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ISBN : 2330012675
Éditeur : Actes Sud (22/08/2012)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.95/5 (sur 440 notes)
Résumé :
Avoir vingt ans à l’heure du Printemps arabe, parler le français des romans de Série Noire, servir avec inquiétude les Frères musulmans, placer la liberté plus haut que la religion, séduire une jeune Barcelonaise et, de Tanger, contempler le mince détroit par où gagner ce qui semble le jardin des délices…
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Critiques, Analyses et Avis (124) Voir plus Ajouter une critique
Yassleo
  23 juin 2016
La vie de Lakhdar aurait pu être sympa. Né à Tanger dans les années 90, élevé dans la foi et la tradition dans une petite famille sans histoire avec papa épicier, y avait plus qu'à prendre la relève. Mais à 17 ans, les hormones en décident autrement. Pris en flag' de tripotage coquinou avec sa cousine, la sanction tombe : renié, dégagé, viré, ouste, dehors mon bonhomme. La chouma de la famille. 
Commence alors les jours, les mois d'errance et de débrouille relatés par notre futur goncourisé qui s'ignore.
Et c'est à ce moment précis qu'on se fend d'une courbette à ras du sol pour honorer Mathias Enard. le nez collé aux acariens de la moquette peut-être, le dos en compote soit, mais une posture plus éloquente que tous les mots. Une triple courbette donc à un auteur trop discret, dont la riche connaissance du monde arabe a pourtant tant à nous enseigner.
Car Enard nous livre ici un formidable et riche roman d'apprentissage. Il installe son héros, à mi-chemin entre adolescence et monde adulte, dans un Maroc, une Tunisie, une Europe qui basculent : révolutions arabes, crise européenne, attentats frappant au hasard, mouvement des Indignés. Spectateur des évènements, les rencontres de fortune et mésaventures feront mûrir notre Lakhdar, mais sèmeront aussi le doute sur sa foi aveugle en un Dieu miséricordieux et en l'espoir d'un amour salvateur, foi qui vacille inostensiblement. Seule sa passion pour les polars et les classiques orientaux l'aidera à s'évader de ce monde qui change vite, bien trop vite.
Et ouais Lakhdar, tu n'as que 20 ans, tu n'as rien demandé, tu veux juste être libre et pépère dans ton coin. Naïvement tu pensais même pouvoir profiter de ta jeunesse. Raté. Mais bienvenue dans la réalité : la vie n'est pas un long fleuve tranquille n'en déplaise aux le Quesnoy. Heureusement tu n'es pas dupe, et tu réalises vite que l'herbe n'est pas plus verte ailleurs.
Mathias Enard ne condamne pas. Non. Il use de toute sa bienveillance, de toute sa sagesse. Pas de morale à deux dirhams, pas de jugement hâtif, pas de critique acerbe et facile. Un simple regard, modeste et interrogateur, sur une actualité débordante de ras-le-bol, de violence, de haine. Choisir son camp, sa voie, tracer un chemin sans renier culture et tradition s'avère un long voyage initiatique, tant cognitif que méditatif. Sous un air poupin et un regard timide, Mathias Enard cache donc une plume déterminée. Toute en force, poésie et humanité.
Allez va, je retourne voir mes acariens, re-courbette Mathias, tu as signé un bien grand roman.
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latina
  17 mars 2018
Entendons-nous bien : j'octroie 5 étoiles au style de Mathias Enard, dans cette « Rue des Voleurs ». Ton dramatique mâtiné d'ironie à certains moments, surtout au début.
Poésie indéniable dans les descriptions nombreuses.
Et phrases « trash », sans concession, pour expliquer le parcours semé d'embûches de son héros, un jeune Marocain de 20 ans plein d'illusions.
Mais si le style m'a enchantée, la désespérance qui sourd à chaque page m'a plongée dans un abîme de noirceur. C'est que la vie ne l'a pas gâté, Lakhdar, ou plutôt, il n'a pas aidé la vie à être son amie. En flirtant de manière trop prononcée avec sa cousine Meryem, il n'a pas pensé aux conséquences. Et pourtant, il est obligé d'assumer l'ostracisme de sa famille, et devra à partir de cet instant se débrouiller seul. A 20 ans, les rencontres sont capitales...et celles-ci influenceront son destin telles un couperet. le monde flambe, le printemps arabe fleurit, les révolutions et les Indignés éclatent sur les places. Et puis Marrakech la belle connait un attentat à la bombe dans un de ses cafés les plus célèbres. Nous sommes en 2011, les Islamistes grondent... Dans ce contexte en ébullition, Lakhdar essaie de se sauver par les livres. Un explorateur marocain du 14e siècle, Ibn Batouta, né à Tanger, l'influence particulièrement, il aimerait tellement suivre ses traces. Il aime les poètes arabes, aussi.
