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ISBN : 2081389169
Éditeur : Flammarion (23/08/2017)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 163 notes)
Résumé :
Printemps 1960. Au moment même où Antoine apprend que Lila, sa toute jeune épouse, est enceinte, il est appelé pour l’Algérie. Engagé dans un conflit dont les enjeux d’emblée le dépassent, il demande à ne pas tenir une arme et se retrouve infirmier à l’hôpital militaire de Sidi-Bel-Abbès. À l’étage, Oscar, un jeune caporal amputé d’une jambe et enfermé dans un mutisme têtu, l’aimante étrangement : avec lui, Antoine découvre la véritable raison d’être de sa présence ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (82) Voir plus Ajouter une critique
Ladybirdy
  04 février 2019
Brigitte Giraud nous relate ici un pan de la guerre d'Algérie où vont s'entrecroiser les trois personnages principaux. Antoine qui rejoint l'Algérie comme infirmier, bien embarrassé de laisser son épouse Lila enceinte en France. Lila qui partira à son tour rejoindre Antoine et puis Oscar, le rescapé amputé, silencieux et qui n'aura de cesse de fasciner et d'aimanter Antoine.
Le loup est à mon sens Oscar ce soldat peureux et fuyant les hommes et leur barbarie où il trouvera près d'Antoine la confiance nécessaire pour se relever et avancer.
Beaucoup de longueurs dans cette histoire racontée à la troisième personne, sans aucun dialogue, difficile pour ma part de cerner les émotions et le fil de l'histoire. Un roman certes bien écrit mais dans lequel il m'a manqué ce petit plus.
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palamede
  13 novembre 2017
Antoine doit quitter Lila, son épouse enceinte, maintenant que l'armée l'a jugé apte à partir en Algérie. Heureusement, on a tenu compte du fait qu'il n'était pas prêt à se battre. Il va donc être infirmier - mais soigner peut être aussi sauvage et dangereux que se battre. À l'hôpital militaire de Sidi-Bel-Abbès, si Antoine découvre en Oscar, un jeune caporal amputé d'une jambe, un ami et un sens à sa présence en Afrique du Nord, il va découvrir aussi la sauvagerie des hommes.
Avec Un loup pour l'homme, Brigitte Giraud signe un magnifique roman sur la guerre d'Algérie. De ceux qui laissent une trace indélébile parce qu'il parle de fraternité, d'amitié, d'amour, de paternité. La fille d'Antoine (et de Lila) n'est autre que Brigitte Giraud qui rend ici un vibrant hommage à son père, mais aussi à toute une génération de jeunes hommes traumatisés par les horreurs d'un conflit dont ils se sentaient étrangers.
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Ziliz
  04 novembre 2017
Comme beaucoup de jeunes hommes de sa génération, Antoine doit tout quitter pour aller en Algérie. Nous sommes en 1960, il a une vingtaine d'années, sa femme attend leur premier bébé et lorsqu'elle a exprimé son refus de mettre cet enfant au monde seule, le médecin suisse consulté n'a pas voulu pratiquer une IVG : « Si toutes les femmes de soldats avaient avorté, la terre serait dépeuplée ». Et puis « l'Algérie, ce n'est pas la même chose qu'une guerre », assure-t-il.
De guerre, il n'est en effet pas question officiellement, on parle seulement de ‘maintenir l'ordre', de 'pacifier'. Antoine part, laissant à Lyon sa femme et le bébé à naître. Il a choisi d'être infirmier : « Il n'était pas d'un tempérament guerrier, il préférait soigner ».
En effet, on ne lui demande pas de prendre les armes. Il travaille dans un hôpital de guerre, et est parfois envoyé sur le terrain pour soigner des blessés ou ramasser des cadavres. Mais ces corps abîmés ou détruits ne mentent pas et lui parlent bien d'une guerre sauvage, eux, pas d'un simple ‘maintien de l'ordre'.
