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Éditeur : Editions Rombaldi (30/11/-1)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 5 notes)
Résumé :


Le 23 août 1964, fête nationale de la république populaire, le meunier Nicolas Acathiste est assassiné devant son moulin. Un couteau planté dans le dos, son cadavre encore chaud est découvert par deux enfants, au milieu de la route.

Presque aussitôt on arrête le frère du meunier assassiné. C'est un moine. En dehors de la victime, de deux enfants, d'une vieille impotente et du moine, il n'y avait personne d'autre dans le village, car t... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Tatooa
  09 juillet 2019
Plutôt un bon documentaire sur l'invasion de la Roumanie par les Russes, et l'asservissement du peuple à un système totalitaire. "L'occupation de la Roumanie par l'Union soviétique (appelée « libération de la Roumanie par la glorieuse armée soviétique » à l'époque communiste)" je cite le wikipedia. Ben c'est exactement ça !
Par moments, on se croirait dans du Kafka, tant c'est délirant et absurde. Quand la présence au défilé du 23 août (célébrant cette soit disant libération, où le peuple roumain devait acclamer ses "libérateurs"...) importe plus que résoudre le crime qui a été commis, par exemple...
Il y a un passage totalement ahurissant sur la non-présence "condamnable" d'une grabataire... Oo
Et je pense que ce n'est pas exagéré. C'est encore ça le pire.
Et si vous ne supportez pas ce genre de choses, l'imbécillité humaine en premier lieu, ce livre va vous être très difficile à lire, comme il me l'a été. Ouvertement militant, prenant le parti du faible et du petit, de ce peuple qu'on traite comme du bétail, la défense de cette religion qu'on cherche à salir, l'auteur apparaît profondément humaniste.
Mais comme je sais que tout est "vrai" (même si poussé à l'extrême pour appuyer le propos), dans ce récit, je l'ai continué malgré mon gros malaise et le fait que c'était, au fond, absolument pas le moment pour moi de le lire... Pourquoi comment ce livre est arrivé dans mes mains, je sais plus du tout, mais quand le vin est tiré, il faut le boire jusqu'à la lie, même s'il est acide, aigre, et qu'il donne envie de vomir.
Le style de l'auteur est très poétique par moments. Il est également cynique et profondément réaliste. Profondément croyant aussi, même si ça paraît complètement absurde dans ce contexte. Il y a beaucoup de répétitions sur la condition "bovine" du peuple dans cette organisation totalitariste, c'est lourd, pénible, et on sent la lourdeur de vivre tout cela, même si par moments c'est survolé. (Il est tout petit. J'ai mis tellement de temps à le lire qu'on pourrait croire que c'est un gros pavé, mais non. C'est juste que j'avais du mal à lire plus de 30 pages à chaque fois...).
Bon après, l'auteur n'est pas très "recommandable" semble-t-il en raison de son antisémitisme et de son implication dans le régime fasciste roumain des années 40.
C'est pour cela je pense qu'il n'est pas plus connu, mais en fait c'est dommage, parce que sa description du régime russe et de la collaboration est quand même drôlement bien vue.
C'est étrange, du coup, c'est presque incohérent avec le sujet de ce livre, et son traitement humaniste et sa dénonciation de l'absurde.
Après faut avoir le moral drôlement bien accroché pour arriver à lire ce qu'il écrit, je pense, et en ce moment, c'est pas tout à fait ça. Mais c'est vrai que je serais curieuse de lire son livre le plus connu, "La 25e heure". Plus tard peut-être.
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Taraxacum
  28 juillet 2015
Lu après un roman qui m'avait déçue, La Condottiera avait forcément toutes les chances de faire mieux, et a fait encore bien plus, en méritant cinq étoiles!
La condottiera est un dénonciation du régime de la République populaire roumaine, écrit en exil, et l'auteur, avec un style d'une grande beauté, très simple, s'insurge contre la déshumanisation humaine dans la dictature, les dictatures, contre les horreurs des occupations, mais aussi de la cruauté humaine, tout simplement, et même des dangers de la modernisation qui voudrait traiter toute spiritualité comme une marchandise comme les autres. L'amour de la Roumanie et de ses hommes imprègnent ses pages,l'amour des plus pauvres et une grande compassion pour le genre humain. Quand il a écrit ce roman, Gheorghiu était prêtre de l'Église orthodoxe roumaine et cela se sent dans sa plume, toujours prête à défendre la dignité humaine.
