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EAN : 9791021001343
224 pages
Éditeur : Tallandier (28/08/2014)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 6 notes)
Résumé :
L’injustice a un nom : Alfred Dreyfus. Pour en prendre la mesure, il faut revivre l’ascension de ce jeune juif alsacien, entré à Polytechnique, cavalier d’exception promu capitaine dans l’armée française. Remarqué par le chef des armées pour la qualité de sa mémoire et son sens de l’analyse, il était promis aux plus hautes fonctions au ministère de la Guerre. A-t-il été victime d’une rivalité, de l’antisémitisme ou encore d’un traquenard sur fond d’espionnite ? Il e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
metraux73
  25 octobre 2014
Dreyfus fait couler beaucoup d'encre depuis maintenant 120 ans et si nous avons l'impression de bien connaître l'affaire, nous en oublions l'homme, rarement pris en compte. Laurent Greisalmer est clair dans son avant-propos : cet ouvrage est consacré à la vie d'Alfred Dreyfus, l'homme qu'il était et la perception qu'il avait de sa situation.
le père d'Alfred, Raphaël Dreyfus, a permis l'ascension sociale de la famille grâce en s'intégrant dans le monde industriel alors en pleine expansion. Désormais citadins, ils sont installés à Mulhouse. Cependant, avec l'occupation allemande de 1870, une partie de la famille quitte l'Alsace pour le sud de la France où une soeur d'Alfred s'est établie. Ce dernier intègre Polytechnique puis l'armée. Il est très apprécié de ses supérieurs qui ne tarissent pas d'éloges sur son compte, seul son fort accent alsacien lui est gentiment reproché. Il gravit les échelons et passe de lieutenant à capitaine. Dans le même temps, jeune homme séducteur il apprécie la compagnie des femmes et épouse Lucie Hadamard en avril 1890. Deux enfants naissent de cette union. Alfred Dreyfus continu son ascension professionnelle en intégrant l'Ecole Supérieure de la guerre. Une vie sereine, pleine de promesse s'offre au jeune officier lorsque tout bascule. Soudain, il est accusé de trahison envers son pays, condamné, il est déporté en Guyane. Il n'a de cesse de vouloir prouver son innocence mais, enfermé, il ne saisira l'ampleur de l'affaire Dreyfus que lors de son retour en France. Toute sa vie, Alfred croit en la justice et a confiance en les institutions de son pays, il voue un culte à la République. Pourtant, il n'est plus considéré comme une personne mais comme une cause politique. Deux parties s'opposent et déchirent le pays alors soulevé par une vague antisémite. de grands noms défendent Dreyfus et à travers lui leur vision de la République : Zola, Jean Jaurès, Georges Clémenceau… Mais beaucoup ne voient pas la souffrance de l'homme qui se trouve au coeur de cette affaire, seul le côté politique compte.
Laurent Greisalmer remédie à cela avec son autobiographie La vraie vie du Capitaine Dreyfus. Cet ouvrage nous permet de découvrir un homme pris dans les passions de son temps, un personnage trop longtemps oublié. Ce travail bien documenté, est parsemé de nombreux extraits de la correspondance d'Alfred Dreyfus. Très agréable à lire, il manque cependant des notes renvoyant aux sources ou ouvrages utilisés. Par ailleurs, il aurait été agréable de voir en annexe une ou deux photos du capitaine Dreyfus, notamment de sa jeunesse puisque l'une d'elle est d'ailleurs évoquée dans le texte. C'est un livre qui se lit d'une traite même si les tenants et aboutissants de l'affaire Dreyfus sont connus, ce qui montre l'habilité de l'écrivain.

