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Maurice Rambaud (Traducteur)Michel Mohrt (Préfacier, etc.)
EAN : 9782070428236
325 pages
Éditeur : Gallimard (20/05/2003)
3.26/5   95 notes
Résumé :
Apprenant le succès de son second roman, David Bourne, jeune écrivain américain qui passe sa lune de miel sur la côte méditerranéenne, est impatient de se remettre à écrire. Jalouse de son travail, sa femme, Catherine, lui fait rencontrer une inconnue, Marita, et s'emploie à créer une étrange relation érotique qui les enferme dans le triangle d'un invivable huis clos. Jusqu'à quelle extrêmité peut aller l'amour de l'autre, le désir de le connaître et de s'assimiler... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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Ambages
  19 juillet 2016
Oh Catherine, mon petit Démon... tes changements de physionomie, tes courbes soignées jusqu'au bout des seins et puis ta faim, constante, de vouloir toujours plus. Plus pour toi, plus pour lui et plus pour elle, et avec elle. J'ai lié ton personnage à des vers extraits du poème ''Léda dans son premier sommeil'' de Paul Eluard car il me semblait que cela te ressemblait :
'' J'étouffais de soleil j'étais noyée d'air pur
L'abus du coeur et de la chair m'anéantit.
...
Mes beaux yeux rendez-moi visible
Je ne veux pas finir en moi. ''
Vous étiez un joli petit couple, lui écrivain et toi dilettante, mais déjà ton instabilité apparaissait. Tout son amour n'y pouvait rien.
« - Je ne pleure jamais, dit-elle. Mais je ne peux me retenir.
- Je sais et tu es très belle quand tu pleures.
- Non. Ne dis pas ça. Mais jamais encore je n'ai pleuré, n'est-ce pas ?
- Jamais. »
Et puis, tes démons ont pris de l'ampleur. « Vraiment David, je ne suis pas encore une salope. Je me comporte et je parle comme une salope, c'est tout. » D'hôtel en hôtel, sous le soleil de la Côte d'azur et dans la mer, tu te cherchais et tu te faisais peur. Tu lui faisais peur aussi. Tes humeurs changeantes, ta blondeur sur ta peau noire et bronzée. Tu pensais trouver une femme, ton autre 'toi' pour que David puisse être aimé comme tu le souhaitais et toi assouvir tous tes phantasmes. Mais tu diras « jamais je n'ai senti à ce point que jamais je n'ai rien su. »
Et lui... il voulait écrire. Il voyait tes changements. Et il prenait tout ce que tu lui donnais. Toi, tes décolorations, tes envies et il acceptait tout. Un peu passif David selon moi. Il avait l'écriture qui le maintenait à flot. Il s'isolait pour avancer son roman et ainsi retrouver l'âme de son unique ami -un éléphant rencontré et trahi alors qu'il était tout enfant en Afrique- au travers des souvenirs de son père et peut-être se réconcilier avec lui.
Un passage agréable qui indique peut-être comment Hemingway écrivait :
« Aussi dois-tu relater chaque journée mieux encore que tu n'en es capable et utiliser le chagrin que tu éprouves maintenant pour comprendre comment t'est venu le tout premier chagrin. Et tu dois toujours te rappeler les choses auxquelles tu croyais parce que si tu les comprends, elles seront là dans le récit et tu ne les trahiras pas. le récit est l'unique progrès que tu fais. »
Qu'êtes-vous devenus tous les trois ? Et le livre ? Est-il un franc succès ? Parce que celui-ci j'ai réellement apprécié la progression des personnages (surtout Catherine) et du roman dans le roman.
Et puis quelle sensualité dans ce livre ! La moiteur des corps sur la plage... Ernest Hemingway manie la volupté avec tant de facilité qu'en lisant cet extrait, je n'avais presque plus la vision d'une bouteille.
« Il referma la porte de la glacière et, tenant ferme la bouteille bien froide, fit sauter le cachet et desserra le fil de fer puis précautionneusement fit jouer le bouchon entre le pouce et l'index, conscient du pincement du capuchon de métal contre son pouce et de la promesse, longue, fraîche et galbée de la bouteille. »
Ou alors j'ai trop arrosé ma lecture ! Comme eux j'ai bu « selon le vent ». Il faut dire que ce roman est un condensé de boissons alcooliques diverses et variées (une préférence pour le Tavel). Il fallait bien se rafraîchir avec cette chaleur aujourd'hui...
