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Claude Leblanc (Traducteur)
ISBN : 2912969298
Éditeur : Exils (18/10/2001)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 9 notes)
Résumé :

« Il y avait la rock'n'roll attitude, il y a désormais la "hacker attitude", un modèle social pour l'ère post-industrielle », expliquait Libération lors de la parution de ce livre au début de l'année 2001 aux États-Unis. On considérait jusqu'à présent le « hacker » comme un voyou d'Internet, responsable d'actes de piratage et de vols de numéros de cartes bancaires. L'essor du Net a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Walktapus
  12 février 2011
D'abord précisons que le terme hacker du titre de ce livre ne fait pas référence à des pirates informatiques, mais au sens original du mot. Voir wikipedia. Les hackers, ce sont ces passionnés virtusoses sans qui des choses comme l'ordinateur personnel, internet ou le logiciel libre n'auraient peut-être jamais existé. Ce livre n'a donc rien à voir avec une apologie du crackage.
Il commence par une courte introduction (anecdotique) de Linus Torvalds, le père du noyau linux, et un épilogue de Manuel Castells, auteur reconnu de livres sur l'"ère de l'information". A ceux qui auraient envie de lire ce livre, je conseillerais de lire en premier son histoire des hackers qui est en toute fin du livre.
Le mot d'"éthique" est choisi en référence à l'éthique protestante du travail, nommée ainsi et théorisée par Max Weber au début du siècle. Dans cette éthique, qui a encore plus ou moins cours aujourd'hui, le travail est un devoir, qu'il soit intéressant ou non et la discipline une vertu.
La caractéristique des hackers, c'est d'être motivés par une passion et le plaisir de travailler sur des sujets pointus et stimulants. le pognon arrive après. Ils n'ont pas un cadre strict de travail avec des chefs, des horaires et des deadlines. Ils travaillent au rythme qui leur convient. La reconnaissance ne leur vient pas de leur hiérarchie mais de leur pairs, les autres hackers. Un hacker n'a donc pas obligation de résultat à court terme comme dans l'entreprise. Il a le temps de développer ce qui le passionne.
L'éthique hacker qui en découle est à l'antithèse de la tendance capitaliste à tout breveter et protéger par des droits. On sait que si tout était sous droits, la société capitaliste étoufferait et ne pourrait pas se développer (d'où la nécessité de sauvegarder un espace ouvert et libre). Si les hackers à l'origine d'internet n'avaient pas impulsé leur vision des choses aux premier développements du réseau, avant que de grosses sociétés peu agiles aient eu le temps d'entrevoir la possibilité d'un marché, on n'aurait peut-être jamais eu internet, en tout cas pas sous une forme aussi globale et ouverte.
Le logiciel libre est la conséquence logique de cette "éthique". le système d'exploitation linux, qui en est le symbole, occupe la quasi totalité des serveurs internet, et se retrouve dans une multitude d'endroits moins connus, comme le coeur d'android, les tomtoms, ou mon lecteur cybook bookeen. Linux équiperait probablement aussi votre PC si la loi de l'offre et de la demande était autre chose qu'une fumisterie (la vente liée matériel/OS est illégale, mais pratiquée en toute impunité par les grosses corporations).
Ce qui est intéressant avec le logiciel libre, c'est qu'une logique basée sur la passion, le partage, la transparence absolue, et des gens qui se consacrent bénévolement à leur passion le soir de partout dans le monde, réussissent à faire mieux qu'une logique basée sur la propriété, le profit, le travail rémunéré dans un bureau et des stratégies marketing agressives. D'où les efforts dans certaines sociétés (google est sans doute la plus connue) de favoriser au maximum une culture hacker en interne.
Cette "éthique" doit aussi nous faire réfléchir sur notre société, cette société de plus en plus détissée, désolidarisée par la logique de consommation, et sur l'entreprise, où l'être humain est victime de la logique de la profitabilité maximum et à court terme (le management à la française notamment, est exceptionnellement pourri, et pas que chez France Telecom), et sur ces mêmes entreprises qui accaparent de plus en plus d'aspects du monde (on les laisse même breveter la nature) au risque de scier la branche sur laquelle nous sommes tous assis. Ce modèle représente une petite lueur d'espoir.
