AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 1505806895
Éditeur : CreateSpace Independent Publishing Platform (26/01/2015)

Note moyenne : 4.67/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Anton Holban (1902-1937), pour beaucoup le plus proustien des écrivains roumains, détonne dans le paysage littéraire national. Mélomane averti, inspiré davantage par les épisodes de sa vie plutôt que par l'imagination, l'histoire ou les mouvements d'avant-garde, il distille une analyse psychologique discrète et délicate. Pour la première traduction en français d'Anton Holban, le choix des nouvelles s'imposait, car il soutient lui-même la supériorité de la nouvelle s... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Tandarica
  04 septembre 2019
Voici un recueil de 9 nouvelles plutôt courtes :
1) À l'ombre des jeunes filles en fleurs : Nous observons une salle de classe où les élèves, exclusivement des jeunes filles, composent toutes sur leur personnage préféré dans Andromaque, Hermione. Magda, la première de la classe, se mariera avec un haut fonctionnaire et se demandera pourquoi elle a si bien étudié. Ela multipliera les amants. Sarah trompera son mari avec un chrétien. La laide Lina deviendra gynécologue. Coca deviendra servante et, lorsqu'on l'interrogera sur sa meilleure amie, Cocuța, elle répondra qu'elle croit qu'elle est morte. Quant à la petite Lilly, chérie de ses enseignantes, elle se suicidera.
2) Glorieuse journée à Cernica : le narrateur raconte son pénible trajet pour se rendre au monastère de Cernica, où il enseigne et où il fait froid l'hiver. Enfin, le soulagement lorsque tombe le maigre salaire.
3) Hallucinations : le narrateur, enseignant dans un monastère, après un lycée de Constanța, imagine son propre enterrement et la tête de ses élèves. Enfin lui apparaît sa mère décédée qui lui dit « Dors, arrête de penser au pire... »
4) Grand-mère se prépare à mourir : le narrateur séjourne dans la propriété de sa grand-mère, celle de son enfance. Elle se prépare à mourir : grand-père les a déjà quittés. Son écrivain de petit-fils révèle qu'il est malade et va bientôt mourir aussi à la fin.
5) Petite aventure sur une interminable plateforme : le narrateur se trouve dans un train près de Beaune, un wagon rempli d'étudiants éméchés en face d'une jeune Japonaise. À peine un regard d'échange complice échangé, et elle sort du train vers le vaste monde…
6) le collectionneur de sons : Sandu est un passionné de musique, qui suivait des concerts tous les soirs à Bucarest, clandestinement. Puis, étudiant à Vienne, il allait à l'opéra et, à Paris, il écumait tous les concerts et a acquis énormément de disques de phonographe, auxquels il est passionnément attaché. Enfin, la radio, qui rattache le solitaire aux capitales d'Europe.
7) Châteaux sur le sable : Paul et une jeune fille du surnom de Mitsuko passent tout leur séjour en Égypte fourrés ensemble, puis se brouillent, puis se réconcilient sur le bateau du retour. Elle lui demande de donner de ses nouvelles. En voulant lui acheter des fleurs, il croise un ami qui lui révèle qu'elle est fiancée ; il fait tout de même livrer les fleurs, avec l'impression de les envoyer à un enterrement.
8) Antonia : le narrateur a une quinzaine d'années et un cours de musique à Fălticeni, où il croise souvent Antonia, une petite fille d'une dizaine d'années, qui tombe amoureuse de lui, ce qui le met dans une situation embarrassante, surtout vis-à-vis de Désirée, qu'il courtise. Enfin un jour, Antonia repart en Russie. Lorsqu'aujourd'hui le narrateur y pense, c'est plein de nostalgie…
9) le Tarin et son maître : le narrateur a acheté un tarin au marché et s'est attaché à lui : il lui fait écouter de la musique au phonographe, lui ouvre la porte de la cage, etc... Mais il décide finalement de relâcher Boris au printemps, dans la nature.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          726
LydiaB
  17 octobre 2015
Rien n'est plus difficile que d'écrire une critique sur un recueil de nouvelles, à moins d'en faire le résumé de chacune. Mais c'est quelque chose qui ne me plaît pas vraiment. A quoi bon essayer de condenser quelque chose qui, déjà, est court ? Non, je préfère de loin m'intéresser au style de l'auteur.
Inutile de se mentir, je ne connaissais pas Anton Holban et je pense que je n'en aurais jamais découvert l'existence si sa traductrice, Gabrielle Danoux, n'avait pas eu la gentillesse de le porter à ma connaissance. Et, en toute honnêteté, je serais passée à côté d'un écrivain de talent. Si, comme moi, vous aimez les auteurs du XIXe siècle, alors vous serez conquis par celui-ci. Non pas qu'il appartienne à ce siècle (il est né en 1902 et mort en 1937) mais je rapproche sa plume d'un Flaubert, d'un Stendhal ou d'un Balzac. La quatrième de couverture le compare à Proust. Ce n'est pas faux, effectivement. Même richesse d'écriture, mêmes procédés d'analyse psychologique des personnages, même poésie... D'ailleurs, la première nouvelle s'appelle "À l'ombre des jeunes filles en fleurs", cela ne s'invente pas !
