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EAN : 9782266292184
384 pages
Éditeur : Pocket (10/10/2019)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 257 notes)
Résumé :
Vous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer.
Inexorables, les conséquences des mauvais choix d'un père.
Inexorable, le combat d'une mère pour protéger son fils.
Inexorable, le soupçon qui vous désigne comme l'éternel coupable.
Inexorable, la volonté de briser enfin l'engrenage...
Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants.
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Critiques, Analyses et Avis (122) Voir plus Ajouter une critique
Ladybirdy
  13 décembre 2019
Impeccable ! Ce roman sous des airs de thriller est brillant et magistral. Un drame qui n'est pas sans rappeler la dure réalité de certains enfants sur qui plane l'inexorable fatalité.
J'ai aimé ce roman de la première à la dernière page, je l'ai trouvé haletant, bouleversant, impitoyable, il m'a secoué autant que Raisons obscures d'Amélie Antoine. Bravo! Me voilà réconciliée enfin avec les thrillers.
Nul flic ici, brigade, hémoglobine, et tout ce que je fuis en général dans les romans policiers. Juste un fait de société d'actualité. Un couple, Alexandra et Victor et leur fils de quatre ans, Milo. La mère s'occupe de tout car son mari, militaire est très peu présent. Quand il revient à la maison, son fils Milo n'a d'yeux que pour lui. Mais Victor n'est pas clean et quand il se fait arrêter devant femme et enfant, c'est l'univers de ce petit garçon qui bascule.
Un enfant qui souffrira tant et plus si la fatalité et la vie ne s'étaient pas acharnées sur lui.
La construction de ce roman est épatante. On suit l'évolution de ce garçon de ses quatre ans à ses vingt ans. On crève littéralement avec lui. Harcèlement, violence, a priori, il se façonnera à travers l'injustice et le regard des autres, pataugeant entre souffrance et accalmie. On est triste, effondré à la lecture de ce roman puis on reprend son souffle pour s'effondrer de nouveau après.
À côté de la descente en enfer d'un enfant innocent, on est plongé littéralement au coeur de l'amour maternel. Jusqu'où peut aller une mère par amour ?
Puis, on se questionne de savoir pourquoi la résilience, placardée sur la porte des bonnes rencontres fait pour certains à ce point faux bon. C'est tellement aberrant et criant de vérités un tel acharnement, une enfance à ce point bafouée suite à un premier élément perturbateur. Pas d'argent pour payer à son fils un psychologue, pas d'âmes sensibles pour comprendre les orgies de la souffrance enfantine. Une mère, seule contre tous sans autre moyen que son amour.
Inexorable est un très très gros coup de coeur. L'écriture, la construction, le style narratif, l'histoire, l'attachement aux personnages, c'est magistral. Une auteure que j'ai déjà hâte de lire à nouveau.
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Jeanfrancoislemoine
  05 novembre 2019
La pluie , la pluie continue à s'abattre sur une terre, qui , pour en avoir tant besoin , ne semble pas s'en repaître...Oui , bon , c'est bien la pluie , d'accord , il en faut , mais moi , je viens de me taper ,en plus de "frère d'âme" , "une terre d'ombre "et "le doute " et j'avoue que le moral , il est " dans les chaussettes" , comme on dit par chez nous .De très bons romans , certes , mais, bon , faut pas être " dépressif " ... Allez , il me faut un petit rayon de soleil . Allez , oui , un bon polar , bien mené , crime , enquête ( compliquée , bien entendu ) , les bons récompensés, les méchants punis ...Je cherche ...Je cherche ...ah , voilà... Claire Favan .Elle , la Claire , c'est du " lourd " , je connais un peu et , franchement , c'est bien . Vous connaissez - pas ? Non , c'est pas vrai ? Bon , enfin , c'est bien vous qui voyez .Pour moi , ce sera " Inexorable " pour enfin retrouver une atmosphère un peu plus " légère " .
