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Antoinette Roubichou-Stretz (Traducteur)
EAN : 9782246749011
371 pages
Grasset (11/02/2009)
3.73/5   20 notes
Résumé :
Le début du "Conservateur" (le cadavre d'un Noir trouvé dans la propriété agricole d'un industriel blanc nommé Mehring) resemble à un fait divers, mais c'est encore l'occasion pour Nadine Gordimer, prix nobel de littérature en 1991, de développer une analyse spectrale de l'histoire et des mentalités de son pays.

Mehring est un pur produit de la société blanche sud-africaine des années 60-70, un homme par qui la politique de l'apartheid se perpétue, à... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
AldrikKirdla
  28 septembre 2020
Booker prize en 1974 (équivalent anglais du Goncourt), le Conservateur (The Conservationist) est un roman d'une lecture très peu aisée où le passé et le présent coexistent selon différents points de vue et selon deux principaux protagonistes : Mehring, riche industriel, pur produit de la société blanche profitant de fait de l'Apartheid, sympathique mais quelque peu méprisant, condescendant avec les employés noirs, insatisfait de sa vie et sombrant sous le poids de ses contradictions; et Jacobus, le contremaitre noir qui s'occupe de la ferme de Mehring, ambivalent, plus ou moins mielleux envers Mehring, et cherchant à ne pas se compromettre en basculant du côté de l'autorité blanche afin que ses employés noirs continuent à le voir comme un des leurs.
Dans ce roman, Nadine Gordimer, Sud-Africaine, prix Nobel de littérature en 1991, prend bien soin d'éviter le manichéisme et nous fait vivre indirectement les inégalités de droit entre les noirs et les blancs à cette époque. Sur la forme, ce roman n'éveille pas un intérêt soutenu : les descriptions de la ferme et de ses environs et les pensées vagabondes de Mehring ne sont guère passionnantes ; mais sur le fond, le roman relève d'une étude sociale et psychologique profonde.
A lire, donc, mais sans oublier que ce roman a été écrit au début des années 1970, et que pour l'apprécier intelligemment, il ne faut pas le lire avec nos yeux de 2020.
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StCyr
  29 octobre 2021
Mehring est un homme d'influence, riche industriel, siégeant dans de multiples conseils d'administration. Il s'est passé un caprice en s'achetant une propriété dans le veld, aux confins des territoires blancs. La demeure du baas est plutôt décatie, mais il a fait cet investissement, en homme avisé qu'il est, pour des raisons fiscales. Il n'y passe qu'en fin de semaine, à charge pour les autochtones à son service, demeurant aux marges de l'exploitation agricole, de faire allez les choses vaille que vaille. du point de vue privé les choses sont plus complexes. Son ex-épouse ne communique avec lui que par l'intermédiaire de leur avocat respectif. Sa maîtresse occasionnelle est une moraliste, dans la grande tradition gauchiste à prétention humaniste, bref, c'est une raseuse. Et la chair de sa chair, son fils, adolescent idéaliste, qui ne semble intéressé ni par la situation que lui promet son père, ni par ses possessions terrestres, parait avoir des inclinations sexuelles qui ne laissent pas d'inquiéter ce dernier. Ajoutez à cela un noir, dont on a fort obligeamment laissé le cadavre sur son territoire, et dont personne ne semble vraiment s'inquiéter. En somme la situation n'est pas aussi reluisante qu'elle semblait être.
Le Conservateur est une habile parabole d'un modèle de société en fin de parcours. le récit est remarquablement bien ficelé, avec de fréquents changements de trame narrative au coeur d'un même chapitre. Particulièrement saisissante est l'évocation d'une inondation suite au passage d'un cyclone. Nadine Gordimer est une auteure qu'on relira avec plaisir, d'autant que plusieurs de ses romans sont sur la liste de livres à lire de votre serviteur, dupliquée sur microfilm et déposée dans un coffre d'une anonyme banque suisse...
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Isacom
  18 août 2021
J'ai trouvé difficile au début d'entrer dans l'univers ségrégationniste et très masculin de cette immense ferme d'Afrique du Sud. Mais j'ai été emportée par la description grandiose, quasi hypnotique, de la Nature et des espaces agricoles, traversés par l'incendie, la sécheresse, l'inondation mais toujours renaissants. Mehring, le personnage central blanc, bien qu'étant un industriel “dans la fonte”, éprouve pour ces terres un amour sincère, au point de délaisser ses relations citadines pour passer peu à peu tout son temps dans sa ferme.
Toutefois Nadine Gordimer montre aussi un univers de secrets et de mensonges, dans lequel les hommes se mentent d'abord à eux-mêmes: “Jacobus me respecte”, pense le propriétaire de son régisseur noir; Jacobus, lui, pense qu'il “sait s'y prendre” avec son patron. Secret qui entoure le cadavre d'un homme noir trouvé dans le marécage, hâtivement recouvert par la police puis à nouveau émergé par l'inondation. On ne connaitra jamais son identité, mais il semble symboliser tout le peuple noir en prenant “possession de cette terre - la leur - il était un des leurs.”
J'ai été impressionnée également par l'exceptionnel talent de Nadine Gordimer pour écrire le monologue intérieur de Mehring, mêlant ce qu'il voit, ce qu'il se remémore (sa liaison avec une femme mariée aux visées politiques opposées) et de façon sous-jacente, ce qu'il craint.
La traduction d'Antoinette Roubichou-Stretz est d'une rare perfection.
Challenge Nobel
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vince971
  11 mai 2021
J'ai littéralement croulé sous les métaphores allégoriques à rallonge de Gordimer pour décrire cette ferme sud-africaine et son propriétaire déclinant nommé Mehring. En déclin comme son pays, pourri de l'intérieur, en attendant le chaos imminent. Il incarne cet Afrikaner, celui qui jouit de tous les privilèges et se complait dans sa vision capitaliste et ses préjugés raciaux envers ses employés noirs. de nombreux passages brillants mais trop peu d'action à se mettre sous la dent pour être vraiment plaisant.
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Nikoz
  20 mai 2013
Un roman politique et militant peut-il être merveilleux? oui!
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
IsacomIsacom   18 août 2021
Les femmes ne saluent pas et ne s'attendent pas à être saluées, elles ne se voient pas du tout dans les yeux de l'homme blanc et du garçon blanc.
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Video de Nadine Gordimer (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nadine Gordimer
Vendredi 18 septembre 2020 / 9 h 45
Jean Guiloineau part sur les traces des petits cailloux semés par Geneviève Brisac et qui font écho ou référence à l'oeuvre de Virginia Woolf. Lectures par Anne Mulpas, poète, performeuse et artiste multimédia.
Directeur de la revue Siècle 21, Littérature & société. Jean Guiloineau est aussi traducteur : Nelson Mandela, Toni Morrison, Nadine Gordimer, André Brink, etc.
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