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EAN : 9782070369775
145 pages
Éditeur : Gallimard (22/09/1977)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Le 22 mai 1901, le procureur général de Poitiers apprend par une lettre anonyme que Mlle Mélanie Bastian, cinquante-deux ans, est enfermée depuis vingt-cinq ans chez sa mère, veuve de l'ancien doyen de la faculté des lettres, dans une chambre sordide, parmi les ordures. Comment cette affaire, où la culpabilité de Mme Bastian et de son fils semble évidente, put-elle aboutir à l'acquittement des inculpés ? André Gide démonte magistralement le dossier de cette affaire ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Nastie92
  26 août 2018
Deux livres en un dans ce recueil. Outre le récit qui lui donne son titre, on y trouve également "L'affaire Redureau".
Cette dernière histoire constitue selon Gide le premier volume d'une collection appelée "Ne jugez pas" et regroupant des affaires "non nécessairement criminelles, dont les motifs restent mystérieux, échappent aux règles de la psychologie traditionnelle, et déconcertent la justice humaine..."
En fait de collection, il y aura en tout et pour tout trois titres, le plus célèbre d'entre eux étant La séquestrée de Poitiers.
La séquestrée de Poitiers, c'est Blanche Monnier, qui a vécu enfermée dans une chambre de la maison de sa mère pendant vingt-cinq ans. Oui, vingt-ans !
Outre sa mère, son frère était au courant de la situation, ainsi que quelques personnes au service de la maîtresse de maison.
Et en vingt-cinq ans, personne n'a jugé bon de / n'a eu le courage de / n'a voulu dénoncer ce qui se passait et mettre fin au supplice de la malheureuse.
Lorsque Blanche Monnier fut enfin libérée, sa mère et son frère furent arrêtés, et un procès s'ensuivit ; c'est ce qu'André Gide a choisi de nous relater.
Les noms ont été changés, Blanche Monnier devenant Mélanie Bastian, mais à part cela, l'auteur n'invente rien, sa chronique étant en grande partie constituée de témoignages, d'extraits de rapports médicaux et du jugement du tribunal.
C'est froid, c'est clinique. Les faits purs et bruts.
Certaines descriptions donnent des haut-le-coeur, en particulier celle de la découverte de la recluse. La saleté dans laquelle elle était forcée de vivre est inimaginable.
Je suis restée sur ma faim. Non pas en ce qui concerne les images épouvantables, qu'André Gide nous sert abondamment, mais j'aurais aimé qu'après le volet judiciaire, l'auteur nous parle de la suite.
Qu'est-il arrivé à Blanche/Mélanie après ?
Si l'on imagine aisément les traces physiques et psychologiques que peuvent laisser tant d'années de réclusion, si l'on suit l'arrivée de la victime à l'hôpital et les premiers temps de son séjour, on ne sait absolument rien de ce qu'elle a vécu ensuite. Et ça m'a manqué, parce qu'après la lecture de tant d'horreurs, j'avais besoin de lire quelque chose d'humain.
Pas nécessairement enjolivé, pas de happy end forcé, non. Mais après ce que "la séquestrée de Poitiers" a vécu, j'aurais voulu savoir qu'elle avait bénéficié d'un peu de compassion, qu'elle avait connu un peu d'humanité, qu'elle avait été prise en charge par des personnes bienveillantes.
Au moins un petit peu...
Ce récit, qui fait froid dans le dos et soulève le coeur, m'a un peu déçue par sa froideur et son manque de point de vue humain.
La seconde histoire ne m'a pas vraiment plus convaincue.
L'auteur ne prend pas partie. Comme l'indique le titre choisi pour la collection, il ne juge pas. Il écrit seulement une chronique judiciaire, c'est son choix.
Mais moi, lectrice, j'aurais voulu trouver autre chose dans ces textes.
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paroles
  01 juillet 2019
Dans la séquestrée de Poitiers, comment se fait-il que Melanie Bastian âgée de 52 ans, soit restée pendant vingt-cinq ans enfermée dans sa chambre, sans que personne n'y trouve à redire et sans qu'au final ne soient condamnés ni sa mère et ni son frère ? Ahurissant, non ?
Une autre affaire, tout aussi extraordinaire, est celle de ce jeune Marcel Redureau, garçon doux et docile, alors âgé de quinze ans, qui assassine son patron, sa femme, les enfants et la bonne, en tout sept personnes, sans qu'aucun avertissement ne soit prononcé. Et le jeune Marcel, sera lui condamné à vingt ans d'emprisonnement sans aucune retenue due à son jeune âge d'adolescent.
Deux histoires datant du début du XXe siècle et qui ont, en leur temps, défrayé la chronique. Sûrement moins qu'aujourd'hui, les media n'étant pas les mêmes, mais qu'Andé Gide, préoccupé de justice et intéressé par la psychologie, a relevé et commenté à sa façon. Relevé et consigné dans cette collection « Ne jugez pas ». Une collection, bien précurseur de toutes les émissions télévisées actuelles qui essaient de décortiquer les comportements psychologiques des assassins, telles que « Faites entrer l'accusé », « Enquêtes criminelles »... et bien d'autres.
