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EAN : 9782505048725
176 pages
Éditeur : Dargaud (21/03/2014)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 57 notes)
Résumé :
Un scénario/document mâtiné de fiction qui raconte la prise en otage des montres Lip par les ouvriers de l'usine. 329 jours de lutte racontés à travers le prisme d'une ouvrière, Solange, d'abord réticente puis partie prenante... L'affaire Lip a tenu en haleine toute la France en 1973, les ouvriers ayant décidé d'occuper l'usine et de cacher le stock de 25 000 montres comme trésor de guerre. Un roman graphique de 176 pages – dont un cahier supplémentaire inédit – pou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Ziliz
  26 février 2015
Mis en péril par la concurrence américaine et japonaise, l'horloger Lip dépose le bilan en avril 1973. Les ouvriers réagissent, s'opposant au démantèlement de l'entreprise et aux licenciements. Ils manifestent, occupent les locaux, continuent à produire et à vendre des montres. La lutte dure presque un an, bras de fer entre salariés et actionnaires soutenus par le gouvernement. Ce conflit a été abondamment relayé par les médias et a suscité des mouvements de solidarité au niveau national et même au-delà des frontières.
Les auteurs inscrivent subtilement quelques trajectoires individuelles dans l'histoire de cette mobilisation sociale emblématique, notamment celle d'une femme qui s'émancipe de la domination de son mari. On entend des salariés prendre conscience de l'importance de la solidarité et de leur propre valeur, eux qui se dépréciaient en tant que "simples OS". On voit certains quitter le navire (il faut bien continuer à gagner sa croûte), d'autres rejeter toutes les propositions qui viennent d'en haut (question de principe).
BD à la fois simple et intéressante, avec la voix du chanteur François Béranger (1937-2003) en bande-son - réellement venu soutenir le mouvement à Besançon :
"La morale du travail,
La productivité,
L'Etat et les patrons,
Leurs mensonges et leurs lois...
Tu n'es que la victime
D'un complot bien monté,
Celui de l'exclusion
Parfaitement planifiée...
Pour faire marcher le monde,
Hier on t'exploitait,
Aujourd'hui on te jette,
Ça s'appelle le progrès..."
(p. 96 - Parole aux exclus)
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Bazart
  21 mai 2014
Après Les Vieux Fourneaux que Michel avait dévoré avec un plaisir communicatif, la Bande dessinée continue, chez Dargaud du moins de nous parler social et lutte des classes.
En effet, une BD - enfin plutot un roman graphique -- Lip, des héros ordinaires, publié courant du mois de mars se charge de nous rafraichir la mémoire sur une affaire qui a tenu en haleine toute la France en 1973, et qui nous a vraiment emballé, Michel et moi. La bonne idée des auteurs c'est de raconter ces 329 jours de lutte à travers le prisme d'une ouvrière, Solange, d'abord réticente puis partie prenante... Un roman graphique de 176 pages – dont un cahier supplémentaire inédit – idéal pour se rafraichir la mémoire pour les générations de l'époque, ou pour les nouvelles pour découvrir la lutte des ouvriers dont le leitmotiv était : "On fabrique, on vend, on se paie !"
Et le récit est admirablement tissé par Laurent Galandon, le dessinateur Damien Vidal est au diapason en adoptant un trait simple et une mise en noir et blanc des plus sobres qui rendent parfaitement crédible l'histoire de Solange et de cette lutte si emblématique.
Et comme Damien Vidal est lyonnais -et carrément du même quartier que moi- on a pu le rencontrer autour d'un café ce samedi et on lui a posé toutes les questions qui nous brulaient les levres :
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Marti94
  02 septembre 2014
J'aime tout dans cette bande dessinée : le fond et la forme.
Le format (pas trop grand) et les dessins (en noir et blanc et épurés) rendent la lecture vraiment agréable sur un sujet de fond qui me rappelle mon enfance car je me souviens de l'impact au niveau national d'un conflit social pour la sauvegarde de l'entreprise LIP en 1973.
Laurent Galandon et Damien Vidal ont bien réussi ce "LIP des héros ordinaires" préfacé par Jean-Luc Mélanchon qui confirme que la lutte pour l'emploi est toujours d'actualité au sein de l'entreprise.
