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EAN : 9782253009221
285 pages
Le Livre de Poche (01/12/1974)
3.77/5   283 notes
Résumé :
Voici, à l’occasion de l’entrée au Panthéon de Maurice Genevoix, Raboliot, paru aux éditions Grasset en 1925. Pierre Fouques, dit Raboliot, est un chasseur fameux dans toute la Sologne. Les habitants de la région admirent son habileté, son courage et son art dans le maniement du fusil. La chasse n’est pas la seule passion de cet homme rustique et solitaire : il braconne, partout et à n’importe quelle saison, se moquant des institutions et de leurs règles.
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
3,77

sur 283 notes

ODP31
  24 septembre 2022
Braconner un peu de liberté.
Prix Goncourt en 1925, Raboliot n'est pas que l'histoire du chasseur qui sachant chasser sans son chien sachez-le mais avec ses chaussures, ça c'est sur, est un bon chasseur.
Ce roman majeur de Maurice Genevoix est aussi et surtout un hommage à sa Sologne, à la nature en général et à la liberté avec un petit l mais avec de grandes ailes. Comme il ne date pas d'hier, qu'il parle d'une France des campagnes qui n'existe plus, avec ces grands propriétaires qui avaient pris la succession des seigneurs tout en se comportant de la même manière avec leurs gens, cerfs passés au tamis lexical, un petit effort d'adaptation est nécessaire au lecteur d'aujourd'hui pour entendre la réalité de l'époque. Rangez vos Birkenstocks et sortez les sabots.
Congénères animalistes, serrez fort vos peluches, militants anti-chasse, évitez de randonner en ces pages, vegans à graines, ne passez pas à table et néoféministes à ébullition, préparez le barbecue, car Raboliot n'a rien du citadin qui va promener son fusil le dimanche pour prendre l'air avec sa veste fluo et promener son SUV. Il va vous en ramener de la bidoche pour la plancha. C'est un viandard qui ne vit que pour la chasse, ne fréquente que son fusil et son chien, ne compte jamais ses proies, tire autant qu'il le peut et n'obéit à aucune contrainte sociétale. de nuit comme de jour, été comme hiver, du lundi au dimanche, jours fériés compris, ce sauvage braconne les terres d'un comte. Ce dernier s'appuie sur Borrel, gendarme zélé et Volat, métayer fourbe, pour tenter par tous les moyens de le piéger. le chasseur devient gibier et défend chèrement sa peau, plus allergique à l'autorité qu'au rhume des foins, quitte à sacrifier sa vie de famille.
Maurice Genevoix a fini au Panthéon, son Raboliot veut échapper à la prison.
Dans ce roman, l'écrivain touche au sublime quand il décrit la nature. J'ai fait la connaissance de mots que je n'avais jamais croisés. D'un naturel timide avec les inconnus, je me suis rapproché de mes vieux dictionnaires pour mieux les apprivoiser. Cela ne m'était pas arrivé depuis une éternité.
Les descriptions de Maurice Genevoix sentent le champignon, ses phrases sont des balades en forêt sur des sentiers non balisés, ses dialogues ont le souffle du gibier traqué. Je ne suis pas un grand amateur des romans du terroir, mais j'avoue que ce classique m'a presque donné envie d'aller jardiner, renifler du géranium, passer plus d'une heure sur Seasons sans m'endormir, adopter une pie, puis un hérisson, tondre ma pelouse et même celles des voisins.
Et puis Raboliot, c'est un peu le descendant du « bon sauvage » des lumières, un être qui a connu la guerre, comme son auteur, et qui ne veut plus faire commerce avec la société, obéir à des règles qui ne sont pas celles de sa nature indomptable.
la psychologie d'un sanglier.

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ATOS
  11 décembre 2014
Il y a des écritures qui vous entraînent et vous emportent. Des phrases qui marchent à vos côtés, des mots qui partagent chacune de leur lettre comme on partage le pain. Il y a comme ça des livres qui deviennent compagnon de chemin d'infortune. On se tient à leur côté et on allonge son pas.
Raboliot. le braco. La tête dure, l'âme pure et le corps sauvage.
Il y a la Sologne, ses étangs, sa vase, ses chaumes, la fulgurance des odeurs.
Il y a la nuit, longue, profonde.
