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Jean Dufournet (Éditeur scientifique)
ISBN : 208070804X
Éditeur : Flammarion (02/01/1997)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 16 notes)
Résumé :

Quelque part en France, en bordure du domaine du vieux seigneur Abdon, commence la grande forêt sans âge dont nul ne sait où elle finit. Abdon, si grand chasseur qu'il soit, a respecté cette forêt " pour qu'il y eût un monde sans hommes, sans armes d'hommes, où la vie et la mort ne voient point transgresser leurs lois, où les bêtes puissent mourir enfin, serait-ce sous la griffe ou la dent, de leur vraie mort de bêtes, de leur belle mort ".

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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Alexein
  30 juin 2017
La forêt perdue compte au nombre des rares livres qui vous accordent la paix de l'âme. Ce livre d'une grande puissance poétique est un conte, une épopée, un récit légendaire servi par une langue d'une admirable splendeur. L'écriture est pleine de vitalité et riche sans jamais être lourde. Beaucoup de phrases sibyllines sonnent comme les paroles d'un oracle. le récit est maîtrisé de bout en bout sans exubérance, dans toute la simplicité et, semble-t-il, dans l'évidence de la nature.
Une langue rustique qui adopte le parler de la vénerie et épouse le langage secret de la vie de la forêt. C'est une série de tableaux impressionnistes regroupés dans une unité parfaitement calibrée. C'est une oeuvre maîtresse, le sommet de l'art de Maurice Genevoix, comme le dit si bien la quatrième de couverture. Et tout tient dans moins de cent cinquante pages. S'y déploie magistralement le talent, porté à son suprême de degré, des grands conteurs : mettre entre vos mains une graine dont votre regard se chargera de tirer un bouquet qui fera flamboyer votre âme.
Maurice Genevoix y charme l'oreille tout autant que l'oeil en usant de termes d'un français ancien proche des sources, qui émerveillent et font chatoyer les sens, qui sont comme les échos lointains d'un patrimoine et d'une histoire vaguement familiers auxquels je me sens irrésistiblement attaché, un lien atavique reparaissant à la conscience.
Il m'emporte corps et âme, dans cette forêt légendaire. Tout fait mouche, tout vibre de l'énergie de la vie avec un rendu juste qui prodigue non pas un engourdissement de fatigue, de lassitude, d'exaspération ni de frustration comme le font d'autres livres : il verse la paix dans l'âme. Ces cent et quelques pages composées de quatorze chapitres se savourent, se dégustent inlassablement et dans un contentement pour moi sans égal jusqu'ici, avec la solennité humble et la tonalité cristalline propres au génie de Maurice Genevoix.
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hexagone
  16 janvier 2011
Onirisme cynégétique,
Il y a peu, j'ai intitulé ma critique de " la dernière Harde" Esthétisme cynégétique.
La reprise partielle du titre de cette critique se veut comme un clin d'oeil. Autant " La dernière harde" fait le récit de la beauté magnifiée des animaux et des hommes au sein de la forêt, autant " La forêt perdue" y ajoute une part de rêves, de légendes. La forêt perdue a été écrit 30 ans après la dernière harde, et pourtant. Un écho résonne au coeur des pages et se réverbère tout au long du récit. le cerf, pivot central du roman, incarne par un charisme absolu le roi de la forêt. Les deux principaux protagonistes sont une résurgence bicéphale du Piqueux. Il y a cette course effrénée au sein de la forêt mystérieuse, idéalement incarnée par Waudru, sympathique personnage évanescent, qui confère au récit sa part d'onirisme. On l'imagine très bien au détour d'un hallier, le corps noueux, les jambes torses, les oreilles moussues proférant ses mises en gardes. Il y a Florie, incarnation du printemps et de la vie jaillissante qui s'épanouira en femme vertueuse, compréhensive de la nature, à l'opposé des mâles dominateurs aveuglés par leurs désirs.
Maurice Genevoix nous met en garde à la première ligne de la première page : " L'histoire que voici, je l'ai rêvée à partir d'un mot."
Et ce mot se dédouble, se déroule, se métamorphose en phrases d'une beauté subjuguante. Ce livre est un poème. Une histoire d'amour entre les mots et le lecteur. le rythme est haletant, entreprenant, on suit les protagonistes avec enthousiasme dans les futaies, au travers des ronciers. On saigne avec eux, on retient son souffle, on est saisi par l'apparition soudaine de Waudru.
Impossible pour moi de faire une critique sans avoir le sentiment de trahir l'auteur. J'avais pris une claque il y a 15 ans avec " Zone érogène" de Djian. La deuxième vient d'arriver et cela fait 15 ans que je tends l'autre joue. Ce livre m'accompagnera encore longtemps, je pense le relire, ce que je n'ai jamais fait quant à présent pour aucun livre. Une merveille, un must, un vade-mecum, une bulle d'oxygène, un songe forestier toujours à portée de main...
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Naselusa
  06 février 2017
Quelque part en France, en bordure du domaine du vieux seigneur Abdon, commence la grande forêt sans âge dont nul ne sait où elle finit. Abdon, si grand chasseur qu'il soit, a respecté cette forêt « pour qu'il y ait un monde sans hommes, sans armes d'hommes, où la vie et la mort ne voient point transgresser leurs lois, où les bêtes puissent mourir enfin, serait-ce sous la griffe ou la dent, de leur vraie mort de bêtes, de leur belle mort ». Tout au contraire le
fils d'Abdon, Bonavent, et son piqueux La Brisée, loin d'être inspirés par la même sagesse, sont hantés par un rêve de conquête et de possession. Passionnément, ils vont poursuivre la Bête splendide et symbolique, le grand Cerf de la forêt, comme le capitaine Achab poursuit la baleine blanche…..
Un roman qui a la grandeur intemporelle des légendes, et où les lecteurs d « La Dernière Harde » et du « Roman de Renard » retrouveront, à leur point de perfection, les prestiges d'un art incomparable.
L'action se situe dans les temps anciens, du temps de la seigneurie ; de ce fait le vocabulaire utilisé par Genevoix reprend parfois des termes également anciens, ainsi que des mots appartenant à la vénerie.
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musiquelivres63
  28 juillet 2015
Ivre encore de ses découvertes, soulevée encore, comme une nageuse sur l'épaule de la vague, par la révélation d'un monde inépuisablement renouvelé, rajeuni, elle y retrouvait auprès d'elle les compagnons de sa longue quête, elle les unissait dans un partage où chacun d'eux recevait tout, et qui les réconciliait. Ce que son père avait si ardemment cherché, ce que Waudru dans sa simplesse avait depuis longtemps trouvé, et ce que La Brisée, par désespoir de ne l'avoir pu forcer, regrettait à en mourrir, elle leur en faisait offrande, le leur donnait et redonnait dans l'instant même où cela lui était donné.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
CarosandCarosand   02 juillet 2013
Nature rêveuse et passionnée, accordée aux forces de l'univers, aux miracles des saisons, à la couleur de l'air et aux paroles du vent qui passe, Bonavent était poète. Il vivait au-delà des choses, attiré par des mystères que les hommes ordinaires ne voient point.
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CarosandCarosand   02 juillet 2013
C'est ainsi que l'amour, à ses yeux de voyant, ne se séparait point de la mort.
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Vidéo de Maurice Genevoix
Maurice Genevoix, l'harmonie retrouvée
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