❤ Superbe livre ! le plus beau que j'ai pu lire jusqu'alors sur cette guerre d'Algérie encore taboue, ‘faite' par mon père bien malgré lui, et dont il ne parlait pas, sauf pour justifier son aversion pour les oranges – je comprends pourquoi en suivant Antoine, cet homme si jeune, doux, bienveillant et sensible, immergé dans l'horreur.
--- « Il y a ceux qui auront fait l'Algérie, et les autres. Il y a ceux qui auront vu, et ceux qui auront perçu les événements en lisant les journaux, en écoutant les conversations sur le zinc, en se contentant de parcourir leurs lettres mensongères. »
--- « Les mois qu'ils viennent de vivre seront comme un secret, une expérience embarrassante qu'ils tairont instinctivement. […] Ils sont priés de ne plus y penser. De chasser le mauvais rêve d'un revers de la main. La guerre d'Algérie n'a pas eu lieu. »
On voit le flou dans lequel l'armée maintient ces appelés pour les apaiser ou les manipuler. Ils sont moins informés que leurs proches restés en France, la réalité leur apparaît progressivement - attentats en Algérie et à Paris, représailles, 'ratonnades', torture...
Brigitte Giraud évoque joliment l'amitié, les confidences, l'amour, les lâchetés, les remords, le désespoir et l'autodestruction. Les détails du quotidien et les sentiments plus ou moins avouables donnent au récit une grande justesse : la jalousie envers les chanceux restés en France, le besoin soudain d'un fils d'échanger avec son père, parce que lui aussi a connu la guerre ; les lettres qu'on envoie, dans lesquelles on ne dit pas tout, où l'on rassure, et celles qu'on reçoit : « Le bonheur devant la phrase d'une mère, qui pour la première fois laisse deviner son amour, et à qui en retour ils tentent d'exprimer, sans trop s'épancher, l'attachement qu'ils n'ont jamais eu l'occasion de nommer. »
Une lecture à partager, notamment avec nos grands enfants. Contrairement aux deux ou trois précédentes, leur génération et celle de leur père ont été jusqu'alors épargnées par la mobilisation de civils. Une chance inouïe...
■ L'écriture et la sensibilité de Brigitte Giraud m'avaient déjà beaucoup touchée dans 'Nico' et 'Une année étrangère' (autres thèmes, autres blessures).
♪♫ la guerre selon Rimbaud, Vian, Reggiani : https://www.youtube.com/watch?v=xTMCWN2WrsA
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tynn
  02 avril 2018
Peut-on parler de catharsis collective sur la guerre d'Algérie par la profusion de romans dédiés à la période ?
Brigitte Giraud apporte sa pierre très personnelle à l'édifice de mémoire en évoquant une petite page d'histoire familiale: un père, jeune conscrit, une mère enceinte, une naissance à Sidi Bel-Abbès.
Le jeune appelé du contingent va faire ce qui n'est pas encore une guerre, dans une blouse blanche d'infirmier, aux plus près des blessés et des sacs mortuaires.
«Sauveur et fossoyeur».
L'auteur imagine, recompose, reconstitue quelques mois d'adaptation à un nouveau pays, à un climat, des paysages, une population multiple. La villégiature devient presque agréable, d'autant que la jeune épouse vient rejoindre son mari et accoucher sur place. Petite vie quotidienne bousculée peu à peu par une violence larvée d'attentats et de suspicions.
Ici s'évoque le bouleversement imposé par la conscription sur des gens ordinaires, peu informés du contexte politique.
Peu de combats dans ce récit, mise à part des interventions sanitaires de terrain. le quotidien est banal, répétitif, fait de compassion face aux douleurs. Des amitiés se créent, entre soldats, entre soignants et blessés. le temps semble même se traîner, dans un climat psychologique mutique et plombé.
La compréhension viendra insidieusement sur la notion de « pacification », accompagnant le mutisme des soldats, l'indicible des traumatismes, l'incapacité à partager un vécu qui les a parfois explosés en pleine jeunesse.
Un roman au style fluide, sensible, descriptif, qui touche par sa simplicité de narration et une délicate distance qui permet de tout évoquer. Si les faits n'apparaissent pas nouveaux, c'est l'écriture qui donne toute sa densité au propos.
