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Madeleine Laval (Traducteur)Jacques Haumont (Préfacier, etc.)
ISBN : 2752900554
Éditeur : Phébus (18/02/2005)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 62 notes)
Résumé :
Aux côtés du Moine de Lewis (1795) et du Melmoth de Maturin (1820). Les Elixirs du Diable (1816) figurent parmi les chefs-d'œuvre absolus du " roman noir " de la période romantique. Pour Hoffmann, ce récit de toutes les indécences et de tous les excès n'était rien de moins que le pivot secret autour duquel devait s'orienter toute son œuvre de conteur. Freud note qu'on y retrouve, dans une sorte de symphonie frénétique, l'ensemble des thèmes chers au grand " fantasti... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Musardise
  06 septembre 2015
Si la parenté avec le moine de Lewis vient forcément à l'esprit du lecteur et si tous les codes du roman gothique sont ici respectés à la lettre (moine lubrique, jeune fille innocente traquée, lieux inquiétants, récit à tiroirs, malédiction familiale, inceste, et j'en passe ), ce roman n'en porte pas moins la marque de fabrique très particulière de l'auteur.
En effet, à travers l'histoire du frère Médard, victime d'une malédiction familiale et tiraillé toute sa vie durant entre Dieu et Diable, ce sont à la fois le style foisonnant d'E.T.A Hoffmann et les motifs qu'il se plaît à travailler qui rendent ce roman à la fois si riche et si indigeste - qu'on me pardonne l'emploi de ce terme - par moments.
Prenons uniquement la thématique du double : non contente de se révéler omniprésente dans le roman, elle est aussi protéiforme, à un point que le lecteur en perd presque la tête : car non seulement plusieurs des personnages sont les sosies les uns des autres, mais, dans la généalogie de Frère Médard, chaque enfant porte le prénom de son père. Mais Hoffmann va plus loin que ça : Médard ne trouve pas en son frère jumeau (qu'il ne connaît pas) uniquement son double physique ; leur âme également est jumelle, si bien que ce que conçoit l'un en pensée est mis en pratique par l'autre. Sans compter que, de père en fils, chaque personnage répète les mêmes crimes innommables. Je dois d'ailleurs avouer qu'arrivée à un certain point du livre, j'ai sorti une feuille de papier et un stylo pour reconstituer le généalogie des principales familles du roman, tellement j'avais du mal à m'y retrouver.
Mais ne nous y trompons pas : cette complexité est bien entendu voulue par Hoffmann. Comme l'âme de Frère Médard se désagrège, se décompose, se démultiplie, le récit prend de multiples détours pour perdre le lecteur comme il mène son personnage sur le chemin de la perdition. Ajoutez à cela un étrange personnage qui s'appelle, c'est selon, Belcampo ou Schönfeld, et qui lance des tirades obscures dignes de Hamlet : vous comprendrez que la lecture des Élixirs du diable n'est pas de tout repos.
J'avoue que la seconde partie m'a parfois ennuyée et que la fin, surtout, très portée sur la pénitence de Médard et très axée sur un discours religieux, m'a fatiguée. Il m'a surtout semblé que le format du roman convenait moins bien à Hoffmann que ce lui des nouvelles. Les Élixirs du diable ne valent pas, à mon sens, L'homme au sable - véritable chef-d'oeuvre de l'auteur.
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Amorina
  19 février 2015
L'auteur Henri Heine déclara qu' «Il y a dans Les Elixirs du diable les choses les plus terribles, les plus effrayantes que puisse imaginer l'esprit humain».
Voilà de quoi donner immédiatement le ton de ce singulier roman gothique, qui, à côté du Moine de Matthew Gregory Lewis, brille d'une aura de noirceur d'une beauté absolue ! Et pour cause, tout ce que l'esprit et l'âme peuvent souffrir de plus effroyable se retrouve ici distillé, tel un philtre empoisonné, au fil des pages : dédoublement de personnalité, faux souvenirs, rêves, folie, obsession, apparitions, violence et pactes infernaux.
