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EAN : 9791034900022
392 pages
Liana Lévi (15/03/2018)
3.97/5   134 notes
Résumé :
Il y a foule dans les salons du musée de la Marine. Sous les applaudissements de tout le gotha politico-économique, la compagnie minière Carmin célèbre le lancement de Kisanga : un partenariat historique avec le groupe chinois Shanxi pour coexploiter un fantastique gisement de cuivre tapi au coeur de la savane congolaise. Les ministres se félicitent du joli coup de com' avant les élections ; les golden boys de la City débouchent le champagne. Mais au même moment, Ca... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
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« Hier c'était l'ivoire et le caoutchouc,
Aujourd'hui le cuivre, l'uranium et les diamants.
Et à chaque fois, le sang de l'homme noir a coulé. »

Au Katanga, région sud Est du Congo, la richesse du sous-sol est miraculeuse, ce qui constitue dans le même temps sa malédiction, car les puissances mondiales occupent le terrain, avec tout ce que cela comporte de malversations, de corruption, et de crimes.

Dans le roman Kisanga, il s'agit d'une coopération entre la Chine et la France, ces deux grands pays faits pour s'entendre  comme l'affirme le Ministre des Affaires Étrangères Français (fictif, ne cherchez pas de ressemblance), négligeant royalement leur homologue congolais : Chine et France,
avec son entreprise Carmin « vont travailler à conquérir ensemble de nombreux marchés pour apporter à chacun, en Afrique et ailleurs, ce qu'il y a de meilleur pour un développement dans l'intérêt de tous.
Main dans la main.
Le discours lyrique du Français sur l'apport économique dans le secteur des transports, de l'énergie, et des mines, est suivi par le discours de Li son homologue chinois, qui rappelle la longue relation depuis six siècles entre son pays et la terre congolaise.
Les milieux Canadiens et Américains sont mis de côté, bien que cherchant à investir pour gagner des sommes faramineuses.
La RDC est pauvre, et n'a donc pas voix au chapitre. On pille, mais c'est dans l'intention de les enrichir, n'est-ce-pas ? (Au passage, certains congolais s'enrichissent en recevant des pots de vin conséquents)

Restent en lice pour la curée : Shanxi et Carmin.

Pourquoi la Chine  et son entreprise Shanxi ?
Parce que, nous explique Emmanuel Grand, la République populaire de Chine a besoin de matières premières, qu'elle extrait en construisant elle-même les routes : minerais rares par tankers entiers sont échangés contre des produits manufacturés de bas de gamme.
Mais au Katanga, le gouverneur Moise Katumbi a chassé les Chinois devenus trop gourmands. Ils reviennent donc, des années après, par la petite porte… avec l'aide de la France, qui aura du mal à comprendre l'entourloupe.
Autour de ces deux partenaires décidés à ratiboiser les richesses minières de la RDC (argent, cadmium, platine, manganèse, étain, cobalt, cuivre, zinc, nickel, tantale, plomb, or et diamants : une bijouterie à ciel ouvert) : un journaliste, “fouille-merde” qui n'a pas oublié l'embargo décrété par l'État français, gelant les importations en matières premières d'Afrique Centrale, vu les guérillas et les violences contre les civils financées par l'extraction des minerais divers.
Cependant, les entreprises minières avaient continué, sous le manteau, et des milliards avaient été déversés pour taire les massacres, ce que lui, Raphael avait en son temps voulu révéler et dont il a fait les frais en étant viré.

L'armée française n'a aucun intérêt à ce qu'éclate de nouveau le scandale, quatre mercenaires sont donc envoyés pour rechercher les preuves restées aux mains des Congolais quant aux malversations faites par la France au Katanga, et, aussi pour neutraliser le fouille merde qui sait tant de choses compromettantes.

Bluffant, haletant, rythmé, je n'ai pas pu lire ce thriller rapidement, dégustant chaque épisode, cherchant de quoi il est question, à quel point de géopolitique il est fait référence, où se trouve Lubumbashi, capitale du Katanga, quelle épopée historique est évoquée, comment vivent les congolais, jusqu'à la Coupe d'Afrique des Nations, et aussi, le passé trouble de Kabila père du Présidentdu même nom : 
« À l'époque, cette région était un véritable coupe-gorge, rappelle-toi. Kabila avait détrôné Mobutu et pris le pouvoir grâce aux Tutsis rwandais qu'il renvoyait chez eux comme des malpropres. », et provoqué ainsi la guérilla et l'embrigadement des enfants, drogués pour tuer.