Lien : http://deslettresauxlivres.b..
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CeCedille
  07 novembre 2014
On croit tout savoir de l'affaire Dreyfus. Tant de livres y ont été consacrés, dont certains excellents. Mais la vraie vie du capitaine Dreyfus était passée au second plan. le petit livre de Laurent Greilsamer vient combler une lacune, ou plutôt réparer une erreur, colportée par les plus beaux esprits (Clemenceau, Péguy...) : Dreyfus, en acceptant sa grâce n'a pas été à la hauteur de son « Affaire » !
Le simple récit de sa vie suffit à le rétablir à sa vraie place, celle d'un martyr de la justice militaire et de l'antisémitisme. Toujours digne, ferme sur ses principes, attaché aux valeurs de la République, loin de toute exploitation médiatique, héros involontaire d'un temps troublé par les démons qui finiront par emporter la démocratie.
Nul pathos dans le récit de cette vie qui devait être celle d'un militaire brillant et patriote. Mais ses origines et ses qualités seront paradoxalement retenues à charge, spécialement le fait qu'il parle parfaitement l'allemand de par ses origines alsaciennes et sa scolarité à Bâle, après la défaite de 1870.
Pétri de valeurs militaires, il ne met nulle véhémence dans l'affirmation de son innocence, voulant ignorer ses origines juives, ce qui le brouille avec son principal soutien, son ami Bernard Lazare. Les intellectuels, dont "l'Affaire" est l'acte de naissance, ont d'autres objectifs.
On tire beaucoup d'enseignements de cette vie d'Alfred Dreyfus.
Lors de son arrestation, le commandant du Paty du Clam lui propose tout simplement de se suicider et lui présente un revolver d'ordonnance. le ton est donné. L'armée préfère la justice expéditive.
La détention de Dreyfus à l'île du diable apparaît comme tentative d'assassinat minutieusement organisée. Il est mis aux fers, surveillé jour et nuit par 11 gardiens et 6 chiens. Les surveillants se plaignent, plus que lui, des conditions de sa détention, du climat, des insectes, des fièvres, qui devraient venir à bout de sa résistance. Des instructions sont d'ailleurs envoyées pour la conservation de son cadavre. Sa survie à la « guillotine sèche », comme on désigne la déportation en Guyane, tient du miracle.
Entre le 15 octobre 1894, date de son arrestation et la fin de l'année 1898, au secret, il ignore tout de son dossier et du développement de « l'affaire ». S'il accepte la grâce que lui offre le gouvernement le 19 septembre 1898, pressé par son frère Mathieu, c'est pour retrouver sa famille, ses enfants, sa santé : c'est tout simplement pour revenir à la vie.
Dans l'épreuve du bagne, c'est la lecture qui le sauve. Il apprend par coeur Shakespeare, trouve du réconfort dans la sagesse de Montaigne, dans les auteurs russes (Tolstoï, Dostoïevski). Il lit Fustel de Coulanges, Taine, Michelet. Il collectionne citations et maximes et couvre aussi ses carnets d'exercices mathématiques.
La sinistre comédie de la justice militaire donne dans cette affaire toute sa mesure : bordereau, dossier secret, persistance du Conseil de guerre de Rennes dans l'affirmation de la culpabilité alors même que la trahison d'Esthérazy a été établie. La cour de cassation résume ce parcours chaotique dans une inhabituelle, abrupte et mémorable formulation : "Attendu, en dernière analyse, que de l'accusation portée contre Dreyfus, rien ne reste debout " !.
Mais rien n'y fait. Une grande partie de l'opinion (L'action française, La libre parole, le gaulois) résiste à l'établissement de la vérité. le publiciste Pierre Gégori, qui s'inscrit dans dans cette mouvance, tente d'assassiner Dreyfus lors du transfert des cendres de Zola au Panthéon le 5 juin 1908. Nouvel exploit de la justice -qui n'est plus militaire cette fois- : il est acquitté, comme le sera, dix ans plus tard, Raoul Villain, l'assassin de Jaurès !
Alfred Dreyfus a toujours été patriote et même nationaliste. A l'égard de l'Allemagne, ce républicain, laïc, réformiste, prône la fermeté « pour en finir avec ces querelles que l'Allemagne nous suscite constamment ».
Mobilisé à 55 ans, il n'a de cesse de rejoindre le front. En 1917 il est envoyé au Chemin des Dames, au cours de l'offensive Nivelle. Il se bat à Verdun. Lui, pourtant de santé fragile « s'accommode fort bien de ce régime de sauvages » comme il l'écrit à sa famille.
En 1918, il est promu lieutenant-colonel de réserve avant de revenir à l'anonymat auquel il a toujours aspiré.
Comme un signe de son destin, c'est un jour de fête nationale, le 14 juillet 1935, qu'il est enterré au cimetière Montparnasse .
Lien : http://diacritiques.blogspot..
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Wyoming
  24 mars 2018
Un excellent livre pour découvrir facilement la vie brisée d'un homme qui aurait dû être reconnu comme un héros de la France au lieu d'un paria de la République. L'auteur nous fait pénétrer dans la vie intime du capitaine, homme intelligent, discipliné, consciencieux, patient, volontaire pour le chemin des Dames en 1914, inhumé un 14 juillet. C'est aussi la narration de l'acharnement raciste de l'extrême droite et malheureusement d'une trop grande partie des français, capables toujours du meilleur et du pire, mais pour Dreyfus c'était le pire. Une vie à connaître absolument et à ne pas oublier.
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critiques presse (1)
LeFigaro   25 septembre 2014
La Vraie Vie du capitaine Dreyfus dresse de l'enfermement en Guyane un portrait saisissant, avec comme - rare - échappatoire les lettres à sa femme.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
JcequejelisJcequejelis   31 octobre 2014
(A l’île du Diable) Par formation, par instinct, il sait qu'il lui faut établir un emploi du temps, rythmer ses journées. La discipline est une vertu qui permet de se garder de la chute. Il l'a intégrée, dès l'adolescence lorsqu'il était interne au collège Sainte-Barbe... Il ne s'en écartera pas. Pour profiter des premières heures fraîches de la journée, il se lève avec le soleil. C'est le temps des corvées : fendre du bois pour pouvoir alimenter son feu et cuisiner, essayer de tenir son intérieur, son linge et lui-même le plus propre possible. Il bricole avec un vieux morceau de tôle une sorte de grill ; récupère des casseroles rouillées ; se sert de boites de conserve comme de gamelle. Il se retire ensuite dans sa case pour étudier l’anglais dans un livre qu'il a conservé depuis son départ. A midi, il sort pour consulter son cadran solaire de fortune. Son repas est frugal : il délaisse la plupart des provisions qui lui sont apportées de l'île Royale. Le lard est faisandé, le café trop vert. Il mange le pain, prend du bouillon, fait cuire une poignée de riz, se prépare du thé et croque de la cassonade. Les premières heures de l'après-midi sont réservées à sa correspondance et à son journal. Et avant que le soleil ne s'effondre sous la ligne d'horizon, il se promène sur les quelques centaines de mètres carrés qu'il est autorisé à fouler.