Sous la forme d'un manuscrit - remarquablement bien écrit - nous découvrons le récit de la vie du frère Médard, capucin échappé du couvent, auquel sera offert le choix du bon ou du mauvais chemin. Livré au monde, s'abandonnant à tous les excès et à d'abominables actes passionnels, le Frère Médard oscillera tour à tour entre beauté sensuelle et spirituelle, récolant avec peine les morceaux de son âme fragmentée et tourmentée par une existence qui peu à peu se dédouble et lui échappe.
Et, si l'absorption du mystérieux Élixir diabolique n'est pas étranger au réveil subit des vices du moine, une sombre histoire de malédiction familiale, pesant sur le personnage tel l'empreinte du péché originel, n'aura cesse de faire basculer son existence entre l'ombre la plus épaisse et la lumière divine, à travers un incroyable jeu de miroirs où les voyages des personnages qu'il croise deviennent peu à peu le reflet de son propre cheminement spirituel.
L'amour d'une femme, l'amour de l'art sous toutes ses formes, et celui, sacré, de la Sainte Vierge Marie et de Sainte Rosalie, confèrent à ce tableau inquiétant d'incroyables rayons de lumière et d'espoir, guidant sans bruit des pas du moine maudit égaré dans son royaume.
Voyage bouleversant, le témoignage du Frère Médard résonne en moi comme un combat sacré pour le salut et la rédemption, liant tour à tour l'amour sacré et l'amour profane, construction et déconstruction de la psyché, jusqu'à un final triomphant.




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KrisPy
  28 juillet 2014
Un jeune enfant, dont le père portait en lui le mal, reçoit une éducation religieuse, et plus tard, embrasse l'ordre des Capucins. Il devient un moine orgueilleux après être monté en chair, et cède à la tentation en buvant "Les élixirs du diable", conservés secrètement comme reliques de Saint-Antoine par les moines Capucins... Il part ensuite pour un périple étrange, semé de tentations, de perversité et de folie, mais aussi d'amour pur, qui, en définitive, sera sa perte et son salut...
E.T.A. Hoffmann souffrait lui-même de folie, d'attaques d'hallucinations. Il décrit à merveille ces états d'exaltation, ces dédoublements de personnalités, et son roman gothique, Les élixirs du diable, fortement inspiré par "Le Moine" de Matthew Gregory Lewis qu'il avait lu auparavant, est un joli chassé-croisé d'intrigues amoureuses perverses et de visions foisonnantes de détails.
On retrouve ce climat mystique et médiéval ressenti à la lecture du Moine de Lewis. Mais en plus fluide, un peu moins ampoulé que son prédécesseur. Ceci dit, l'histoire est bien différente malgré la ressemblance entre les 2 moines charismatiques.
"Les élixirs du diable" est bien un roman fantastique gothique, référence en matière de littérature du XIXème siècle. Hoffmann l'a écrit en 2 partie, et de longs mois ce sont écoulés entre l'écriture de chacune. Cela se ressent. La 2ème partie est plus axée sur le dialogue, la réflexion, alors que la 1ère se situe dans l'action et la mise en place des personnages.
A lire pour ceux qui aiment les romans à l'indéfinissable charme gothique et à la saveur des mots d'autrefois...
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Aela
  20 février 2011
Un roman fantastique du XIX ème siècle à l'atmosphère « gothique » dont l'intérêt réside dans les jeux sur l'identité du héros : le malheureux frère Médard s'est laissé tenter par le diable, a bu un élixir satanique conservé dans son couvent et se trouve dès lors entraîné dans une course folle : en proie à des crises de démence, il s'abandonne à la passion et au meurtre. On apprend ensuite que sa prédestination au crime est imputable à ses ancêtres : Médard doit racheter les fautes de sa lignée.
Une action foisonnante : Médard est sans cesse confronté à des sosies, des spectres ou apparitions qui portent son nom. le dédoublement de la personnalité, analysé ici est nourri par les connaissances d'Hoffmann qui était parfaitement informé des théories scientifiques de son temps.
Une belle oeuvre de cet écrivain à l'imagination débordante.
