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EAN : 9782246407119
440 pages
Éditeur : Grasset (23/08/1989)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 134 notes)
Résumé :
Celui qui ouvrira ce grand roman partira pour la Louisiane, au temps des pionniers " Cadjins ", venus de France.
Il revivra le destin de trois générations de personnages forts, libres, excessifs : Edius Raquin, pionnier opiniâtre, Bazelle sa femme et Azeline sa fille. Puis son futur gendre, Farouche Ferraille Crowley, l'outlaw. Et puis encore Palestine Northwood, le marin de Nantucket, et beaucoup d'autres, dont la saga, commencée au fond des bayous, s'achève... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
ladesiderienne
  02 décembre 2019
Prix Goncourt 1989, Prix Goncourt des Lycéens (en général, ils ont bon goût) la même année, je salivais d'avance à l'idée de découvrir ce titre qui traînait dans ma PAL. La déception a été à la hauteur de l'attente.
le livre, sans que ce soit très net, est divisé en deux parties. La première se déroule dans les bayous de Louisiane à la fin du XIXe siècle. Personnellement, j'ai eu l'impression de me retrouver en plein coeur d'un "western". Un hors-la-loi, pilleur de banques Farouche Ferraille Crowley, un ennemi qui a juré d'avoir sa peau Palestine Northwood, entre les deux le shérif et ses hommes, et bien sûr une belle jeune fille Azeline qui attend son heure ; pour résumer, c'est le jeu du chat et de la souris. Je découvre à cette occasion la langue "cajun" qui, si elle apporte de l'authenticité au récit, demande un temps d'adaptation au lecteur. Je me rends compte, a posteriori, que c'était pourtant la partie la plus intéressante du roman, car à la moitié du livre, changement brutal de narrateur. Après quelques hésitations, je comprends que c'est le fils de Ferraille et d'Azeline qui prend la parole. Trouvé dans une poubelle à La Nouvelle Orléans par Bix Blind Cotton, un noir aveugle, il fréquente depuis son plus jeune âge davantage les bordels de la ville que les églises. Changement radical de langage également, on passe à un argot encore plus difficilement compréhensible. Je vous passe les détails de l'histoire, ils sont globalement peu reluisants, si ce n'est pour le meilleur qu'on assiste à la naissance du jazz avant d'être propulsé sous la mitraille de la grande guerre.
J'ai du mal à comprendre l'attribution des deux prix cités précédemment. Évidement, cela n'engage que mon avis personnel. J'ai eu l'impression que l'auteur s'était consacré uniquement à la forme de son texte, à travers l'usage des idiomes locaux (les employer uniquement dans les dialogues aurait peut-être été plus judicieux), délaissant le fond. Les personnages sont creux, l'histoire est décousue, sans chronologie, farfelue, voire sur la fin inconvenante. Je me félicite tout de même d'être allée au bout de ce parcours du combattant auquel j'accorde un 3/20.
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Commenter  J’apprécie          170
Chouchane
  27 novembre 2015
C'est dans une belle langue, l'acadien, que l'essentiel de l'histoire nous est compté. le récit démarre en Louisiane dans la bayou du nez percé, nous sommes à la fin du 19 siècle et Edius Raquin mari de Bazelle et père d'Azeline trime dur pour gagner de quoi vivre et construire la maison à colonnes de ses rêves. Cette façon de parler français qui séduit dès les premières pages épuise à la longue. En fait, c'est fatigant de faire l'exercice de "traduire" à la fois le sens et la symbolique car Vautrin plonge aussi dans l'imaginaire des Cadiens. On s'y perd, on perd le fil mais ça reste beau.
Dans ce bayou plein de grenouilles, de poissons chats et d'arbres pleureurs déboule un bandit de grand chemin ensanglanté avec un nom formidable : Farouche Ferraille Crowley ! un beau garçon au regard gris. Recueilli par un sorte de médecine-woman vivant dans une cabane il va reprendre du poil de la bête et devenir l'ami d'Edius qui rêve d'en faire un honnête homme.. A ce stade l'histoire ne fait que commencer car Ferraille est flanqué d'un ennemi irréductible, un chasseur de prime, ancien capitaine de bateau, qui le suit comme son ombre. Cet homme à la patience de chat c'est Palestine Northwood, encore un nom somptueux, il poursuivra son double violent jusqu'au coeur de sa cachette marécageuse.