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nadiouchka
  13 octobre 2017
En prévision de mes prochaines rencontres littéraires, j'avais celle de Brigitte Giraud, hier soir, pour son livre « Un loup pour l'homme » que je me suis empressée de lire afin de pouvoir en parler avec elle et de connaître son opinion.
Bien sûr en quatrième de couverture on sait qu'il s'agit de la guerre d'Algérie, au printemps 1960.
Mais, contrairement à mes habitudes, j'avais décidé de ne pas publier ma critique sitôt le livre lu, une sorte d'instinct. Et bien m'en a pris. Non pas que je n'aie pas compris le livre, loin de là car c'est très simple. Mais au moins j'ai eu le fort ressenti de l'auteure qui, elle-même d'origine algérienne (elle est née à Sidi-Bel-Abbès), a expliqué qu'en fait, ce livre est l'histoire de sa famille, une sorte d'autobiographie romancée (un peu de fiction aussi).
Ce livre est constitué de trois chapitres : Antoine (qui représente son père) – Lila (qui représente sa mère) – Oscar (un jeune soldat hospitalisé).
La question centrale est que le père, Antoine, a été appelé en Algérie alors qu'il avait déjà été réformé car de constitution plutôt fragile. Il doit donc laisser sa femme Lila qui est enceinte. Mais il refuse de porter une arme et déclare qu'il veut seulement devenir infirmier, sauver des vies.
Pour Brigitte Giraud, ce roman était important car elle y a joint la pensée de ses parents à qui elle n'osait pas, depuis de nombreuses années, poser des questions.
Son vécu est le même que dans le livre.  Elle a du beaucoup se documenter : certes elle avait le récit mais comment le définir ? S'agissait-il d'une guerre ? D'un conflit ? D'une révolution ? Mais la réponse est bien « la guerre" d'Algérie.
Elle a donc eu besoin d'une vingtaine d'années avant de pouvoir écrire ce roman avant de pouvoir arriver à en savoir un peu plus et surmonter les tabous. le silence venait du fait que son père ne voulait pas répondre à ses questions surtout quand il a su que sa fille voulait tout raconter. Afin de nous dire comment quelqu'un (ici un engagé) apprend petit à petit dans quoi il se retrouve : grande méconnaissance du terrain où les soldats sont « jetés ». Il s'agit d'ailleurs d'une classe sociale issue du milieu ouvrier (à part les officiers). Mais ce voyage vers l'Algérie les rendait désirables car, arrachés à leurs familles, ils pensaient gagner des galons en se rendant dans ce pays « exotique ». Pour eux c'était une « guerre invisible » où on transformait des jeunes gens en leur donnant l'envie de « casser du fellagha ». Ils se retrouvent donc dans l'armée, cette Grande Muette.
Le livre passe aussi beaucoup sur les corps, un thème cher à l'auteure. Une grande place est faite également à l'amour. Celui d'Antoine pour sa femme qui, un jour, décide de le rejoindre en Algérie alors qu'elle est enceinte (de Brigitte). D'ailleurs, sur le bandeau en quatrième de couverture est écrit : « C'est violent d'aimer dans ces moments-là ».
Quand elle débarque, elle force l'admiration pour son courage alors qu'elle ne se rendait pas compte de la situation sur le terrain. Elle est d'ailleurs assez insouciante.
A ce moment-là, Antoine est le seul soldat à ne plus dormir dans la « chambrée » car il retourne chaque soir chez Lila et cela cause quelques jalousies.
Mais on en vient au troisième chapitre, « Oscar », avec qui Antoine s'investit beaucoup car avec lui tout est à recommencer. Ce chapitre est le plus important pour Brigitte Giraud. Oscar est un être brisé, devenu mutique car handicapé (amputé d'une jambe) et refuse toute relation. Mais Antoine fait tout son possible pour lui redonner goût à la vie, accepter son handicap, le remettre debout, le refaire parler. Oscar est un personnage vraiment touchant (obsédé par les loups). Et se pose aussi la question, en parallèle, celle de devenir père. Mais également celle de savoir si on peut revenir…
Concernant le style, il y a des dialogues mais ce n'est pas ce que préfère l'auteure. En principe, le temps est au présent car il représente l'inquiétude, il suppose de ne pas savoir ce qui va se passer et permet de se trouver à côté du héros.
