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EAN : 9782714494252
272 pages
Belfond (05/11/2020)
4.07/5   522 notes
Résumé :
Après D'ombre et de silence, Karine Giebel offre un nouveau recueil de textes noirs, humains, bouleversants et engagés.
Il y a des soupirs, des souvenirs et des sourires.
Il y a ces jours sans fin et ces nuits sans chaleur. Cette sensation d'être sale, d'être rien, moins que rien.
Ces dangers qu'on n'a pas vus venir, ces risques qu'on n'a pas osé prendre. Ces tentations auxquelles on n'a pas eu la force de résister.
Il y a ces mauvais hér... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (151) Voir plus Ajouter une critique
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Jeanfrancoislemoine
  13 décembre 2021
Je ne lis pas de nouvelles . C'est un genre tellement difficile qu'en dehors des " maîtres " Poe et Maupassant , que j'adore , peu d'auteurs trouvent grâce à mes yeux . Ne croyez pas que je sois prétentieux en affirmant cela mais , non , vraiment , ce n'est pas " mon truc " , c'est tout . Comme dirait l'autre , " Va comprendre " . Ben justement , c'est si peu important qu'on ne va pas se torturer l'esprit avec ce détail.
Alors , me direz - vous , pourquoi " Chambres noires ? " . Oh , c'est très très bête, je pensais que c'était un roman !!! Oui , je sais , c'est pas terrible de trouver un tel argument ...Oui , mais , on peut arrêter quand on n'aime pas , non ?
Alors là , chères amis et amis , c'est Karine Giebel , tout de même . Et puis , comment vous dire ? J'ai lu la première, puis la seconde , puis , puis ....et sans renier totalement mon avis de lignes précédentes, il me faut bien reconnaître avoir ressenti énormément d'émotions en voyageant dans le temps , dans différents lieux , en côtoyant des personnages dont la " meilleure compagnie " était souvent la misére , la difficulté de survivre , l'injustice , les douleurs , les faux espoirs , la descente aux enfers .
Karine Giebel n'a pas renoncé à décrire un monde plutôt désespérant comme c'est souvent le cas dans ses romans . Chez elle , le soleil ne brille jamais très fort ni très longtemps et " si la misère est moins dure au soleil " , ce n'est pas vraiment à elle qu'il convient de s'adresser .
Laquelle de ces nouvelles ai - je préféré ? Peut - être bien " l'escalier", il y aurait tant à dire et comment passer sous silence la superbe et si violente " Au revoir les enfants " ?
Si je reste sur mes positions , je reconnais qu'en peu de pages , Karine Giebel m'a fait " passer " énormément d'émotions et je l'en remercie vivement .
Il n'empêche que cette émotion passe toujours par les personnages , alors que chez Maupassant , c'est " tout " qui fait sens , aussi bien l'atmosphère, la nature , les êtres vivants etc....Vous allez me dire que l'on n'est pas là pour parler De Maupassant et vous aurez parfaitement raison ...
Karine Giebel écrit un très beau recueil de nouvelles et permis , une fois de plus de " savourer " ...Le reste , si je puis me permettre , c'est de " la littérature " .
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La_Bibliotheque_de_Juju
  30 octobre 2020
Karine Giebel is back !
Encore une fois elle nous plonge dans le Noir et décide de nous faire son cinéma !
Pelotonnez-vous dans votre fauteuil, éteignez la lumière et laissez vous engloutir dans sa salle obscure …
Quatre nouvelles aux titres tirés de quatre grands films. le vieux fusil. L'armée des ombres. Un monde parfait. Au revoir les enfants. A ces histoires s'ajoutent quatre nouvelles plus courtes déjà publiées dans des recueils caritatifs.
Comme souvent chez Karine Giebel, la frontière entre victime et bourreau est aussi mince que le fil du rasoir sur lequel elle promène ses personnages. On entre de plein fouet dans chaque histoire que l'on dévore presque à regret tant elle sait y faire.
Ils s'appellent Martin, Axel, Mathilde, Yvonne ou Aryana. Ils nous ressemblent, ils sont ce que notre société a osé faire d'eux. Personnages forts, humains et terribles.
Je ne suis pas grand amateur de nouvelles, et pourtant que j'ai aimé ce recueil-là.