De quoi ça parle, d'ailleurs, La condottiera? Et bien, c'est une affaire de meurtre: le meunier, ou plutôt l'ancien meunier car le moulin a été confisqué et le meunier a fait vingt ans de prison pour avoir osé le posséder, est retrouvé poignardé un jour. La milice, aussitôt, accuse le frère du mort, un prêtre, car dans leur esprit il est impossible que celui ci n'ait pas convoité la femme de son frère en vivant quotidiennement avec eux, depuis la fermeture du monastère. Évidemment, personne n'écoute leurs dénégations, ni leurs arguments.
C'est l'occasion d'une plongée dans les rouages de la dictature qui a étranglé la Roumanie pendant des années, de l'illogisme totale de ce genre d'horreurs et d'un roman qui a été une découverte totalement accidentelle , un lot de livres où d'autres m'intéressaient et celui ci a été pris dans le mouvement) , que je recommande très chaudement.
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Ys
  10 avril 2017
La Condottiera, c'est la Vierge - la commandante des exilés, des humiliés, des travailleurs trop pauvres pour avoir droit au repos avant celui qu'on trouve enfin sous la terre. C'est elle qui a donné son nom au moulin des Acathistes, village misérable du fin fond de la Roumanie, c'est elle qui a donné au meunier Nicolas Acathiste le courage de conquérir son rêve. Mais sous ses yeux d'icône, le corps de Nicolas gît désormais dans la poussière, un couteau dans le dos.
Deux gosse pouilleux ont prévenu la garde et voici Mavid Zeng, le terrible chef de la milice du pays de Vrancia, qui se déplace en personne, interroge le cadavre. C'est qu'aujourd'hui, personne n'était censé être au village : le peuple entier, de gré ou de force (de force surtout) participait aux célébrations de la Fête Nationale, l'anniversaire de l'invasion soviétique. Personne, absolument personne, n'avait autorisation d'être là, pas même ces deux gamins d'ailleurs - et l'absence aux célébrations du Parti est un crime bien plus grand encore que le meurtre banal d'un meunier ! Mais au bout du chemin, voici que se profile la silhouette du prêtre-moine Théophore Acathiste, le frère de Nicolas... un coupable idéal pour qui ne veut pas enquêter plus loin que le bout de son nez. Et puis, quoi de mieux qu'une bonne petite histoire de fratricide sordide pour salir cette religion qu'on ne peut décidément pour de bon extirper ?
C'est dans un langage très simple, comme épuré, que Gheorghiu conte les souffrances des Acathistes - et avec eux de tout le peuple roumain. Simplicité due peut-être en partie à l'usage d'une langue non maternelle (l'auteur écrit là son premier roman en français) mais qui convient à merveille à ces êtres humbles, humiliés, offensés, qui gardent comme les humiliés et offensés de Dostoïevski une droiture farouche jusque dans les pires malheurs. Et des malheurs, Dieu sait s'ils en rencontrent ! La misère noire, depuis la nuit des temps, puis l'invasion étrangère, la dictature communiste dont le roman dénonce la cruauté avec un féroce sens de l'absurde.
Face à cela, un idéal spirituel assez touchant, assez beau, même pour qui n'est guère familier avec la foi religieuse. Un idéal qui est à la fois humilité et révolte, qui permet de tenir toujours, envers et contre tout, et oppose un humanisme sensible, exigeant, à la froideur déshumanisée des machines oppressives.
Le propos est trop ouvertement militant pour ne pas manquer un peu de finesse, de nuance, mais il n'en est que plus percutant. Habilement construit, précis, efficace, le récit se lit comme un roman policier où l'identité du coupable ne se révèle qu'au bout de tortueux détours, qui auront offert au lecteur une plongée intéressante dans une page d'histoire souvent méconnue.
On est là un peu trop loin de ma sensibilité pour que je sois vraiment touchée mais c'est une lecture assez captivante et pleine d'intérêt.
Lien : http://ys-melmoth.livejourna..
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Chasto
  06 mars 2017
Heures sombres d'un pays, la vie se faufile d'entre les murs.
Les fêtes pleurent un temps déjà révolu.
La faucheuse fait son oeuvre, le bal s'anime puis, les regards se fuient et se calculent.
