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Philippe Baudouin (II) (Traducteur)
ISBN : 2253145734
Éditeur : Le Livre de Poche (19/03/2003)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 77 notes)
Résumé :
Au Mexique, on ne l'appelait que par son prénom. Elle s'habillait de vêtements chatoyants, de longues jupes d'Indienne, riait et parlait avec force, n'hésitant pas à employer un langage des plus crus. A dix-huit ans, elle subit un terrible accident d'autobus qui la laissa brisée. A compter de ce jour et jusqu'à sa disparition en 1953, vingt-neuf ans plus tard, la souffrance et la mort furent ses fidèles compagnes. Epouse du célèbre peintre muraliste Diego Rivera, vo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
darkmoon
  06 février 2014
"La tristesse se révèle dans tous mes tableaux, car ainsi est ma vie, inutile de se lamenter".
La peinture de Frida Kahlo m'a toujours intriguée, je la trouve étrange, emplie de mystère, presque insondable, reflétant l'âme de l'artiste dans toute sa profondeur. Des heures passées à contempler des détails, à presque apercevoir un mouvement furtif dans la verdure luxuriante de ses arbres, à ressentir les coups au coeur et au corps si bien représentés par l'artiste.
Est-ce parce qu'elle a tant souffert suite à un accident de bus et à ces journées passées, impotente, dans un lit dont le baldaquin est un miroir lui renvoyant l'image de son tourment, que Frida Kahlo affectionne autant l'autoportrait ?
Sensible, cruel et passionné comme l'oeuvre de Frida Khalo, ce livre retrace avec l'art subtil du pinceau, la vie mouvementée de cette personnalité hors du commun. du Mexique à Paris, d'hommes en femmes, de bonheurs en crises, la vie de l'artiste a été des plus mouvementées. Frida Kahlo, femme exceptionnelle, avec une fougue à la fois dure et tendre, donnant à ce caractère brûlant et à ce corps fragile, une présence, une existence hors de la toile. Cette femme à deux facettes qui garde la hargne alors que d'autres se seraient allongés. Une battante ayant choisi de vivre, et non de se plaindre, d'assumer ses choix, avec les bonheurs et les souffrances qui vont avec.
« La pintura completa mi vida »
A la lecture de cette biographie, je me suis sentie honteuse de n'avoir connu auparavant Frida Khalo comme l'artiste qui vit, existe et souffre à travers sa peinture unique au monde, mais cet hommage à une vie poignante et singulière m'a aidé à mieux comprendre cette artiste torturée, malade d'être enfermée dans son corps et cependant réussissant la prouesse de mélanger délicatement toute l'énergie de la vie aux couleurs flamboyantes de l'amour dans ses toiles. le résultat est vibrant, l'empreinte indélébile et le succès certain.
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Woland
  26 décembre 2007
Frida : a biography of Frida Kahlo
Traduction : Philippe Beaudoin
Certaines vies semblent vouloir nous apporter la preuve flagrante de l'existence d'un Destin surhumain, à la fois omniscient et omnipotent mais dont les voies demeurent jusqu'au bout froidement impénétrables et terriblement injustes à quiconque le subit.
Il en est ainsi de la vie de Frida Kahlo dont André Breton – qu'elle n'aimait guère pourtant - déclara qu'elle était « surréaliste sans le savoir. »
Elle naît en 1907 d'un père immigré d'origine judéo-allemande, Wilhelm (plus tard mexicanisé en Guillermo) Kahlo et de la seconde épouse de celui-ci, Matilde Calderon, dont le sang unissait la fierté du Siècle d'Or espagnol à celle, si ancienne, des Indiens d'Amérique centrale.
Son enfance passerait pour peu révélatrice si, dès ses huit ans, le Destin ne s'en venait frapper à sa porte pour lui laisser en dépôt une poliomyélite qui marquera à jamais sa jambe droite. Ces longues jupes de tehuana qu'elle se complaira à arborer jusque sous les cieux de Detroit et de Paris, Frida les porte avant tout pour dissimuler cette jambe éternellement malingre dont elle a honte.