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Nicolas9
  28 août 2016
Un récit étonnant pour l'époque (années 30) puisqu'il aborde le ménage à trois et la vie de bourgeois-bohème que le narrateur mène entre Camargue et Nice.
J'ai beaucoup apprécié l'ambiance décalée qui se dégage de ce livre et qui donne un aperçu de la vie très agréable que pouvaient mener les personnes aisées durant l'entre-deux guerres.
En effet, l'argent n'est ici jamais un problème, mais une clé qui ouvre les portes de ce qui relève de l'ordre du fantasme pour la plupart d'entre nous : des vacances à durée indéfinie, où on le désire et comme on en a envie...
D'où la jubilation de se placer dans la peau de David, le narrateur. On se prélasse sur une belle plage déserte (!) en compagnie de deux femmes hautement désirables, on prend l'apéritif et l'on se restaure dans de petits bistrots sans prétention mais à la cuisine savoureuse et on passe des nuits torrides sans devoir aller travailler le lendemain.
Au-delà du décors de rêve, c'est un intéressant drame psychologique qui se déroule sous nos yeux.
Hemingway à l'intelligence d'explorer tous les aspects du ménage à trois et de pousser la logique jusqu'au bout, ce qui réserve quelques surprises...
Un livre qui se lit d'une traite tant il est agréable et bien construit.
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Jo_Ly
  23 septembre 2021
Zelda Fitzgerald fut une femme fantaisiste, frivole, versatile, douloureusement sensible et pleine de grâce...
Elle mourut dans un incendie. Au coeur même d'un hôpital psychiatrique où elle fut plusieurs fois recueillie pour troubles schizophrènes et paranoïaques.
Quand Hemingway l'eut rencontrée, ainsi que son célèbre époux Francis Scott, il déclara que Zelda était jalouse du talent de son mari. Jalouse de son succès. Jalouse surtout de l'écriture, cette maîtresse si absorbante, chronophage, exclusive.
Pourquoi je vous raconte tout ça ?
Certains disent que ce roman s'inspire d'Hadley. D'autres ne se posent pas la question. Et d'autres encore, comme moi, croient y déceler l'ombre de cette Belle du sud, qui détestait Hemingway...
Voici l'histoire d'un couple, fou amoureux. En lune de miel dans le sud de la France. Déjà, on perçoit un certain déséquilibre dans la personnalité de Catherine. Elle coupe ses cheveux, de plus en plus courts, de plus en plus obsédée par l'idee d'avoir la même coupe que son mari. Par amour, se calquer à lui ? Ou se substituer à lui ?
Une certaine aigreur apparait également, dès que David se laisse absorber par son métier d'écrivain.
Comment le rattraper.
Le rattraper ou le détruire.
Une autre femme fait son apparition. Elle sera leur femme à tous les deux.
Un manège à trois.
Qui laisse étourdi, à bout de souffle. La folie de Catherine semble sans limites.
Un roman sensuel et violent. Ambivalent, à l'image de son auteur.
C'est particulièrement intéressant de se retrouver devant ces pages, parce qu'Hemingway n'a pas eu le temps ni de corriger ni de remanier le texte. Il s'est suicidé avant.
Si vous l'avez lu, je suis très curieuse de connaître votre opinion sur l'inspiration du personnage de Catherine 🤔
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JPB
  07 mai 2012
Un jeune écrivain américain, David Bourne, passe sa lune de miel sur la côte d'azur avec son épouse Catherine, qui n'aura de cesse de le jeter dans les bras de la belle Marita.
Je pense que je vais arrêter là mes lectures d'Hemingway, tant je me suis ennuyé (le mot est faible) à lire celui-ci. La préface de Michel Mohrt aurait pourtant dû m'alerter : "Il n'y a peut-être pas une page où l'on ne voit les personnages boire une bouteille de vin, ou un martini, ou un whisky et le plus souvent les trois. ils épiloguent sans fin sur la nourriture..." Et plus loin : "Le lecteur qui lirait les scènes de bain de mer (il y en a presque à chaque page) et de repas, sans voir plus loin, ne comprendrait rien à ce roman et serait vite déçu".
