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ISBN : 2710383918
Éditeur : Quai Voltaire (05/04/2018)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Le point de départ de Deuils, c'est le retour du narrateur dans la maison de ses grands-parents où Salomon, son oncle, avait vécu avant de se noyer à l'âge de cinq ans dans le lac Amatitlan. A partir là, le récit se construit comme un puzzle narratif où se mêlent des souvenirs épars, afin de reconstituer l'histoire de sa famille. Mais comment faire la distinction entre les souvenirs bien réels et ceux que l'on a brodés à partir d'une image, d'une phrase, d'un non-di... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
DanD
  27 mars 2018
Apres avoir lu Monastere, Deuils m'a instille une impression de déjà vu, de promenade en terrain connu. C'est evidemment voulu. Eduardo Halfon appartient a ce genre d'auteurs qui ruminent inlassablement une meme histoire, ou plutot se servent d'elements qui reviennent comme un fil d'Ariane dans toutes les histoires qu'il raconte, dans tous ses differents livres (pas tous, mais beaucoup). Et pourtant ca m'a interesse, ca m'a pris. Comme quand je lis du Modiano, ou du Bolano. Les obsessions litteraires de Modiano sont bien connues des lecteurs francais. Bolano, dans La literature nazie en Amerique, raconte la recherche par des collegues ecrivains d'un poete disparu, un certain Hoffman; dans Etoile distante le recherché se nomme Carlos Wieder; dans Les detectives sauvages la poetesse disparue est la mexicaine Cesarea Tinajero; dans 2666 c'est Benno von Archimbold. Comme Bolano, comme Modiano, Halfon reecrit compulsivement certaines histoires, prolongees, modifiees, qui servent de points de repere dans sa trajectoire litteraire.
Comme beaucoup de ses autres livres, Deuils c'est de l'autofiction. La recherche de Halfon (ou de son alter-ego litteraire) pour devoiler, par dela les non-dits ou les insinuations des uns et des autres, les vraies circonstances de la mort d'un gosse, le grand frère de son pere. S'est-il noye dans un lac guatemalteque? Est-il mort dans une clinique newyorkaise? Et Halfon de tisser un tourmente et emmele travail de memoire, qui englobera la memoire de sa famille, ou de ses familles, aux differentes racines libanaises et polonaises, la memoire des indiens du Guatemala, la memoire de tous les enfants noyes dans le lac Amatitlan. Tout ce qui fait de lui l'homme multiculturel qu'il est devenu, partout, et peut-etre nulle part, chez lui.
Il nous promene par des territoires – le Guatemala, Miami, New York, la Pologne – et par des espaces culturels – juifs, arabes, latins, nord-americains – qui tracent la carte des deambulations de sa famille, et de ses deambulations a lui dans la quete de son identite. Present et passé se melangent sans que jamais on ne perde le fil. Parce que le texte de Halfon est fascinant, ecrit avec humour, emotion, douleur, avec une grande intensite poetique.
Dans sa version originale Deuils s'intitule Duelo, au singulier. Duelo a un double sens en espagnol: deuil, mais aussi duel. Et le livre traite non seulement du deuil que le protagoniste cherche a faire d'un petit garcon mort, du deuil que fait tout un peuple de ses nombreux enfants noyes, mais aussi du duel, mythique, que se livrent toujours deux frères entre eux, avec amour et douleur. le titre francais ne peut embrasser ces deux acceptions, mais l'emploi du pluriel est heureux a mon avis.
Deuils parait ces jours-ci en francais, chez Quai Voltaire. Je le recommande chaudement.
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maevedefrance
  07 avril 2018
Traduit par David Fauquemberg
Je vous emmène en voyage, en compagnie d'Eduardo Halfon, écrivain né au Guatemala en 1971. Il est un auteur tout à faire connu en Amérique du Sud où il a été nommé parmi les quarante meilleurs jeunes écrivains latino-américains au Hay Festival de Bogotá. Il a déjà été publié plusieurs fois en France, mais j'avoue que je ne le connaissais même pas de nom. Une belle occasion de découvrir une littérature d'ailleurs, une fois de plus !
