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ISBN : 2710383918
Éditeur : Quai Voltaire (05/04/2018)

Note moyenne : 3.47/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Le point de départ de Deuils, c'est le retour du narrateur dans la maison de ses grands-parents où Salomon, son oncle, avait vécu avant de se noyer à l'âge de cinq ans dans le lac Amatitlan. A partir là, le récit se construit comme un puzzle narratif où se mêlent des souvenirs épars, afin de reconstituer l'histoire de sa famille. Mais comment faire la distinction entre les souvenirs bien réels et ceux que l'on a brodés à partir d'une image, d'une phrase, d'un non-di... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Merik
  28 décembre 2018
Rapide roman (ou récit), aux contours évanescents d'une mémoire à revisiter pour construire son identité familiale, où l'on est embarqué dans une prose délicate et douce, à la recherche de la vérité sur cet oncle Salomon que l'auteur a longtemps cru noyé au fond du lac Amatitlàn dès l'âge de cinq ans. C'est poétique et méticuleux, le passé chaotique de la famille nous fait voyager de Pologne au Guatemala en passant par les Etats-Unis, la France et j'en oublie. Le puzzle se dessine au fil de chapitres courts, mêlant les époques, les souvenirs et l'enquête en cours.
Ça m'a beaucoup plu. J'ai d'abord cru flotter au dessus de cette histoire en l'effleurant à peine (peut-être que les vapeurs de fête m'y ont aidé) et puis peu à peu je m'y suis immergé, pour finir complètement envoûté.
Commenter  J’apprécie          510
traversay
  22 avril 2018
Vu de France, l'Amérique centrale est une entité territoriale qui a du mal à exister et combien de fois peut-on lire à tort que le Mexique, le Nicaragua ou le Honduras sont des pays d'Amérique du Sud. La littérature de ces pays est vivante mais ne nous parvient qu'épisodiquement, il faut donc savourer les quelques auteurs qui ont la chance d'être traduits régulièrement. C'est le cas du guatémaltèque Eduardo Halfon, dont les courts romans sont publiés dans l'élégante maison Quai Voltaire. Deuils, le plus récent, est écrit sous le mode de l'autofiction, genre un peu trop répandu surtout quand il s'apparente au narcissisme, défaut qui ne semble pas affliger Halfon. A travers le fantôme du frère aîné de son père, mort avant d'atteindre l'âge adulte, l'auteur entreprend une sorte de quête identitaire et nostalgique qui nous transporte dans l'histoire d'une famille juive guatémaltèque, en passant par la Pologne et les Etats-Unis. Comment est mort cet oncle que tout le monde a oublié ? le mystère s'épaissit à mesure que Halfon convoque ses souvenirs et enquête sur différents lieux, égrenant les rencontres dans une prose chamarrée où l'humour et la poésie sont le contrepoint de la douleur. Un livre dont l'apparente simplicité dissimule une belle profondeur dessinée par la mémoire et le langage.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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maevedefrance
  07 avril 2018
Traduit par David Fauquemberg
Je vous emmène en voyage, en compagnie d'Eduardo Halfon, écrivain né au Guatemala en 1971. Il est un auteur tout à faire connu en Amérique du Sud où il a été nommé parmi les quarante meilleurs jeunes écrivains latino-américains au Hay Festival de Bogotá. Il a déjà été publié plusieurs fois en France, mais j'avoue que je ne le connaissais même pas de nom. Une belle occasion de découvrir une littérature d'ailleurs, une fois de plus !
Deuils est le récit d'une quête familiale et d'une recherche de vérité :
"Il s'appelait Salomón. Il est mort à l'âge de cinq ans, noyé dans le lac d'Amatitlán. C'est ce qu'on me racontait, enfant, au Guatemala. Que le frère aîné de mon père, le premier-né de mes grands-parents, celui qui aurait dû être mon oncle Salomón, était mort noyé dans le lac d'Amatitlán, accidentellement, quand il avait mon âge, et qu'on n'avait jamais retrouvé son corps."