Bien qu'ayant tout de même tenté de voir plus loin, je confirme en tous points.
Marita sort d'on ne sait où, Catherine est jalouse du travail de son mari, mais sans raison, ils dépensent sans compter, boivent, nagent et mangent sans cesse, leurs dialogues sont insipides. A ne pas lire, vraiment.
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Altona
  10 juillet 2010
De l'avis général, ce n'est pas le meilleur roman d'Hemingway. Roman inachevé, il a peu été modifié par l'éditeur. Dans la préface, on apprend que celui-ci a fait quelques coupes, mais que l'auteur en aurait certainement effectué plus. On comprend pourquoi. Il faut quand même s'accrocher car les dialogues sont un peu creux et les actions souvent répétitives.
France, après la Seconde Guerre mondiale. Un jeune écrivain américain, David Bourne, vit une « lune de miel » (« expression ridicule. Je ne l'ai jamais aimée. Ça fait poisseux », dira l'un des personnages) avec sa femme Catherine, une jeune Américaine rencontrée voici quelques mois à Paris.
Dans le Sud de la France, ils vivent des moments de passion, rythmés par des moments sensuels, suggérés plus que décrits, des sorties à la plage, de bons repas et de nombreux verres. (Il faudrait faire le compte du nombre de verres d'alcool que boivent les personnages dans ce roman…).
Mais très vite, à cette passion se mêle un certain malaise. Ce malaise est causé par Catherine, qui, dans une volonté fusionnelle, cherche à ressembler à son mari… et à assumer un rôle d'homme. Ce qui aurait pu apparaître anodin et n'être qu'un jeu révèle un malaise plus profond, un déséquilibre de cette femme qui finit par se décrire elle-même comme «folle».
Jalouse du travail d'écrivain de son mari, elle lui fait rencontrer une belle jeune femme, Marita. Un trio va peu à peu s'instaurer… Et le malaise gagner du terrain, toujours dans cette atmosphère oisive et étouffante.
Je n'en dirai pas plus. Il faut découvrir ce roman, passer au-delà des répétitions, pour découvrir ses non-dits. Les répétitions et certaines platitudes des dialogues font aussi partie de son charme. le Jardin d'Eden est un ouvrage très psychologique dont il faut savoir lire entre les lignes et qui est intéressant dans ce qu'Hemingway nous dit de lui-même et du processus d'écriture.
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
AmbagesAmbages   19 juillet 2016
- Elle est ta femme et je suis ta femme, dit Catherine. Et maintenant cesse d'être guindé et sois gentil avec tes femmes. Elles ne te plaisent pas comme elles sont ? Je suis la blonde que tu as épousée.
- Tu es plus noire et plus blonde que celle que j'ai épousée.
- Toi aussi et je t'ai amené une fille très noire en guise de présent. Tu n'aimes pas ton présent ?
- Il me plaît beaucoup, mon présent.
- Et est-ce que ton avenir te plaît ?
- Je ne sais rien de mon avenir.
- Ce n'est pas un avenir noir, n'est-ce pas ? demanda la jeune fille.
- Très bien, dit Catherine. Non seulement elle est belle et riche et saine et affectueuse. Elle est capable de faire des plaisanteries. N'es-tu pas heureux de ce que je t'ai amené.
- Je préfèrerais être un noir présent qu'un noir avenir, dit la jeune fille.
- Elle remet ça, dit Catherine. Donne-lui un baiser David et fais-lui un beau présent.
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tamara29tamara29   12 novembre 2016
David continuait à la regarder. Il se sentait complètement vide. C’était comme franchir soudain un virage sur une route de montagne et voir que la route avait disparu et que devant il n’y a qu’un gouffre.
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QuartierLivreQuartierLivre   05 octobre 2010
David l'avait emmenée en voiture à Cannes pour récupérer le vieux gros cabriolet Isotta et ses bagages à l'endroit où la voiture était restée garée devant le café.