L'empreinte Giebel, indélébile, est plus que jamais bien présente et j'ai refermé ce recueil avec regret tant je sais qu'il va falloir patienter encore pour retrouver la maîtresse du noir dans un prochain roman.
Mention plus que spéciale pour Au Revoir Les Enfants qui m'a juste fracassée le coeur, véritable pépite, moi qui pensait ne pouvoir lire aucune histoire sur la période que nous vivons actuellement sans avoir envie d'arracher les pages … Là, Karine Giebel est juste bouleversante, et sort un peu du cadre de ce qu'elle peut proposer d'habitude.
A la fois noir et engagé, ce recueil offre à son lecteur des histoires captivantes et terriblement humaines qui m'ont laissé cette amertume propre à l'auteure de mon coeur. Des histoires qu'on ne lit pas innocemment mais qu'on prend en plein face, comme on se rend compte du pire …
Ce recueil sort le 05 Novembre. Foncez. Juste, foncez ! Les livres ont besoin de nous !
 
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sylviedoc
  02 août 2021
Avec Karine Giebel, je prends goût aux nouvelles ! Désolée, il fallait que je la fasse celle-ci...
Quand je pars en vacances, je me concocte un menu de lectures variées que je savourerai avec délices, du moins je l'espère, et ces nouvelles ont constitué mes amuse-bouche ainsi que mes entre-deux-plats (des trous occitans en quelque sorte, puisque c'est là que j'ai posé mes valises pour trois semaines).
Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y avait du relevé, de l'épicé là-dedans !
On commence par une chambre très noire, celle de Martin, dans "Le vieux fusil". On lui accorde bien des piles pour sa lampe de poche de temps à autre, mais il doit être bien sage pour les mériter. Et son menu à lui est plutôt frugal, ces dernières années. Mais peut-être a-t-il mérité d'être puni, le vilain Martin ? de pourrir dans son trou, à la merci de geôliers vengeurs ?
Vous jugerez. J'ai adoré. Je dois être un brin sadique quelquefois...
Changement total de registre avec "L'armée des ombres", où l'on trime comme des forcenés pour nourrir sa famille, j'en ai carrément perdu l'appétit tellement je me suis mise dans la peau de Mathilde, obligée de cumuler plusieurs emplois et qui ne peut même pas s'offrir un logement avec sa fille. Ces ombres, ce sont celles qui font en sorte que votre bureau soit nickel quand vous arrivez à huit heures au boulot, qui se tapent deux heures de métro en pleine nuit et sont parfois obligées d'accepter des missions encore plus dures, encore plus loin selon le bon vouloir du patron.
Le dénouement m'a fait monter des larmes...J'ai du enchaîner avec une lecture très légère avant de continuer le recueil.
"Un monde parfait" m'a fait sourire au début, puisqu'il commence sur la route des vacances : "canicule, embouteillages et képis en embuscade tous les 20 kilomètres", toutes choses que nous n'avons pas vécu cette année lors de notre trajet vers les Pyrénées-Orientales (par contre au retour, c'était une autre histoire !). Mais très vite le sourire devient jaune et la mâchoire se crispe, les vacances d'Axel, Julie et leur petit Dylan ne commencent pas sous les meilleurs augures et le café de l'aire de repos a tout à coup un drôle de goût...un peu acide ! Je vais goûter quelques écrevisses pour faire passer (je vous en reparlerai prochainement d'ailleurs).
Mais voilà qu'il est l'heure de dire "Au revoir les enfants", et c'est Yvonne, pensionnaire de l'Ehpad Les Sapins-blancs qui nous narre son présent, très actuel puisqu'il se déroule pendant le premier confinement, et qui revit son passé de résistante et de déportée, hésitant à écrire ses mémoires depuis sa dernière chambre. Elle m'a profondément émue Yvonne, j'aurais voulu la rencontrer ainsi que son amie Louise. J'aurais voulu pouvoir leur dire "on va s'en sortir, on pourra bientôt redescendre manger ensemble au réfectoire et écouter chanter Madeleine. Et j'aurais enfermé Martyrise, la méchante sorcière de l'établissement dans un cachot du sous-sol, au pain sec et au vinaigre.
Difficile d'enchaîner après ce texte qui touche de si près le vécu récent dans les Ehpad, la plume de Karine Giebel a su me faire ressentir ce qu'on du éprouver les résidents pendant cette affreuse période où ils étaient cloîtrés sans aucun lien avec l'extérieur.