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lanard
  15 juillet 2010
L'oeuvre de Manuel Castells annonce l'avènement de l'ère de l'information ; ce n'est pas une nouvelle utopie qu'il s'agit de confondre avec un progrès (le progrès est une notion qui n'a pas de sens en soit sinon par rapport à un système de valeurs) ; ce n'est pas une nouvelle Terre Promise précise t'il dans sa postface au livre d'Himanen. L'ère de l'information selon Castells est un nouveau paradigme technologique (adaptation à l'histoire des techniques du concept de paradigme inventé par Kuhn pour l'histoire des sciences) qui est en train d'émerger en même temps que le paradigme industriel est en train de perdre son rôle moteur dans l'histoire (sans disparaître toutefois, il faudra toujours des usines ne serait-ce que pour construire des ordinateurs). le paradigme industriel émergea suite à un maîtrise de plus en plus répandue de l'énergie (vapeur, électricité, énergies fossiles…) ; le paradigme informationnel résulte de la diffusion massive des technologies de traitement de l'information. Ces deux paradigmes se traduisent par la montée en puissance de certains types de mentalités, de mécanismes et d'habitudes mentales ou habitus. Pour le monde industriel et capitaliste le sociologue Max Weber avait mis en relation son émergence avec une forme de mentalité qu'il désigna dans le concept d'éthique protestante dans son ouvrage célèbre l'Ethique protestante et l'esprit du capitalisme. Dans cet ouvrage, paraphrasant le titre de Weber, Pekka Himanen croit pouvoir associer à l'émergence de la société informationnelle la montée en puissance d'un certain type de mentalité, une éthique, celui des passionnés d'informatique les hackers. Cette mentalité s'oppose à l'éthique protestante essentiellement dans son rapport au travail et son rapport à l'argent. Contrairement à la mentalité protestante, valorisant le travail pour lui même considéré comme étant consubstantiel à la condition humaine (hors du travail point de salut), l'éthique hacker ne conçoit d'intérêt pour un travail que par rapport au plaisir qu'il peut donner à celui qui le fait et aussi à l'utilité de ce travail ; pour le hacker le travail doit être un plaisir mais aussi avoir un sens. le travail n'est donc pas essentiellement relié à la nécessité de se nourrir (avoir un toit etc.). Ces problèmes là sont sensés déjà être résolus. Une autre valeur essentielle de l'éthique hacker est le souci de partager (pas forcément gratuitement mais le plus possible) l'information ; ce trait se heurte à la notion de propriété intellectuelle ou industrielle dans la forme qu'elle revêt dans l'éthique protestante. Sans nier complètement la notion de propriété intellectuelle, le hacker répugne à vendre l'information si cela doit entraver sa diffusion ; il parie essentiellement sur le fait que la diffusion favoriserait progrès et innovations. En programmation, la diffusion d'un logiciel sous licence Open Source (comme Linux) permet à tout nouvel acquéreur d'améliorer celui-ci s'il en a le talent et la motivation; libre à lui par la suite de diffuser la version nouvelle s'il estime qu'elle peut rendre services à d'autres utilisateurs.
Ce livre invite à la relecture ou la lecture du classique de Max Weber sous un angle inattendu. Les nombreux parallèles et références aux textes religieux ( de Saint Augustin aux pères du désert en passant par Saint Benoît et les pasteur luthériens) sont à la fois surprenants et ingénieux.
La question se pose maintenant de la portée ou de la pertinence de ces concepts d'éthique protestante et d'éthique hacker ; qu'est-ce qu'on va pouvoir bien faire avec ça, sinon décrire des évolutions historiques d'une manière plutôt commode quoiqu'un peu trop générale. On n'a le sentiment d'un bel exercice un peu vain et sans portée pratique. Tant mieux peut être ; Himanen est sans doute un hacker de la philosophie sociale ; il trouve du plaisir à en faire et cela lui suffit ; à d'autres de poursuivre, de contester, d'affiner. Faut-il s'inquiéter de l'utilisation idéologique possible dans l'avenir de tels concepts?
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Arthemyce
  28 février 2018
Si je devais résumé ce livre, l'éthique hacker, en un mot : "passion".
J'avais découvert ce livre via une conférence d'Etienne CHOUARD chez ThinkerView. A en entendre le thème et la description succincte, je savais que j'allais y trouvé une réflexion fraiche et intéressante.
J'ai particulièrement apprécié la structure établie pour l'exposé : chaque partie est bien définie et se suit logiquement tant et si bien que le fil de pensée est limpide. Quant au fond et à la forme, il n'y a rien à dire, si ce n'est une correction des coquilles/mots manquants à revoir, notamment aux chapitres 5 et 6 (vu les fautes que je peux faire moi-même, je n'en tiens pas rigueur).
Sur le fond : l'intérêt que j'ai eu pour ce bouquin a été soulevé par son thème (et titre) : l'Ethique Hacker. L'idée vague que je m'en faisais a été corroborée par les premières pages, avant d'être développée plus en profondeur. Il est important de mentionner les préfaces et avant-propos qui accompagnent parfaitement la mise en bain.
En constant rappel de l'oeuvre majeure de Weber (L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme - que je n'ai pas lu mais dont la référence est omniprésente dans mes lectures actuelles) ce livre propose une lecture alternative et bien plus réjouissante de ce que pourrait être le monde d'un point de vue Hacker; vision dans laquelle je me retrouve beaucoup.