Ses chapitres sont courts, de même que les phrases (pour correspondre à des tranches de vie). Il y a des séquences qui font penser à un film. A mesure que la lecture avance, les phrases sont plus longues – autre mode d'écriture.
De ces « années de braise et de silence », l'auteure qui a reconnu avoir besoin de travailler sous tension, a su écrire un ouvrage touchant, très important pour elle. En fil rouge, il y a l'intrigue, la relation avec Oscar et la naissance du bébé, une fille (Brigitte). Mais rien n'est fini et la dernière phrase du livre : « Lui seul savait », nous laisse perplexes.
En page 242, on peut aussi lire « : « Voilà, c'est terminé. Ils sont priés de ne plus y penser. de chasser le mauvais rêve d'un revers de la main. La guerre d'Algérie n'a pas eu lieu ».
Je ne parlerai pas de la fin, suspense oblige, et je constate que j'ai eu raison d'attendre cette rencontre qui m'a beaucoup apporté. Autant au départ j'étais restée un peu sur ma faim car j'aurais aimé en savoir un peu plus sur cette guerre où De Gaulle a laissé tomber ce peuple, autant à présent, je désire relire rapidement ce livre car je le ferai avec une autre vision. 
Merci Brigitte pour cet entretien si chaleureux et où, vous-même, avez été ravie de voir l'engouement des lecteurs présents.
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critiques presse (2)
Culturebox   28 septembre 2017
Dans ce livre dédié à ses parents, Brigitte Giraud, née en 1960 à Sidi Bel-Abbès, raconte sous forme romancée l'histoire de ses parents.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeFigaro   15 septembre 2017
Brigitte Giraud raconte la guerre d'Algérie à travers les yeux d'un jeune appelé. À hauteur d'homme.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (74) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   01 novembre 2017
Antoine, pris de mélancolie après l'attentat, écrit à ses parents. [...] Il pourrait écrire à Lila, mais c'est à son père qu'il pense, parce que lui a connu la guerre. Parce qu'il a une idée sur les événements, un avis qu'il n'hésite pas à donner. Il se passe beaucoup de choses en France, le père d'Antoine lui fait parfois un résumé. Il mentionne le gardien de la paix assassiné à Colombe dans la banlieue parisienne, par un groupe FLN, les trois Algériens découpés en morceaux retrouvés dans une valise, la bombe posée devant l'appartement du commissaire chargé de la lutte anti-FLN, à Toulon. [...] Il en sait plus qu'Antoine sur l'escalade du conflit, il lit 'L'Humanité dimanche', il voit comment la rébellion gagne et n'obtient de réponse que par la violence. Il a toujours dit que cette histoire d'Algérie c'était une aberration. Il est pour l'Algérie algérienne depuis le début, en bon communiste. Il voudrait convaincre Antoine, qui ne s'engage pas, à cause de la révolution de Budapest, matée il n'y a pas si longtemps. Depuis qu'Antoine a vu des images d'actualité au cinéma l'année de ses vingt ans, montrant l'arrogance des chars soviétiques face aux étudiants qui ouvraient leur chemise en signe de défi, il crache sur les communistes qu'il laisse à son père, et à propos desquels ils se sont souvent affrontés. Et pourtant, c'est à son père qu'il veut raconter ce soir, même s'il n'osera jamais dire la peur qui le gagne, les premiers signes de fatigue [...]. Il a l'impression de redevenir un petit garçon, qui s'applique, et n'aborde dans ses rédactions que les sujets corrects, comme il le faisait à l'école. Tout occupé à rassurer et à plaire. On ne se plaint pas auprès d'un homme qui a laissé une partie de sa figure lors d'un interrogatoire avec les Allemands.
