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ISBN : 2742797742
Éditeur : Actes Sud (04/05/2011)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.68/5 (sur 216 notes)
Résumé :
Un vieil homme croit entendre chevaucher Frédéric II dans le royaume des Enfers. Un centurion marche vers une Rome gangrénée dont il devance l'agonie. Un soldat des tranchées fuit le "golem" que la terre a façonné pour punir les hommes. Un juge anti-mafia tient le compte à rebours de sa propre exécution ...
Dans la proximité de la guerre ou de la mort surgissent ces quatre récits où les héros - certes vaincus, mais non déchus - prononcent d'ultimes parole... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (47) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  29 juillet 2013
Avec les oliviers du Négus, Laurent Gaudé traite à nouveau de sujets qui lui tiennent à coeur tels que l'Italie, L'Afrique, la mort ou l'antiquité.
Les oliviers du Négus font illusion aux oliviers de Càlena, dans la région des Pouilles. Zio Négus, un vieil homme, est mort. Revenu fou d'Ethiopie et passionné de Frédéric II, sa mort suscite alors une forte émotion chez notre narrateur qui nous conte ses exploits, sa folie, ses espoirs, ses conquêtes et sa mort.
Le bâtard du bout du monde, ainsi qu'il se nomme, est un centurion mourant, à l'agonie et dont la mort ronge son corps à petits feux. Officier romain, c'est vers cette ville qu'il se dirige, dont il pressent la chute, pour y vivre ses derniers jours.
La guerre bat son plein, les obus éclatent de toute part. C'est dans ce contexte qu'un vieillard raconte à un jeune soldat l'histoire du golem que la terre a façonné et qui tue les hommes responsables des massacres et du mauvais sort qu'ils lui réservent.
Le juge Borsellino pleure la mort de son frère jumeau. Parce qu'ils ont combattu tous les deux la mafia, que ce dernier est mort dans un attentat, il sait que le même traitement lui est réservé, que ses jours sont comptés. Il regarde alors la mort qui se dessine devant lui.
Quand Gaudé fait du Gaudé, c'est la magie qui opère dès les premières pages. Parce qu'il a une manière si particulière de nous raconter les choses que l'on est sous l'emprise de sa plume si poétique, sensuelle et captivante. Traitant de sujets forts, alternant présent et passé, de Rome à aujourd'hui, ces quatre nouvelles au souffle épique montrent à nouveau toute l'étendue du talent de Laurent Gaudé. L'atmosphère y est parfois étouffante ou suspendue. C'est tragique, théâtral et tellement humain.
Les oliviers du Négus... tout un symbole...
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araucaria
  02 février 2014
Un beau recueil de nouvelles, mais je m'y attendais Laurent Gaudé est une valeur sûre, un écrivain contemporain de grand talent. Une fois de plus il a été fidèle à lui même. Il sait écrire et le prouve encore avec cette oeuvre. J'ai été plus sensible à la quatrième et dernière nouvelle, "Tombeau pour Palerme" qui rend un hommage appuyé aux juges anti-mafia Falcone et Borsellino, tous les deux lâchement assassinés dans l'exercice de leurs fonctions.
Lien : http://araucaria20six.fr/
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melusine1701
  27 février 2012
La guerre, la violence et l'incompréhension qu'elle provoque, voici le thème commun aux quatre nouvelles qui composent ce recueil. Dans “Les Oliviers du Négus”, un narrateur apprend avec surprise et tristesse la mort de Zio Négus: il se rappelle alors cet idéaliste italien épris d'exotisme et de liberté, qui déchanta en découvrant non seulement que la campagne d'Ethiopie où l'envoie Mussolini n'est qu'une boucherie, mais aussi que l'Italie où il revient ne lui réserve que des trahisons. Dans “Le bâtard du bout du monde”, nous voici au fin fond de l'Empire Romain, dans cette zone du bout du monde aux frontières des royaumes barbares où personne ne veut aller, où les hommes s'enlisent et s'abrutissent en constatant que Rome les oublie délibérément alors que les barbares sont là, tout prêt, et que l'Empire ne les impressionne déjà plus. Dans “Je finirai à terre”, un paysan prévient les soldats que leur guerre, à force de creuser la terre de ses tranchées, à force de la perforer de ses obus, à force de la gaver des cadavres entassés dans les fosses communes, finira par l'énerver, la terre, et qu'elle a pris la forme qu'il fallait pour se venger. Enfin, dans “Le Tombeau de Palerme”, un juge sicilien qui lutte contre la mafia attend que ses ennemis viennent lui régler son compte.
Ces nouvelles m'ont beaucoup plu. D'abord, parce qu'elles sont assez longues, et qu'elles permettent donc toute une palette de nuances. Tantôt l'on voyage dans les époques, de Frédéric II à nos jours, au travers de lieux centenaires qui gardent l'empreinte des grands hommes qui y sont passés. Tantôt on revit des périodes méconnues, comme cette Antiquité romaine, loin de sa grandeur, ici boueuse, effacée, presque déjà morte. Souvent, on a la sensation que le moment fatidique est là, tout prêt, et qu'il ne nous reste pas beaucoup de temps, que nous sommes témoins d'un moment, d'un événement privilégié et unique.
