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ISBN : 202005969X
Éditeur : Points (01/01/1900)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 31 notes)
Résumé :
Dans ce dernier livre écrit quelques mois avant sa mort, Maurice Genevoix raconte les Trente mille jours qui firent une vie d'homme à cheval sur deux siècles et une carrière de grand écrivain. Ces pages providentielles nous sont, d'une certaine manière, personnellement adressées. Ces mémoires rêveuses sont un peu — et toutes générations confondues — les nôtres.


Source : Points, Seuil
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Alexein
  30 juillet 2017
Par petites touches, par sauts tout primesautiers, comme ils se présentent, tels qu'ils se déroulent de la trame serrée de la mémoire, les souvenirs de Maurice Genevoix emplissent et parcourent ce livre poignant qui dresse le bilan d'une vie. Il évoque les regrets, les anecdotes joyeuses, excitantes ou déplaisantes de l'enfance, les espiègleries de l'école et du lycée d'Orléans. Il creuse et déniche des pépites, les illuminations de sa vie ainsi que l'inoubliable guerre de 14 gravée dans la chair.
De sa plume au style éblouissant, il transcende tout ce qu'il évoque. C'est son amour charnel des forêts qui me fascine le plus. Autant de malice et d'humour chez un homme qui a connu l'enfer, voilà une belle leçon de vie. Son amour pour le livre de la jungle et Kim de Kipling me le rend d'autant plus sympathique. Il est regrettable que toute une part de l'oeuvre de ce très grand écrivain, qui fut académicien, soit aussi négligée et introuvable. Il n'est même pas en Pléiade.
Il dit son amour de la peinture, raconte les coulisses de l'attribution du prix Goncourt et, se dépouillant de toute fausse modestie, combien ardemment il désirait l'obtenir. Cette pêche aux souvenir miraculeuse d'où il fait revivre les mondes de son enfance, de son adolescence, de la guerre, de ses voyages et de l'écriture m'illumine de sa multitude de petites touches impressionnistes. Catalogué d'abord comme écrivain de guerre puis écrivain régionaliste, sa place est tout entière au Panthéon de la grande littérature universelle et intemporelle.
C'est une rencontre bien tardive que j'ai faite avec cet écrivain au regard pétillant et bienveillant. J'ai retrouvé ce livre tout récemment chez mes parents. Je me souviens l'avoir vu dans les mains de ma grand-mère il y a plus de deux décennies. Aujourd'hui seulement, en y repensant, comprends-je vraiment, et dans sa totalité, l'ineffable plaisir avec lequel elle m'en parlait tandis que j'y étais complètement étranger. Il me semble qu'elle a pu me glisser un : « Tu comprendras quand tu seras plus grand. » Je pense que c'est chose faite.
Ce livre est tellement riche que presque chaque page offre des morceaux magnifiques, émouvants et remarquables qui mériteraient d'être cités. J'ai la gorge serrée en terminant ce livre dont j'ai ralenti encore le rythme de la lecture à l'approche des dernières pages.
J'ai l'impression de l'abandonner. J'aurais tellement aimé connaître cet homme et partager avec lui un brin de causette. Chaque souvenir déposé dans ce livre est une leçon d'amour, d'humanisme et d'humilité. le recueillement d'une âme qui me happe et me ravit. Que ces rencontres sont rares !
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nath45
  19 avril 2016
Une autre façon d'entrer dans l'oeuvre de Maurice Genevoix, de rencontrer son écriture, son phrasé, de découvrir l'auteur et qui peut mieux que Maurice Genevoix lui-même nous conté sa vie. Il nous parle de son enfance, de ses études, de la guerre de 14, de ses rencontres littéraires et autres. J'ai pu découvrir un homme cultivé, simple, proche de la nature et des Hommes.
Son écriture peut paraître un peu complexe, elle est exigeante et c'est tant mieux car elle est belle, humaine et recherchée.
J'ai passé un agréable moment littéraire auprès de Maurice Genevoix, maintenant il me reste à découvrir son oeuvre.
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Chasto
  13 mai 2018
Regards d'une vie sur son déroulement, ses aventures, ses accidents, et, ces pensées, qui bien après, deviennent souvenirs et réflexions.
Par sa bonhommie, son humanité et sa simplicité de style; Maurice Genevoix; nous emmène sur les routes d'un parcours d'un homme de son temps, d'un témoin d'une époque, la sienne.
Jours à découvrir avec curiosités et respect d'un homme de talent et de discrétion.
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michdesol
  22 juin 2018
Trente mille jours : une vie, celle de Maurice Genevoix, qui nous fait traverser le XXe siècle et ses drames.
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Liver
  24 juin 2013
Si beau, si juste et si porteur d'une belle leçon de vie!
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
AlexeinAlexein   25 juillet 2017
Pendant ma longue appartenance à ma province, au Val de Loire, à la forêt orléanaise, aux étangs et aux brandes de Sologne, c’est la légende qui m’a tenté, sa poésie intemporelle dans un monde où les signes ne répondent qu’à la patience de la quête et à la ferveur de l’appel. Chaque livre, et ainsi tous mes livres, en portent le même témoignage. Autour de moi le monde changeait, et les hommes, et leur condition d’hommes. De ce branle obsédant où j’étais moi-même entraîné, je n’ai pu ni voulu m’abstraire. Mais toujours, au-delà du quotidien, de sa rumeur ou de sa frénésie, j’ai guetté, poursuivi, comme Bonavent le cerf de la Forêt perdue, par les voies traversées de soleil et d’ombres où se dérobent et bougent les secrets de nos destinées, la permanence des symboles où se rejoignent la mort et la vie.