(p. 59-61)
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ZilizZiliz   03 novembre 2017
Antoine se demande si le courrier est lu [censuré]. C'est une question qui a souvent été débattue entre les gars. Certaines lettres envoyées par les appelés n'ont jamais été reçues, ce qui a créé dans les familles, et avec les fiancées, des malentendus parfois lourds de conséquences. Comme s'ils avaient besoin de cela, semer le doute auprès des leurs, leurs seuls soutiens. Il suffit de faire courir le bruit pour que les appelés se censurent d'eux-mêmes. C'est la meilleure méthode de surveillance.
Antoine n'a pas dit ce qu'il a vu, ce qu'a raconté Oscar, ce que lui ont confié les blessés. Il n'a pas écrit le plus difficile, le plus incompréhensible, le plus choquant, pour s'épargner lui-même, comme si écrire enfonçait le clou de la réalité. Il est plus facile de taire, d'omettre et finalement d'ignorer. Surtout quand on sait que, de l'autre côté, personne ne veut entendre. Pourquoi écrire ce que personne ne veut lire ? Ce serait s'isoler encore plus loin. Pourquoi venir déranger le cours des choses, les pensées toutes faites que la radio relaie : le maintien de l'ordre n'est pas une guerre, les appelés ne meurent pas, l'armée française ne torture pas, les Algériens ne sont pas des sous-citoyens.
(p. 216-217)
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MahaDeeMahaDee   14 septembre 2017
Mars 1960
Le médecin parcourt la lettre que lui tend Lila et considère les analyses de sang. Il reste distant, inaccessible derrière ses verres épais. Puis il demande pourquoi cette décision.
C’est abrupt et tranchant.
Lila fait un début de phrase bancal, celui qu'elle a préparé durant tout le voyage.
Le médecin ne voit aucune raison d'interrompre la grossesse. Elle est en parfaite santé, elle est jeune. Il fait celui qui ne veut pas comprendre. Lila répète que son mari est appelé pour l’Algérie. Mais le médecin ne regarde pas Antoine, cela est déconcertant. Il ne s'adresse qu'à la future mère comme si elle était la seule concernée, comme si Antoine n'était qu'un accompagnateur.
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ZilizZiliz   06 décembre 2017
Il s'en veut d'avoir caché, dans ses lettres, le danger, la violence et la sauvagerie de la vie d'ici. Il s'en veut d'avoir mis l'accent sur la douceur de l'air, la beauté du ciel au couchant [...]. Il ne comprend pas comment il a pu travestir la réalité à ce point, comment il a pu cacher la tension qui étreint le pays, derrière les murs de l'hôpital. Il a tu l'état des blessés, ceux qui portent un bandage si épais qu'il est impossible de glisser un mot à leur oreille, ceux qui tremblent quand ils perçoivent un bruit, une fenêtre qui claque, ceux qui bavent et ne peuvent maintenir leur menton en place, ceux dont la peau des mains a brûlé et qui ne caresseront plus le corps d'une femme.
(p. 74-75)
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ZilizZiliz   12 novembre 2017
Antoine attend que tout cela se termine. Son désir d'en découdre s'est calmé, les dernières missions l'ont secoué. Il ne supporte plus le ricanement des gradés dont les rêves de vengeance s'affichent. Il a compris l'absurdité des choses, soigner ou tenir un fusil, c'est la même frustration, la même aberration. Il a fini par comprendre le rôle que jouait l'armée française, le lourd tribut payé par la population algérienne, et il se sent trahi. Ses yeux se dessillent enfin, mais il ne faut pas lui en vouloir, l'armée a tout fait pour que les appelés ne se rendent compte de rien, pour qu'ils trouvent un sens à leur présence ici, pour qu'ils aient cru à la justesse de l'Algérie française.
(p. 236)
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Brigitte Giraud vous présente son ouvrage "Jour de courage" aux éditions Flammarion. Rentrée littéraire Septembre 2019.
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Notes de musique : Youtube Audio Library
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