Lignes à suivre, lire et découvrir de chapitre en chapitre.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
TaraxacumTaraxacum   24 juillet 2015
Il n'y a plus de cierges dans le commerce, depuis vingt ans. Depuis l'invasion et l'occupation de Vrancia par les Moscals. On pense supprimer la foi en supprimant les cierges. Mais, en même temps que le catéchisme théorique, les enfants Sava et Tinca ont appris aussi le catéchisme pratique. La mère Anastasia - mot qui signifie résurrection - leur a appris à ne jamais jeter la cire quand on leur donne à manger un rayon de miel. Et tous les enfants chrétiens qui mangent le miel, dans tout le pays de Vrancia, apportent au prêtre les petits morceaux de cire qu'ils mâchent dans leurs bouches. De cette cire, mâchée par les enfants du pays, gardée et offerte par eux, on fond des cierges. Et ce sont les cierges qu'on allume à la liturgie, aux mariages, aux baptêmes et à la tête des morts. Et jamais les morts ni les églises n'ont manqué de cierges.
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YsYs   16 mars 2017
- Ils ont réellement la gale, Votre Camaraderie. Ils ne mentent pas. J'ai constaté leur gale de mes propres yeux. Et c'est moi qui leur ai interdit la participation aux glorieuses réjouissances, afin qu'ils ne transmettent pas leur gale aux masses populaires dans une si glorieuse journée.
- J'ai dit qu'il n'y a pas de gale dans une République Populaire, crie Mavid Zeng.
- Certes, Votre Camaraderie, il n'y a pas de gale dans une République Populaire. Certes, non. Il est absurde et inconcevable qu'il y ait la gale chez nous. A cause de cela, je suis arrivé à la conclusion que ces deux gosses ont fréquenté clandestinement les milieux religieux... J'ai ouvert une enquête criminelle. Et je prouverai que les gosses ici présents ont attrapé la gale dans l'église du village... Pendant les cérémonies moyenâgeuses.
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YsYs   16 mars 2017
Après le 23 août 1944, jour de l'occupation du pays par les envahisseurs moscals, on instaura la nouvelle société de type grégaire. Le peuple, dépouillé de toute propriété, fut organisé en troupeaux. Chaque troupeau ayant un chef responsable en uniforme et armé. Dans cette société où les hommes sont organisés comme les animaux, les titres de politesse, comme Monsieur, Madame ou Mademoiselle furent abolis. Tout le monde était obligé de se tutoyer en s'appelant camarade. Dès le commencement, on fut mal à l'aise, car si les vaches peuvent se tutoyer entre elles en s'appelant "camarade vache", elles ont de la peine à appeler leur vacher "camarade". Le peuple du troupeau eut de la peine à dire "camarade" au milicien du P.C. Cela sautait aux yeux qu'ils n'étaient pas des camarades. Ce n'était plus une différence de classe ou de rang, mais une différence d'espèce, comme celle qui existe entre la vache et le vacher. Les Collaborateurs de l'occupant possédaient tout, y compris le droit de vie et de mort sur le troupeau humain qu'ils commandaient. On accepta alors que le peuple appelle les Collaborateurs, non pas camarade car cela s'est avéré absurde, mais "Votre Camaraderie". Toujours à la troisième personne. Comme "Votre Grandeur".
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TatooaTatooa   07 juillet 2019
Le pays de Vrancia a une odeur de sang. Surtout le Castel Vaca, le siège du P.C. et de la milice. Le nom de Mavid Zeng - sécrète la terreur. Il suffit de le prononcer pour être foudroyé par l'odeur de cadavres, et bêtes mortes, à laquelle s'ajoutent l'odeur du sang frais, l'odeur des victimes torturées au château de la Vache.
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TaraxacumTaraxacum   24 juillet 2015
Mavid Zeng est un personnage petit, chétif, d'environ soixante ans, auquel aucun service de recrutement, de n'importe quelle armée de terre, n'aurait jamais donné un uniforme militaire. Il fut d'ailleurs réformé.Il n'a jamais fait de service militaire. Cela ne l'empêche pas d'être aujourd'hui en grand uniforme de colonel, avec des bottes vernies, des épaulettes immenses comme deux plateaux à galons, à la manière moscale, et la poitrine bardée de décorations. Mavid Zeng est colonel de la milice.
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Video de Constantin Virgil Gheorghiu (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Constantin Virgil Gheorghiu
La Vingt-cinquième heure (1967), extrait
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