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ISBN : 2234065054
Éditeur : Stock (01/09/2011)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 53 notes)
Résumé :
Mehdi est tombé malade quand nous avons emménagé dans la nouvelle maison. C'est moi qui avais relevé la boîte aux lettres ce jour-là, c'était un samedi matin. J'avais entre les mains l'enveloppe blanche petit format qui contenait des résultats d'analyses que nous ne saurions pas interpréter et qui allaient changer notre vie.
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
Nadael
  17 février 2012
"Pas d'inquiétude", voilà une de ces expressions toute faite que les médecins prononcent avec un naturel déconcertant lorsqu'ils sont eux-même, finalement, inquiets. Les parents de Mehdi ont droit à cette petite phrase lors qu'ils consultent leur médecin traitant. Comment ne pas être inquiet quand une maladie est décelée chez son enfant?
Brigitte Giraud nous parle, avec pudeur, du quotidien d'une famille confrontée à une maladie grave, qui n'est d'ailleurs jamais nommée. Elle confie la parole au père. le lecteur partage ainsi ses pensées les plus profondes. de vraies interrogations sont posées avec les différentes phases par lesquelles cet homme passe ; la peur, le désarroi, l'espoir, l'impuissance, la fatigue, les tensions dans le couple, les non- dits, les choix à faire, la responsabilité, la culpabilité, la colère...
Propriétaire depuis peu d'un pavillon, cette famille touchait enfin à ses aspirations. L'achat de cette maison symbolisait pour elle une réussite, un havre de paix, "le rêve d'une vie", mais également une projection dans l'avenir avec des idées d'aménagement, des travaux à prévoir etc... le bonheur, pourtant n'a pas le temps de s'installer puisque leur existence va être complètement chamboulée par la maladie de Mehdi. Difficile d'entrevoir un futur dans ces conditions, le présent rythme dorénavant la vie de cette famille. La mère étant professionnellement en passe d'accéder à un contrat à durée indéterminé, le père va prendre un congé pour s'occuper de son fils. Ce texte sonne terriblement juste. L'auteure enchaîne les phrases très longues, à la ponctuation dense, et use d'effets stylistiques mettant en relief la confusion qui règne dans l'esprit du narrateur. À travers le regard de ce père, on perçoit les nombreuses difficultés auquelles il se heurte : morales, physiques, matérielles. On assiste au déchirement du couple, aux négligences des parents envers leur fille ainée, au vide qui se crée autour d'eux.
J'ai eu un gros coup de coeur pour ce roman poignant, qui ne sombre jamais dans le pathos. le point de vue exclusif du père est très intéressant. Ce n'est pas un livre sur la maladie, mais sur ses conséquences ; les répercussions qu'elle peut avoir sur les autres membres de la famille, la lente désintégration des relations entre chacun d'eux, le déséquilibre qu'elle engendre, l'isolement, le retentissement qu'elle a aussi sur la vie professionnelle des parents et scolaire de la soeur, sans oublier les côtés administratifs et sociaux.
Lien : http://lesmotsdelafin.wordpr..
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sylire
  12 février 2012
Nous suivons dans "Pas d'inquiétude" le parcours d'un père qui accompagne son enfant sur le chemin de la maladie, une grave maladie dont l'issue peut etre fatale. On ne sait pas d'emblée à qui s'adresse le récit. Etrangement, le narrateur ne parle de son épouse qu'en la nommant « ma femme ». On comprend par la suite qu'il s'adresse au médecin de l'hôpital qui a suivi le jeune Medhi. Un médecin qui, durant cette période, va faire la pluie et le beau-temps dans la famille, par les nouvelles qu'il annonce.
Dès le début de la maladie, la famille comprend qu'il y a eu un avant qui ne ressemblera jamais à l'après. Tous les petits soucis quotidiens de l'avant paraissent désormais futiles. Comme toujours dans ce cas, tous se reprochent de ne pas avoir su profiter du bonheur quand il était là. La maman de Medhi n'apparait que sous le regard du père. Elle vient de changer de travail, de métier même et toute son énergie lui est nécessaire pour y faire face. C'est donc le papa qui prend en change le quotidien de Medhi. On le suit dans ses moments de découragement, d'agacement, d'abattement. Et puis arrive la solidarité des collègues de boulot qui offrent leurs journées de RTT et les sentiments partagés du père du Medhi devant cet élan de solidarité.