Un ouvrage intéressant pour le regard et l'analyse d'André Gide.
Lien : http://mespetitesboites.net
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Peluche0706
  25 août 2016
André Gide s'est lancé dans les faits divers et a publié des livres récurrents pour évoquer des cas de justice particuliers, qui peuvent poser des questions. La collection se nommait « Ne jugez pas ».
Je connaissais déjà un peu André Gide : j'ai lu l'école des femmes et la symphonie pastorale. Je n'avais pas ressenti dans ces 2 romans d'attrait spécifique pour les faits divers. Sa plume était d'ailleurs beaucoup plus agréable dans ces deux livres par rapport à « La séquestrée de Poitiers », rédigé comme un rapport de police.
L'histoire qui nous intéresse est atroce : une femme a été séquestrée pendant 25 ans. Elle est retrouvée dans son lit couverts d'excréments, les cheveux et les ongles longs, très maigres,… Pourquoi est-elle là ? Pourquoi sa famille l'a condamnée à rester là ? Pourquoi son frère a-t-il été acquitté lors de son procès ?
Certes, c'est arrivé en 1901 et c'est du passé. Mais, la raison pour laquelle le frère a été acquitté me hérisse le poil. L'époque était très différente : beaucoup de situations familiales et personnelles étaient tabous et il ne fallait pas en parler et c'est ce qui a « sauvé » son frère. Je vous invite à lire ce livre qui ne fait qu'une cinquantaine de pages pour découvrir tout cela.
En bref, j'ai bien aimé cette lecture car on ressent bien l'agacement d'André Gide même sous forme de citation de rapport de police. J'ai eu quelques haut le coeur parfois … A lire à jeun…
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Okenwillow
  01 octobre 2020
André Gide signait ici la premier volume de la collection Ne jugez pas, paru chez Gallimard en 1930. La collection ne comptera finalement que 3 volumes et ma lecture rassemble à la fois La séquestrée de Poitiers et L'affaire Redureau. La collection avait pour vocation d'exposer des "affaires échappant aux règles de la psychologie traditionnelle et déconcertante pour la justice". L'auteur nous présente des documents d'époque, des extraits de témoignages, dans le but de faire comprendre au lecteur les tenants et les aboutissants de l'affaire. En l'occurrence, tout porte à croire à une sordide histoire de séquestration, alors que la réalité, ancrée dans une époque et un milieu bien particuliers, est tout autre. Il s'agit de ma première approche d'André Gide. Je la soupçonne de ne pas être vraiment représentative de son oeuvre, le format ne se prête guère à des fantaisies créatrices, il s'agit surtout de rapporter des faits, il n'y a pas grand-chose qui pourrait faire de ce livre un vrai roman, l'auteur n'est clairement pas là pour se faire plaisir, ni pour étaler sons avoir-faire stylistique. Les personnages sont décrits tels que rapportés dans les documents et les témoignages de l'époque, rien de plus. Je ne dirais même pas qu'il s'agit d'une brillante analyse étant donné que l'auteur se contente se rapporter les faits sans fouiller plus loin. certes, les faits sont assez parlants et le parti pris était justement de n'exposer que les faits, qui en fin de compte se suffisent à eux-mêmes.L'affaire Redureau relate le crime de Marcel Redureau, jeune employé de ferme de 15 ans, doux et réservé, qui a sauvagement assassiné sept personnes (son patron et la famille de celui-ci) en 1913. L'auteur cherche là aussi à démontrer l'inexplicable, l'impardonnable. Il souhaite donner un autre éclairage à l'affaire, en insistant sur le fait qu'un crime particulièrement sanglant peut être l'oeuvre d'un individu sain et équilibré, sans histoire ni penchant particulier pour la violence. le coup de folie peut survenir sans crier gare, chez n'importe qui. Rien de très littéraire là non plus, mais toujours des faits et des documents d'époque.Dans l'ensemble, le plus enfiévré des esprits sera déçu de ne pas trouver plus de romanesque dans ces récits, et le plus méthodique sera déçu par la brièveté des deux histoires. Une lecture sympatique mais pas inoubliable.
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Tobidhambourg
  02 octobre 2020
Deux "récits" qui sont davantage des compte rendus, une retransmission par l'auteur de deux procès perturbants : la séquestrée de Poitiers tout d'abord qui narre l'enfermement depuis 25 ans d'une femme de 52 ans dans une petite pièce, chez sa mère, et l'affaire Redureau, l'assissinat d'une famille par un des servants de la maison âgé de 15 ans à l'époque des faits.
Vu le caractère profondément dérangeant des affaires j'ai très vite accroché au "récit" de Gide ; pour autant l'ensemble reste assez bancal. Si la première partie (La séquestrée...) est bien "ficelée" (si l'on peut dire cela d'une affaire bien réelle), avec une construction permettant de comprendre via retour en arrière la réalité de la situation, la seconde partie du livre sur Redureau est bien moins prenante ; le crime est grave, mais on a au final un empilement de divers documents qui amènent à de nombreuses répétitions.