Deuils est le récit d'une quête familiale et d'une recherche de vérité :
"Il s'appelait Salomón. Il est mort à l'âge de cinq ans, noyé dans le lac d'Amatitlán. C'est ce qu'on me racontait, enfant, au Guatemala. Que le frère aîné de mon père, le premier-né de mes grands-parents, celui qui aurait dû être mon oncle Salomón, était mort noyé dans le lac d'Amatitlán, accidentellement, quand il avait mon âge, et qu'on n'avait jamais retrouvé son corps."
Le narrateur cherche à percer le mystère de cet oncle qu'il n'a pas connu. C'est un fantôme qui hante le récit d'une présence évanescente, poétique et presque mystique. Dans sa quête, le narrateur entraîne le lecteur à travers plusieurs pays : le Gualemala, mais aussi les Etats-Unis, l'Allemagne, la Pologne...
"Je savais que mon grand-père avait quitté Beyrouth en 1919, à l'âge de seize ans, avec sa mère et ses frères, par les airs. Je savais qu'il avait d'abord volé jusqu'en Corse, où sa mère était morte et où on l'avait enterrée ; puis de là, en France, où tous les frères avaient ensuite appareillé depuis Le Havre à bord d'un vapeur baptisé SS Espagne, à destination de l'Amérique ; New York, où un fonctionnaire de l'immigration tire-au-flanc, ou peut-être fantasque, avait décidé de couper en deux notre nom de famille, et où mon grand-père avait travaillé pendant plusieurs années, à Brooklyn, dans une usine de bicyclettes ; Haïti, où vivait l'un de ses cousins ; le Pérou, où vivait un autre de ses cousins ; et le Mexique, où un autre cousin encore était le fournisseur en armes de Pancho Villa. Je savais qu'à son arrivée au Guatemala il avait survolé les arcades du Portal del Comercio - à une époque où un tramway tiré par des chevaux ou des mules passait encore devant le Portal del Comercio - avant d'y ouvrir un magasin de tissus d'importation(...)."
Deuils, c'est aussi l'histoire d'un exil familial et de tabous, transgressés malgré tout.
"Mon grand-père ne retourna jamais dans sa ville natale. Il ne voulut jamais y retourner. Et il refusa toujours qu'un membre de la famille s'y rende. Il ne faut pas aller en Pologne, disait-il. Les Polonais, disait-il, nous ont trahis. Je voyageais donc en Pologne, contre sa volonté (...)."
"Le petit frère de mon grand-père, pouvait-on lire sur ce document, alors âgé d'à peine vingt ans, était mort de faim", dans le ghetto de Lödz, le 14 juin 1944.
Ecrire pour savoir qui on est. C'est finalement ce que l'on ressent à cette lecture. Des choses tragiques mais écrites avec force et beauté.
De la joie aussi, et de l'humour.
On croise une foule de personnages hauts en couleur.
"Une dame courtaude et grassouillette regardait la télévision derrière le comptoir. Elle l'éteignit brusquement et se leva.
Bonjour, me dit-elle dans un demi-sourire pleine de tristesse et d'or. (...)
Je remarquai sur le pin brut du comptoir une assiette de plastique rouge contenant ce qui ressemblait à des cacahouètes grillées, mais en plus rond et plus sombre, un peu comme des grains de café brûlés, et je demandai à la dame ce que c'était. Des fourmis, répondit-elle, nos fameux zompos de Mayo. Bien grillées, ajouta-t-elle, avec du sel et du citron."
Mmmmh ! Miam miam ! :) Je vous laisse découvrir seul la fin de ce passage qui vaut le détour !
Eduardo Halfon vous berce, dans ce roman court, de sa plume poétique et concise. Ses mots vous enveloppent d'un voile de douceur, pour vous conter une histoire tantôt violente, tantôt magique, entre rêve et réalité.
Je classe ce livre parmi mes coups de coeur 2018 !

Lien : http://milleetunelecturesdem..