Il est question de l'enfant malade dans le roman, bien entendu, mais au travers des autres uniquement. le personnage central n'est autre que la maladie. de la façon dont l'enfant vit les choses, nous ne saurons rien.
Après quelques pages de «Pas d'inquiétude», j'ai eu l'envie l'espace de quelques instants d'abandonner cette lecture. L'immersion dans le quotidien d'une famille dont l'enfant était malade me coûtait, je l'avoue. J'ai continué parce que j'aime beaucoup l'écriture de Brigitte Giraud et que je me trouvais lâche de ne pas affronter cette histoire. Je n'ai pas regretté d'avoir persévéré car texte m'a semblé d'une grande justesse et plein d'humanité. L'écriture de Brigitte Giraud est remarquable, d'une grande précision dans le choix des mots. Elle va très loin dans l'analyse du ressenti de ce père et de ce que devient, dans cette sorte de chaos, le couple et la famille.
Fort, très fort…
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Melisende
  04 juillet 2011
Pas d'inquiétude de Brigitte Giraud est le second titre que j'ai reçu grâce à Libfly pour la rentrée littéraire, et des trois que j'ai lus pour le moment, c'est sans doute celui que j'ai préféré.
Avant de recevoir ce manuscrit, l'auteure m'était totalement inconnue. Il faut dire que je ne suis absolument pas au courant des sorties « contemporaines », c'est donc pour faire des découvertes et enrichir mes horizons que j'ai accepté de participer. Je ne regrette pas et avant d'aller plus loin, je tiens à remercier Libfly et les éditions Stock pour cet envoi.
Je ne sais pas si, dans l'avenir, j'aurai à nouveau l'occasion de lire Brigitte Giraud, qui a déjà publié huit livres si je ne me trompe pas, mais son style m'a plu, je garde donc son nom dans un coin de ma tête. En plus, elle est lyonnaise, j'aurai peut-être l'occasion de la rencontrer sur un salon de la région, à l'occasion...
Pas d'inquiétude est le témoignage d'un père face à la maladie de son fils. de la découverte du mal grâce à des analyses pour lesquelles le médecin dit qu'il n'y a « pas d'inquiétude » à avoir, à la routine qui se met en place une fois le diagnostic fait ; cet homme nous raconte son combat même si, il le dit si bien, la maladie, invisible, n'est pas quelque chose qu'on peut combattre… On apprend juste à vivre avec…
Plutôt habituée à la littérature de l'imaginaire, cette petite pause dans le monde « réel » est une vraie claque. Les autobiographies de personnes malades ne doivent pas manquer (même si, personnellement, je n'en ai jamais lues) mais ce qui fait l'intérêt de ce titre de Brigitte Giraud, c'est que le narrateur n'est pas le malade, mais un proche de celui-ci, qui vit la maladie de façon extérieure. Que ce proche soit le père et non la mère, rend la lecture encore plus « unique », si je peux dire, et donc d'autant plus poignante.
On ne sait finalement pas quelle est cette maladie qui touche le petit Mehdi qui n'a qu'une dizaine d'années (mais qu'importe, toutes les maladies sont prises en compte), on sait juste quelles conséquences elle a sur la vie de l'enfant et de toute sa famille, notamment sur le quotidien du père. Ce père qui ne sait pas comment réagir face à son enfant affaibli pour ne pas lui montrer que la situation est grave, qui veut se comporter en bon père (mais c'est quoi au juste, un bon père ?), qui s'en veut de ne peut-être pas faire les bons choix,… Un père qui voit son quotidien chamboulé et qui adapte ses journées au nouveau rythme contraint par la maladie. Ce père qui tente de ne pas perdre de vue sa fille aînée adolescente qui a aussi besoin de lui, ou encore sa femme qui devient parfois une étrangère et qui se jette corps et âme dans ce nouveau travail qu'elle ne peut délaisser tant elle l'a désiré… Comment réagir, dorénavant, aux visites des amis, aux regards des voisins, aux passages de l'assistante sociale ?…
A travers ce témoignage, Brigitte Giraud revient également sur la difficulté de jongler entre un travail et un enfant malade. Les parents de Mehdi doivent faire avec les obligations de la vie active : impossible de cumuler trop d'arrêts maladie ou de congés, surtout lorsque l'on est en CDD ou que l'on vient d'être engagé en CDI,… et que vont dire les collègues ? Et comment se comporter au travail alors que tout le monde sait le malheur qui vous touche ?