Tout comme cette lecture audio, qui était une découverte pour moi. Si au départ il est un peu difficile de s'habituer à cette passivité, on se laisse assez vite prendre à la voix douce de Laurent Gaudé qui lit lui-même son texte et qui nous le raconte, lentement, pour nous laisser nous en imprégner. Dès la deuxième nouvelle, déjà, l'attente se fait sentir: savoir qui est ce soldat romain, ce qu'il va faire dans cette garnison à la frontière. On est soumis à ce que la voix veut bien nous révéler, sans possibilité d'avancer plus vite comme on le fait parfois lorsqu'on lit. Expérience d'autant plus troublante dans “Je finirai à terre”, lorsqu'on entend le gollem créé par la terre courir la campagne puis marcher au premier étage, et qu'on l'entendrait presque marcher derrière les paroles du conteur. de quoi vous plonger au coeur de l'action avec une troublante impression de confidence au coin du feu.
Une expérience de lecture fascinante sur un texte d'une grande qualité.
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dcs919
  21 août 2013
Quatre histoires courtes mais haletantes. Un style très rythmé, limite saccadé. Quatre personnages qui se savent condamnés.
Un vétéran italien se bat contre ses souvenirs. Des souvenirs de la campagne d'Ethiopie. Il sait qu'ils ne le quitteront pas. Il s'accroche à la transmission de la mémoire. Celle de la lutte mémorable (mais désespérée) de Frédéric II contre les armées de la mort.
Un officier de l'armée impériale romaine part en conquérant défendre les confins de l'Empire. Il revient rapidement à Rome. Affaibli par la gangrène, il est incapable d'annoncer la terrible nouvelle. Sur ses talons, suivent des hordes barbares menaçant l'Empire.
Un poilu ne sait comment réagir. Il comprend que la Terre a décidé de ne plus se laisser faire impunément. Elle veut se venger des hommes qui lui cause tant de mal pendant qu'ils se massacrent. Elle enfante un golem qui hante les terres d'Artois, massacrant tout sur son passage.
Un juge sicilien a vu mourir son frère jumeau. Assassiné par la mafia qu'ils ont combattu ensemble. Il a la conviction d'être le prochain sur la liste. Il raconte sa propre mort, inéluctable. Ses questionnements. Pourrait-il l'éviter ?
Que veut nous dire Laurent Gaudé ? Que la mort est inéluctable. Que la vraie liberté c'est de l'accepter. Que les hommes ont une tendance morbide à provoquer la mort de leurs semblables. Que c'est absurde. Que nous nous devons de prendre soin de notre Terre.
Et tant d'autres choses qu'il dit si bien, avec cette poésie qui vous transporte.
Vous ne lâcherez pas ce livre avant la fin.
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Bellonzo
  10 janvier 2014
Quatre récits composent cette ballade aux trois quarts italienne de Laurent Gaudé, un des auteurs français que j'apprécie. Cette phrase, je l'ai écrite après avoir lu trois de ces textes. Maintenant que j'ai lu le quatrième je n'hésite pas à ranger Gaudé au firmament des écrivains français actuels. La mort accompagne les héros des ces histoires, elle leur tient la main, au long des fleuves de ténèbres et de boue, omniprésente annonciatrice des charniers hors du temps. le style de Gaudé est toujours si riche, en hommes et en dieux et en diables. Cet auteur-là est lui-même de glaise et de sang, et comme ça se sent dans ses livres, particulièrement dans ce somptueux carré, que je n'ose qualifier de nouvelles, terme parfois un peu précieux et alambiqué, bien à tort d'ailleurs.

"Les oliviers du Négus", c'est l'Italie sinistrée après l'Éthiopie, une Sicile mortifiée qui semble ignorer le Prince salinas, ce guépard éclairé, bien que nous soyons maintenant dans l'Entre Deux Guerres. le catafalque de la cathédrale de Palerme, le roi des Deux Siciles, Frédéric II, Zio Négus le vétéran d'Abyssinie et le narrateur nous plongent aux arcanes de cette terre, toute de pierre et de lumière, baignée de tant d'obscur. L'écriture, je n'y reviens pas, elle est magnifique.

"Le bâtard du bout du monde" nous ramène plus au Nord, quand Rome commençait à se gangréner et dont ce centurion honnête et rude préfigure l'agonie. Lucius, retour d'une lointaine et froide Calédonie, l'Ecosse, le mur d'Hadrien, presque à lui seul, endosse les malheurs de l'empire romain. Au contact des Barbares, l'homme s'est endurci sur les chemins boueux de Germanie et de Gaule. Lucius a tué, beaucoup, et ce fils de personne, né dans la poussière des quartiers populaires parmi les chiens faméliques et les esclaves, de retour sur l'Aventin, clame son amour pour sa ville, Rome, lascive et putassière. Ses larmes scelleront le sac de Rome. Quarante pages, un Tibre de passion, de terre et de douleur.