Il ne s'agit pas pour Gide de faire du "Faites entrer l'accusé" facile, d'aller piller la rubrique Faits divers pour sortir quelques bouquins : l'auteur se livre via ces deux affaires à différentes thèses (ce qu'il ne voulait pas faire d'après les préfaces, allez comprendre) qui, de nos jours, pourront paraître plutôt désuètes (je pense au raisonnement douteux sur l'adolescence par exemple, peu clair).
En somme un ouvrage intéressant lorsqu'il s'agit de voir ce que pouvait être un procès ou le droit de façon plus générale au début du XXe siècle. Toutefois en tant qu'oeuvre "littéraire" cela reste plutôt anecdotique.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Nastie92Nastie92   12 octobre 2018
Ce même jour, à cinq heures, M. le Juge d'instruction Du Fresnel vint à son tour visiter la chambre. Après les premières constatations, qui concordent avec celles du Commissaire, il ajoute :
«Dès que le jour est entré dans la chambre, nous apercevons dans le fond, étendue sur un lit, le corps et la tête recouverts d'une couverture d'une saleté repoussante, une femme que Pierre Bastian nous dit être Mlle Mélanie Bastian, sa sœur... La malheureuse est couchée toute nue sur une paillasse pourrie. Tout autour d'elle s'est formée une sorte de croûte faite d'excréments, de débris de viande, de légumes, de poisson et de pain en putréfaction. Nous voyons aussi des coquilles d'huîtres, des bêtes courant sur le lit de Mlle Bastian. Cette dernière est couverte de vermine. Nous lui parlons, elle pousse des cris, elle se cramponne à son lit, tout en cherchant à couvrir davantage sa figure. La maigreur de Mlle Bastian est effrayante ; sa chevelure forme une natte épaisse qui n'a point été peignée et démêlée depuis longtemps.
L'air est tellement irrespirable, l'odeur qui se dégage de l'appartement est tellement fétide qu'il nous est impossible de rester plus longtemps pour procéder à d'autres constatations.»
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Nastie92Nastie92   26 août 2018
Mélanie Bastian arriva à l'Hôtel-Dieu de Poitiers, le 23 mai 1901, vers sept heures du soir. [...]
Elle est dans un état de saleté épouvantable, nous disent les témoins de l'époque. La face, d'une blancheur de cire, est très émaciée. Le corps, d'une maigreur excessive, recouvert, par places, d'une épaisse couche de crasse. Les ongles des mains et des pieds sont très longs.
Les cheveux forment une masse compacte de plus d'un mètre de longueur, trente centimètres de largeur, et quatre à cinq centimètres d'épaisseur... C'est un feutrage compact, formé par les cheveux mêlés aux matières excrémentielles et aux débris de nourriture. L'odeur qui se dégageait de cette masse était si épouvantable que les docteurs autorisèrent les personnes présentes à fumer.
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cocacoca   04 février 2013
Nous tâcherons de comprendre un peu mieux ce que furent ces "criminels" : cette mère et ce frère que, d'autre part, l'on nous présentera comme de si honnêtes gens ; quels furent les motifs de leur crime ? ... Ce qui me paraît si particulièrement intéressant dans cette affaire, c'est que le mystère, à mesure que nous en connaissons mieux les circonstances, s'approfondit, quitte les faits, se blottit dans les caractères, aussi bien du reste dans le caractère de la victime que dans le caractère des accusés.
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cocacoca   04 février 2013
M. Pierre Bastian - dit le commissaire - nous conduisit au deuxième étage dans une chambre éclairée par une seule fenêtre donnant sur la cour. Nous nous trouvons alors dans une demi-obscurité et dans un air vicié, au point de nous obliger à sortir immédiatement de cette pièce, non sans avoir constaté pourtant que les persiennes de cette fenêtre sont fermées et reliées par une chaîne munie d'un cadenas, que la fenêtre est elle-même hermétiquement fermée et garnie de bourrelets à tous les joints.
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cocacoca   05 février 2013
La liberté, c'est un état, l'état de l'homme en pleine maîtrise de lui-même. L'homme n'est pas responsable lorsqu'il est en état de démence ; il lui manque alors et l'intelligence et la liberté. (affaire Redureau)
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Videos de André Gide (40) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de André Gide
"André Gide parmi nous", par Henri Queffélec : première diffusion sur France Culture le 26 décembre 1969. Photographie : André Gide (1869-1951), écrivain français, et le masque de Giacomo Leopardi, rue Vaneau, à Paris. © Laure Albin Guillot / Roger-Viollet. Dans cette conférence, Henri Queffélec nous parle, entre autres choses, de l’influence de Gide sur la jeunesse - influence plus intellectuelle que littéraire -, sa brouille avec Claudel, son retour d’URSS et les retouches qui s’en suivirent…. « Beaucoup de choses à dire aux jeunes gens trop nerveux ou trop indociles »…
Source : France Culture
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