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EAN : 9782266155489
348 pages
Éditeur : Pocket (09/06/2005)

Note moyenne : 4.27/5 (sur 2920 notes)
Résumé :
Il n'y a pas, dans tout l'Empire, de planète plus inhospitalière que Dune. Partout des sables à perte de vue. Une seule richesse: l'épice de longue vie, née du désert, et que tout l'univers achète à n'importe quel prix. Richesse très convoitée : quand Leto Atréides reçoit Dune en fief, il flaire le piège. Il aura besoin des guerriers Fremen qui, réfugiés au fond du désert, se sont adaptés à une vie très dure en préservant leur liberté, leurs coutumes et leur foi mys... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (189) Voir plus Ajouter une critique
finitysend
  28 janvier 2013
A ma première lecture du cycle de Dune , le côté grande maison , despotisme ou bien despotisme éclairé , m'avait moyennement emballé , car j'ai toujours été plus en phase avec des fictions plus démocratiques .
Ce premier tome développe une partie du récit , disons de l'arrivée sur Arrakis jusque la mort du duc .
La caractérisation est excellente et l'univers est d'une complexité subtile à tous points de vue .
Il y a de très nombreuses thématiques : les rivalités politiques , les enjeux religieux et culturels , la guerre la paix .
Le style est très avenant et très immersif , avec ces phrases « off » qui explicitent de la complexité ou bien du non-dit .
Les descriptions sont signifiantes , que ce soit les paysages naturels ou bien les fabuleuses architectures immenses .
Le cycle de Dune est donc une fabuleuse ballade , dès ce tome ...
Arrakiss est un monde à part entiere et d'une présence significativement étrange .
A ce stade du roman , Paul commence de devenir le Muad'dib , Il est une sorte de personnage de fusion d'intérêts divergent originellement .
L'univers est plus high-tech qu'il n'y parait .
L'ombre de la sagesse plane sur toutes ces pages , un très grand nombre de devises sont d'une richesse réflexive de très grande qualité .
Mysticisme , pas mysticisme ... ?
Perso je dirais mysticisme politique vétérotestamentaire aux accents chiites aussi ...
Mais le fond du texte est plus de portée sciences politiques à mon humble avis .
C'est un chef d'oeuvre d'univers .
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Gwen21
  01 mai 2013
Dune... Dune... Dune... Entendez-vous la résonance particulière de ce nom ?
Dune... Dune... Dune... Êtes-vous sensible à sa musicalité assourdie ?
Dune... Dune... Dune... comme un tambour qui annonce une grande bataille, un nom empreint d'une grande solennité, de celles qui accompagnent toujours les légendes et proclament les mythes...
Dune... Dune... Dune... un écho venu non pas du fond des âges mais du fond d'une galaxie inconnue de nous, pauvres Terriens.
Dune !
Avant de tourner la première page de ce roman, qu'est-ce que ce nom évoquait en moi ? Je me concentre, je fais appel à la pensée Bene Gesserit... Réponse : un souvenir. Celui du seul jeu vidéo qui m'ait jamais captivée au point de me lancer, avec mes frères, dans d'interminables parties pour tenter de conquérir le royaume d'Arrakis, la planète aride et inhospitalière où les vers de sable sont plus redoutés que les dragons dans d'autres mythologies...
C'est donc avec une réelle curiosité, teintée d'un léger sentiment de nostalgie, et animée par le goût du défi que je me suis lancée dans l'aventure. Ce premier tome du cycle de Dune de Frank Herbert, incontestablement un grand Père de la science-fiction, s'articule en trois livres : Dune, Muad'Dib et le prophète.
Le premier livre plante le décor, celui d'un monde intergalactique dominé par l'Empereur Padishah Shaddam IV à qui les Maisons, Grandes ou Mineures, doivent allégeance ; c'est toute une civilisation qui prend forme et vie sous la plume créative de Herbert. On découvre que derrière les quatre lettres qui forment le nom DUNE se dissimule la planète Arrakis, planète des sables où pousse l'Epice, la plus grande richesse que contienne l'Univers, source d'énergie, de richesse, de puissance et de pouvoir... Soit on mord tout de suite à l'hameçon et l'aventure peut commencer, soit la mayonnaise ne prend pas et... il vaut sans doute mieux en rester là !