Vivant, respirant la connaissance de la terre africaine, une description fouillée de chaque participant, avec une documentation de premier ordre, et un rebondissement qui nous laisse pantois, ce thriller a de plus l'intérêt de citer et d'encenser un vrai personnage : Moise Katumbi, dont Emmanuel Grand souhaite dans son épilogue qu'il gagne les élections, ce qui ne devrait pas tarder, puisque les élections de décembre 2023 rassemblent le président sortant Félix Tshisekedi, le candidat arrivé deuxième à la précédente élection, Martin Fayulu, Moïse Katumbi, qui s'était à l'époque rallié à ce dernier, ainsi que le prix Nobel de la paix 2018, Denis Mukwege25.
Je craque et vous cite Emmanuel Grand. « Jusqu'en 2015, Moïse Katumbi avait régné en maître sur le Katanga. Il avait fait ce que personne n'avait réussi avant lui. Il avait tenu tête aux Occidentaux et aux Chinois, renfloué les caisses de la province, reconstruit les routes et les hôpitaux, remis l'économie en marche et propulsé le club de foot de Lubumbashi en pôle position des clubs du continent. Pour tout cela, le peuple l'adorait et Joseph Kabila le détestait. En 2015, ce dernier réussit enfin à éjecter Katumbi de son siège et choisit pour le remplacer un apparatchik du nom de Cyril Akolo. C'est à ce moment que le projet franco-chinois avait démarré. » 
Si vous ne devez lire qu'un livre sur l'Afrique, je conseille celui-ci.
Coup de coeur.
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Sommée par afriqueah de lire Kisanga, je me suis exécutée, le petit doigt sur la couture du pantalon. Et ne le regrette nullement. Mais plutôt que le roman ultime sur l'Afrique, j'ai surtout eu l'impression que le sujet principal de ce livre était la perte d'influence de la France (et pas seulement de la Françafrique).
Il existe une France mythique qui est très présente en littérature. Dans de nombreux romans étrangers qui ne s'y déroulent pas, on trouve des allusions (politiques, culturelles, touristiques…) à notre pays, plus ou moins congrues certes, mais bon je pense pas qu'un Suédois ou un Brésilien puisse se faire la même réflexion (si j'ai tort, n'hésitez pas à me le faire savoir avec un grand rire méprisant).
Eh bien là, c'est officiel, ce roman d'un Versaillais signe la fin du mythe. Reste un pays rabougri aux dimensions d'une puissance médiocre et pathétique. Son fleuron minier est un ramassis d'ambitieux falots, sa politique extérieure est piteuse, ses mercenaires ne sont pas fichus de réussir une mission, même ses tireurs d'élite se feront voler l'exécution qu'ils étaient censés effectuer. Quant à ses lanceurs d'alerte, il faut qu'on leur apporte les preuves des malversations sur un plateau pour qu'ils s'en sortent à peu près. Suprême camouflet: la Chine ne voit pas l'intérêt de susciter une crise diplomatique avec un pays qui ne représente guère plus qu'un agréable parc d'attraction.
Exit donc la France, qui s'agite telle la mouche De La Fontaine, tandis que deux mastodontes se font face: la Chine et la RDC. La suite s'écrira dans d'autres livres. Dans 20 ans, je mendierai les conseils d'europeah qui me signalera quelques romans à propos du vieux continent, et que je lirai sur une tablette tactile made in China, bourrée de cobalt extrait du sous—sol congolais.
En attendant, d'après TV5monde, les matières premières ont rapporté 76 milliards de gain aux Chinois contre 3 pour la RDC ou bien elles financent les groupes armés dans l'est du pays: dans les deux cas, sans que la population tire bénéfice des fabuleux gisements sous ses pieds…
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Excellente seconde lecture d'un roman d' Emmanuel Grand ! Après avoir découvert il y a quelques années "Les salauds devront payer", je serais presque tenté de dire que ce titre s'appliquerait sans hésitation à "Kisanga".

En effet, ce roman-fiction comporte bien son lot de politiciens corrompus, de scandales (d'Etat), de barbouzes/mercenaires, de marchés juteux se faisant sur le dos des conventions internationales et des droits de l'Homme mais encore de journalistes qui comptent faire émerger la vérité.

Ici, Emmanuel Grand magnifie le Congo, pays africain riche par ses paysages mais surtout par ses sols qui attirent les groupes industriels et leur avidité. Bien que fiction, cette oeuvre n'en fait pas moins ressortir les travers de notre société et l'appauvrissement des matières premières, surexploitées .