Régionalisme, réalisme, naturalisme, symbolisme, animisme, unanimisme, je ne récuse rien. Pourquoi ? Tout est bon, tout est légitime si le mot est docile, le ton juste, la phrase exacte ; et si le mot, le ton, la phrase sont, enfin et surtout, les nôtres. Le fleuve, l’arbre, l’animal, autant que l’homme m’ont dicté les miens. Leur patience et la mienne ont fait, à la longue, amitié. Promeneur familier de la forêt, enfant, adolescent, soldat meurtri devenu écrivain, j’ai été d’abord, par les routins herbus et les layons de la forêt orléanaise, pareil au peintre que le motif arrête, qui plante son chevalet et qui peint ce qu’il a sous les yeux, ce qui vient de s’offrir à lui et qu’il ambitionne de « rendre ». Ainsi de moi, dans Forêt voisine. Lieux-dits, futaies, mares perdues, tout est nommé, reconnaissable, repérable. Mais le Nocturne des dernières pages, déjà, présage une libération.
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AlexeinAlexein   26 juillet 2017
J’aurais traversé le siècle sans avoir éludé jamais les épreuves qu’il me réservait, celles qui nous sont à tous communes et les miennes propres, respectivement si dures à chacun. La loi commune, l’adolescence venue, a requis et pétri l’enfant que j’avais été à des fins qui n’étaient pas les siennes. Et cependant, au fond de lui, presque éteinte, toujours vivace, une petite lueur veillait que la bonace eût peut-être éteinte, mais que la tourmente et l’orage ont ranimée inextinguiblement. Pour l’homme que j’ai été, chaque fois qu’il l’a fallu, c’est la mort qui, soulevant le voile, a ramené son cœur et ses yeux vers la vie. C’est son intercession qui m’a rendu au monde intemporel, celui des « longs échos qui de loin se répondent », des « forêts de symboles » familières au pays de Baudelaire, d’Apollinaire et de Nerval.

Il y a plus d’une place dans la maison du Père. Roger Caillois, peu de jours avant de mourir, comme il lui était demandé « quelle image il aimerait que l’on gardât de son œuvre et de lui », répondait : celle d’un poète, et qui ose dire « je ne parle qu’en mon nom mais comme si chacun, dans mes mots, s’exprimait autant que moi » ; d’un poète qui ose dire : « Je m’adresse à un interlocuteur invisible, de façon telle que chacun peut avoir l’illusion que mes mots ne s’adressent qu’à lui. »
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AlexeinAlexein   18 juillet 2017
Chaque jour était comme une naissance. Persistante, ma tristesse devenait consentement. Autant la mort de ma mère avait rué mes douze ans vers la détresse et la révolte, autant celle de mon père s’intégrait à un ordre du monde qui m’intégrait moi-même à la coulée du temps, à la réalité d’un univers qui tout ensemble dissolvait mon être et l’augmentait inépuisablement. Pas une aube, pas une heure du jour qui ne me fussent révélation, ferveur. Aujourd’hui, je pense que la guerre avait passé par là, sa cruauté, ses aberrations, sa bêtise. Les Vernelles me réconciliaient, me rendaient à une liberté où il m’était donné de me connaître dans ma vérité la plus vraie, et ainsi à ma vocation.
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AlexeinAlexein   17 juillet 2017
J’avais, lorsque j’ai découvert les Vernelles, trente-sept ans ; la quarantaine, à quelques mois près, lorsque j’y ai fixé mon ancre, pour vingt ans. Mais si je veux donner à sentir la nature et la force des liens qui m’unissent à ce fleuve, à ce Val, à cette lumière, il me faut remonter bien au-delà, en fait jusqu’à ma naissance. Je le ferai, mais librement, avec une spontanéité qui admette le primesaut, l’imprévu, les digressions, les détours et les retours qui font le charme des promenades, même au fil de chemins familiers.
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michdesolmichdesol   22 juin 2018
C'est vingt-deux mois plus tard qu'on afficha dans les communes de France l'ordre de mobilisation. Depuis le drame de Sarajevo, l'Europe vivait dans la fièvre et l'attente. Après quarante-trois ans de paix, quel peuple, de l'Atlantique à l'Oural, eût cru encore à la possibilité d'un conflit armé ? Habitudes, milieux sociaux dans leur diversité, informations, culture historique, raison, logique, goût du confort et foi dans le Progrès, tout convergeait vers cette sérénité. Les guerres des Balkans, les images qu'en avaient donné les périodiques illustrés, plus leur réalité avait heurté les sens et les cœurs, plus elles avaient semblé choses d'ailleurs, reflets d'un monde archaïque et barbare qui ne nous concernait plus. Personnellement, j'avais entendu Déroulède, debout sur l'ossuaire de Champigny, le bras tendu vers « la ligne bleue des Vosges », appeler à la revanche et sonner son clairon. Quelle stupeur avait été la mienne, et quelle colère !
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