Grâce au choix de la première personne du singulier pour la narration, et donc du point de vue exclusif du père de famille, l'auteure nous offre un témoignage poignant, vraiment très émouvant, très fort.
Si l'histoire a pu me lasser un peu sur la fin, je félicite Brigitte Giraud pour son talent - elle parvient parfaitement à se mettre dans la peau de ce père de famille - et pour sa plume, très « sincère ». Difficile de trouver le bon terme pour qualifier celle-ci, mais avec des mots simples, sans chichis, elle nous entraîne dans une ambiance routinière lourde et très mélancolique, qui nous met parfois très mal à l'aise… En bref, une plume et une atmosphère qui font passer beaucoup d'émotions.
Moi qui ne suis pas du tout habituée à ce genre de lectures, si je ne devais retenir qu'un mot pour la qualifier, ce serait celui-là : « émotions ». Alors oui, c'est triste, la gorge est serrée plus d'une fois alors que les pages défilent, mais c'est un témoignage en parfaite adéquation avec notre quotidien, aujourd'hui, en 2011. Un très bel hommage à ces pères, à ces parents, à ces familles qui accompagnent la maladie, et la subissent, eux aussi…
Lien : http://bazar-de-la-litteratu..
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janemar
  14 novembre 2011
GIRAUD Brigitte
Pas d'inquiétude
Mehdi, un enfant de 12 ans tombe malade, et la vie de la famille en est affectée, transformée et peu à peu déchirée. Même leur maison reste en souffrance. le père, se met en congé et assume la plus grande partie de la garde, des soins, de l'accompagnement son enfant. La mère pour des raisons professionnelles « fuit » la souffrance qui prend racine et se développe. du moins c'est ce que l'auteur nous présente, elle ne nomme jamais ni la maladie de ce garçon et de plus désigne toujours la mère sous le vocable « ma femme ». J'ai trouvé cela très curieux….
Le récit est long, fastidieux parfois, mais c'est peut être pour accentuer dans le détail l'évolution et l'impact que produit un tel événement dans la vie d'une famille. Cette longueur est semblable à la série de footing, dans le film qui traite du même sujet. (Les parents ensemble ou à tour de rôle n'arrêtent pas de courir).
Il faut prendre le temps, voir se désintégrer petit à petit les relations de couples, les interférences dans la famille et les amis. La transformation de cet homme qui devient « homme au foyer » de cette femme qui fuit sans fuir… Même le syndicalisme ou les relations professionnelles en sont affectées ; si les collègues « donnent » de leur temps et de leur salaire n'est ce pas aussi pour se donner « bonne conscience » ou chercher de nouvelles formes d'engagement ? le bénévolat est mis à rude épreuve. Quelle vision de la société ! Un peu lugubre non ?
Citations :
P84 : Ma femme n'a pas bougé, simplement j'ai vu ses yeux se fermer, ce qui voulait dire peut être qu'elle se déplaçait ailleurs….
P115 : Mehdi ne sentant plus la fatigue ni la soif, gai bien qu'épuisé… (il vient d'avoir un chat)…combien ça vivait un chat ??
P134 : Qu'est ce que je savais de la souffrance de Mehdi ? Est-ce que je faisais ce qu'il fallait pour comprendre ? La solitude des enfants fait peur aux parents, c'est la pire des ennemies…
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kiki23
  03 juin 2014
J'ai été piégée par le titre rassurant de cet ouvrage, phrase du médecin quand il apprend aux parents la maladie de leur enfant ; bien au contraire, les personnages vont être plongés dans l'incertitude et le questionnement.
Un père est obligé de rester à la maison pour garder son fils gravement malade. Sans jamais tomber dans le pathos, sans jamais nommer la maladie ni décrire les traitements, sans jamais placer le lecteur dans une position de voyeur, l'auteur décrit petit à petit le changement de la place du père dans cette famille. Rien que pour cet aspect, ce livre est précieux car il adopte un point de vue très peu envisagé jusqu'alors.
Il décrit aussi de manière très fine dans le huis clos de la maladie les relations de ce couple de parents.
Je n'ai pu m'empêcher de rapprocher ma lecture du très beau film « la guerre est déclarée ».
Ce roman est d'actualité puisqu'il est tiré d'un fait réel qui a débouché très récemment à une loi donnant la possibilité pour des salariés de donner des RTT à l'un de leur collègue pour qu'il puisse accompagner un enfant malade.