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Moulinaie
  14 juin 2015
Ecrit au début du XIXè siècle, ce roman fait automatiquement penser à "Le Moine". Cependant, l'intention est toute autre. Autant, dans "Le Moine" , l'auteur réalise une critique ouverte de l'hypocrisie entre la façade pieuse d'un prêcheur et son âme malade de désir, autant chez le Frère Médard, le roman est un parcours initiatique dans lequel le désir, la tentation, ne sont qu'un passage obligé vers la piété.
Déstabilisant par moment car le livre semble devenir une succession de différents tableaux dans lesquels évolue le héros, (et après de longues pages on se prend à craindre l'ennui de la répétition), les liens apparaissent après une bonne moitié du livre et l'ensemble prend forme.
Ce livre a des défauts charmants, comme tous les anciens romans : un style un peu vieillot, des contournements imagés pour parler du désir sexuel, de longues tirades expliquant ce à quoi nous n'avons pas assisté directement. Au final, une lecture plaisante, originale, même si l'auteur, malgré un titre provocateur, est resté finalement sur les voies de la raison.
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Citations & extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
MusardiseMusardise   12 septembre 2015
Des voix singulières murmurent et chuchotent à travers les arbres et le bosquet, et, montant toujours, elles semblent se transformer en chant et en éclat d'orgue. C'est le bruit qui vient du lointain.
Des hommes austères, habillés de vêtements à larges plis, se promènent silencieusement sous les berceaux du jardin, le regard pieusement tourné vers le ciel. Les statues des saints, devenues vivantes, seraient-elles descendues de leurs chapiteaux ? L'effroi mystérieux des légendes et des récits étonnants que ces lieux ont fait naître plane sur vous. On dirait que tout se passe encore sous vos yeux et l'on se plaît à le croire...
C'est dans cette disposition d’esprit qu'il faut lire l'histoire de Médard, et alors les visions étranges du moine vous sembleront quelque chose de plus que le jeu déréglé d'une imagination exaltée.

Les élixirs du diables - Préface de l'auteur
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KrisPyKrisPy   28 juillet 2014
- Voici, cher frère Médard, la relique la plus singulière et la plus mystérieuse que possède notre cloître ; depuis que je suis ici, personne d'autre que le Prieur et moi n'a pris en main ce coffret. Les autres frères eux-mêmes, et à plus forte raison les étrangers, ignorent l'existence de cette relique. Je ne puis me défendre d'un secret effroi en la touchant ; il me semble qu'elle renferme quelque diabolique enchantement qui, s'il arrivait que se rompe le charme qui le retient prisonnier et enchaîne son pouvoir, pourrait perdre et anéantir sans espoir de salut ceux qu'il atteindrait; Ce que contient ce coffret vient directement du Malin et date du temps où il pouvait encore, sous une forme visible, mettre le salut de l'homme en péril.
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niniMniniM   19 août 2015
je parvins à acquérir cette éducation des gens du monde qu’on appelle la galanterie, et qui n’est rien d’autre qu’une souplesse extérieure du corps, grâce à laquelle on semble toujours être à l’aise, où que l’on aille et où que l’on se trouve...
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AuroraeLibriAuroraeLibri   08 juin 2014
Les deux parties des Elixirs n'ont pas été écrites d'un seul trait.Un assez long espace de temps sépare la rédaction de la première partie, rédigée en quelques semaines avec un "emportement sauvage", de celle de la seconde.Au moment où Hoffmann travaillait à cette seconde partie, il disait regretter que la première ait paru telle qu'elle était.Le sujet avait pris des proportions qui l'entraînaient à le traiter différemment: en particulier, l'influence de la lecture de la Symbolique du rêve de Schubert, qu'il se procura en 1814, est nettement reconnaissable dans l'orientation de cette deuxième partie.
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XIXXIX   31 juillet 2015
Pourquoi t'apitoyer ainsi sur celle que le Ciel dans toute sa toute-puissance, a jugée digne de quitter la terre au moment même où, comprenant le néant de ce monde, son cœur était rempli d'une immense nostalgie qui l'attirait vers le royaume de l'éternelle félicité ?
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Ernst Theodor Amadeus Hoffmann. Grand piano trio in E major, AV 52
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