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EAN : 9782081389854
251 pages
Ombres Noires (24/08/2016)
3.46/5   145 notes
Résumé :
Sud de la France. Un homme est enfermé dans un hangar isolé. Après l’avoir séduit, sa geôlière, Émilie, lui tire une balle à bout portant. Il peut hurler, elle vit seule dans son chenil, au milieu de nulle part. Elle lui apprend que, cinq ans plus tôt, alors jeune infirmière, elle a été victime d’un chauffard. L’accident lui a coûté une jambe. Le destin s’acharne. La colère d’Émilie devient aussi puissante que sa soif de vengeance. En Douce est un roman dévastateur,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (72) Voir plus Ajouter une critique
3,46

sur 145 notes

marina53
  06 octobre 2016
Un grand merci à Babelio et aux éditions Ombres Noires...
À Begaarts-plage, les lampadaires et les terrasses des bars-restaurants s'éteignaient peu à peu. Les premières fusées du feu d'artifice du 14 juillet se reflétaient dans l'océan devant une foule admirative. Simon Diez n'avait alors d'yeux que pour la jeune femme qu'il avait repérée sur la place et aussitôt reconnue. Elle venait jouer au Bingo et au Solitaire tous les vendredis matins quand lui buvait sa pression au bar-tabac. Alors qu'il pensait l'avoir perdue de vue dans la foule, elle se planta devant lui à moins d'un mètre, se présenta et lui demanda aussitôt de l'emmener danser. Vers 3h du matin, n'ayant pas de voiture, elle lui demanda de la raccompagner. Dix kilomètres alors qu'elle boitait, Simon ne pouvait le lui refuser. Elle habitait là où elle travaillait, au chenil Amorena. Un mobil-home spartiate mais bien entretenu et un clic-clac en guise de lit sur lequel elle s'étendit. Alors qu'elle se déshabillait, Simon était hypnotisé par la prothèse qui lui tenait lieu de jambe. Quelques baisers puis Émilie plongea soudainement la main sous les oreillers, sortit un révolver qu'il reconnut aussitôt et lui tira une balle dans la jambe avant de l'enfermer dans un hangar...
Marin Ledun nous plonge en plein coeur d'une vengeance. Émilie, jeune femme ayant perdu sa jambe lors d'un terrible accident de voiture, en veut à la terre entière. Elle voit en Simon Diez le responsable idéal. Torturée, mal dans sa peau, dépressive, obsessionnelle, elle n'aura de cesse de sombrer et se convaincra que se venger la soulagera et lui sera salutaire. Dans ce huis-clos oppressant, l'auteur décrit avec précision la chute de la jeune femme, alternant intelligemment le passé et le présent. Des personnages fouillés, bancals, solitaires et en souffrance. Des personnages brisés, socialement et physiquement. En rupture avec cette société bien-pensante. Ce roman profondément noir, à la fois critique sociale et roman psychologique, nous plonge dans une ambiance étouffante, à l'instar de cette chaleur qui s'abat dans les landes. Une écriture efficace et sans fioritures pour un roman qui l'est tout autant.
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cannibalector
  08 novembre 2016
Tu sais pas trop pourquoi mais tu te retrouves infirmière dans ton bled natal : station balnéaire du sud des Landes qui vit 3 mois sur 12; t'aurais bien aimé, toi, vivre à plein temps mais la société, elle veut pas! Alors tu te réfugies dans ton bloc et tu travailles comme une chienne et, évidemment tu gagnes du fric, tu peux t'acheter un bel appart pour mieux te reposer et bosser encore plus, quand t'es trop crevée, tu rêves à l'amour mais t'as pas le temps, tu te contentes de soirées entre collègues et de baise à la va vite.
Mais un jour, au petit matin, alcoolisée, tu sors de chez un mec, encore pleine de lui et tu craques: tu chiales, tu sais que t'es belle et pas conne mais qu' à trente ans tu es en train de passer à coté de ta vie: alors t'appuies sur l'accélérateur, tu fonces vers le mur d'en face, tu grilles un stop et une putain de camionnette te percute.
Tu te réveilles au bloc..... avec une jambe en moins, amputée " en douce" pendant ton coma.
