillir hors de sa peau – et comme il a toujours les pattes prises dans la glace, c’est exactement ce qui se passe. Il laisse son pelage et ses andouillers sur place, et il galope dans les bois, aussi rose qu’un bébé souris, grelottant de tous ses membres.
« Je me sentais si mal pour lui que j’ai convaincu les dames du Cercle de Tricot de lui confectionner quelque chose de chaud pour l’hiver, et elles lui ont tricoté une espèce de combinaison, histoire qu’il n’attrape pas la mort. Bien sûr, on a fait les frais de la plaisanterie, parce qu’elles ont utilisé de la laine orange, si bien qu’aucun chasseur ne lui a jamais tiré dessus. Les chasseurs s’habillent en orange, par ici.
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framotheframothe   07 mai 2016
"Vous êtes de Cornouailles? s'enquit-elle.
- Et comment : je suis un Cousin Jack, répondit le rouquin. Ou plutôt, j'en étais un. A présent, dans ce nouveau monde, plus personne ne dépose de bière ou de lait dehors pour un honnête garçon, ni une miche de pain à l'époque des moissons."
Essie redressa le bol de petits pois sur ses genoux.
"Si vous êtes qui je crois, je n'ai rien contre vous", dit-elle.
Dans la maison, Phyllida réprimandait la gouvernante.
"Ni moi contre toi, assura le rouquin, un peu triste, même si c'est toi qui m'as emmené ici, toi et quelques autres, dans ce pays qui n'a pas le temps pour la magie, pas la place pour les lutins et leurs pareils.
- Vous m'avez comblée de bienfaits.
- De bienfaits et de méfaits, corrigea l'inconnu qui louchait. Nous sommes comme le vent. Nous soufflons dans tous les sens." Son interlocutrice hocha la tête. " Prends donc ma main, Essie Tregowan."
Il lui tendit une main semée de taches de rousseur, sur le dos de laquelle Essie, quoique sa vue baissât, distingua des poils dorés qui luisaient dans le soleil de l'après-midi. Elle se mordit la lèvre? Puis hésitante, elle y pose sa propre main de vielle femme.
Elle était encore chaude lorsqu'on la trouve, quoique la vie eût fui son corps. Seule la moitié des petits pois était écossée.
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ElGatoMaloElGatoMalo   25 mars 2012
La boisson avait une couleur brun doré. Ombre en but une gorgée qui lui laissa un étrange gout aigre-doux sur le palais. Par-dessus nombre de parfums mêlés, surnageait celui de l’alcool. L'ensemble rappelait un peu la bibine de la prison, brassée dans un sac-poubelle avec des fruits pourris, du pain, du sucre et de l’eau, mais en plus sucré et nettement plus bizarre.
"- Bon, j’ai gouté. Qu’est-ce que c’est ?
- De l`hydromel, répondit Voyageur. Du vin de miel. La boisson des héros. Des dieux. "
Ombre avala une autre gorgée prudente. Oui, il sentait le miel : un goût parmi d’autres.
" On dirait un peu de la saumure, remarqua-t-il. Du vin de saumure sucré. `
- De la pisse d’alcoolo diabétique, oui, corrigea Voyageur. J’ai horreur de ça."
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ElGatoMaloElGatoMalo   27 mai 2012
Dans les années 1830, l’Acte de déportation des Indiens les avait exilés — Choctaws, Chickamaugas, Cherokees et Chickasaws. Les soldats avaient contraint tous ceux qu’ils avaient attrapés à parcourir près de deux mille kilomètres à pied, long chemin de larmes menant aux nouveaux territoires indiens, dans ce qui serait un jour l’Oklahoma. Un génocide tranquille. Des milliers d’hommes, de femmes, d'enfants avaient succombé durant le voyage. Quand on a gagné, on a gagné, nul ne peut dire le contraire.
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ElGatoMaloElGatoMalo   09 avril 2012
Et quels animaux ! impressionné, Ombre contempla les centaines de créatures grandeur nature fixées sur la plate forme. Certaines réelles, d’autres totalement imaginaires, et des mélanges des deux. Toutes étaient différentes ; il vit sirène et triton, centaure et licorne, éléphants (un gigantesque, un tout petit), bouledogue, grenouille et phénix, zèbre, tigre, manticore et basilic, des cygnes tirant un carrosse, un taureau blanc, un renard, des morses jumeaux et jusqu’à un serpent de mer - ornés de couleurs vives et plus vrais que nature : tous tournaient au son de la valse qui s’achevait. Une autre commença sans que le manège ralentisse.
"A quoi ça sert ? demanda Ombre. Je veux dire : d’accord, c'est le plus grand carrousel du monde, celui où il y a le plus d’animaux, le plus d’ampoules électriques. Il tourne sans arrêt et personne n’y monte jamais.
- ll n’est pas là pour qu’on y monte, répondit Voyageur. Il est là pour être admire. Pour être.

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Vidéo de Neil Gaiman
How to talk to girls at parties - bande-annonce .En pleine période punk, trois ados sont déniaisés par des extraterrestres ayant pris forme humaine. Une joyeuse lecture d?une nouvelle de Neil Gaiman, incarnée par Elle Fanning et Nicole Kidman...
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Dans quel moyen de locomotion Ombre rencontre-t-il Voyageur pour la première fois ?

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