Il est vrai qu'à l'époque, les travailleurs ont innovés par l'autogestion et la solidarité entre syndiqués et non syndiqués et qu'en cela cette lutte pour la défense de l'emploi reste encore un modèle.
Et puis, j'étais fan de François Béranger qui est venu soutenir le mouvement en chantant alors ça ne s'oublie pas.
Ce que je trouve très bien aussi, c'est que l'histoire est raconté par une femme qui s'est engagée par conviction et qui témoigne aussi de la difficulté d'émancipation des femmes, surtout quand elles sont seules et mères (et ce n'est pas si loin). Son expérience en tant que LIP va l'aider à rencontrer les bonnes personnes et choisir sa vie.
Il ne me reste plus qu'à compléter cette lecture avec le documentaire de Christian Rouaud "Les LIP, l'imagination au pouvoir".
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Bidoudoume
  07 décembre 2016
Le combat des salariés de l'usine de montres LIP est désormais raconté en vignettes noir et blanc. le récit est minutieux, fidèle au déroulement des événements et au décor des années 1970. En témoignent les agréables dessins des rues et panoramas de Besançon, que mon oeil de vagabond bisontin contemple et acquiesce d'un soupçon de fierté.
Les événements des années 1973 à 1974 sont retranscrits dans leurs grandes lignes: l'esprit de combat social, les rêves, les mécanismes de la lutte, les prises d'otages, l'autogestion, la solidarité des salariés, les CRS. La fermeture définitive de l'entreprise en 1976 n'est pas traitée puisque le récit se termine en mars 1974. Toutefois, "LIP, des héros ordinaires" est un docu-fiction. Nous vivons les événements à travers le personnage fictif de Solange et son récit en tant qu'ouvrière chez LIP. Sa participation au mouvement se heurte à son mari, un médecin hostile au mouvement de grève et aux "gauchistes". le choix de ce personnage fictif peut être effectivement judicieux, car il soulève d'autres thématiques de l'ordre du couple et de la place de la femme, bien présente par ailleurs dans le décor des LIP. Il permet aussi de découvrir la naissance d'une conviction politique et d'un engagement public chez une ouvrière que le débat politique laissait indifférente jusque là.
De cette fiction découlent cependant des relations humaines parfaitement lisses. Il est indéniable que le combat des LIP a fait se rapprocher les ouvriers entre eux et a créé une solidarité que cette BD illustre correctement. Mais l'ouvrage idéalise les réalités de ces contacts humains. L'unique querelle qui apparaît est d'ordre syndicale; seule une forte solidarité humaine transparaît derrière ces planches. L'univers ainsi créé autour de ces hommes et de ces femmes, des "LIP", devient donc fictif. L'amitié y est forcément simple (voire simplet) et immédiatement intime. Solange y trouve l'amour idéal. Elle se découvre même une vocation d'artiste photographe et un avenir béni. Des relations enfants/parents fluides, des vacances à la mer, des voisins parfaits, des solutions à tout problème matériel. Une suite d'événements vécus par Solange aussi heureux qu'improbables qui forment presque une trajectoire de conte de fées. Ce biais pour lequel a opté le scénariste Laurent Galandon occulte les réalités sociales et les conflits humains sollicités par le mouvement de lutte. La vie de famille durant la grève a été fortement mise à contribution et est totalement écartée ici pour laisser place à une osmose sociale quasi-parfaite. Les questions houleuses à l'intérieur de la lutte ne sont pas traitées ici, comme par exemple les questions de répartition des premiers salaires après le succès des ventes en autogestion.
Au final, Besançon est agréablement parcourue et la voix des LIP est portée une fois de plus ici. "LIP, des héros ordinaires" est un ouvrage jovial. le personnage fictif semblait pourtant être un choix pertinent mais présente un visage bien trop éclairé par un parcours semé de bonheur et une cohésion humaine utopiste. Les évènements de 1973-1976 regorgent de rêves, d'espoir, de réalités humaines qui n'avaient à mon sens pas besoin d'être mis en image par un personnage à qui tout sourit de manière limpide. C'en est presque maladroit. Pour une approche profonde, juste et complète sur les plans humains et historiques, préférez le film de Christian Rouaud "Les LIP, l'imagination au pouvoir".