Et puis, dix ans plus tard, le 17 septembre 1925, le second coup de trompette de la Fatalité résonne de façon bien plus discordante, mille fois plus cruelle : le bus dans lequel se trouvait la jeune fille rentre dans un tramway et l'une des barres d'appui l'empale littéralement, provoquant de graves lésions au niveau du bassin et de la colonne vertébrale. A partir de cet instant, le sort de Frida Kahlo – et celui de son oeuvre – sont scellés.
Tout d'abord, elle ne pourra jamais porter un enfant à terme. Ensuite, immobilisée pour de longs mois dans son lit, elle commence à peindre. Mais elle ne sait pas encore que les seuls enfants auxquels elle pourra donner vie seront exclusivement spirituels : les médecins, peut-être sincères d'ailleurs à l'époque, la laissent espérer des grossesses où la césarienne finale constituerait la seule anormalité.
De fait, elle tombera enceinte de son mari, le peintre Diego Rivera, l'une des gloires du Mexique contemporain, de 20 ans son aîné. Plus tard, quand elle tentera de se venger de ses infidélités chroniques, elle portera également l'enfant de l'un de ses amants. Mais peu importe l'homme en cette affaire : si, par l'un de ces raffinements de cruauté auxquels la Vie nous habitue, les lésions infligées à l'utérus par l'accident de 1925 n'empêchent en rien la fécondation, elles rendent par contre toute naissance impossible.
Ce leit-motiv de l'avortement naturel ou encore de l'accouchement qui se déroule mal réapparaît dans nombre de toiles de Frida Kahlo. Et pour se convaincre qu'elle le vécut comme une malédiction, il suffit de regarder « Ma Naissance », où elle a représenté sa propre venue au monde dans son style si particulier, mélange de peinture naïve fondée essentiellement sur les retablos (ex-votos) pendus dans les églises et l'art pré-colombien aztèque.
Autre thème favori de l'artiste : le double - soulignons à ce sujet la bisexualité de Kahlo. L'oeuvre regorge d'auto-portraits qui nous restituent ses joies mais aussi ses malheurs, comme l' « Autoportrait aux cheveux coupés » qu'elle peignit alors que Rivera venait de demander le divorce après lui avoir probablement dit (il en parle dans ses mémoires) qu'il ne la désirait plus et que ses infirmités y étaient pour beaucoup.
Et bien sûr, omniprésente, la Souffrance. Souffrance d'un corps martyrisé (« La Colonne Brisée » touche en ce sens à la perfection), souffrance d'un instinct maternel profond qui ne trouva jamais à s'épancher sur sa propre chair et son propre sang, souffrance d'une femme amoureuse à la folie d'une espèce d'homme-enfant, souffrance d'une artiste qui voulait faire « du grand, du social, comme Diego » et qui douta toujours de la valeur de son oeuvre.
Doit-on pour autant, quand on évoque la peinture de Kahlo, parler de tristesse ou de malheur ? Certainement pas, à moins qu'on soit borné ou d'une sottise remarquable. Il y a de l'allégresse dans ses toiles, même si elle est souvent féroce et cruelle, même si l'on y croise souvent des squelettes attablés ou dansants, des organes ou des membres écorchés et sanglants et, dans le superbe tableau « Moi et ma Nourrice », une nourrice indienne affublée d'un masque d'idole antique plus noir et plus fermé que la Terre.
Si Breton est dans le vrai quand il évoque ici l'idée de surréalisme, il faut cependant préciser que Kahlo ignorait tout de ce mouvement quand elle se mit vraiment à peindre. Ses premiers inspirateurs, outre ceux, fondamentaux, que j'ai cités plus haut, sont certainement l'école italienne moyen-âgeuse et des francs-tireurs comme par exemple Henri Rousseau, dit « le Douanier Rousseau), pour lesquels elle a souvent avoué sa très grande admiration.
Mais quel que soit le qualificatif que l'on veut donner à ses toiles, on s'empresse tout d'abord d'en souligner l'incroyable force qui s'en dégage. Puissance et cruauté, blessures sanglantes et impardonnables, fascination pour une Mort qui n'est que la continuation de la Vie se mêlent ici à un sens très sûr de la dérision et de l'auto-dérision ainsi qu'à un mysticisme inné.