2127 – [p. 88/89]
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JcequejelisJcequejelis   09 novembre 2014
Depuis le début, il profite des périodes où on l'autorise à recevoir des livres pour se constituer une bibliothèque. Elle devient son asile. Shakespeare lui permet de se confronter au réel ; Montaigne, son autre dieu, lui montre la voie de la sagesse.
En trois ans, depuis ses premiers tâtonnements à la prison de la Santé, il est parvenu à savoir suffisamment d'anglais pour lire Shakespeare dans le texte. Il exerce sa mémoire en apprenant par cœur de longues tirades d'Hamlet, du Roi Lear. Sa lecture quotidienne des Essais de Montaigne est l'occasion d'une réflexion permanente : il rédige, lui aussi maximes et axiomes, parfois en latin, qu'il inscrit dans ses cahiers d'étude.

2147 – [p. 113]
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JcequejelisJcequejelis   25 octobre 2014
Leur bibliothèque (à Lucie et lui), en expansion permanente, contient les grands classiques de la littérature. Son inclination le porte vers Shakespeare, les romanciers russes, Balzac. Curieusement, il ne supporte pas Baudelaire. La philosophie est aussi très présente, de Platon à Schopenhauer. L’histoire règne cependant en majesté avec de nombreux volumes sur l’histoire militaire, les guerres napoléoniennes, les histoires de France de Michelet, Fustel de Coulanges, Henri Martin.

2105 - [p. 33]
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JcequejelisJcequejelis   29 octobre 2014
Cela fait plus de eux semaines que le secret tient. Un secret de plomb. Un secret asphyxiant auquel seul Dreyfus et sa famille sont tenus.
Dans l'enceinte de la prison du Cherche-Midi, le détenu 164 resté placé au secret absolu, aveugle et sourd, ligoté, condamné à subir. Son ordre d'arrestation avait été signé avant même qu'il ne s’explique. L’enquête préliminaire a été bouclée sans qu'aucun témoin, à charge ou à décharge, n'ait été entendu par le commandant du Paty de Clam.

2113 - [p. 53]
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JcequejelisJcequejelis   02 novembre 2014
Son journal lui permet de réfléchir, de revenir sur l'unique élément sur lequel a reposé sa condamnation : le bordereau soi-disant rédigé de sa main, retrouvé dans une ambassade étrangère. Il note le 22 septembre 1895 : « Condamné sur une preuve d'écriture, voilà bientôt un an que je demande justice, et cette justice, que je réclame, ce n'est pas une discussion sur l'écriture, mais la recherche, la découverte du misérable qui a écrit cette lettre infâme. Le gouvernement a tous les moyens pour cela. Nous ne sommes pas en face d'un crime banal, dont on ne connaisse ni tenants ni aboutissants. Les aboutissants sont connus, donc la lumière peut être faite, quand on voudra bien la faire. »

2131 – [p. 95/96]
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Vidéo de Laurent Greilsamer
les matins - Départementales 2015 : les nouvelles cartes du FN .Hervé le Bras Démographe, Directeur d'études à l'INED, enseignant à l?EHESS Spécialiste en histoire sociale et démographie « La question de l?immigration, c?est terminé. le FN est porté par les inégalités sociales » entretien avec par Eric Fottorino et Laurent Greilsamer va paraître dans le nouveau numéro du journal « le un » Nonna Mayer Politologue Directrice de recherche au CNRS, professeur à Sciences-Po Son article « Quand les femmes s?y mettent » va paraître dans le nouveau numéro du journal « le un ».
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