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Ce livre est un régal pour qui aime les fictions qui, partant d'un contexte réel, d'événements d'actualité, s'en servent pour bâtir une intrigue tendue.
Emmanuel Grand avait pourtant commencé sa carrière littéraire en n'attachant pas grand importance à la crédibilité dans un thriller bien mené au parfum de varech (Terminus Belz). Puis il avait su magnifier le Nord et son contexte social dans le très réussi Les salauds devront payer. Kisanga le fait entrer dans le cercle des maîtres de la fiction politico – économique. Un genre subtil où Dominique Manotti fait figure de référence.

La multinationale française Carmin vient d'officialiser un accord pour l'exploitation, en partenariat avec une firme chinoise, d'un gisement minier prometteur dans la province du Katanga au Congo : Kisanga.
Un retour dans la région pour cette firme, qui avait continué au début des années deux mille à extraire des minerais stratégiques dans la région des grands lacs en pleine guerre entre Tutsi et Hutus. A l'époque, pourtant, la commercialisation des matières premières issues de la région faisait l'objet d'un embargo. Et le gouvernement français avait malgré tout permis et même facilité la continuation de l'activité.
Un retour aussi pour des Chinois qui mènent une offensive diplomatique en offrant aux États africains des aides pour améliorer leurs infrastructures. L'occasion, au prétexte de développement économique, de permettre un meilleur accès aux matières premières. L'occasion aussi de piller les richesses de l'Afrique, pour alimenter leur industrie.
Pour lancer au plus tôt ce projet stratégique, Carmin envoie une petite équipe au Congo, dont l'ingénieur Olivier Martel. Il va devoir permettre dans un temps record l'ouverture d'une première mine sur le gisement attribué. Les obstacles sont nombreux : obstacles politiques dans un pays où la moindre démarche nécessite un bakchich, obstacles logistiques (routes défoncés, pistes embourbées, matériel hors d'âge...), obstacles climatiques (la chaleur, les trombes d'eau déversées par les orages tropicaux), obstacles sécuritaires (la région demeure une poudrière, où différentes milices ethniques font la loi).

Mais ce projet, qui va à coup sûr doper le cours de bourse de Carmin, ravive les fantômes du passé. Les politiques et les dirigeants de la société n'avaient pas eu de scrupules à faire du business dans la région. Il faut maintenant faire disparaître toute trace de ces actes. le flamboyant ministre des affaires étrangères s'y active. Il met la pression sur les services secrets, qui envoient sur place des anciens du service récupérer des photos compromettantes. Dans le même temps, un journaliste d'investigation sur le déclin, mais tenace, repart en guerre contre Carmin.

Le contexte d'ensemble est vite posé. Les personnages montrent vite leurs limites, voire leurs vices. le PDG de Carmin est un stratège manipulateur craint de ses troupes. L'investissement opéré dans une mine à la rentabilité incertaine rappelle évidemment l'affaire UraMin. le ministre fait lui penser à un homme politique, dont on connaît mieux sur Babelio ses biographies napoléoniennes. Les Africains ne déparent pas : le chauffeur - fixeur au lourd passé, le gouverneur local totalement corrompu, une population portant ses espoirs dans son équipe de foot… La réalité de la RDC transpire – je dirais même suinte - à chaque page. Grand explique comment la région des Grands Lacs a été le creuset de guerres abominables et d'oppositions qui dépassent les luttes ethniques. Tout cela est remarquablement documenté, très bien écrit, avec un rythme soutenu.
Le genre de lecture dont on sort en se disant qu'en quelques pages on a approché le dessous des cartes.

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La France et la Chine doivent signer un partenariat pour exploiter une mine de cuivre en République Démocratique du Congo. La preuve accablante d'un marché illégal pendant un embargo, quinze ans plus tôt, risque de compromettre ce marché juteux pour la France.

Notre beau pays dépêche donc Lauzière, un mercenaire rompu à toutes les manigances obscures de la raison d'état, pour essayer de récupérer les photos compromettantes.

Une affaire qui aurait dû se régler rapidement pour un militaire de cette trempe, mais rien n'est simple sur le continent Afrique.

Il faudra aussi compter sur Martel, un ingénieur des Mines un peu trop scrupuleux et idéaliste et Da Costa, un journaliste parisien qui lui a un vieux compte à régler avec Carmin la société d'exploitation minière qui n'est pas vraiment regardante sur les conditions de travail catastrophiques des employés Congolais.



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Il faudra aussi compter sur des politiciens dépassés ou corrompus, des investisseurs chinois très près de leurs intérêts, des financeurs aussi arrogants qu'immatures, bref Indiana Jones et Rouletabille auront fort à faire, face à tout ce petit monde néocolonial sans scrupule.