Le second livre, je le juge pour ma part plus mystique. Il précise le contexte qui s'est soudainement cristallisé autour d'un seul homme, Paul Atréides, THE héros. Et là, c'est vrai que j'ai cru que j'allais flancher, que Dune allait m'enliser, que j'allais périr engloutie dans ses sables, dévorée par un faiseur de quatre mètres de long... Après un démarrage trop rapide, fulgurant, le spectre de l'ennui a plané sur ma lecture pendant quelques centaines de pages... MAIS, je me suis accrochée car, nonobstant le nom de la mère de notre héros, Jessica (Aïe !), que je ne pouvais lire sans en éprouver de violentes aigreurs d'estomac car il me semble totalement inapproprié et laid pour désigner une telle protagoniste, je m'étais déjà attachée à Paul et à son destin et... je voulais connaître la fin :-)
J'ai bien fait de persévérer... le troisième livre m'a rassérénée comme si j'avais bu moi-aussi l'Eau de Vie et voilà que les aventures de Paul et de ses Fremens repartaient comme en 40, me voilà à nouveau emportée par la tempête de sable qui souffle sur les armées en présence... Une épopée qui va crescendo et offre un dénouement qui récompense des 763 pages lues précédemment.
Dune est vraiment un roman des extrêmes. Les Harkonnens sont vraiment très méchants, l'Empereur est vraiment très lâche et assoiffé d'absolutisme, les Atréides sont vraiment très humanistes, les Sardaukars sont vraiment très meurtriers et les Révérendes Mères Bene Gesserit sont vraiment très fortes... Arrakis est vraiment très dangereuse, les Fremens sont vraiment très résistants et organisés et l'Epice est vraiment très précieuse. Mais chose étrange, bien que le manichéisme soit présent partout, je n'ai jamais trouvé qu'il nuisait au récit. Dès le début de ma lecture, je m'étais mise avec gourmandise dans la « tournure d'esprit Star Wars » (même si en écrivant cela, j'ai conscience que je ferai sans doute lever au ciel bien des yeux d'aficionados). Parce que dans Dune, j'ai quand même trouvé un je-ne-sais-quoi de Luke Skywalker qui aurait rencontré Robin des Bois et ça n'a pas du tout été pour me déplaire !
Bonus
Ce qui, par contre, m'a ENORMEMENT déplu (froncement de sourcils, écume aux commissures et fumée qui sort des naseaux), ce sont les CENTAINES de coquilles de l'édition Pocket, mais genre, là, le TRES GROS FOUTAGE DE GUEULE ! Et c'est bien la première fois que j'écris à un éditeur pour pousser une gueulante bien méritée, c'est juste une honte...
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Foxfire
  21 septembre 2020
Il y a des livres qui demandent à être lus dans des conditions optimales. C'est le cas de Dune, roman si foisonnant, si dense qu'il exige une forte implication intellectuelle de son lecteur. Je n'étais pas dans ses dispositions, fatiguée, des soucis annexes dans la tête... Je n'ai donc pas été en mesure d'appréhender entièrement cette oeuvre. Et pourtant j'ai adoré ma lecture.
J'ai arpenté Arrakis sans en comprendre tout le sens mais j'en ai bien saisi toute la beauté. Si ma lecture a sans doute manqué d'un aspect cérébral, elle a revanche été très sensorielle. Si je n'ai pas été en mesure d'appréhender sa richesse thématique, j'en ai en revanche perçu la splendeur de façon quasi physique. En effet, au-delà de sa portée philosophique, spirituel et de l'aspect politique du récit, "Dune" est un roman d'une beauté chavirante. J'ai été bouleversée par la poésie que dégage le texte, que ce soit dans la peinture évocatrice des paysages, la description des intrigues de cours ou des combats ou les considérations spirituelles, tout m'a semblé gracieux, lumineux, musical, raffiné, formellement sublime. Il y a un côté véritablement envoûtant, enivrant dans ce roman. Jodorowsky est vraiment le seul cinéaste qui aurait pu le porter à l'écran, le seul qui aurait sur retranscrire sous forme d'images le chemiement spirituel de Paul. D'ailleurs, au cours de ma lecture j'ai souvent pensé aux B.D de Jodo, notamment "la caste des méta-barons" et "le lama blanc".