Rattrapé par son passé, Farouche n'aura pas beaucoup de choix mais là encore nous ne sommes qu'au début de l'histoire car la deuxième partie du récit s'intéresse à un jeune homme miséreux et très doué pour la trompette Jimmy. Enfant abandonné, vivant dans des conditions de misère digne d'un roman de Zola, il est cependant très doué pour souffler dans le cornet (comme il le nomme). On comprend que cela lui réussira mais le récit se situe en amont de ce succès. Tel les romans colorés et fantastiques des écrivains d'Amérique du Sud, cette partie qui s'enracine dans l'histoire du blues américain, voit défiler des personnages tout aussi délirants les uns que les autres. Chocolate Mulligan trompettiste de génie, sa mère Maman Kapput qui attend son ultime voyage sur Altaïr car elle y sera sacrée Reine, Tokyo-Rose une prostitué japonaise, la petite Mapple qui fume à cinq ans et collectionne des milliers de boutons... Les années passent pour Jimmy qui passe d'un bouge à l'autre jusqu'à sa rencontre avec et une certaine Lilly Mae dont je ne peux ici révéler le secret mais qui incitera notre Jimmy à partir au front de la guerre de 14-18. Tranchées, boue et déprime transformeront notre homme. Entre misère, musique, oignons crus, jambalaya et errance on revient sur les pas de notre début, en Louisiane en pays Cajun. Aidé par le vieux Nindien Jody Mc Brown,notre narrateur nous livre les clefs de ce gros mic-mac dans lequel on se perd un peu sans s'attacher à grand monde. Une lecture exotique soutenue par une écriture plus virtuose qu'émotionnelle.
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valest
  27 février 2016
Un voyage au pays cajun, balade et dépaysement assurés.
C'est un monde fait de gens venus d'ailleurs et de nulle part, amenés là par les malheurs de l'Europe, Poitou, Irlande, issu d'Allemagne ou d'Acadie, yankees, indiens créoles et métisses cherchant une patrie et une parcelle de terre.
Ce voyage en Louisiane, entre modernité et nostalgie, se fait à travers des aventures truculentes, semé de personnages au caractère rude, bien trempé, excessif même, une histoire qui se déploie sur trois générations entre 1893 et 1920.
D'abord le pionnier Edius Raquin en 1893, défricheur et coureur des bois, qui croit plus en Dieu qu'en l'homme, l'air rusé d'un maquignon qui jauge les autres d'un simple regard, puis son futur gendre qui porte un drôle de nom, Farouche Ferraille Crowley, sacré baroudeur qui nous entraîne chez les chasseurs de primes, qui traîne avec lui toutes les légendes du Far-West, tous les clichés des films hollywoodiens, et le marin du Nantuket, ancien harponneur jamais en veine d'aventures ou encore Palestine Northwood le fêtard.
Un voyage en Louisiane ne s'accomplit jamais sans musique. Jim le petit-fils d'Edius Raquin, trouvé dans une poubelle de la Nouvelle-Orléans, deviendra Jimmy Trompette, le roi du ragtime et du blues, ces chants, ces musiques au son rocailleux, mélancoliques, vont peu à peu s'imposer.
Une sorte de western à la mode cajun, des personnages rabelaisiens, le trait peut paraître un peu lourd à certains, pour ma part j'ai pris un grand plaisir à lire ce livre.
A lire comme un roman d'aventures fantaisistes, et « le bon temps roulera. »
Sur ces mots s'achève le récit de Jean Vautrin.
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marc_tlse
  24 mai 2020
Un roman qu'on m'a offert avec la dédicace de l'auteur et qui est resté longtemps dans ma bibliothèque. La honte de l'avoir laissé là m'a poussé à le lire. Bien m'en a pris car loin de la lecture un peu rébarbative que je craignais, j'ai beaucoup apprécié cette épopée de plusieurs générations dans la Louisiane au temps des cadjins. Belle découverte.
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FLAORI
  02 juillet 2016
L'idée du livre est intéressante, on fait connaissance de la famille Raquin à la fin du xxième siècle en Louisiane, une famille qui travaille dure pour avoir la meilleure vie possible. Mais malheureusement au file des pages je me suis ennuyée, je me perdais en cours de chemin parce qu'il n'y avait pas de cohérence (pour moi). J'ai persévéré pour le finir !