Un bon polar , vous - dis je , oui , sauf que là , c'est pas vraiment un polar , oh non , c'est , comment dire ....oui , bien mieux qu'un polar . Ca ressemble plutôt à la vraie vie ça , surtout dans les 250 premières pages qui défilent , défilent .. Elle , c'est Alexandra , lui , c'est Victor et l'enfant , c'est Milo . le gamin , il adore son père , son idole . Et puis , ce soir - là, les flics surgissent et arrêtent Victor sous les yeux pleins d'effroi de sa femme et ....de son gamin ...A partir de là , plus rien n'est " normal " , tout se délite, les valeurs s'effrondent , et le monde s''écroule , poussé par un tsunami qui balaie tout sur son passage , qui balaie tout , sauf l'amour d'une mère pour son fils , une mère qui renverse tous les obstacles pour sauver ce fils dont la vie qui s'annonçait si belle , vire au cauchemar ....Les obstacles se dressent les uns après les autres : les instits , les animateurs , les "camarades ", les familles , les profs , l'institution scolaire , la société...Et une mère qui , après avoir ( un peu ) douté, laisse parler son coeur de maman jusqu'au bout du bout ...
Tout le monde en prend pour son grade , sans " moufter" , en retenant son souffle Que dire ?.L'auteure frappe où ça fait mal et ...on se tait parce que sans voix , parce que sans argument , parce que sans réponse....
On suit la vie du jeune Milo , un personnage qui nous interpelle à l'extrême, un personnage qui , peu à peu , se fraye un chemin dans notre moi intime , qui creuse , creuse et nous émeut au point d'en devenir notre " combat ", notre " symbole ", annihilant en nous toute objectivité, un " sale gamin " qui devient si proche que nous ne pouvons que trembler pour lui et reporter tout notre force sur sa mère , la grandiose Alexandra . Une ambiance lourde , pesante , intenable qui fait que les pages se tournent avec avidité , une écriture superbe , d'une incroyable limpidité , une expression des sentiments extraordinaire , deux personnages , ouaaah !!! ...Claire Favan , dans ce roman , joue avec nos sentiments , nous " emberlificote " jusqu'à ce que , incapables de lutter ,nous nous ralliions à sa cause .
Oui , c'est sans doute un polar , mais je pense que c'est plus une peinture sociétale d'une extrême justesse qui nous montre combien il est facile de se trouver ,à son insu ,d'un côté ou de l'autre de la ligne fatidique , celle qui fera de nous un ....ou un.....Le fil est ténu , si ténu ....Alexandra , Milo , c'est certain , on ne vous oubliera pas....Nous pourrions être à votre place...
Bon , les amis , là , je suis " KO , out " et nous ne sommes "que " le 5 novembre ...Mon petit - fils adoré, en partant hier , m' a remis des livres : " Tchoupi , Timoté et Sam le pompier " . Je vais les lire , ça va me changer un peu les idées . Je vous ferai un commentaire ...En attendant , hein , Claire Favan , "Inexorable " , n'oubliez pas , c'est , comment dire ? Ah , oui , " Vachement bien "....fort , très fort , enfin , à mon avis hein ... Après, pour la légèreté, je ne suis guère avancé, moi ....
Il pleut demain ? Super , la nature appréciera ....moi aussi , ma PAL est encore bien haute !
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Antyryia
  01 novembre 2018

♫ Un jour Antyryia péta,
A A A,
Les mouches se mirent à tomber,
B B B,
L'orage a tout cassé,
C C C,
Faillit nous inonder,
A B C d'! ♪
Sur l'air d'une comptine reprenant les lettres de l'alphabet, cette chanson a fait fureur durant mon voyage scolaire en Allemagne.
J'étais un boutonneux de treize ans, pas spécialement bien dans sa peau, et les moqueries de mes soit-disant camarades qui prenaient un malin plaisir à chanter cette parodie en boucle me blessaient à chaque fois.
Jusqu'au jour où je suis rentré dans une colère noire. C'est arrivé une seule fois dans ma vie. La mauvaise personne s'est mis à fredonner ce refrain ridicule au mauvais moment.
La goutte d'eau.
Ce n'était plus moi. J'ai réagi instinctivement comme habité par une haine à l'état brut. J'ai pris en chasse le petit farceur qui a du avoir peur parce qu'il a détalé, sorti un cran d'arrêt de sa poche qu'il a lâché dans la panique.