"Je finirai à terre" nous transporte dans la France de 1914, qui s'y connaissait en boue et en douleur, dans l'Artois voisin de ma Picardie. La violence ne le cède en rien à Rome et Laurent Gaudé revisite en quelque sorte le mythe du Golem, né, je pense, en Mitteleuropa. Gaston Brache, soldat, comprend que la terre de France, meurtrie et mutilée, a créé un sur-être de glaise et de feuilles, destiné à punir les hommes, ces matricides.

J'ai écrit ici-même à propos de la Mafia qu'aucun roman ne lui rendait, si j'ose dire, justice. Car le sujet est fort. C'est fait. Vingt-quatre pages de "Tombeau pour Palerme", et c'est le plus beau texte que j'aie lu sur l'hydre assassine. Nous accompagnons pendant quelque temps un juge anti-mafia qui tient en personne le sinistre compte à rebours le séparant de sa propre exécution. On comprend que c'est Paolo Borselino qui narre la chronique de sa mort annoncée. Carlo Alberto Dalla Chiesa, Giovanni Falcone y sont nommément cités. D'autres aussi... Dédié par l'auteur "Aux seuls véritables hommes et femmes d'honneur de Sicile", ce récit est splendide de retenue et d'une ampleur inouïe.
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critiques presse (3)
LaPresse   28 novembre 2011
On reste sur l'impression d'un exercice de style bien accompli: hormis le monologue de Lucius, saisissant, on aurait aimé se sentir davantage emporté par ces voix d'outre-tombe
Lire la critique sur le site : LaPresse
LaPresse   07 novembre 2011
On reste sur l'impression d'un exercice de style bien accompli: hormis le monologue de Lucius, saisissant, on aurait aimé se sentir davantage emporté par ces voix d'outre-tombe.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LePoint   30 juin 2011
La voix profonde d'un conteur, toujours la même, relie les livres de Laurent Gaudé en une oeuvre impressionnante, désarmante, littéraire.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   28 janvier 2014
Je retrouve ma ville et je reste bouche bée. J'avais oublié sa beauté lascive, brunie par le soleil. Rome, ville superbe où les hommes se déplacent avec la suavité des chats. Rome, aux murs ocre et aux statues d'éternité où les bougainvilliers mangent avec harmonie les façades des palais. Rome, où tout est patiné par le temps et la douceur du ciel. Rome, où cent mille esclaves s'échangent, jour et nuit, les odeurs de l'Empire. Rome, ville crasseuse de la puanteur de ses marchés et luxueuse de l'or de ses conquêtes. Je suis là. Je descends de cheval. Je veux sentir le pavé de mon enfance sous mes pas. Je marche comme un handicapé, faisant de grands mouvements grotesques avec mes bras. J'ai les larmes aux yeux.
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araucariaaraucaria   02 février 2014
J'arrive maintenant dans les ruelles du marché Ballarò. C'est un fouillis de tentes, de bruits et d'échoppes. On y vend de tout. Des légumes, du poisson, des tripes, des chaussures, des disques et des épices. La foule est dense. Je regarde les visages qui m'entourent. La Sicile est là, qui se presse à petits pas contre moi : les vieilles du quartier, les hommes accoudés aux murs, les marchands avec leur trogne cabossée qui s'époumonent pour vanter leur marchandise. Il y a dans la chaleur qui m'entoure un vent d'Afrique. Palerme est là, dans ses vieux marchés qui survivent à tout. Les gamins, ici, ont, dès leur jeunesse, des airs de comploteurs. Je les connais. J'ai traqué leurs pères, leurs oncles, leurs grands frères, toute ma vie. Ce sont eux les tueurs de demain.
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araucariaaraucaria   30 janvier 2014
Le canon continuait de gronder au loin. Il posa deux verres sur la table et ouvrit une bouteille de rouge. A chaque nouvelle explosion les verres tintaient légèrement.
"Tant qu'ils pilonnent, ils n'avancent pas", dit-il et sa voix était si lugubre que l'envie me prit d'ajouter "amen". Il but son verre d'une traite et je le regardai avec pitié car il y avait dans sa hâte quelque chose de ceux qui savent que leur vie ne durera plus très longtemps.
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araucariaaraucaria   29 janvier 2014
Nous enterrons Zio Négus. Je sais que ce n'est pas ici qu'il aurait dû reposer. Mais combien d'entre-nous ont cette chance d'être ensevelis dans un lieu qui leur ressemble et qu'ils ont choisi? Il aurait fallu à Zio Négus une tombe comme celle de Pirandello, dans les collines d'Agrigente. Avec un cyprès pour marquer l'endroit où repose le corps, une pierre, peut-être, sur laquelle on aurait gravé un nom tout au plus, et l'immensité de la mer au loin. Le vent l'aurait caressé pour l'éternité, charriant les odeurs de figuiers en tourbillon dans l'air chaud du soir. C'est cela qu'il aurait fallu à Zio Négus : une sépulture de Romain, un tumulus et le silence du monde alentour.
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marina53marina53   29 juillet 2013
Nous nous entassons dans la mort avec la même tristesse que dans la vie, serrés les uns contre les autres, laids d'être tous identiques. Comme si, même là, nous avions peur d'être seuls.
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