Mais de Tanger à Barcelone, en passant par Algesiras, la mort imprime son sceau sur ce jeune innocent plein d'espoir... de page en page, laissera-t-il le sort s'abattre sur lui ?
Moi, en tout cas, je subis de plein fouet cette ambiance délétère, pleine de cafards, de cadavres, de misère, de violence et de drogue. Encore une fois, je me dis que j'aurais dû lire à un autre moment ce roman fougueux où la désolation guette, telle une bête tapie prête à fondre sur sa proie. J'ai été cette proie. J'ai accompagné Lakdhar dans ses pérégrinations à travers l'amour et la mort.
Mathias Enard a réussi à m'entrainer sans concession dans les tourbillons de cette époque tourmentée, que nous vivons encore, que je vis par l'intermédiaire des médias, qui me talonne, qui nous talonne.
Et je n'en peux plus.
Donc, la mort dans l'âme, j'octroie 3 étoiles à ce roman qui m'a vaincue
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Macha_Loubrun
  21 janvier 2013
Au Maroc, à Tanger, le jeune Lakhdar dévore des polards français et sa cousine Meryem des yeux. Mais le jour où son père, musulman très pieux, les découvre nus ensemble, il le flanque dehors après l'avoir roué de coups. Lakhdar nous raconte la manière dont sa vie a basculé dans une longue errance faite d'ombres et de lumière, avec pour toile de fond, le printemps arabe et la crise économique en Europe.
Après avoir mené durant plusieurs mois une vie de SDF, il trouve un petit travail au sein d'une association qui vend des livres pour la diffusion de la pensée coranique grâce à son meilleur ami Bassam. Mais il s'avère très vite que tout cela n'est qu'une couverture pour des actions terroristes. Et Bassam petit à petit va lui échapper….
Lui, il aime lire, regarder les jolies filles, boire une petite bière… La rigidité de la religion lui pèse.
Le souvenir de Meryem le hante et sa famille, sa mère lui manque.
Et puis il y a Judit, une belle étudiante espagnole, amoureuse de la langue arabe avec qui il va connaître une histoire en pointillé mais pleine d'intensité. Elle est désormais son phare dans tout ce chaos mais comment faire pour la rejoindre sans passeport ?
On suit son périple, sur un bateau, dans une entreprise de pompes funèbres puis à Barcelone « Rue des voleurs », véritable petite cour de miracles où vivent les éclopés de la vie que la société rejette et ne peut plus prendre en charge.
On découvre à travers le regard de Lakhdar des personnages troubles aux activités opaques offrant un double visage, une jeunesse désenchantée. Les espoirs et les rêves de Lakhdar se cognent durement à une société fragilisée par de multiples ondes de violences et n'offrant pas beaucoup de perspectives à la population.
Petit à petit il est pris dans un étau, il ne fait plus partie de la société, Il se réfugie dans la lecture, la culture, perd la foi… Il est finalement assez seul, écartelé. Que va-t-il faire ?
Il ne cesse de répéter à Judit « On ne peut pas vivre sans amour » mais on ne peut pas vivre sans espoir non plus.
Mathias Enard signe un livre intense qui nous touche et nous interroge.
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michfred
  21 décembre 2015
Un livre passionnant, qui se lit comme un polar, qui se médite comme une page de philo ou une sourate mystérieuse, sur fond d'actualité ...brûlante ( immolation à Sidi Bouzid en Tunisie, bombe au café Argan à Marrakesch, émeutes place Tahrir au Caire, et folie meurtrière de Mohammed Merah en France, c'est vraiment tout proche..)
Pendant que le printemps arabe flambe et que derrière ces flammes libératrices dansent d'autres feux plus inquiétants, - les frères musulmans, Enahda, Al Quaida, Daesch, en embuscade...- prêts à laisser les jeunes révolutionnaires généreux leur tirer les marrons du feu ( je rappelle que ceux qui tirent les marrons du feu se brûlent les doigts, tandis que les autres bouffent les marrons..), le jeune Lakdhar, chassé de chez lui pour avoir couché avec sa belle cousine Meryem, commence son parcours d'errance, de Tanger à Algésiras, et d'Algésiras à Barcelone...