Il y a Aïcha, la fidèle, le lièvre, la buse, les bois, et puis l'appel de cette terre qui prend le coeur des hommes.
« C'est parce que c'est vrai que c'est beau, et c'est beau parce que c'est vrai » disait un historien au sujet du style Genevoix. Ce style particulier qui sublime l'âpreté de la vie. Cette écriture incroyable, ce regard qui fait entendre partout cette puissance de la vie. Dans le rameau d'une branche, dans la bâillement d'une carpe, dans le jet de la pierre, dans la truffe d'un chien, dans le regard d'une enfant, dans un poing. Tout dans l'écriture annonce la renaissance du monde.
Raboliot ne se bat pas pour survivre, il se bat pour être ce qu'il est. Il se bat pour ce qu'il sait être juste. Et peu importe les gendarmes, le village, peu importe le château, ceux de Saint Hubert. Raboliot marche sur la terre.
Il est libre et ne doit rien, lui qui est rentré de cette saleté de guerre.
En le suivant, ligne après ligne, on se sent peu à peu augmenter.
« Le printemps sent la poudre
On tue ses hirondelles ». Daniel Reynaud- Poète- écriturier.
Astrid Shriqui Garain
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lecassin
  24 novembre 2012
Quand on parle de Maurice Genevoix, une oeuvre vient immédiatement à l'esprit, tant elle est emblématique de l'auteur : « Raboliot »…Un roman publiée en 1925 que l'auteur n'aura de cesse de modifier jusqu'en 1952 qui verra le texte « définitif » établi pour la publication en Poche.
Raboliot, c'est Pierre Fouque, un braconnier solognot qui braconne autant par passion que par nécessité sur les terres de Monsieur le Comte ; mais le gendarme Bourrel veille, aidé par la jalousie qu ‘entretient Volat à l'égard de Fouque qui, pris en flagrant délit préférera disparaître dans les bois plutôt que de se soumettre, jusqu'à un retour vers sa famille et un drame…
Maurice Genevoix n'a pas son pareil à l'instar d'Hervé Bazin pour décrire les paysages de sa chère campagne et la rusticité dont elle imprègne ses habitants…
Il n'en reste pas moins que « Raboliot », ne peut pas être réduit comme on le fait si souvent à une ode à la nature. C'est aussi et surtout un hymne à la liberté et à la lutte des gens de peu contre les puissants.
Un personnage touchant, la nature envahissante et belle, la vaine révolte d'un homme contre une autorité qui le dépasse… Trois raisons de lire « Raboliot »… A moins que vous n'en trouviez d'autres…
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Apikrus
  11 novembre 2020
Ce roman fait partie des cinq ouvrages de la bibliothèque parentale. Mon père l'avait acquis et lu durant son service militaire (comme les quatre autres), et l'avait beaucoup apprécié. Je comprends qu'en tant que chasseur, il ait pu être fasciné par le personnage de Raboliot, chasseur lui aussi mais ne respectant que ses propres règles.
J'ai découvert ce roman il y a plus de trente ans. Son héros m'a laissé le souvenir d'un braconnier rusé, orgueilleux, défiant en permanence l'autorité publique et l'ordre social injuste qu'elle défendait. Un homme qui aimait aussi la nature qui lui procurait le gibier tant convoité.
Maurice Genevoix a rendu un hommage magnifique à cette nature. A travers le personnage de Raboliot c'est la Liberté qu'il mettait sur un piédestal.
Un excellent roman que je relirais volontiers.
- décédé en 1980, Maurice Genevoix est entré au Panthéon le 11 novembre 2020 -
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Biblieauteck
  25 juillet 2022
Lire "Raboliot" , c'est comprendre ce que nous avons perdu, en diversité, dans notre patrimoine linguistique.
Au travers de ce roman, Maurice Genevoix ressuscite une France qui est encore d'Ancien Régime, celle des fermiers généraux, du comte de Remillet, grand propriétaire terrien en Sologne.
Il possède des bois, des étangs, ses gens et tient en son pouvoir garde-chasses, métayers et gendarmes qui veillent sur son domaine et traquent les braconniers, véritables héros de ce roman. L'Histoire de "Raboliot", le "braco", anarchiste impénitent, contre les "bleus", les gendarmes chargés de faire respecter la propriété privée aux plus démunis.