Je ne vais pas m'étendre davantage, je ne vais ps revenir sur la richesse thématique de ce monument ni sur l'admirable travail de création de tout un univers cohérent, et ce dans tous ses aspects... d'autres ont évoqué tout cela mieux que je ne saurais le faire. Je dirais simplement que "Dune" est énorme. Un très grand roman dont le souffle m'a terrassée et qu'il faudra que je relise un jour.
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candlemas
  02 novembre 2019
"Je ne connaitrai pas la peur, car la peu tue l'esprit" ; il me faut bien faire appel à ces mots du jeune Atréide pour oser braver le mystère de Dune, et tenter de proposer une critique à une telle épopée, roman classé "space-opera" mais ô combien méritant plus qu'un classement d'entomologiste.
Le lecteur de ce 1er volume des 6 que compte le cycle de Dune va se trouver immédiatement immergé dans un monde futuriste, mais aux réminiscences féodales, où des maisons s'affrontent au sein d'un monde politique et économique multipolaire, s'appuyant sur des ordres aux pouvoirs mutants intriguant pour le pouvoir. Dans cet Empire à l'équilibre subtil, un seul centre stable semble exister, et il est économique : il s'agit d'Arrakis, la planète de l'épice, sur laquelle repose toute civilisation.
Même si le lecteur s'y perd un peu au début, cet univers complexe est probablement l'une des grandes forces du Cycle de Dune. Même si Franck Herbert développe dans sa trilogie Dune 1, Dune 2 et le Messie de Dune son intrigue, pleine de suspense, avec un réel don de conteur, les aventures de Paul Atréides, elle n'aurait pas le même sel sans le contexte de la planète de sables et de l'Empire.
Ces 2 1ers volumes en particulier sont un récit initiatique s'il en est : quittant sa planète d'origine, Paul découvre avec le lecteur un monde extérieur menaçant, mais qui n'a rien à envier aux arcanes complexes d'un cerveau humain initié au bene gesserit, d'autant plus quand on puise ses origines au sein des maisons Harkonnen et Atréides.
Franck Herbert plante à merveille les décors aussi bien que les personnages, et les pics de dénouement sont d'un puissance telle qu'à part David Lynch -et encore avec un succès mitigé-, bien peu de metteurs en scène se sont frottés à la difficile adaptation de ces romans. Dans un style très différent, seuls à mon sens Tolkien et Martin ont développé un tel foisonnement créatif.
Franck Herbert dépasse par ailleurs largement cette étiquette de conteur émérite. Ecologiste convaincu, il développe dans le Cycle de Dune de véritables thèses philosophiques, amenant ses lecteurs à réfléchir sur le fonctionnement systémique des écosystèmes vivants, mais aussi sociaux, sur les rapports entre pouvoir et religion, sur l'intelligence artificielle et le pouvoir et les faiblesses de l'inconscient. Construisant son cycle sur des générations, le rythme de l'intrigue est soutenu : quel chemin parcouru par Paul Atréides, en 3 volumes, quelle mutation, surtout intérieure ! Et qu'il est difficile d'en parler un peu ici sans spoiler le futur lecteur !
Mélange épicé donc que ce 1er roman du Cycle de Dune, roman d'ouverture aussi, qui devrait immédiatement mettre l'eau à la bouche des nouveaux explorateurs de cette saga. Mélange dépaysant, futuriste, mais aussi puisant aux racines de civilisations terrestres reconnaissables : judéo-chrétienne, musulmane, germanique, grecque antique, et surtout notre monde capitaliste contemporain au bord de l'implosion... quelle force visionnaire dans ce roman de 1965. Les barbares fremen seraient-ils à nos portes ?
Quoiqu'il en soit, une lecture forcément marquante, notamment pour un jeune cerveau adolescent ou jeune adulte, en quête de sens. Comme pour nombre de lecteurs, je ne suis sans doute pas totalement conscient de l'influence que ce roman a pu avoir sur ma vision de la vie, et mes lectures ultérieures. Des moments de lecture uniques, pas toujours faciles, mais qui restent ancrés dans les mémoires.