Un grand bravo pour la traduction car je me dis que cela n'a pas dû être facile de rendre d'une manière aussi éloquente les figures de style employées.
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          634
gouelan
  08 juin 2016
La nouvelle « Châteaux sur le sable » résume assez bien, pour moi, la façon dont le narrateur conçoit la vie. Un voyage qui ne tient pas ses promesses, qui n'est finalement qu'une simple aventure. Il collectionne chaque moment de joie, chaque souvenir avec précaution, sachant qu'ils ne seront que regrets plus tard.
Un homme torturé, qui aimerait faire le grand voyage de la vie, mais n'ose rien entreprendre. Il se réfugie dans l'art, dans les hallucinations, dans les souvenirs. Si sensible et si fragile qu'il se compare au petit oiseau qu'il a adopté. Un petit oiseau qui revient toujours vers sa cage. Il finira par prendre son envol, au risque de se faire manger ou de mourir de faim. Mais le narrateur, lui, reste dans sa cage.
Je découvre cet auteur avec ce recueil de nouvelles, avec une préférence pour : « Grand-mère se prépare à mourir », « le collectionneur de sons », « Hallucinations » et « le tarin et son maître ».
J'ai aimé l'écriture délicate d'Anton Holban, qui semble vouloir percer les mystères, comme le fait son personnage Sandu dans la nouvelle « le collectionneur de sons ». Un collectionneur de sensations.
Merci à Tandarica pour cette découverte.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          520
Francharb3
  08 février 2015
Le recueil contient neuf nouvelles : À l'ombre des jeunes filles en fleurs, Glorieuse journée à Cernica, Hallucinations, Grand-mère se prépare à mourir, Petite aventure sur une interminable plateforme, le Collectionneur de sons, Châteaux sur le sable, Antonia, le Tarin et son maître.
Une fois de plus un grand merci à Gabrielle Danoux d'avoir sorti de l'oubli, après Gib Mihăescu et Max Blecher, un troisième auteur roumain, qui plus est à un coût plus que raisonnable et de manière indépendante.
Cette parenthèse fermée, à l'essentiel : Anton Holban nous parle principalement de la mort, la nostalgie de l'enfance et de la consolation de l'art. Justement, de l'essentiel, donc : la mort est chose sûre ; quant à la nostalgie de l'enfance, qui ne l'a jamais éprouvée ? La consolation qu'apporte l'art, je suis précisément en train de l'illustrer. Pour Anton Holban, durant l'entre-deux-guerres, elle passe par la musique, avec ses remarquables évocations de Rossini, Schubert, Chausson, bien d'autres et surtout du phonographe et des disques.
Une fois encore, cet auteur roumain est francophile : on retrouve dans ses nouvelles la Bourgogne et Racine transfigurés. L'esprit des premières danses macabres, avant Holbein, celles qui venaient de France et où la Mort, naïvement, faisait la fête avec les défunts, plane. Un peu comme dans « Le Roi se meurt » d'Eugène Ionesco : le tout est d'être préparé, de « jouer au funambule ».
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          280
Tandarica
  08 février 2015
Que de belles rencontres, voire retrouvailles : Monica Lovinescu, George Enescu qui interprète le Poème d'Ernest Chausson, Cernica et ses professeurs rêveurs !
Lien : http://www.google.fr/url?sa=..
Commenter  J’apprécie          350
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
gouelangouelan   07 juin 2016
Les amis ! Vous regrettez réellement ma disparition [...] Dans ce cas, laissez-moi en paix et ne vous sentez pas obligés de déplorer ma perte. Car, même si vous la regrettez profondément, votre émotion à l'égard de mon néant est ridicule. Que le spectacle s'achève au plus vite, qu'on me dépose, simplement, dans une voiture tirée par des chevaux qui m'emmène au cimetière ! Qu'on me jette au plus vite dans la fosse et qu'on la couvre de terre. Eh bien, toi, l'attristé, si tu tiens à tout prix à faire quelque chose pour moi, rends-toi, en solitaire, au bord de la mer, et contemple longuement son infatigable écume, écoute attentivement sa complainte. Ou bien, sur ton phonographe, écoute un quatuor de Beethoven et laisse tes larmes couler au rythme de ses notes. Ou bien alors, lamente-toi en te souvenant que tu as, en vain, attendu ton amoureuse, que tes lèvres se sont asséchées comme si elles n'avaient jamais connu de vrai baiser. C'est uniquement ainsi que tu accompliras quelque chose pour moi ...