Dans ce roman, Maurice Genevoix utilise un langage sensuel, âpre, charnelle. Sa lecture en devient olfactive et très visuelle. Il nous dépayse autant qu'il nous enrichit.
Le texte n'est pas désuet, c'est nous qui sommes démunis.
Un grand roman de Maurice Genevoix à (re)lire sans modération..
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
CAZENAVCAZENAV   25 septembre 2020
Il traversa un labour sablonneux, puis un champ aplani au rouleau, net comme une table de billard. Il ne se cachait pas, il marchait d'un pas vif, sans courir; il offrait sa forme d'homme aussi visible de toute part, se tendait en appât à l'ennemi. Quand il atteignit la breumaille, il continua d'aller tout droit, sans presser ni ralentir l'allure. Mais il perçut avec plus de force cette chaleur qui l'accompagnait, allégeait tout son corps et affinait ses sens. Ce fut comme si son être se creusait, en marge de ses pas, en marge du coup d'épaule qu'il inclina pour faire glisser la bretelle de son arme: une sensation d'attente, de vide tiède et tendu, déjà sonore. Les bruyères qu'il frôlait en marchant faisaient contre ses jambes un bruit râpeux et bien rythmé. Avec le murmure de la pluie - un grésillement de gravier fin à travers des touffes fanées - c'était tout ce qu'il entendait. De loin en loin les bruyères s'écartaient et laissaient voir entre elles des flaques de sables blanchoyantes.
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gege1968gege1968   26 août 2019
Et si quelques hommes, plus riches, accaparent le droit à la chasse, s'ils défendent leur droit avec l’appui des lois, des gardes qu’ils paient et qu'ils arment, des gendarmes en uniforme, des policiers habiles à se grimer, est-ce qu’il n’est pas d’autres lois plus anciennes, qu’on chercherait en vain dans les codes, mais que les gars de Sologne connaissent bien puisqu'ils les sentent vivre en eux-mêmes dès que le poil leur pousse sous le nez, dès qu’ils éprouvent la chaleur de leur sang ?
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lecassinlecassin   18 janvier 2017
Les goujons, ventre en l'air, viraient au bord des larges goulots, oscillaient une hésitante seconde, et, d'un coup de queue vif, les nageoires pectorales vibrantes comme des embryons d'ailes, piquaient du nez vers les ténèbres fraîches.
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jeronimusjeronimus   27 octobre 2016
Raboliot prit à travers champs et se mit à monter vers la ferme. Dans les roseaux qu'il frôlait au passage, nulle vie ne s'émouvait que celle des feuilles froissées; les judelles se cachaient aux profondeurs du fourré aquatique ; il n'y eut qu'un oiseau terne, au vol bas, qui se leva devant eux sans un cri : quelque petit butor sans doute, troublé dans sa solitude. Ils l'entendirent longtemps après pousser sa clameur étrange, son beuglement mélancolique.
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Bruno_CmBruno_Cm   15 juillet 2022
... Volat était un des métayers de Tancogne, et son homme à tout faire, son espion, un chacun s'en doutait Familier, oui, blagueur à l'occasion ; mais plus encore que ses rogues manières, on redoutait la bonhomie pateline et froide dont il s'accoutrait quelquefois : si malin que fût le grand Volat, on reniflait à son entour un relent d traîtrise qui invitait à la prudence ; un putois a beau être fi, il n'est pas libre de ne pas puer.
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Videos de Maurice Genevoix (28) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Maurice Genevoix
https://www.laprocure.com/product/1049468/genevoix-maurice-rrou
Maurice Genevoix, illustrations Gérard Dubois rroû Éditions La Table ronde
« On craque pour ce livre illustré de rroû de Maurice Genevoix aux éditions La Table ronde. Une petite merveille illustrée par Gérard Dubois qui est multi-primé en tant que dessinateur pour le Newyorker et le New York Times entre autres. Évidemment, Maurice Genevoix, c'est celui qui a été connu et reconnu pour Ceux de quatorze où il décrivait ses blessures de guerre et la guerre en elle-même, qui est un texte majeur en littérature française, puis qui avait eu le prix Goncourt pour Raboliot. Et ce texte-là, magnifique, n'est pas seulement l'histoire d'un chat, c'est bien plus que ça... » Marie-Joseph, libraire à La Procure de Paris
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