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Stelphique
  03 décembre 2015
Ce que j'ai ressenti: …Une lecture épicée qui appelle l'Or Bleu….
Arrakis, planète inhospitalière? Sans aucun doute… Mais que ce soit les personnages ou le lecteur non averti, cette planète a les pouvoirs de vous séduire! Tel un cobra des sables, il vous envoute d'un regard, vous fait sa jolie danse, et plonge en vous pour mieux vous mordre de l'intérieur! Maladivement accro, vous n'aurez que juste le temps de finir cette saga avant de sombrer vers des contrées inconnues…..
Dune, c'est un Monde à part entière, un fantastique univers enivrant, où le vent vous assoiffe, la chaleur vous étouffe, et le sable s'insinue dans chaque partie de votre corps. Même respirer en devient difficile, mais l'Eau sera votre principal problème.
Le désert reste toujours un lieu de mystère et de danger, il continuera de nous attirer encore et encore, malgré sa fatale réputation. Rien que pour cette richesse du décor, ça vaut vraiment le détour de fouler le sol d'Arrakis. Oui, ça, et la poésie qui se dégage de ses pages…
Tout était plat.
Dans son esprit, il chercha quelque chose de vertical qu'il put greffer sur ce paysage. Mais il n'y avait rien, rien d'un horizon à l'autre sous l'air surchauffé. La brise n'agitait pas la moindre fleur, la moindre plante fragile. Les dunes…Et la falaise, là-bas, sous le ciel d'argent bleui.
A l'Est, un faisceau de lumière grise monta dans la nuit, puis ce fut une opalescence nacrée et les étoiles en furent estompées. Alors vint le long, le lent sillage de l'aube sur l'horizon brisé.
S'il est vrai que Dune est une lecture qui n'est pas des plus faciles, il n'en reste pas moins qu'elle est d'une belle qualité! Elle doit s'apprécier, se déguster avec délectation. Je me suis laissée portée par la magie environnante, la douceur des grains de mots, le spectacle de la réflexion intérieure…
La tache a été ardue au départ, car c'est non seulement tout un monde inconnu qui s'ouvre au lecteur, mais aussi tout un champ lexical assez difficile à maitriser.
Au final, on se dit que toute quête mérite ses épreuves, le trésor n'en est que plus reluisant !
Je ne connais pas la peur, car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon oeil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi.
Après, en ce qui me concerne, tout ce qui touche aux jeux politiques, stratégies militaires, trahisons en tout genres, ce n'est pas ma tasse de thé en règle générale. Bien qu'ici , ce soit bien raconté, avec même des phrases off ,pour ne rien perdre des intrigues, je n'ai pas trop accroché à ces tours de dupes.
Tous ses visages bavards l'écoeuraient soudain. Ce n'étaient que des masques dérisoires appliqués sur des pensées infectes et les voix essayaient en vain de dominer le profond silence qui régnait dans chaque poitrine.
Il n'empêche que suivre Paul et Jessica dans leurs combats, reste ce qu'il y a de meilleur. Très sensible à tout ce qui touche à la Magie, j'ai été plus qu'enchantée de leur prescience, leurs pouvoirs… Leur enseignement quelque chose de fascinant.
J'adore contempler leurs destinées hors du commun, entre nouveau prophète ou grande prêtresse, leurs parcours entremêlés est captivant !
Je suis curieuse de voir leur évolution au contact du peuple Fremen et de toutes les péripéties futures qui jalonneront ce grand Cycle.
Une LC avec ma binômette Belette2911, passez voir sa chronique ici, ou aussi sur le blog en suivant le lien.....;)