Le narrateur cherche à percer le mystère de cet oncle qu'il n'a pas connu. C'est un fantôme qui hante le récit d'une présence évanescente, poétique et presque mystique. Dans sa quête, le narrateur entraîne le lecteur à travers plusieurs pays : le Gualemala, mais aussi les Etats-Unis, l'Allemagne, la Pologne...
"Je savais que mon grand-père avait quitté Beyrouth en 1919, à l'âge de seize ans, avec sa mère et ses frères, par les airs. Je savais qu'il avait d'abord volé jusqu'en Corse, où sa mère était morte et où on l'avait enterrée ; puis de là, en France, où tous les frères avaient ensuite appareillé depuis Le Havre à bord d'un vapeur baptisé SS Espagne, à destination de l'Amérique ; New York, où un fonctionnaire de l'immigration tire-au-flanc, ou peut-être fantasque, avait décidé de couper en deux notre nom de famille, et où mon grand-père avait travaillé pendant plusieurs années, à Brooklyn, dans une usine de bicyclettes ; Haïti, où vivait l'un de ses cousins ; le Pérou, où vivait un autre de ses cousins ; et le Mexique, où un autre cousin encore était le fournisseur en armes de Pancho Villa. Je savais qu'à son arrivée au Guatemala il avait survolé les arcades du Portal del Comercio - à une époque où un tramway tiré par des chevaux ou des mules passait encore devant le Portal del Comercio - avant d'y ouvrir un magasin de tissus d'importation(...)."
Deuils, c'est aussi l'histoire d'un exil familial et de tabous, transgressés malgré tout.
"Mon grand-père ne retourna jamais dans sa ville natale. Il ne voulut jamais y retourner. Et il refusa toujours qu'un membre de la famille s'y rende. Il ne faut pas aller en Pologne, disait-il. Les Polonais, disait-il, nous ont trahis. Je voyageais donc en Pologne, contre sa volonté (...)."
"Le petit frère de mon grand-père, pouvait-on lire sur ce document, alors âgé d'à peine vingt ans, était mort de faim", dans le ghetto de Lödz, le 14 juin 1944.
Ecrire pour savoir qui on est. C'est finalement ce que l'on ressent à cette lecture. Des choses tragiques mais écrites avec force et beauté.
De la joie aussi, et de l'humour.
On croise une foule de personnages hauts en couleur.
"Une dame courtaude et grassouillette regardait la télévision derrière le comptoir. Elle l'éteignit brusquement et se leva.
Bonjour, me dit-elle dans un demi-sourire pleine de tristesse et d'or. (...)
Je remarquai sur le pin brut du comptoir une assiette de plastique rouge contenant ce qui ressemblait à des cacahouètes grillées, mais en plus rond et plus sombre, un peu comme des grains de café brûlés, et je demandai à la dame ce que c'était. Des fourmis, répondit-elle, nos fameux zompos de Mayo. Bien grillées, ajouta-t-elle, avec du sel et du citron."
Mmmmh ! Miam miam ! :) Je vous laisse découvrir seul la fin de ce passage qui vaut le détour !
Eduardo Halfon vous berce, dans ce roman court, de sa plume poétique et concise. Ses mots vous enveloppent d'un voile de douceur, pour vous conter une histoire tantôt violente, tantôt magique, entre rêve et réalité.
Je classe ce livre parmi mes coups de coeur 2018 !

Lien : http://milleetunelecturesdem..
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MadameTapioca
  03 février 2019
Difficile de cataloguer et de résumer cette courte autofiction.
Un récit à la première personne dans lequel l'auteur explore les mécanismes de construction de l'identité, en particulier ceux qui sont à l'origine des relations fraternelles.
Halfon enquête et confronte les souvenirs brouillés qu'il a de son enfance avec la réalité.
Une histoire dans laquelle les détails sans importance s'accumulent pour définir les contours d'une trame centrale au développement minimal.
De la simplicité, beaucoup de sensibilité.