L'histoire n'est pas découpée en chapitres. Ce manque de respirations m'a gênée dans un premier temps, puis il m'a forcé à une lecture d'une traite et il est vrai que le rythme s'en trouve modifié.
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critiques presse (4)
Culturebox   17 juillet 2015
Dans une écriture dense et fluide, Brigitte Giraud nous plonge avec beaucoup de naturel dans le quotidien et les pensées de ses personnages.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeMonde   23 septembre 2011
Un fil fragile, tendu, comme celui du récit : Brigitte Giraud, avec cette sensibilité et justesse de ton qui la caractérisent, cette manière subtile d'entrechoquer l'intime et le social, sonde les élans du coeur dans ce qu'ils ont de plus équivoque.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Lexpress   16 septembre 2011
Fascinante auscultation d'un puzzle familial en plein déséquilibre, Pas d'inquiétude - phrase "rassurante" d'un gentil médecin - relève du grand art : dire le pire avec les mots les plus doux.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   24 août 2011
L'auteure s'est inspirée d'une histoire vraie pour écrire ce roman qui s'interroge sur la place des parents et leur peur d'être au mauvais endroit, au mauvais moment.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
NadaelNadael   17 février 2012
Je détestais le bonheur des autres. Je me demandais ce que vivaient ces gens, détachés en apparence, dont l'expression ne disait rien de ce qui les occupait, je ne sentais que le nombre, la masse qui arrivait face à moi, molle et dégoûtante, ondulant dans la douleur du printemps. J'avais encore une centaine de mètres à parcourir sur le trottoir bondé, et le mépris pour les autres me fit mal, je pensais être le seul dans la foule à vivre des heures aussi difficiles, je me sentais habité par une mission spéciale, un objectif supérieur et redoutable.
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FRANGAFRANGA   18 octobre 2012
Notre dispute ce soir-là avait un fond mesquin et désespéré, et les reproches que nous avions la malhonnêteté de faire à l'autre n'auraient du être que des reproches adressés au destin, ce truc odieux qui balançait ses flèches ici et là, sans discernement ni morale.
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FRANGAFRANGA   17 octobre 2012
Ignorer nous préservait aussi, parce que, à la place de la réalité, nous composions chacun notre fiction, la version qui nous arrangeait, celle que nous pouvions supporter. Nous avancions ainsi à notre rythme, de mensonges modestes en petits arrangements.
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NadaelNadael   17 février 2012
C'était le premier soir sans Medhi (…). Je ne savais que faire, où aller, dedans, dehors, ouvrir ou fermer les fenêtres, m'asseoir ou rester debout, rejoindre ma femme dans la cuisine ou m'installer près de Lisa (…). Je sentais monter en moi une colère imprévue, doublée d'un affolement et d'une excitation soudaines, tournant comme une mouche rebelle, un homme sans cerveau, basique, tout au plus connecté sur ses sens, je sentais que j'étais habité par quelque chose de plus fort que moi, je ne me maîtrisais pas, et je me suis mis à crier, à agiter les bras (...)
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yv1yv1   31 octobre 2011
Ce fut donc un début en douceur, sans la violence des mots, une auscultation tout en retenue, et en rentrant tournait dans ma tête la dernière phrase prononcée par le médecin. Plus je remâchais ce pas d’inquiétude, plus ma gorge se serrait. Pas d’inquiétude n’était pas compatible avec sans tarder, le médecin se contredisait, et en même temps je me rassurais, non, rien de plus normal, il voulait juste qu’un spécialiste prenne le relais, son sérieux était réconfortant, il valait mieux envisager les choses à temps. (p.16)
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Quelle mère avez-vous eue ? Quelle mère êtes-vous ? La figure de la mère plane sur cette rentrée littéraire. Tantôt sublime, tantôt impitoyable, qu?elle soit sainte ou bourreau, la mère est bien plus qu?un personnage de littérature ; on la retrouve dans les livres de chacun de nos invités. Aux côtés de François Busnel retrouvez Brigitte Giraud, Éric-Emmanuel Schmitt, Nathacha Appanah, Yann Queffélec et une rencontre exclusive avec Pete Fromm depuis le Montana. Merci à Robin Renucci, directeur des Tréteaux de France - Centre dramatique national, pour cette magnifique lecture extraite du "Livre de ma mère" d'Albert Cohen.
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