Lien : https://fairystelphique.word..
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Citations et extraits (145) Voir plus Ajouter une citation
RazKissRazKiss   18 septembre 2020
Le Duc tapa sur le bras de l'homme de la propagande, ce qui signifiait que le message avait la priorité absolue et qu'il devait être transmis immédiatement. Puis il s'éloigna, répondant aux hommes d'un signe de tête, souriant, échangeant une plaisanterie avec l'un ou l'autre. Celui qui commande, songeait-il, doit toujours paraître confiant. Cette foi est comme un fardeau sur mes épaules. Je suis devant le danger et je ne dois pas le montrer.
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FarrahFarrah   17 juin 2008
Je ne connais pas la peur, car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon oeil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi.

Litanie contre la Peur du rituel Bene Gesserit
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SimonbothorelSimonbothorel   26 juin 2020
Quelques citations/extraits du livre Dune (1965) de Frank Herbert (Édition Pocket, 2012) :

• « (en italique) Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l’esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale. J’affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien. Rien que moi. » (Paul se récitant la Litanie du Bene Gesserit avant d’affronter l’épreuve du Gom Jabbar) p. 18.

• « (en italique) L’espérance ternit l’observation. » (Jessica) p. 21.

• « Tu apprendras à connaître les plaines funèbres, les déserts absolument vides, les vastes étendues où rien ne vit à l’exception des vers de sable et de l’épice. Tu en viendras à ternir tes pupilles pour atténuer l’éclat du soleil. Le moindre creux à l’abri du vent et des regards te sera un refuge. Et tu te déplaceras sur tes jambes, sans orni, sans véhicule ni monture. » (La Révérendre Mère à Paul qui raconte cela à Thufir) p. 52.

• « Si les vœux étaient des poissons, murmura-t-il, nous lancerions tous des filets. » (Gurney) p. 64.

• « Chaque route que l’on suit exactement jusqu’au bout ne conduit exactement à rien. Escaladez la montagne pour voir si c’est bien une montagne. Quand vous serez au sommet de la montagne, vous ne pourrez plus voir la montagne » (Proverbe Bene Gesserit, extrait de Muad’Dib) p. 118.

• « En cet instant, le Duc songeait que son rêve le plus cher, à lui, était justement de mettre fin à toute distinction de classe et d’en finir avec cet ordre maudit. Levant les yeux vers les étoiles qui brillaient au sein de la poussière, il se dit : (en italique) Caladan tourne quelque part autour d’une de ces petites lumières… mais jamais plus je ne reverrai ma demeure. L’idée de Caladan éveillait soudaine comme une douleur dans sa poitrine. Une douleur qui ne semblait pas prendre naissance en lui mais qui lui venait plutôt de Caladan. Il ne parvenait pas à considérer Arrakis, ce monde désertique, comme sa demeure. Et il doutait de jamais pouvoir y parvenir. » p. 132.

• « L’aube s’annonçait sur la cuvette désertique. Il leva les yeux. Loin au-dessus, les étoiles étaient déployées en une écharpe étincelante sur le bleu-noir du ciel. Juste au ras de l’horizon du sud, la seconde lune brillait dans un halo de poussière. Une lune étrange à la clarté sinistre. Et tandis que le Duc la contemplait, elle glissa derrière les collines du Bouclier, les couvrit un instant de gel. […] À l’est, un faisceau de lumière grise monta dans la nuit, puis ce fut une opalescence nacrée et les étoiles en furent estompées. Alors vint le long, le lent sillage de l’aube sur l’horizon brisé. […] Jamais il n’avait imaginé qu’il pût y avoir quelque chose d’aussi beau que cet horizon rouge, tourmenté, ces falaises d’ocre et de pourpre. Par-delà le terrain de débarquement, là où la rosée de la nuit avait apporté la vie aux graines hâtives d’Arrakis, il découvrait maintenant des lagunes de fleurs rouges sur lesquelles se posait une trame de violet… pas de géants invisibles. » p. 169-170.

• « Il n’y a pas d’issue — nous payons la violence de nos ancêtres. » (Extrait de Les dits de Muad’Dib, par la princesse Irulan) p. 240.