En totale opposition avec l'éthique protestante (quasi monastique), l'éthique Hacker montre la possibilité d'un paradigme totalement différents dont les qualités sont avant tout : plaisir, ouverture et altruisme.
Le plaisir de s'investir dans un projet intrinsèquement intéressant.
L'ouverture par le partage et l'échange en abolissant les barrirèes de la propriétés intellectuelles.
L'altruisme par le prisme d'un regard attentif aux autres et à leurs besoins, vers un objectif de bien commun.
Bien sûr, chacun de ces préceptes n'est pas une loi en soi et par conséquent, il existe une très large variété de "visions hackers", autant qu'il y a d'individus; Cependant, étant toutes liées les une aux autres, il est normale de les retrouver dans différentes mesures lors des exemples qui peuplent cet ouvrage. D'ailleurs, j'ai beaucoup apprécié la quantité et la précision des notes et sources qui apportent beaucoup de crédit à l'ensemble du développement.
Enfin, le rapprochement de l'étique hacker avec l'ère de l'information amène un tout autre regard sur le monde actuel (malgré un livre qui a 17 ans, et donc a vieillit très vite dans un univers où la technologie progresse plus vite que l'éducation). le paradigme de l'ère de l'information est un outil puissant pour analyser la société dans ses rapports globaux.
En tous points un livre qui fait réfléchir et qui révèlera peut-être en vous un hacker qui s'ignore et vous aidera à remettre en question les schémas de référence que votre esprit s'est construit au cours de votre vie, afin d'appréhender le monde avec un regard nouveau et bien plus : passionnant !
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
DanieljeanDanieljean   27 novembre 2015
En plus de renforcer la position de l'argent, la nouvelle économie a aussi donné plus de poids à la notion de propriété, élément clé du vieil esprit du capitalisme, en l'étendant à l'information à un degré jamais atteint. Dans l'économie de l'information, les entreprises gagnent de l'argent en essayant de posséder l'information grâce à des brevets, des marques déposées, des droits d'auteur, des accords de confidentialité et d'autres moyens. En fait, l'information est si bien gardée que lorsqu'on se rend dans une des entreprises de ce secteur, on ne peut s'empêcher d'avoir parfois l'impression qu'avec tous ces verrous destinés à protéger l'information, elles ressemblent à des prisons de haute sécurité.
En totale contradiction avec cette éthique protestante de l'argent revue et corrigée, l'éthique hacker des informaticiens met l'accent sur l'ouverture. [...] l'éthique hacker, telle qu'elle est définie dans le « Jargon file », comprend la croyance selon laquelle « le partage de l'information est un bien positif puissant. C'est un devoir éthique pour les hackers de partager leur expertise en écrivant des logiciels libres. »
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DanieljeanDanieljean   27 novembre 2015
our les hackers, le mode caractéristique de fonctionnement administratif qui consiste à avoir des réunions sans fin, à créer des commissions pour un oui ou pour un non, à rédiger des rapports sans intérêt, etc., avant que quelque chose ne soit entrepris est au moins aussi pénible que de lancer une étude de marché pour justifier une idée avant de commencer à travailler dessus. Cela irrite autant les scientifiques que les hackers quand l'université se transforme en monastère ou en bureaucratie administrative.
Toutefois l'absence relative de structures ne signifie pas qu'il n'y en a pas. En dépit de son tumulte apparent, le hackerisme n'existerait pas plus dans un état d'anarchie que la science. Les projets hacker et scientifique ont leurs personnalités phares qui servent de guide à l'image d'un [Linus] Torvalds dont la tâche est d'aider à déterminer l'orientation et à soutenir la créativité des autres.
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DanieljeanDanieljean   27 novembre 2015
La technologie sans-fil - à l'instar du téléphone portable - n'est pas en soi une technologie de liberté ; cela peut être aussi une « technologie de l'urgence ». Il arrive souvent que chaque appel devienne un appel urgent et que le téléphone mobile se transforme en un instrument de survie pour les obligations quotidiennes.
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DanieljeanDanieljean   27 novembre 2015
La liberté d'expression est un moyen pour devenir membre actif de la société, recevant et articulant différentes opinions. La vie privée assure à chacun la possibilité de se créer un style de vie personnel alors que la surveillance est utilisée pour persuader les gens de vivre d'une certaine façon ou pour refuser la légitimité à des modes de vie en passe de s'implanter. L'auto-activité met l'accent sur la réalisation d'une passion personnelle au lieu d'encourager une personne à être un simple receveur passif.
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DanieljeanDanieljean   27 novembre 2015
Les hackers veulent réaliser leurs passions et ils sont prêts à accepter que la poursuite de tâches intéressantes ne soit pas toujours synonyme de bonheur absolu.
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