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traversay
  22 avril 2018
Vu de France, l'Amérique centrale est une entité territoriale qui a du mal à exister et combien de fois peut-on lire à tort que le Mexique, le Nicaragua ou le Honduras sont des pays d'Amérique du Sud. La littérature de ces pays est vivante mais ne nous parvient qu'épisodiquement, il faut donc savourer les quelques auteurs qui ont la chance d'être traduits régulièrement. C'est le cas du guatémaltèque Eduardo Halfon, dont les courts romans sont publiés dans l'élégante maison Quai Voltaire. Deuils, le plus récent, est écrit sous le mode de l'autofiction, genre un peu trop répandu surtout quand il s'apparente au narcissisme, défaut qui ne semble pas affliger Halfon. A travers le fantôme du frère aîné de son père, mort avant d'atteindre l'âge adulte, l'auteur entreprend une sorte de quête identitaire et nostalgique qui nous transporte dans l'histoire d'une famille juive guatémaltèque, en passant par la Pologne et les Etats-Unis. Comment est mort cet oncle que tout le monde a oublié ? le mystère s'épaissit à mesure que Halfon convoque ses souvenirs et enquête sur différents lieux, égrenant les rencontres dans une prose chamarrée où l'humour et la poésie sont le contrepoint de la douleur. Un livre dont l'apparente simplicité dissimule une belle profondeur dessinée par la mémoire et le langage.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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beberoots
  20 avril 2018
Le narrateur revient dans la villa de ses grands-parents, villa qui détient les secrets de cette famille juive exilée pour survivre, villa de son enfance où il a tant de souvenirs. Un surtout revient sans cesse : Salomon, son oncle paternel serait mort enfant, noyé dans le lac près de la maison. Il ne sait plus comment il l'a su, qui lui a dit, il le sait c'est tout. Mais quand il en parle autour de lui, personne ne se souvient. Qui est Salomon ? Comment est-il mort ? Tout se mélange, entre Guatémala, Etats-Unis et Pologne, entre les générations, entre la petite et la grande Histoire.
Ce roman court et épuré dresse le portrait d'un homme en quête de mémoire. Sa famille garde beaucoup de mystères, déjà enfant il avait des questions et a dû se créer lui-même les réponses qu'il a intégré comme réalité. Dans ce roman, la frontière est mince entre la réalité, les souvenirs, les broderies de l'imagination et la chute peut-être vertigineuse quand la vérité se dévoile. Ce narrateur doute de lui-même, cela le rend particulièrement humain et touchant. J'ai passé un bon moment en sa compagnie, à essayer de démêler le vrai du faux, découvrir chaque personnage de cette grande famille étonnante, multiple et encrée dans la tradition.
Lien : https://lesmotschocolat.word..
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viduite
  09 avril 2018
Deuils nous offre une très belle plongée dans la pluralité de récits opposés à une disparition. Avec un entêtant dépouillement, un sens très sûr du raccord et de l'ellipse, Eduardo Halfon revient sur les traces du frère de son père, Salomón. L'occasion de nous livrer, avec une discrétion dont l'effacement de soi vire à l'omniprésence, le récit d'un exil, le portrait en creux d'un pays, de l'insoutenable banalité des drames intimes.
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critiques presse (2)
LeFigaro   13 avril 2018
Avec la grâce qu'on lui connaît, l'écrivain guatémaltèque Eduardo Halfon, résident au Nebraska, nous entraîne dans un périple onirique sur les bords du lac Amatitlán.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeMonde   11 avril 2018
En virtuose, l’écrivain guatémaltèque Eduardo Halfon mêle l’enquête sur la mort d’un oncle et l’histoire de sa famille hantée par le deuil. Somptueux.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Videos de Eduardo Halfon (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Eduardo Halfon
Eduardo Halfon - "Signor Hoffman" et "Le boxeur polonais" .Eduardo Halfon vous présente son ouvrage "Signor Hoffman" et "Le boxeur polonais" parus aux éditions Quai Voltaire. Retrouvez les livres : http://www.mollat.com/livres/halfon-eduardo-boxeur-polonais-9782710375616.html http://www.mollat.com/livres/halfon-eduardo-signor-hoffman-9782710376163.html http://www.mollat.com/livres/halfon-eduardo-pirouette-9782710369745.html http://www.mollat.com/livres/halfon-eduardo-monastere-9782710370833.html Notes de Musique : "Dream Culture" par Kevin MacLeod (http://incompetech.com) https://www.facebook.com/Librairie.mollat/ https://twitter.com/LibrairieMollat http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/ https://vimeo.com/mollat https://instagram.com/librairie_mollat/ https://www.pinterest.com/librairiemollat/ http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ https://soundcloud.com/librairie-mollat http://blogs.mollat.com/
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