• « Vous pouvez appliquer votre logique à tout ce qui est hors de vous, poursuivit-elle, mais c’est une caractéristique humaine que, lorsque nous affrontons des problèmes personnels, ce sont justement ces choses profondément intimes qui résistent le plus à l’examen de la logique. Nous avons alors tendance à nous empêtrer, à nous en prendre à tout sauf à la chose bien réelle et profondément enracinée qui est notre véritable but. » (Jessica à Thufir) p. 252

• « Leto leva les yeux vers l’extrémité de la table, se demandant pourquoi il attendait encore. La dent aurait si rapidement raison de tout cela. Pourtant… Sa vie avait été agréable, pour la plus grande part. Il se souvenait d’un cerf-volant dans le ciel de Caladan, bleu comme un coquillage, de Paul qui riait. Et du soleil de l’aube, ici, sur Arrakis… des stries de couleurs sur le Bouclier estompées par la brume de poussière. […] Une pensée demeurait en lui. Leto la vit s’inscrire sur des raies de noirceur, lumière informe : Le jour modèle la chair, et la chair modèle le jour. La pensée le frappa avec une intensité que jamais, il le savait, il ne pourrait expliquer. Silence. » (Leto avant de mourir) p. 296-297.

• « Il se souvenait d’un mouchoir de gaze flottant dans le vent. Et il percevait le futur ainsi, maintenant. Comme une surface ondulante, sans consistance. Il voyait des gens. Il sentait la chaleur et le froid des probabilités innombrables. Il connaissait des noms et des lieux, éprouvait des émotions sans nombre, recevait des informations venues de sources multiples et inexplorées. Le temps là pour sonder, goûter, examiner, mais pas pour façonner. Le tout était le spectre des possibilités du plus lointain pass au plus lointain avenir, du plus probable au plus improbable. Il voyait sa propre mort en d’innombrables versions. Il voyait de nouveaux mondes, de nouvelles civilisations. Des êtres. Des êtres. Des multitudes d’êtres qu’il ne pouvait dénombrer mais dont il percevait l’existence. » (Paul pendant sa fuite avec sa mère dans le désert) p. 312-313.

• « (en italique) Je suis un monstre ! pensa-t-il. (en italique) Une anomalie ! Puis : Non ! Non ! (en italique) Non ! NON ! Ses poings frappaient le sol de la tente. Et, implacable cette fraction de son être qui poursuivait ses fonctions, enregistra sa réaction comme un intéressant phénomène émotionnel et l’intégra aux autres facteurs.
« Paul ! »
Sa mère était près de lui, elle lui avait pris les mains. Son visage était une tache grise dans l’ombre. « Paul qu’y a-t-il ? »
«  Vous ! »
« Je suis là, Paul. Tout va bien. »
« Que m’avez-vous fait ? » demanda-t-il. »
En un éclair de compréhension, elle devina les racines lointaines de la question : « Je t’ai mis au monde », dit-elle. » p. 315.

• « On ne peut quitter Arrakis sans emporter une partie d’Arrakis avec soi. » (Paul) p. 316.

• « Je ne puis encore vous dire les choses qui peuvent advenir, dit-il. Je ne puis même me les dire, quoique je les aies vues. Cette sensation de l’avenir… Il semble que je n’ai aucun contrôle sur elle. C’est comme cela, c’est tout. L’avenir proche… un an peut-être… je peux le voir en partie… C’est une route aussi large que notre Avenue Centrale, sur Caladan. Il y a des choses que je ne distingue pas… des endroits pleins d’ombre… Comme si la route passait derrière une colline et… (l’image d’un mouchoir flottant au vent lui revint)… il y a des embranchements… » (Paul) p. 318.

• « Il leva les yeux et, dans la pénombre verte de la tente, regarda son visage aux traits affinés, patriciens. « Oui, c’est l’un des chemins, dit-il en hochant la tête. Oui… Ils m’appelleront… Muad’Dib, « Celui Qui Montre Le Chemin ». Oui… ils m’appelleront ainsi. » Et il ferma les yeux et pensa : Maintenant, mon père, je peux te pleurer. Et les larmes roulèrent sur ses joues. » p. 321

• « La vision du temps est vaste mais lorsque vous le traversez, le temps devient une porte étroite. » (Extrait de L’éveil d’Arrakis par la Princesse Irulan) p. 349.