Quand les professeurs nous ont séparés et que j'ai retrouvé mes esprits, j'avais les mains autour de son cou, apparemment désireux de le faire taire une bonne fois pour toutes.
Plus jamais je n'ai réentendu cette chanson ensuite.
Plus jamais je n'ai ressenti une telle folie furieuse.
Mais trente ans plus tard je m'en souviens encore.
Ces accès de colère impossibles à maîtriser sont au centre du nouveau roman de Claire Favan.
Certains enfant, violents dès leur plus jeune âge, isolés de leurs petits camarades, sont davantage des victimes que des bourreaux.
Avant d'évoquer Milo Léman, le principal personnage d'Inexorable, je vais rapidement vous parler d'un autre enfant, bien réel celui-ci.
Dans l'école où enseignait ma mère, un petit garçon de quatre ans avait pour principale activité de bousculer et frapper les autres élèves.
A chaque récréation, pour éviter tout nouvel incident, une institutrice le tenait donc en permanence par la main.
L'histoire a cependant pris des proportions démesurées avec une pétition signée par de nombreux parents afin que cet élément perturbateur soit purement et simplement renvoyé.
Un psychologue est intervenu.
Stigmatisé en raison de son agressivité, chaque personne extérieure ne voyait en ce gosse enragé qu'une bête à abattre.
Sans se douter que cet enfant manifestait par cette colère un grave traumatisme. Son père battait en effet sa mère régulièrement, probablement sous ses yeux.
De quoi perturber un jeune enfant et le priver de tout repère sur ce qui est bien ou mal.
Mais il n'y a jamais eu de dépôt de plainte.
Et finalement, la mère a fini par retirer son garçon de l'école.
Sa violence a-t-elle continué à éclore ? A-t-il suivi les traces paternelles ? Coincé dans l'engrenage d'une société qui n'a pas pu l'aider, et qui l'a même broyé davantage ?
Je ne pourrais pas l'affirmer, j'ignore tout de la suite de cette histoire.
Mais on ne peut pas dire que ce petit bonhomme soit parti dans la vie avec tous les atouts en main.
Claire Favan s'intéresse dans Inexorable au destin d'un garçon en grande partie similaire.
Rien ne prédisposait pourtant le petit Milo Léman à la violence.
Mais quand il a été témoin, à l'âge de quatre ans, de l'arrestation musclée de son père recherché pour différents braquages, son monde va s'écrouler et sa colère va se diriger contre le monde entier.
"Le petit garçon qu'il était quelques jours plus tôt a été remplacé par autre chose."
"Quand il n'est pas en crise, Milo est un gosse si intelligent et si attachant... Quel gâchis !"
En particulier à l'école où sa rage fulgurante se transforme en coups, dirigés contre les objets, les autres enfants, et même les enseignants. Il se transforme en brute incapable de maîtriser ce flux de haine à déverser.
"Ses pertes de contrôle sont juste le syndrome de sa souffrance."
Même sa mère Alexandra, sa seule alliée, est considérée à ses yeux comme responsable de l'incarcération de son père.
Avec des hauts et des bas, partagé entre son explosive douleur et quelques moments plus sereins, Milo continue à grandir tant bien que mal.
Il devient le bouc émissaire idéal pour chaque bêtise effectuée.
"Même quand il n'est pas là, il frappe les autres. Il est trop fort, vous ne trouvez pas ?"
Sa mère essaie de faire au mieux lorsque les crises se produisent. Mais on la sent perdue. Parfois elle protège son fils, parfois elle est totalement dépassée par les évènements, et parfois sa confiance en lui s'effrite.
"Comme elle aimerait tailler à coups de hache tout ce qui dépasse pour que son fils rentre enfin dans le moule de l'Education nationale."
Qui croire lorsque les versions de son fils et de ses enseignants diffèrent ?
Malgré sa violence, son fils ne fuit pas ses responsabilités et assume ses erreurs lorsqu'il agit dans une colère noire et aveugle.
Mais qui croire quand toutes les autres versions s'opposent à la sienne ?
Et évidemment, plus il grandira et plus la gravité des faits qu'on lui reprochera sera dramatique.