C'est pas ton heure, alors tu te bats, tu souffres en fermant ta gueule, rééducation dans le dur, apprentissage de la prothèse et tu reprends ton boulot. T'es accueilli d'abord avec douceur mais la vitesse reprend ses droits, tu serres les dents mais tu surprends de plus en plus les regards " en douce", cette putain de commisération que des cons appellent pitié, ta colère grandit.. Et tu craques... et tu te fais virer.
Et tu n'es plus qu'un long cri lugubre et gémissant qui cherche une cible à sa colère et tu vas la trouver en la personne du conducteur de cette putain de camionnette.... qui pourtant n'y est pour rien et tu le cherches, tu le pistes, tu le dragues, et tu l'amènes dans ta caravane pourrie où tu vis depuis que t'es devenu employée dans un chenil.
Et tu lui bousilles sa jambe à coup de flingue et tu le soignes et tu le frappes et tu l'insultes et tu le câlines . Tu sais plus , tu sais plus.....
Étonnant roman noir, social et psychologique qui dénonce les carences d'une société qui n'admet que les biens- portants, les biens nantis, les biens pensants.
Mais ce n'est que mon humble avis
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Crossroads
  09 octobre 2016
Amateurs de huis clos oppressant, bonsoir !
Misery déchirait, Les Morsures de l'Ombre déchirait, Des Noeuds d'Acier déchirait, En Douce griffe et c'est déjà pas mal.
Le problème des situations déjà rencontrées, c'est le référentiel qu'elles induisent.
Ici, un mec pensant passer du bon temps avec une jolie p'tite nana et finalement séquestré, une bonne dose de fer dans la guibole, genre calibre 12, voué à se triturer les méninges sur le pourquoi du comment.
Déjà vu, déjà lu, mais peu n'importe le flacon pourvu...
Point d'ivresse à déclarer m'sieur l'agent, tout au plus une légère euphorie légitimée par un contexte anxiogène plutôt bien décrit et une vérité qui se fait jour progressivement qui tient la route, elle.
En règle générale, Ledun me botte.
Ici, je l'ai trouvé moins accrocheur, moins prompt à me prendre par la mimine pour ne plus me lâcher.
Bercé par un faux rythme qu'un TER lancé pleine bourre aurait fait pâlir d'envie, En Douce m'a fait l'effet d'un très honnête récit sans jamais que j'éprouvasse le besoin irrépressible de poursuivre et ce, malgré les douze coups de minuit tardivement carillonnés au fier clocher du village voisin et ça, c'est ballot.
Il aura manqué un je ne sais quoi pour en faire un grand bouquin cathartique.
Si je ne devais retenir qu'une seule chose, c'est ce final grandiose qui m'aura séché...trop tardivement.
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Ziliz
  18 novembre 2016
Elle danse bien, Emilie, et elle est sexy. Elle a envie de ramener un type chez elle, ce soir : Simon, un bûcheron qu'elle a repéré au feu d'artifice du 14 juillet et chauffé en boîte dans la foulée. Il est un peu tiède, il bosse tôt le lendemain, il aimerait bien rentrer dormir. Elle se fait câline. Il cède. Arrivé chez Emilie, le monsieur va avoir une drôle de surprise. Le terme 'partie de jambes en l'air' va prendre un tout autre sens.
Encore un thriller façon Karine Giébel, Pierre Lemaitre, Sandrine Collette - pour ne citer que ceux que je connais.
Découragement en découvrant ces thématiques (je n'avais pas lu la 4e de couv, « qui est encore un modèle du genre », comme dirait Lolokili) : je continue ou pas ? y aura-t-il du nouveau ? d'autres sujets de réflexion que dans les dizaines d'autres romans noirs que j'ai déjà lus sur ces sujets ?
En avançant, j'ai trouvé également des ressemblances avec les atmosphères sombres et les univers bouchés décrits par Pascal Dessaint, mais aussi avec certains personnages ruraux-rugueux de Franck Bouysse.
Plaisir et intérêt très fluctuants en cours de lecture. L'idée « dans quelle mesure les autres sont-ils responsables de nos échecs ? » m'a plu, mais l'intrigue et ses rebondissements m'ont souvent ennuyée.