On lit ça en à peine deux heures - et on s'aperçoit que quelque chose de profond a pénétré sans savoir ce que c'est. Je me dis que parfois il n'est pas utile de comprendre ce que l'on a lu pour avoir aimé.
Traduit par David Fauquemberg
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Catherinedenanc
  22 septembre 2019
C'est un roman, inspiré sans doute de sa biographie, un roman impressionniste qui débute alors qu'il vivait encore en Amérique Centrale et qu'il était un enfant, avant l'exil de sa famille et qui se termine à l'âge adulte quand il revient au pays natal dans la maison de ses Grands-parents, pour retrouver la trace d'un deuil familial douloureux.
Le narrateur est le neveu du personnage principal, le frère aîné de son père, mort à cinq ans, Salomon, dont on ne prononce jamais le nom ouvertement, ni la mort, ni l'histoire, mais qui est le noeud gordien de cette famille. Il s'agit du dialogue entre les souvenirs du narrateur enfant, des rapports de celui-ci avec son frère, ses parents, ses grands-parents, oncle et tante et de l'adulte qui écrit ses réflexions, ses sentiments, ses souvenirs, et la construction mentale qu'il a fait de tout cela.
C'est une écriture délicate, touchante sensible et dans laquelle chaque lecteur peut se reconnaître malgré la singularité des destins de chacun. Pour une raison étrange, pour lui, cet enfant, Salomon, s'est noyé dans un lac profond et maléfique de la région de son enfance. Cette mort mystérieuse pour le narrateur, fait l'objet d'une lourde culpabilité partagée par tous les membres de sa famille.
Le titre est Deuils, il aurait pu s'appeler Culpabilité. C'est à la fin du récit que l'on comprend pourquoi.
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critiques presse (2)
LeFigaro   13 avril 2018
Avec la grâce qu'on lui connaît, l'écrivain guatémaltèque Eduardo Halfon, résident au Nebraska, nous entraîne dans un périple onirique sur les bords du lac Amatitlán.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeMonde   11 avril 2018
En virtuose, l’écrivain guatémaltèque Eduardo Halfon mêle l’enquête sur la mort d’un oncle et l’histoire de sa famille hantée par le deuil. Somptueux.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
fbalestasfbalestas   01 novembre 2019
Enfants, nous partions parfois faire une promenade sur le lac avec don Isidoro, assis tous les trois sur une grand planche de surf hawaïenne, à califourchon, les pieds dans l'eau. Une fois à bonne distance de la villa, et malgré les menaces de don Isidoro, mon frère et moi ôtions nos gilets de sauvetage orange, inconfortables, en le menaçant à notre tour de se les lancer très loin (c'est lors d'une de ces sorties, peut-être l'une de ces dernières, tandis que je mesurais le temps entre le point de départ et le point d'arrivée, que la montre au bracelet de plastique noir glissa de mon poignet trop fin, tomba à l'eau et se perdit au fond du lac).
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Videos de Eduardo Halfon (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Eduardo Halfon
Eduardo Halfon - "Signor Hoffman" et "Le boxeur polonais" .Eduardo Halfon vous présente son ouvrage "Signor Hoffman" et "Le boxeur polonais" parus aux éditions Quai Voltaire. Retrouvez les livres : http://www.mollat.com/livres/halfon-eduardo-boxeur-polonais-9782710375616.html http://www.mollat.com/livres/halfon-eduardo-signor-hoffman-9782710376163.html http://www.mollat.com/livres/halfon-eduardo-pirouette-9782710369745.html http://www.mollat.com/livres/halfon-eduardo-monastere-9782710370833.html Notes de Musique : "Dream Culture" par Kevin MacLeod (http://incompetech.com) https://www.facebook.com/Librairie.mollat/ https://twitter.com/LibrairieMollat http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/ https://vimeo.com/mollat https://instagram.com/librairie_mollat/ https://www.pinterest.com/librairiemollat/ http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ https://soundcloud.com/librairie-mollat http://blogs.mollat.com/
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