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ISBN : 2246386314
Éditeur : Grasset (23/08/1989)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 40 notes)
Résumé :
Serge est un juif français de cinquante ans, marié à une Autrichienne protestante d'une vingtaine d'années et ils vivent en Amérique, zigzaguant entre trois langues, deux continents et ses deux filles à lui... D'emblée, le livre se brise en deux. Dans la première moitié, le journal même de l'auteur qui est sa version fin de siècle de {la Nausée}, où il explore sa solitude. Dans l'autre moitié, sa femme fait irruption. Se déplie alors le roman conjugal. Doubrovsky ra... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
tamara29
  29 août 2015
En quelques mots, en quelques phrases, sans emphase, Serge Doubrovsky m'a emportée, transportée. Portée par son texte, je me suis laissé prendre. Sans préliminaire, sans préambule, je me suis laissé entrainer dans sa bulle. Bulles de savon, ça explose. Savais pas que cela me ferait ça, comme ça. Avec tous ses jeux de mots, ses nombreux maux, il triturait mon cerveau avec des mots. Démoniaque écrivain qui m'a fascinée. Transporté mon imaginaire. Laissé séduire par son imagination. Imagine le plaisir à chaque page, à chaque phrase. Imagine comme il m'a alpagué pas à pas. Pas la peine de le nier.
Pour tous ses sujets, toutes ses passions, ses thèmes de prédilection, les penseurs, les philosophes, Sartre, le couple, ses femmes, sa femme, la guerre. Guerre le temps de m'y arrêter. Fallait le suivre, tout le temps, dans ses errements, ses réflexions, ses détournements de mots incessants, ces décompositions indécentes. Descentes et remontées. Des sens démontés émerveillent. Des sens qui s'éveillent. L'existence précède l'essence... le sens de la vie. Juste par des mots, le sens et contresens de chaque mot. L'essence de notre amour des lettres. Déchiffre des lettres. Des sourires et du charme. du coeur et de l'âme, j'ai déposé les armes. Pas cherché à résister. Purement irrésistible. Pureté du style, du stylo. Un vrai styliste de la langue. L'oeil et l'esprit. Mais moi j'ai pas la plume, le pinceau ni même de dico sous la main. Mais moi, j'ai pas assez de termes ni d'esprit pour dire combien c'est beau. C'est de l'art. du lourd.
Comme j'ai savouré me plonger dans son monde d'intello, de penseurs. Plongée en apnée. le suivre dans ses pensées. J'pense qu'il me remplit d'intellect, de mots et d'émotion. de raison, déraison et de sensation. Pense qu'il est doué des mots. Il joue avec les langues. Il joue avec la langue. Il manipule les mots comme il jongle avec l'esprit. Pervers, il triture notre cortex. Retord, les mots il les tort et décortique un à un, mot à mot, du tac au tac, comme un tic, comme un toc, tous ses maux, il les dissèque, quel mec. Jamais sec dans ses phrases courtes. Il court toujours, il cherche et se passionne. Passionné, passionnant. Sans concession, il avoue ses imperfections. Sans fard, il poursuit sur ses travers. On le suit vers un ailleurs. On poursuit, on le poursuit. On en veut encore de sa verve comme une jeune fille happée, harponnée par un beau parleur.
Mais, lui, il nous parle de plus en plus de son histoire avec une autre. Il parle de son amour perdu, de sa jeune femme disparue et là on ne sourit plus on ne respire plus. Passant de phrases courtes en phrases longues sans ponctuation hachées débitées comme on parle on discute on débatte on halète on suffoque.
Ce roman c'est pas sec. C'est sexy. C'est de la zic. Rock et jazzy. Ça sonne juste, justement. On s'attache comme ça touche. C'est tout chaud. C'est touchant. C'est troublant. Captivant. Bouleversant. Poignant.
De la musique je vous dis. du jazzy au gospel, des sourires aux larmes en ribambelle. Ça s'emmêle. Ça s'embrume. Comme ma plume.
Ce ton, c'est du rythme. le rythme de sa vie, sa vie de prof, d'auteur, de père, de mari. de New-York à Paris. C'est un hymne d'amoureux fiévreux, malade des mots, malade d'amour, d'amour trépassé. Et de l'esprit éveillé on passe au corps malmené. Ça prend aux tripes ce poème. Ça mouille les yeux comme ça saigne.
Et c'est bien la vie, tout ça, tout ce rythme et ces rimes. Et moi je rame à tenter de m'arrimer à son niveau. Vaut pas grand-chose avec mes jeux de mots faciles que j'répète mais Doubrovsky valait bien que je m'égosille à parler de lui et de ce texte. Et j'en souffre encore de ces dernières pages. Et je me tais, la gorge serrée. Plus de mots. Mise à mal par ce livre brisé. Comme sa vie en éclats.