Un proche à qui je montrais des reproductions des toiles de Frida m'a dit : "Elle peignait comme un homme !" Ce en quoi il n'avait pas tort. Mais, peut-être parce que lui-même était un homme, il avait du mal à admettre que toute cette violence, Frida Kahlo était parvenue à la domestiquer au service d'émotions intimement féminines : le désespoir de ne pouvoir mener un bébé à terme, la soumission, l'éternelle soumission de la sensibilité et du corps féminins à un univers dominé par l'égoïsme masculin et, antique et profond paradoxe, la subordination de la Nature à la Féminité, à l'Eau.
C'est tout cela, et bien plus, que vous raconte, avec beaucoup plus de talent que moi, Hayden Herrera dans sa « Frida – Biographie de Frida Kahlo », désormais paru en Poche, un livre qui ressemble à un pavé mais qui se dévore presque d'une traite tant son héroïne, par delà la Mort, nous apparaît proche de nos émotions et de nos rêves. L'impression se trouve renforcée par les citations des lettres de Kahlo à ses familiers et aussi par une analyse soignée et jamais pédante de ses toiles – dont beaucoup sont reproduites en hors-textes. ;o)
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webdouwap
  31 mai 2008
Un livre qui a tôt fait de vous emporter dans la tourmente de la vie d'une femme qui s'est battue toute sa vie contre la douleur, et contre la mort, de toutes ses forces et avec sa peinture: des tableaux faussements naïfs, étranges et violents même qui peuvent rebuter, au premier regard.
Ce livre a le mérite de nous faire aimer, et comprendre, je crois, et le peintre, et sa peinture que l'on redécouvre ensuite d'un oeil neuf. D'une lecture assez facile, mais dense, avec de nombreux extraits de lettres, des photos..., ce livre est passionnant et émouvant. On y découvre de plus une petite part de l'histoire du Mexique, car loin de se contenter d'un portrait psychologique de l'artiste, l'auteur place faits et tableaux au coeur de la vie sociale et politique de l'époque, assez bouillonnante, et dont Frida Kahlo, qui avait des idées, était loin, très loin, de se désintéresser !
(http://www.millepages.canalblog.com/)
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Mimimelie
  20 juillet 2013
Cette biographie par Hayden Herrera s''est avérée pour moi l'une des plus sérieuses et des plus complètes ; il faut dire qu'Hayden Herrera fut la première et la seule personne à avoir eu accès aux archives de Frida grâce à Mme Dolores Olmedo, présidente à vie du Comité technique du "Fidelcomiso Diego Rivera" et directrice des musées Diego Rivera et Frida Kahlo.
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PiertyM
  31 octobre 2013
Ayant déjà suivi le film que j'avais trouvé un peu ennuyeux...alors c'est en lisant ce livre que je m'étais rendu compte de ma bêtise et j'avais regardé à nouveau le film. Cette fois-ci avec un autre regard. Quelle vie! Me suis-je dit cette fois-ci. Cette main qui peignait en toute confiance ayant pour amie sincère le pinceau parce qu'elle ne peut plus se tendre ailleurs je me suis dit. Ce beau livre m'a fait pénétré la vie de Frida aussi limpidement que j' y reconnais sa bravoure. Une femme qui a inlassablement cherché en premier à dominer ses souffrances.
Puis l'auteur nous révèle certains faits histoires à travers lesquels on découvre le Mexique de l'époque, ça j'ai bien aimé
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
darkmoondarkmoon   07 février 2014
Tout ce que je te conseille, en tant qu’amie, c’est d’avoir assez de force de volonté pour supporter les peines que Dieu Notre Seigneur nous envoie pour nous mettre à l’épreuve de la douleur, car nous venons au monde pour souffrir.
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darkmoondarkmoon   06 février 2014
I don't paint dreams or nightmares, I paint my own reality.
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Video de Hayden Herrera (1) Voir plusAjouter une vidéo
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Frida, film 2002, bande-annonce
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