Ce n'est plus la Françafrique, mais le Mondafrique avec la présence incontournable de la Chine sur cet immense continent. Corruption, chantage, lobbying éhonté, Emmanuel Grand nous embarque dans un polar social et géopolitique très actuel. Les ressources « maudites » telles que le cuivre, l'uranium, le coltan, qui nous permettent d'avoir des énergies propres, sont exploitées dans de très sales conditions.

Suspens, action, habile mélange de fiction et de réalité « Kinsanga » est un vrai page-turner moite et poussiéreux.

Il y a de Jean-Patrick Manchette et de John le Carré chez cet écrivain, on a fait pire comme référence, pas vrai?

Bref, après l'excellent « Terminus Belz » et le non moins excellent « Les salaud devront payer » tous deux d'heureuse mémoire, il faut lire de toute urgence « Kisanga » le nouveau roman noir d'Emmanuel Grand.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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critiques presse (1)
Actualitte
21 mars 2018
Toujours très proche d’une réalité sociale actuelle, les romans policiers d’Emmanuel Grand témoignent sans détours et en détails d’une intrigue efficace, solide et convaincante.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (56) Voir plus Ajouter une citation
Sa respiration était lente. Une brise légère caressait les feuilles des arbres.
Tapis dans les rochers, les deux guetteurs observaient la bâtisse sans bouger, quand soudain une silhouette apparut sur la terrasse. Le militaire fit le point sur ses jumelles. Un homme aux cheveux blancs, en robe de chambre nid-d’abeilles, tenait un bol de café à la main. Le sniper ajusta la crosse de son arme sur son épaule et resserra son index sur la queue de détente.
Le militaire à la jumelle déploya la paume de sa main gauche comme pour l’empêcher de tirer. Épiant le moindre geste du type en contrebas, il attendit que celui-ci se tourne pour se présenter sous un angle plus favorable. Alors la cible renversa la tête en arrière et vida son bol de café d’un trait. Il l’avait en pleine ligne de mire quand son walkie-talkie se mit à grésiller.
– Allô !
– Oui, mon colonel.
– Ne tirez pas. Je vais sur place. Citroën grise immatriculée CE 371 SL.
– Bien, mon colonel.
– Je suis en civil, veste bleu marine. Interdiction de faire feu sans mon accord. Je vous ferai un signe si ça tourne mal, mais pour le moment, je joue seul.
Le capitaine répercuta l’ordre à son tireur d’élite et vingt minutes plus tard, un nuage de poussière monta du chemin annonçant la Citroën qui termina sa course à l’ombre des cyprès. Le colonel en veste bleue sortit de la voiture, traversa le jardin et frappa à la porte. Le capitaine qui le suivait à la jumelle grogna entre ses dents. Le colonel était entré à l’intérieur et il ne l’avait plus en visuel. La mission venait de se compliquer singulièrement. Le sniper relâcha la pression. 
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Piller un continent en se faisant dérouler le tapis rouge et en ringardisant les Occidentaux et leur colonialisme rampant, voilà le tour de force des Chinois. Un véritable cas d’école. 
Commenter  J’apprécie          2610
Il resta quelques instants à s’imprégner de la beauté des lieux, de cette terre vierge et préservée, et ne put s’empêcher de penser qu’elle méritait sans doute qu’on la laisse en paix, habitée pour toujours par le vent et les bêtes sauvages. Mais il le savait. Pour cela, il était déjà trop tard. »
Commenter  J’apprécie          152
La bulle technologique qui avait euphorisé l’Occident dans les années 2000 avait également embrassé l’Afrique dont le sous-sol renfermait les métaux rares et précieux – germanium, tantale, cassitérite, cobalt – indispensables au développement de l’électronique mobile, des écrans à cristaux liquides, des batteries au lithium, etc .
Commenter  J’apprécie          130
On ne met pas en cause des députés de la République,des secrétaires d'état ou des trésoriers de partis politiques impunément.Il faut être sacrément arrimé au sol.Et un flic ne doit sa puissance qu'aux hommes qui se trouvent derrière lui.Quand la flicaille le lâche ,il n'est plus rien.(p 107)
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Vidéo de Emmanuel Grand
Extrait du livre audio "Sur l'autre rive" d'Emmanuel Grand lu par Sylvain Agaësse. Parution CD et numérique le 15 septembre 2021.
https://www.audiolib.fr/livre/sur-lautre-rive-9791035406479/
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