Alexandra est un personnage particulièrement bien décrit. Elle est dans une lutte constante, d'abord en apprenant qui est réellement son mari, en devenant mère célibataire, et en épaulant au mieux son fils face aux démons intérieurs qui régissent ses actes. Elle est à la fois une mère attentionnée qui aime Milo par dessus tout, qui est prête à tout pour le protéger, mais qui demeure très humaine et à laquelle il est facile de s'identifier. Il lui arrive de douter, de craquer, de penser à elle.
C'est d'ailleurs finalement davantage l'histoire de cet amour et de ce combat maternel qui nous est ici conté, plus encore que le parcours de cet enfant dépassé par ses pulsions de destruction.
Inexorable.
Rien que le titre et la couverture du roman font leur effet. Avec ces rouages qui avancent et qui broient tout sur leur passage.
Qui donnent l'impression que le destin de Milo est de toute façon tout tracé. Que rien ne pourra le dévier de sa trajectoire agressive et furieuse.
La violence peut-elle être héréditaire ?
Devenir un braqueur ou un tueur est-il inscrit dans ses gènes ?
Il y a en tout cas, mise en avant, cette notion de mal qui se propage, d'issue fatale.
"Pourtant, aujourd'hui, le destin dramatique de Milo semble tout tracé."
"Paul a l'impression que quoi qu'il dise le sort de Milo est déjà scellé."
"Jour après jour, Milo creuse sa tombe."
Les engrenages se sont mis en marche depuis la plus tendre enfance du garçon, l'entraînant dans cette colère démesurée qui ne cesse de réapparaître.
Comment faire face à ces rouages administratifs et judiciaires qui ont décidé de son futur dès que les premiers symptômes de son handicap sont apparus ?
Dommage de mettre ainsi le doigt sur d'évidents dysfonctionnements sans proposer pour autant d'alternative.
Et à quoi correspond le bout du chemin ? Dans quel état peut-on arriver au terme d'une route déjà tracée et parsemée de fils barbelés ?
L'impasse sera-t-elle forcément funeste ?
J'étais prévenu : Inexorable ne ressemblait pas aux autres romans de Claire Favan. Qualifié de roman noir davantage que de thriller, je ne peux que trouver discutable cette affirmation en me rappelant tout le malaise ressenti aux lectures du tueur intime, de dompteur d'anges et bien sûr de l'inoubliable Serre-moi fort dont la noirceur m'a procuré des frissons.
A la différence desdits romans, Inexorable prend son temps. Dans ses deux premières parties, on est peut-être davantage dans un thriller domestique à l'instar des romans de Barbara Abel. On fait connaissance de la famille Léman. On s'attache à chacun de ses membres, y compris au père, Victor, responsable pourtant par ses crimes du délitement de la cellule familiale. Malgré certaines répétitions et un aspect larmoyant, quelques rebondissements et l'écriture accessible de l'auteure permettent de suivre avec intérêt le destin tragique des Léman.
Et parallèlement, je me suis demandé où était Claire Favan dans tout ça.
Eh bien rassurez-vous, elle est bien là.
Le roman est construit avec beaucoup d'habilité et gagne progressivement en intensité. Les enjeux grandissent. le suspense croît. Bref, on ressent jusque dans le style cette marche inexorable vers une issue fatale.
Dans la seconde moitié du livre, le thriller domestique laisse place à un polar sombre dans lequel on reconnaît l'auteure qu'on aime, avec un final en apothéose.
Ca n'est pas mon roman préféré de l'auteure, mais à sa façon il me marquera lui aussi durablement.
Pour conclure, c'est bien sûr sans la moindre colère mais au contraire avec une immense reconnaissance que je souhaite remercier la huitième merveille du monde, qui m'a offert ce livre.
A l'instar d'Alexandra Léman, elle est également la maman exceptionnelle d'un petit garçon.
L'une comme l'autre ont eu à traverser bien des épreuves, sans jamais pourtant se détourner de leur rôle ou de leur amour maternel.
Tu étais impatiente de lire ma critique, eh bien la voici.
Ecrite plus particulièrement pour Toi.
Merci encore.
Pour tout.