• « Mieux vaut le calme et un maigre repas qu’une maison pleine de luttes et de doutes. » (Jessica qui se ressasse une parole de Gurney) p. 393

• « (en italique) La nuit est un tunnel, se dit-elle. Un trou dans l’avenir… si nous avons encore un avenir. » (Jessica lorsque elle et Paul contournent le ver) p. 420.

• « Il le percevait. Cette conscience raciale à laquelle il ne pouvait se soustraire. L’afflux de la connaissance ; la perception précise, froide et claire. Il se laissa aller sur le sol, le dos contre le rocher, abandonnant toute résistance. Et il fut dans cette strate hors du temps où il pouvait voir le temps, reconnaître les chemins ouverts devant, prendre les vents de l’avenir… et ceux du passé, visions borgnes du passé, du présent et de l’avenir formant une image triple qui lui permettait d’observer le temps devenant espace. Il existait un danger, il le savait. Il pouvait aller trop loin. Il lui fallait se maintenir dans la perception du présent, sentir la réflexion floue de l’expérience, le flux du moment, la continuelle solidification du ce-qui-est dans le perpétuel-était. » (Paul après rencontré Stilgar et les Fremens) p. 468-469.

• « (en italique) Est terrifiant ce qui rend un humain surhumain. » (Feyd-Rautha lorsqu’il affronte un gladiateur) p. 530.

• « Elle mit une main sur sa joue. « Je n’ai plus peur, Usul. Regarde-moi. Je vois ce que tu vois quand tu me tiens ainsi. »
«  Que vois-tu ? »
« Je ne vois nous donnant l’amour l’un à l’autre en un moment de calme entre les tempêtes. C’est là ce que nous devions faire. »
À nouveau, la drogue s’empara de lui et il pense : Tu m’as si souvent donné l’oubli et le réconfort. L’illumination lui revenait avec ses images détaillées du temps et il sentit l’avenir se muer en souvenirs : les tendres agressions de l’amour physique, la communion des moi, la douceur et la violence.
« Tu es forte, Chani, murmura-t-il. Reste avec moi. »
« Toujours », dit-elle, et elle l’embrassa sur la joue. » (Paul et Chani après qu’il est prit la drogue) p. 570-571.

• « Le besoin pressant d’un univers logique et cohérent est profondément ancré dans l’inconscient humain. Mais l’univers réel est toujours à un pas au-delà de la logique. » (Extrait de Les Dits de Muad’Dib, par la Princesse Irulan) p. 587.

• « Lorsque la religion et la politique voyagent dans le même chariot, les voyageurs pensent que rien ne peut les arrêter. Ils vont de plus en plus vite. Ils oublient alors qu’un précipice se révèle toujours trop tard. » (Jessica se souvenant d’un proverbe Bene Gesserit) p. 602.

• « Ce sont ceux qui peuvent détruire une chose qui la contrôlent vraiment. » (Paul à Gurney) p. 662.
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jsgandalfjsgandalf   19 septembre 2012
On a bien souvent évoqué la rapidité avec
laquelle Muad'Dib apprit les nécessités d'Arrakis.
Les Bene Gesserit, bien sûr, en connaissent
raison. A l'intention des autres, nous pouvons dire
ici que Muad'Dib apprit aussi rapidement parce que
premier enseignement qu'il eût reçu était de
savoir apprendre. Et la leçon première de cet
enseignement était la certitude qu'il pouvait
apprendre. Il est troublant de découvrir combien de
gens pensent qu'ils ne peuvent apprendre et com-
bien plus encore croient que c'est là chose difficile
Muad'Dib savait que chaque expérience porte en
elle sa leçon.
Extrait de L'humanité de Muad'Dib,
par la Princesse Irulan.
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StelphiqueStelphique   19 novembre 2015
Tout était plat.
Dans son esprit, il chercha quelque chose de vertical qu'il put greffer sur ce paysage. Mais il n'y avait rien, rien d'un horizon à l'autre sous l'air surchauffé. La brise n'agitait pas la moindre fleur, la moindre plante fragile. Les dunes...Et la falaise, là-bas, sous le ciel d'argent bleui.
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