Et moi j'ai juste tenté de raconter combien j'ai aimé. Mais moi et mes émois tourneboulés. C'est tout ce qu'il faut retenir de ce billet. Et moi et le plaisir jouissif de le lire. Et moi et la tristesse tant ressentie à le lire.
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Yorick_CDI
  25 août 2014
Dans ce livre Serge Doubrovsky raconte sa vie, au présent : il s'agit d'autofiction (Doubrovsky étant l'inventeur du terme).
Il vient de se marier avec une femme beaucoup plus jeune que lui, Ilse, qui était son étudiante. Celle-ci le met au défi d'écrire sur elle, puisqu'il a déjà écrit sur ses précédentes épouses (Claudia et Rachel) et sur ses filles issues de ses précédents mariages.
L'auteur relève donc le défi. Et l'on assiste médusé au récit sans concession des détails les plus intimes de la vie du couple (ainsi qu'à quelques leçons de Doubrovsky professeur, notamment sur la Nausée de Sartre, les Mots, et des réflexions assez vertigineuses sur l'autobiographie, et sur la Shoah). L'humour est très présent, mais à mesure que l'on avance dans le roman, la tragédie se noue. L'auteur écrit et décrit, comme s'il n'y pouvait rien, la détresse de plus en plus insondable de sa femme, entre son incapacité à trouver un emploi qui lui convienne, les avortements, la fausse couche, le désir d'enfant auquel lui demeure sourd, les disputes, les insultes, les coups même, les scènes de beuverie, l'alcoolisme. La solitude d'Ilse. La veulerie de Doubrovsky. Et le livre se brise. Ilse meurt.
Elle meurt, peut-être, sans doute, à cause du livre en train de s'écrire. Elle meurt pour de vrai, dans la vraie vie, pas seulement dans les pages du livre.
Et le lecteur en sort complètement ébranlé, interdit, balloté comme un caillou dans une mer déchaînée. Un soir de grande marée.
Ilse est morte, le livre est brisé, le lecteur aussi.

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soleil
  23 décembre 2007
De tous les livres que j'ai lus, incontestablement, le meilleur. Il est de ces livres qui vous scotchent, vous paralysent. Bouleversant.
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zazimuth
  30 novembre 2012
J'avais acheté ce livre en bouquinerie attirée par l'aspect autobiographique, récit de soi.
J'ai eu du mal à adhérer d'une part car le narrateur n'est pas forcément sympathique (mais ça m'a fait penser à ce que Michel Leiris expérimentait dans "L'âge d'homme" c'est-à-dire les limites de ce qu'on peut écrire sur soi).
D'autre part, l'écriture est très particulière avec des phrases très longues, pas toujours de ponctuation, des jeux de mot...
Mais c'est certain que la mort (suicide ?) de sa femme est assez terrible.
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dididewey
  16 novembre 2010
Un livre qui nous brise, littéralement, et qui brise toute envie de lecture autre. Il faut du temps pour s'en remettre et se remettre à lire ensuite. Bouleversant.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
didideweydididewey   16 novembre 2010
Avec ma femme, mon passé ne passe pas. Mes amours d'antan lui restent dans la gorge. La scène avec la belle a beau dater d'avant sa naissance, elle est jalouse Que j'ai pu en désirer d'autres, en aimer d'autres. Avant elle. Que j'en alimente mon style. Elle est hostile. Mes déballages de tripe et de coeur, farouchement contre.
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zazimuthzazimuth   11 juillet 2012
Si on avait un crâne en verre, si on pouvait se lire mutuellement dans les pensées, pas un couple qui n'éclaterait au bout d'une heure. (p.51)
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zazimuthzazimuth   25 novembre 2012
un être qu'on aime, on ne fait pas de tri dedans, c'est à prendre ou à laisser. (p.409)
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zazimuthzazimuth   25 novembre 2012
DE QUOI. M'obsède, me martèle la tête. Une fois mort, on est mort, qu'est-ce que ça change. Qu'est-ce que ça peut faire. Eh bien , non. JE VEUX SAVOIR. (p.330)
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zazimuthzazimuth   11 juillet 2012
On peut tout dire du moment que c'est passé. Le présent, voilà le problème, parce qu'il engage l'avenir. (p.50)
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Video de Serge Doubrovsky (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Serge Doubrovsky
Un homme de passage de Serge Doubrovsky Marque Page 16-02-2011
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