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Ziliz
  04 décembre 2018
La couverture fait frémir et donne la nausée, si on imagine un bout de chair entre ces dents d'acier. Il sera broyé, à moins que l'engrenage s'arrête à temps.
Dans ce roman noir, c'est un adorable petit garçon qui se trouve pris dans une machine infernale.
Et l'auteur n'a pas eu à inventer une histoire rocambolesque : les exemples IRL ne manquent pas avec les failles de nos systèmes administratif, éducatif, judiciaire. Même lorsque des adultes/professionnels sont pleins de bonne volonté à l'égard des personnes en difficulté, des 'différents', des exclus, ils se heurtent aux cadres prédéfinis, à des règles figées - cf. 'La Maladroite', d'Alexandre Seurat...
L'histoire de Milo est d'autant plus poignante que cet enfant est mis à l'écart et rendu violent par ses pairs, donc de 'charmants bambins'. Et que les autres parents, en toute inconscience, mais par réflexe de 'survie' pour protéger leurs petits, entretiennent aussi cet abominable cercle vicieux...
On s'y croirait, on s'y revoit, lorsque les adultes se mêlent un peu trop des affaires de cours d'école (cf. 'Petits secrets et grands mensonges' de Liane Moriarty).
Ce thriller brillant et bouleversant interroge également sur la monoparentalité, parfois revendiquée comme un droit, une liberté, pas toujours choisie, et si difficile à assumer parce que tout est encore conçu comme si les enfants avaient forcément 'un papa et une maman'.
On le lit la gorge nouée, on en ressort dégoûté et triste à pleurer, a fortiori si on connaît quelques cas similaires.
___
Merci à l'auteur, bien sûr, pour cette description si juste.
Et au parrain de cet ouvrage, dont je n'ai découvert le nom que dans les remerciements, pour son talent d'écrivain 'social' et son souci de faire connaître aux lecteurs les aberrations destructrices de notre société. Merci d'avoir incité Claire Favan à « explorer cet axe » (sic), différent de celui de ses romans précédents, et qui me convient parfaitement.
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diablotin0
  24 février 2019
Je vous rassure Madame Favan, votre changement de cap ne m'a pas déroutée mais m'a confortée dans mon plaisir de vous lire. J'ai toujours été happée par vos histoires et si celle-ci est effectivement bien différente, elle a eu un effet aussi addictif que les autres.
Une grosse différence dans « inexorable » c'est que j'ai eu, à plusieurs reprises, peur de tourner les pages, j'appréhendais les conséquences, les dénouements. Vous avez réussi avec brio à nous faire aimer Milo .Comment ne pas se sentir touchée par ce qu'il vit dès l'âge de 4 ans, comment rester insensible devant sa souffrance et tant d'injustices ? Ce petit Milo, je l'ai adoptée dès les premières pages et je l'ai suivie avec beaucoup d'amour jusqu'à la dernière page !
Alexandra, la maman de Milo se bat pour protéger son fils qui, depuis l'arrestation de son père, va mal et enchaîne des comportements violents en classe. Son amour pour son fils est sans faille, même si elle doute parfois, a de temps en temps envie de baisser les bras, elle le soutient, le défend, l'aide, et l'aime d'un amour inconditionnel.
Victor, son père sera donc arrêté de façon violente devant son fils et sa femme en pleine nuit. Victor, adulé par son fils se verra condamné à le délaisser et à le faire souffrir. L'amour qu'il porte pour son petit Milo est pourtant bien présent mais ne pourra lui dire. Les conséquences de cette arrestation vont être dramatiques et nous tenir en haleine tout en nous révoltant.
Claire Favan, vous nous offrez ici un thriller psychologique tout à fait remarquable tout en dénonçant notre système éducatif qui ne prend pas assez en compte les particularités des enfants. On sent votre colère, votre rage et peut-être aussi un sentiment d'impuissance devant l'incompréhension des institutions, que vous avez réussi à nous transmettre à travers le ressenti d'Alexandra.
C'est une fois de plus un excellent moment que j'ai passé avec vous. C'est toujours avec un grand plaisir de voir un de vos nouveaux livres apparaître. Vivement le prochain !!!