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
ladesiderienneladesiderienne   28 novembre 2019
Ce fameux lendemain qui tombait un dimanche, Azeline avait lavé ses cheveux, passé sa gentille robe, enfilé ses bas blancs, posé un châle sur ses épaules.
Elle attendait son père pour la conduire à la messe. Toujours ça il faisait, le vaillant boug', accompagner sa fille, afin qu'il y ait pas du grabeau en ville sur la moralité de la famille Raquin. Du mauvais monde qui serait tenté de nasiller que la caillette était trop livrée à elle-même. Ou plus micmac encore, que la pauvre enfant s'allait faire toucher minette dans les rangs d'coton par un coursailleur. Des jaseries pareilles s'étaient déjà vues dans la paroisse, des goddam parlementages qui abîment les réputations de la jeunesse et souillent l'avenir des demoiselles. Si bien que depuis que sa fille était éligible, Raquin, à la sortie de l'église, était encire plus méfié des saluts appuyés adressés par les gensses sourissant du miel que de l'indifférence de ceux qui ignoraient sa main tendue.
Il était farouche, Edius, sur les principes.
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FLAORIFLAORI   12 juin 2016
Ainsi vont les choses, pensait Azeline, pendant des années vous croyez que les êtres que vous connaissez le mieux sont faits d'un bois tendre et raboté et un jour, à l'improviste, l'écorce odorante est hérissée d'échardes. A un monde tendre et paresseux succède celui du hasard et de la force brutale. Et cette fureur, ce bruit, ce désordre, cette sensualité qui s'apprêtent à vous engloutir constituent justement les noeuds de la corde que vous avez tressée à votre insu.
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cyriuscyrius   01 novembre 2016
A cette époque-là, les Noirs n'avaient à leur disposition que des instruments qu'ils avaient bricolés eux-mêmes. J'étais quant à moi juste un petit gars qui soufflait dans un peigne recouvert de papier de soie. Je jouais dans un spasm band.
J'avais en tête un sacré proverbe eskimo. Une phrase sans bluff qui dit, écoutez bien, qu'à force d'espérer une fleur, on la fait naître.
Et ainsi en usions-nous avec la musique.
Elle était au bout de nos doigts et dans le souffle de nos poumons. Elle serait ce que nous allions en faire.
Mon copain Percy Joplin grattait des notes brèves sur des banjos fabriqués avec des boîtes de fromage rondes. Smokey pinçait des cordes à linge, tendues sur des contrebasses faites de moitiés de tonneau ou de bassines renversées. Mais le résultat était à cent coudées au-dessus de nos espérances. De mémoire et d'oreille, Percy et ses solistes à la noix, " ses fakers ", comme il nous appelait, accomplissaient un grand bond en direction de la franchise et de l'humour. Nous propagions le vent. (p. 341)
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Phebe14Phebe14   01 février 2014
Jusqu'à pas trop longtemps passé, Edius Raquin avait cru que la vie était un mouchoir marqué avec trois nœuds d'éternité. Un et deux pour la naissance et le mariage. Le troisième pour la mort se souvenir.
En bon Cadjin de la paroisse Evangeline, il faisait confiance au Bon Dieu, chérissait sa terre juste avant sa famille, persuadé que c'était mieux vivre qu'exister, mieux pour un époux et sa femme de se fier l'un à l'autre que de se faire la guerre ou d'avoir doutance du monde qui vous entoure.
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ladesiderienneladesiderienne   02 décembre 2019
Rue Bourbon, l’alcool échauffait les corps, affolait les têtes, et l'on ne se coucherait qu'au petit jour, intoxiqué par la fumée des tabacs cubains, épuisé par la boisson, la danse, la musique violente des jazz-bands.
En ce jour d'anniversaire, Walter Waterspoon rugissait à la clarinette, Melrose Fast coulissait son humeur enjouée, John Saint-Cyr avançait par toux sèches sur son banjo, Bill Johnson segonnait sur sa basse, Baby Dodds percutait sa caisse et Lilian Haldin au piano, tenait les temps forts de la rythmique dans sa main gauche.
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