En route elle dit, "Votre femme est merveilleuse et je suis amoureux d'elle."
Elle était assise à côté de lui et David ne tourna pas la tête pour voir si elle rougissait.
"Moi aussi je suis amoureux d'elle, dit-il.
-De vous aussi je suis amoureuse, dit-elle. Est-ce que c'est grave ? Est-ce que je peux ?"
Il laissa retomber son bras et referma la main sur son épaule et elle se pencha tout contre lui.
"Il faudra qu'on voie ça, dit-il."
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Paris75Paris75   22 janvier 2013
Jamais les filles honnêtes ne s'étaient fait couper les cheveux aussi courts dans cette partie du pays et même à Paris c'était rare et bizarre et pouvait être soit très beau soit très laid, cela pouvait vouloir dire trop de choses ou alors tout simplement que l'on voulait mettre en valeur la forme d'une jolie tête mieux qu'il eût été possible de le faire autrement.
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Paris75Paris75   22 janvier 2013
bien sûr c'est très joli d'écrire de façon simple, et plus c'est simple mieux c'est. Mais ne te mets surtout pas à raisonner de façon simpliste, bon sang. Rends-toi compte à quel point tout est compliqué et ensuite exprime tout, simplement.
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Videos de Ernest Hemingway (35) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ernest Hemingway
Ernest Hemingway : Le Soleil se lève aussi lu par Michel Bouquet (1957 / France Culture). Photographie : L'écrivain américain Ernest Hemingway (1898-1961). • Crédits : Bettmann / Contributeur Editorial - Getty. Diffusion sur France Culture le 30 septembre et les 1er et 2 octobre 1957. Émission "Lecture du soir". Traduction de Maurice-Edgar Coindreau. Lecture par Michel Bouquet. Dans le Paris des années 20 et aux fêtes de San Fermín de Pampelune, Jake Barnes, le narrateur du roman, ainsi que Lady Brett, Robert Cohn, Mike Cambpell et Bill Gorton prennent vie grâce à une lecture de Michel Bouquet. Édité en 1926, "Le Soleil se lève aussi" d'Ernest Hemingway fut publié chez Gallimard dans la traduction de Maurice-Edgar Coindreau en 1933. Dans la préface qu'il donnait à cette édition française, Jean Prévost écrivait ceci : « Ce roman dont les héros – y compris la femme – boivent et sont ivres à presque tous les chapitres ; ce roman dont presque toutes les descriptions offrent les voiles de l'ébriété agréable, ou les terribles feux tournants de l'ivresse emportée, ne le prenez pas comme le récit de vacances de quelques Américains en France et en Espagne, ni comme un livre pittoresque. Ce narrateur si bref et si désinvolte lorsqu'il parle de lui, et qui raconte à mots couverts un accident de guerre dont il jure à tous ne pas se soucier, ne le prenez pas au mot un instant. Le ton dégagé avec lequel il parle de cette femme et de ses amants, écoutez-le avec plus de soin, et devinez enfin ce qu'il cache. Ce que peint cette voix indifférente, et de temps en temps éraillée, c'est l'enfer. »
00:00 : 1ère partie : Lecture partielle du roman d'Ernest Hemingway par Michel Bouquet dont nous écoutons la première des trois parties, constituée des cinq premiers chapitres du roman.
57:14 : 2ème partie : Lecture partielle du roman d'Ernest Hemingway par Michel Bouquet dont nous écoutons la deuxième des trois parties, entre les premières pages du treizième et la fin du seizième chapitre du roman.
01:57:55 : 3ème partie : Lecture partielle du roman d'Ernest Hemingway par Michel Bouquet dont nous écoutons la troisième et dernière partie, qui s'ouvrait sur une bagarre que l'on trouve au chapitre 17 du roman. Curieusement, si cette lecture se poursuivait très logiquement par le chapitre 18, elle s'achevait là. Les auditeurs étaient donc privés du dix-neuvième et dernier chapitre, et des derniers mots qu'Hemingway avaient laissés à Brett et Jake :
« — Oh, Jake, nous aurions pu être si heureux ensemble ! — Eh oui ! C'est toujours agréable à penser. »
Source : France Culture
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