Hallucinations.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
TandaricaTandarica   03 février 2015
À la rentrée, les élèves m’ont annoncé : « Exactement comme vous l’avez prédit, monsieur le professeur ! » Melinte était plutôt doué pour la littérature, mais faible en sciences. Grâce à mon intervention, il a obtenu son baccalauréat (je faisais partie du jury). Recalé, il aurait dû travailler pendant l’été, mais comme ça, fous de joie, ses parents l’ont envoyé à Călimăneşti. Il s’est baigné dans l’Olt et s’est noyé. Je ne suis donc pas étranger à sa mort, même si d’un point de vue logique, je n’y ai aucune responsabilité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          310
TandaricaTandarica   03 février 2015
Tandis que j’explique Dieu sait quelle règle qui ne m’intéresse guère ou que je lis un passage que je répète depuis tant d’années, je fige mon regard sur la carte accrochée au mur… La Sicile, chaude, avec ses orangers… La Russie tout entière, où dans chaque village, une balalaïka vibre, bouleversant le ciel… Paris, le long de la Seine où j’ai promené tant de pensées et puis Erzurum… C’est comment Erzurum… Et l’Inde, pourquoi Eliade y est-il retourné ?…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          320
LydiaBLydiaB   26 septembre 2015
Le cerisier s'est élancé, s'est enroulé pour s'ouvrir ensuite, frêle et gracieux comme une ballerine. Ses fleurs roses ont dansé et un bras s'est allongé jusqu'aux cimes, deux pétales tremblotant comme les ailes d'un oiseau. (P17 / À l'ombre des jeunes filles en fleurs).
Commenter  J’apprécie          390
Francharb3Francharb3   08 février 2015
C'est de telles gens qui sont le fondement même de la société. Elle ne repose pas sur nous, à qui certaines idées semblent désuètes, car il n'y a pas une seule pensée qui nous guide un peu plus longtemps sans que nous l'émiettions par toutes sortes de suspicions. Après nous, il ne restera pas un seul arbre planté de nos propres mains.
Commenter  J’apprécie          240
autres livres classés : littérature roumaineVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Autres livres de Anton Holban (1) Voir plus




Quiz Voir plus

Nés à minuit tome 1

Quel est le sous titre du premier tome?

Frémissement
Souspçon
Attirance

17 questions
16 lecteurs ont répondu
Thème : Nés à Minuit, tome 1 : Attirances de C.C. HunterCréer un quiz sur ce livre