• De cet auteur, j'ai aimé 'Les visages écrasés', mais pas du tout 'Dans le ventre des mères'.
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Cigale17
  05 mars 2022
Sur une piste de danse, Émilie aguiche Simon, lequel était bien décidé à la draguer. Il l'avait déjà repérée ailleurs, la trouvait belle et il était intrigué par sa claudication. Malgré la réticence de Simon (il bosse à six heures et demie le lendemain), ils partent en voiture chez Émilie. Elle vit loin de tout, dans une caravane minable au milieu du chenil où elle est employée. Quand ils sont tous deux à l'intérieur, Émilie attrape un revolver caché sous un coussin et tire une balle dans la jambe gauche de Simon. Nous sommes page 21.
***
Petit à petit, par des retours en arrière, nous allons apprendre les raisons du geste d'Émilie. En fait, elle se venge. Elle a perdu une jambe dans un accident de voiture et porte maintenant une prothèse. Depuis, rien ne va, rien ne lui réussit, elle perd pied et se réfugie dans l'alcool et des aventures sans lendemain. Mais le conducteur de l'autre voiture est-il aussi coupable qu'elle le pense au début ? Sa rencontre avec Simon, les gestes qu'elle pose, le retour sur elle-même que la situation lui dicte vont l'amener à repenser différemment le problème et à faire le bilan. Victime ? coupable ? Rien n'est si tranché dans la vie, à part peut-être le déterminisme social qui instille chez les deux personnages principaux un sentiment permanent de déclassement. Un roman âpre et dur mettant en scène une héroïne assaillie par des crises d'angoisse et qui arrivera à faire son deuil par des moyens pour le moins inattendus. Roman sans concession !
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critiques presse (1)
LeMonde   19 septembre 2016
D’une écriture sèche, et donc encore plus ravageuse, ce fan de Robin Cook , maître absolu du roman noir britannique, réussit à nous rendre admirable une Emilie pleine de doute et de colère.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   06 octobre 2016
"Il consentit finalement à ouvrir la bouche : je sais ce que tu veux dire. Mais ce n'est pas moi qui suis bizarre, ce sont les autres, tellement que je n'arrive pas à comprendre comment ils font. Même quand j'ai une vie normale, une vie de tous les jours, j'ai quand même l'impression d'être un martien. Les gens sont tellement différents de moi, ça me donne le vertige."
Soji Shimada, Tokyo Zodiac Murders, 1987
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ZilizZiliz   28 novembre 2016
Elle alluma une deuxième clope, tira une bouffée et refit le fil de la soirée [d'anniversaire] - grosso modo, la même que celles des dix ou quinze années précédentes. Cadeaux à la con, amis qui n'en étaient pas vraiment, picole chaque fois un peu plus sévère, virée [en boîte] et baise rapide, rarement mémorable, avec le premier venu à qui elle devrait annoncer, dès la reprise du boulot, qu'il s'agissait d'une histoire sans intérêt et sans lendemain. Elle établit son autocritique. Elle détesta ce qu'elle vit et fut prise de vertiges et d'une furieuse envie de vomir.
(p. 219)
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ZilizZiliz   20 novembre 2016
Elle brûlait [...] de demander à la femme ce qu'elle entendait par ce fataliste 'par les temps qui courent'. Des tas de gens utilisaient cette expression comme s'ils ne réalisaient pas ce qu'elle avait d'incongru, voire de stupide. Les 'temps' ne couraient pas vraiment, dans le coin. Ils stagnaient plus ou moins, comme si le cours de l'histoire n'avait aucune prise sur eux. L'ascenseur social semblait en panne, mais les enfants continuaient d'entretenir les espoirs de leurs parents.
(p. 39)
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BazartBazart   08 décembre 2017
Les deux gendarmes discutèrent encore un instant, puis ils firent demi tour. Leur véhicule disparut peu après de la ligne droite, ne laissant dans son sillage qu'une sale odeur de monoxyde de carbone et de suspicion.
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SpilettSpilett   28 mai 2018
— ... T'es pas vraiment doué pour parler !
— Je suis un ouvrier.
— Et alors ?
Simon esquissa un sourire.
— Alors, en général, ce que j'ai d'intelligent à dire, je le garde pour moi afin de conserver mon boulot.
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