Bien loin de ses modèles- les grands voyageurs comme Casanova, Ibn Batuta- il fera plutôt l'expérience de l'enfermement et de la claustration, que ce soit dans une mosquée faussement protectrice, dans un cargo arraisonné pour dettes, dans la morgue glauque de Cruz - pour un passionné de Morgue pleine, de Manchette, quelle ironie!- et enfin dans le "palacio " de la rue des Voleurs, hanté par les drogués, les prostituées, les sans-papiers, les petits malfrats , et de pathétiques racailles du terrorisme islamiste, venus se perdre ou se retrouver dans les bas-fonds colorés du Raval, à Barcelone.
Le voyage immobile de Lakhdar, l' Arabe Errant, comme il y a le Juif Errant, a un goût de cendres et sa prise de conscience, éclairée par l'amour de Judit, belle espagnole arabisante, et par la ferveur qu'il porte à la littérature, son seul rempart contre la violente connerie du monde, le mène à un geste terrible, mais mûrement réfléchi.
Entouré de livres désormais, protégé par eux du bruit et de la fureur, il fera avec eux le seul voyage où l'on ne se sent jamais humilié ni étranger: celui de la connaissance et de l'humanisme des écrivains du monde entier...
Un monde encore libre.
J'ai dévoré ce livre puissant d'une traite: quelle variété, chez Mathias Enard dont je venais de lire avec délice le livre sur Michel-Ange...ici, plus de poésie, d'orientalisme délicat: une force, une pulsion, un humour caustique - au service d' un récit tendu, toujours critique, et toujours tendrement humain : les figures de Cruz, hanté par la mort et surtout de Bassam, l'enfant perdu au regard vide, je ne suis pas près de les oublier..
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caro64
  02 décembre 2012
Regarder passer les ferries depuis le port de Tanger et se projeter de l'autre côté du détroit de Gibraltar nourrit les rêves du jeune Lakhdar. La liberté, il la puise aussi dans la lecture de romans de série noire, jusqu'au jour où son père le surprend à serrer d'un peu trop près sa cousine Meryem et le jette dehors. Commence alors une vie d'errance où il fait l'apprentissage de la rue, des nuits dans les chantiers ou dans les recoins des médinas et des mosquées. Il va même devenir libraire pour le compte d'un groupe obscur pour la diffusion de la pensée coranique. Toujours flanqué de son copain d'enfance Bassam, il tombe amoureux de Judit, une étudiante espagnole amoureuse de la langue arabe, venue passer quelques jours de vacances au Maroc. Jusqu'à vouloir la rejoindre à Barcelone. Mais sans visa, comment faire ? le Destin, ou le Diable comme il le dit lui-même, va l'y aider après bien des détours.
Cet itinéraire sentimental se déroule sur fond, d'une part, des révolutions arabes et du sanglant attentat de Marrakech derrière lequel pourrait être le Groupe coranique ainsi que Bassam. Et, d'autre part, de la grave crise financière et morale que vit actuellement l'Espagne ébranlée par les manifestations des Indignés. Tout cela sans jamais s'y arrêter. L'actualité ne va pas plus loin que le clin d'oeil pour planter le décor des déboires des personnages en proie avec une vie de plus en plus difficile.
C'est donc plus un roman d'aventures aux allures de roman noir, ou l'inverse, qu'un roman politique. Avec son humour, sa gouaille, sa rage de rester libre et de connaître le monde, Lakhdar est un personnage très attachant. le récit est très bien rythmé, avec un style limpide et prenant à la manière des conteurs arabes. Rue des voleurs fonctionne surtout comme une jolie et légère réflexion sur la quête de soi dans un monde agité, l'exil, l'errance et l'amour de la littérature.


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critiques presse (6)
Bibliobs   23 novembre 2012
En se glissant dans la peau d'un jeune Marocain, Mathias Enard signe un excellent roman sur le chaos qui vient.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Lhumanite   29 octobre 2012
Avec Rue des voleurs, Mathias Énard compose un bel itinéraire d’enfant perdu, où les littératures de toutes les civilisations se rejoignent pour conduire vers un destin si proche du nôtre ce minuscule personnage, si petit sur la fresque de l’histoire, immense dans l’espace de la page.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
LeFigaro   07 septembre 2012
Ce qui charme dans Rue des voleurs, c'est sa langue et sa verve, son sens du récit et ses références à la littérature et à la poésie. Enard est un fabuleux conteur.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LesEchos   04 septembre 2012
Rue des voleurs est […] un conte qui dit le monde d'aujourd'hui avec un pessimisme noir d'encre, mais aussi avec l'enthousiasme d'une nouvelle génération qui veut en découdre. Un roman écrit à chaud […] mais qui glace le sang.