Quatre nouvelles plus courtes et déjà publiées dans d'autres recueils complètent cet opus. J'avais déjà lu celles qui sont parues dans "Treize à table", édité chaque année au profit des Restos du Coeur, et dont Karine Giebel est une fidèle contributrice. Je ne les détaillerai pas ici. Par contre j'ai été bouleversée par "Sentence", l'histoire de jeunes amoureux en Inde, parce que je sais que cette fiction n'en est hélas pas vraiment une, dans certaines régions malheur à celle qui choisit un autre partenaire que celui auquel on la destine. Très court, mais terrifiant.
J'ai picoré ce recueil morceau par morceau, même si j'aurais pu le dévorer d'un seul coup, quand j'aime, je m'en garde "pour après". L'auteure m'a rarement déçue, et elle m'a prouvée qu'elle avait plusieurs cordes à son registre (oui ça ne se dit pas, mais j'avais envie quand même). Bien sûr quand il s'agit de nouvelles il y en a toujours qu'on préfère, pour moi "Le vieux fusil" et "Au revoir les enfants", d'autres qu'on apprécie un peu moins comme "Un monde parfait" ici qui m'a un peu frustrée. C'est l'étoile qui manque, parce qu'il est très difficile d'écrire sur des thèmes aussi différents dans un même livre, d'autres lecteurs n'ont pas eu les mêmes coups de coeurs que moi. Mais une chose est sûre : nous nous reverrons, Madame Giebel !
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iz43
  21 octobre 2021
Je referme le recueil de nouvelles et je me sens KO.
J'ai l'habitude avec Karine, de me prendre de grandes claques, de souffrir avec ses personnages, de me triturer l'âme.
Ici on est loin de l'ambiance de ses romans, des thrillers qui envoient du lourd.
Et pourtant en quelques pages, j'ai vraiment été émue. Karine ne choisit pas des princesses, des avocats ou autres comme personnages. Elle s'intéresse aux petites gens, à ceux que l'on ne voit pas. Elle touche à des sujets qui m'ont remué les trippes.
Chambre noire est la nouvelle que j'ai le moins aimé.
Martin est un sale type qui se retrouve forcé d'expier ses crimes. Je dois être trop gentille. J'ai eu mal pour lui.
L'armée des ombres met en lumière si j'ose dire Mathilde une femme de ménage qui cumule les heures et ne parvient pas à tenir la tête hors de l'eau. Je l'ai trouvée difficile mais en même temps très tristement réaliste.
"Un monde parfait" commence sur la route des vacances pour Axel, Julie et leur enfant Dylan mais on se le doute bien avec Karine les vacances tournent vite au cauchemar.
Dans "Au revoir les enfants" Yvonne une dame âgée en Ehpad nous raconte son présent en plein premier confinement puis son passé d'ancienne résistante et déportée. Là je crois que j'ai pleuré non stop. J'ai dû faire une pause d'ailleurs.

Suivent quatre autres nouvelles plus courtes (certaines sont parues dans Treize à table).
Je les ai trouvées aussi très touchantes.
J'ai été horrifiée par Sentence qui situe son histoire en Inde où deux amoureux s'aiment en secret et n'en n'ont pas le droit. J'ai cru devenir folle en découvrant leur punition. Une autre qui se passe en Afrique m'a aussi beaucoup bouleversée. En fait toutes quand j'y réfléchis. Comme ce SDF avec son chien.
J'ai beaucoup aimé ces 4 nouvelles même si elles m'ont emplie de tristesse.
Karine ne m'a jamais déçue.
On ne ressort pas indemne de ses lectures. On se retrouve fracassé, le coeur passé à la moulinette. Un peu honteux aussi d'être privilégié par rapport aux personnages de Karine. Désabusé aussi par la cruauté du monde dans lequel nous vivons.
Bon il faut que j'enchaîne sur une lecture plus légère.

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diablotin0
  06 décembre 2020
Exceptionnellement je ne referme pas le dernier livre de Karine Giebel enthousiasmée. Certes, les nouvelles (genre que je n'apprécie que très moyennement) se lisent vite et ont toutes un petit supplément d'âme, mais mise à part la nouvelle "l'escalier" déjà lue dans un autre recueil, aucune ne m'a bouleversée.