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critiques presse (1)
LeDevoir   05 février 2019
Claire Favan nous hypnotise presque avec son ton d’observateur extérieur qui aurait eu un accès privé au dossier d’enquête de la police. En utilisant cette tonalité à la fois intimiste et clinique tout à fait impersonnelle et froide, elle réussit à nous faire sentir la détresse profonde de la mère, qui est le véritable personnage central du roman.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
JulitlesmotsJulitlesmots   18 avril 2019
« On l’a persuadée que son fils était un monstre. Et elle ne se pardonnera jamais d’avoir cru aveuglément tout ce qu’on lui a raconté sur lui. Pendant des années, elle a accepté la honte, l’apitoiement, la violence et le désespoir causés par leurs sentences, leurs condamnations et leur manque de remise en question.
À quel moment a-t-elle eu droit aux plaisirs et aux joies d’être maman ? Jamais ! Elle a passé trop de temps à reprendre son fils, à tenter de le remodeler et à le punir. Est-ce normal que les échecs du système vous privent à ce point de ce qui est naturel et inné ?
Maintenant, elle fait preuve d’une mauvaise foi à toute épreuve et parvient toujours à lui trouver des excuses et à expliquer ses actes, même les plus discutables. Il n’a pas de plus fervente défenseuse. L’administration ne lui a pas laissé d’autre choix que cette dérobade pour survivre. »
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sylviedocsylviedoc   25 mars 2020
- C'est le fils d'un délinquant. Il faut le traiter comme tel. Nous devrons faire preuve de sévérité et le recadrer à chaque fois que cela sera nécessaire. Il devra être puni, isolé du groupe s'il le faut. En aucun cas l'école ne devra être incriminée si son comportement entraîne des conséquences dramatiques.
Lisa envoie un regard perplexe vers Marc, qui soupire.
- Je comprends que vous souhaitiez protéger les autres enfants, et l'intégrité de l'école, mais Milo n'est pas coupable, juste traumatisé. Le mettre à l'écart va le stigmatiser encore plus aux yeux de ses camarades.
Elle rejette cette objection d'un revers de main.
- Vous savez comme moi ce qui arrivera s'il se passe quelque chose au sein de l'école. Qu'il ait ou non des excuses, c'est notre responsabilité qui sera en cause.
.... - Marc, vous verrez Milo autant de fois que nécessaire. Lisa, vous me remonterez chaque événement , même anodin. Je mettrai la pression sur sa mère jusqu'à ce que tout rentre dans l'ordre.
Face à leurs expressions dubitatives, elle hausse les épaules.
- Je le fais pour le bien de l'enfant.
Page 50
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ZilizZiliz   30 novembre 2018
Ce soir, son RER a été supprimé et le suivant n'avançait pas, ce qui l'a mise en retard. Résultat : il est presque 18h50.
Qui, travaillant à temps plein à Paris, pourrait être devant les portes de cette école de banlieue à 8h30 puis à 16h30 ? Même en ayant fait une croix sur sa carrière professionnelle et en acceptant de rester cantonnée à des tâches subalternes sous-payées, Alexandra inflige des journées de dix heures à son fils [de 4 ans].
(p. 35)
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Cricri124Cricri124   21 avril 2020
(…) une fois que tu as une image de voyou ou d'élément perturbateur, tu ne peux plus t'en dépêtrer. Même quand tu n'as rien fait, c'est toi. Tu te retrouves enfermé dans un personnage trop étroit pour toi, sans issue, sans choix. Rien. Il ne te reste plus qu'à aller toujours plus loin dans la provoc et les conneries puisque c'est la seule voie où les gens t'attendent encore.
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ZilizZiliz   01 décembre 2018
Au fil des jours, elle a pu constater le manège des autres enfants qui lui tournent autour en le traitant de fou, de débile et de tas d'autres insultes qui le font bondir et commettre des erreurs. Elle les a vus marchander leur pseudo-amitié en échange de missions confiées à Milo. Des missions qui se terminent systématiquement mal pour lui. Elle a remarqué le harcèlement insidieux dont il est victime en permanence et qui façonne en retour son propre comportement puisqu'il ne connaît que ce genre de rapports biaisés.
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