Lire la critique sur le site : LesEchos
LePoint   28 août 2012
Rue des Voleurs est un roman qui coule comme un grand fleuve, charriant l'ennui et la violence de notre temps.
Lire la critique sur le site : LePoint
LePoint   30 juillet 2012
Profond, intelligent, aussi rapide et palpitant que le coeur de ses héros indociles, Rue des voleurs est un nouveau documentaire de l'âme, celle d'une poignée d'Arabes en pleine révolution.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (120) Voir plus Ajouter une citation
kuroinekokuroineko   16 août 2018
Tout ce que je veux, c'est être libre de voyager, de gagner de l'argent, de me promener tranquillement avec ma copine, de baiser si j'en ai envie, de prier si j'en ai envie, de pécher si j'en ai envie et de lire des romans policiers si ça me chante sans que personne n'y trouve rien à redire à part Dieu lui-même. Et ça, ça va pas changer tout de suite, j'ai dit.
(...)
Tous les jeunes sont comme moi, j'ai ajouté. Je me sentais soudainement en verve. Les Islamistes sont de vieux conservateurs qui nous volent notre religion alors qu'elle devrait appartenir à tous. Ils ne proposent qu'interdiction et répression. La gauche arabe, ce sont de vieux syndicalistes qui sont toujours en retard d'une grève. Qui est-ce qui va me représenter, moi?
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litolfflitolff   30 janvier 2013
L'argent montait les pauvres les uns contre les autres , l'humiliation se changeait doucement en haine ; tous haïssaient les Chinois qui rachetaient un à un les bars, les restaurants, les bazars avec l'argent de familles entières provenant de régions dont on n'imagine même pas la pauvreté ; tous méprisaient les prolos britanniques qui venaient s'abreuver de bière pas chère, baiser dans des coins de portes et reprendre, encore saouls, un avion qui leur avait coûté le prix d'une pinte d'ale dans leur obscure banlieue ; tous désiraient en silence ces très jeunes Nordiques couleur craie que la différence de température poussait à étrenner leurs minijupes et leurs tongs en février -un quart de la Catalogne était au chômage, les journaux débordaient d'histoires terrifiantes de crise, de familles expulsées d'appartements qu'elles ne pouvaient plus payer et que les banques bradaient tout en continuant à réclamer leur dette, de suicides, de sacrifices, de découragement : on sentait la pression monter, la violence monter, même rue des Voleurs chez les pauvres des pauvres, même à Gracia parmi les fils de bourgeois, on sentait la ville prête à tout, à la résignation comme à l'insurrection.
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GwordiaGwordia   10 septembre 2012
Les villes s'apprivoisent, ou plutôt elles nous apprivoisent ; elles nous apprennent à bien nous tenir, elles nous font perdre, petit à petit, notre gangue d'étranger ; elles nous arrachent notre écorce de plouc, nous fondent en elles, nous modèlent à leur image - très vite, nous abandonnons notre démarche, nous ne regardons plus en l'air, nous n'hésitons plus en entrant dans une station de métro, nous avons le rythme adéquat, nous avançons à la bonne cadence, et qu'on soit marocain, pakistanais, anglais, allemand, français, andalou, catalan ou philippin, finalement Barcelone, Londres ou Paris nous dressent comme des chiens.
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litolfflitolff   28 janvier 2013
On se dit ah, dix-sept, ce n'est pas beaucoup, parlez moi de mille, de deux mille, de trois mille macchabées, mais dix-sept, dix-sept ce n'est rien d'extraordinaire, et pourtant, et pourtant, c'est une quantité énorme de vie disparue, de viande crevée, c'est encombrant, dans la mémoire comme dans la chambre froide, ce sont dix-sept visages et plus d'une tonne de chair et d'os, des dizaines de milliers d'heures d'existence, des milliards de souvenirs disparus, des centaines de personnes touchées par le deuil, entre Tanger et Mombasa.
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kuroinekokuroineko   15 août 2018
Les hommes sont des chiens, ils se frottent les uns aux autres dans la misère, ils se roulent dans la crasse sans pouvoir en sortir, se lèchent le poil et le sexe à longueur de journée, allongés dans la poussière prêts à tout pour le bout de barbaque ou l'os pourri qu'on voudra bien leur lancer, et moi tout comme eux, je suis un être humain, donc un détritus vicieux esclave de ses instincts, un chien, un chien qui mord quand il a peur et cherche les caresses.
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