J'ai une préférence pour le côté très sombre des thrillers psychologiques de Karine Giebel, que personne n'égale pour moi. "Le Vieux Fusil" est la seule nouvelle qui renoue avec cet aspect noir mais le format de la nouvelle ne permet pas d'affiner les caractères, de creuser les états d'âme et de pousser le machiavélisme à son paroxysme. le côté plus social de Karine Giebel, que j'avais toutefois beaucoup apprécié, dans "toutes blessent, la dernière tue" ne m'a pas ici convaincue.
Je dois reconnaître que si j'avais lu ces nouvelles chez un auteur inconnu, j'aurais sans aucun doute noté, leurs qualités mais de Karine Giebel j'attendais beaucoup plus. Voilà ce que c'est d'être au top, on en demande toujours plus ou au moins autant. J'attends avec impatience un nouveau roman noir, très noir comme vous savez si bien faire.
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Citations et extraits (92) Voir plus Ajouter une citation
YggdrasilaYggdrasila   22 avril 2021
À l’école, le maître nous avait dit que notre pays était l’un des plus grands de la planète et quasiment le plus vaste d’Afrique. Que notre sous-sol regorgeait de choses précieuses dont le monde entier avait besoin. Que nous avions d’immenses forêts, de beaux lacs, et même des volcans ! Mais personne, pas même le maître, n’avait pu répondre à ma question pourtant simple. Si nous possédons tout cela, pourquoi sommes-nous si pauvres ?

Extrait de la nouvelle : Les hommes du soir
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YggdrasilaYggdrasila   21 avril 2021
Des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards. Les animaux, aussi. Ceux qu’on élevait avec soin. C’est tellement important, les animaux. Les hommes ne peuvent pas vivre sans eux. Alors que l’inverse est possible, je crois.

Extrait de la nouvelle : Les hommes du soir
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PillyPilly   04 novembre 2020
J'ai vu le progrès changer nos vies, adoucir notre quotidien.
J'ai vu les congés payés, la pilule, la légalisation de l'avortement.
J'ai vu les voitures remplacer les chevaux et les vélos. J'ai vu Paris se rapprocher de Marseille, les avions passer le mur du son, les hommes aller sur la Lune.
J'ai vu mourir la variole et la rage, naître les greffes de cœur et de rein, le scanner et l'IRM.
La télévision, la radio.
J'ai vu tout ça...
Mais j'ai aussi vu l'eau se troubler et le ciel se voiler. J'ai oublié le goût et l'odeur de la terre, le rythme des saisons. J'ai vu disparaître les arbres et les espèces qui volent ou qui marchent. J'ai vu le niveau de la glace descendre, celui des océans monter, j'ai vu les déserts avancer.
Et surtout, j'ai vu revenir les ombres effrayantes du passé, les hommes perdre la mémoire, commettre les mêmes erreurs, encore et encore...
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JuinJuin   13 février 2021
Quand à celui qui nous gouverne, il a parlé de guerre. Il est bien trop jeune pour savoir ce qu'est la guerre. La vraie.
Moi, je sais.
Chaque soir, à la télé, un médecin en costard-cravate fait le décompte macabre de ceux qui meurent à l'hôpital. Peut-être ferait-il mieux d'enfiler une blouse et d'aller aider ses collègues ! En tout cas, il pourra se recycler en expert-comptable si le corps médical ne veut plus de lui après la guerre.
( p 172)
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leslivresmapassionleslivresmapassion   13 février 2021
Ca y est, tout le monde est confiné à la maison. Les avions sont cloués au sol, les voitures remisées dans les garages. Les supermarchés ont été dévalisés ; il paraît que les gens se sont rués sur le papier toilette. Comptent-ils fabriquer des masques de fortune avec du Lotus Confort ?
Quant à celui qui nous gouverne, il a parlé de guerre. Il est bien trop jeune pour savoir ce qu'est la guerre. La vraie.
Moi, je sais.
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Après "D'ombre et de silence", Karine Giebel nous offre un nouveau recueil tout en noir, humain, engagé, bouleversant, qui agit comme un révélateur, nous faisant ouvrir les yeux sur le monde en dépit de son opacité et de sa noirceur.
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