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Erik_
  19 novembre 2020
Je n'avais jamais entendu parler de ce conflit social bien avant Florange d'où une certaine utilité pour rafraîchir la mémoire collective. On se rend compte que la classe ouvrière a beaucoup souffert de la transformation du tissu économique de notre pays. Nous sommes passés par une désindustrialisation au profit des services du tertiaire. Cependant, comme le dit Jean-Luc Mélanchon dans sa préface, la logique reste la même et cette disparition de classe ouvrière ne serait qu'une illusion dans un monde où le marché des actionnaires domine la planète. La lutte des classes continue selon certains.
J'ai toujours eu le plus grand respect pour des gens qui se battent pour conserver leur droit à l'emploi et avoir ainsi une vie décente. Il est clair que dans le cas présent, le démantèlement de l'entreprise ne s'imposait pas comme le soulignera d'ailleurs Claude Neuschwander (PDG de LIP) dans la postface. le point de vue sera celui d'une femme ordinaire qui va s'émanciper.
Cette bd semble clairement destinée à un public de gens votant à gauche car les valeurs représentées ne sont pas celles de la droite sauf erreur de ma part. le gouvernement de Pompidou sera d'ailleurs fortement critiqué. Bref, c'est clairement orienté avec un seul son de cloche. C'est un choix des auteurs certes respectable.
Une chose est certaine. Je ne verrai plus jamais les montres LIP de la même façon. Bon, personnellement, je m'accroche à Festina depuis des années. C'est une affaire de goût.
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critiques presse (4)
Bibliobs   04 juin 2014
L'épopée autogestionnaire des Lip fait partie des grandes pages de la contestation politique qu'il faut revisiter régulièrement.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
BoDoi   28 avril 2014
La BD, bien documentée et rythmée par une double trame – la fiction amoureuse et le combat social –, a été conçue avec sérieux, sincérité et une pointe de fibre militante, sans idéaliser ses acteurs, fiers, solidaires ou convaincus, parfois radicaux.
Lire la critique sur le site : BoDoi
BDGest   11 avril 2014
Il permet ainsi aux plus âgés de dépoussiérer leurs classiques sociaux et à ceux, nés après le premier choc pétrolier, de s’adonner à un peu d’archéologie sociale ! Instructif et prenant.
Lire la critique sur le site : BDGest
Auracan   24 mars 2014
Un excellent roman graphique qui fait réfléchir !
Lire la critique sur le site : Auracan
Citations et extraits (73) Voir plus Ajouter une citation
Erik_Erik_   19 novembre 2020
Pour gérer un conflit, la formule magique n'est pas « abracadabra » mais « vous avez raison ».
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   22 août 2014
- C'est qui, le vieux curé que t'embrassais? Tu sembles bien le connaitre.
- Pas curé, moine! Et c'est mon père.
- Ton père?! Mais s'il es cu... moine, il ne peut...
- Il est entré dans les ordres bien après ma naissance quelques mois après son retour d'Algérie. Il était traumatisé par les événements vécus là-bas. Il était militaire de carrière.
- Il vous a abandonné ta mère et toi, pour s'enfermer entre quatre murs?!
- Ma mère est morte lorsqu'il se battait en Algérie. J'ai fini de grandir auprès de mes grands-parents.
-C'est un peu lâche...non?
- Non...il a su prendre la décision qui lui convenait le mieux. Envers et contre tous. C'est plutôt courageux, je trouve
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AquinERAquinER   26 avril 2014
J'aurai bientôt quatre-vingts ans et je voudrais laisser un souvenir à mes enfants ; je pense qu'une montre fabriquée par des ouvriers libres sera le plus beau des cadeaux.
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Marti94Marti94   02 septembre 2014
Ils sont allés jusqu'au bout : ils ont occupés l'usine...
...ils ont continué à fabriquer des montres, ils les ont vendues.
Pour la première fois dans l'histoire du mouvement ouvrier en France, les salariés de LIP se sont payés eux-mêmes sur le produit de leurs ventes de montres.
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ZilizZiliz   26 février 2015
Notre usine reste occupée par les CRS. Malgré le froid, nous y retournons régulièrement, question de leur rappeler que nous restons mobilisés. Et quelques coups d'éclat réchauffent le coeur comme le drapeau LIP qui flotte sur la flèche de Notre-Dame de Paris. (p. 152)
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