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EAN : 9782070375929
512 pages
Éditeur : Gallimard (07/06/1984)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 28 notes)
Résumé :
L'enfance et la jeunesse d'Adrien Zograffi se situent dans une misérable banlieue du port de Braïla, sur les bords du Danube. Adrien devient le protégé de Codine, le bon géant. Puis il se fait vagabond et, pendant huit ans, a Mikhaïl pour inséparable compagnon. A Alexandrie, Le pêcheur d'éponges lui raconte sa vie. Chacun de ces textes pourrait lui aussi s'appeler Mes départs. Avec ces quatre titres, qui composent La jeunesse d'Adrien Zograffi, Panaït Istrati, qui r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
viou1108
  12 mai 2020
"La jeunesse d'Adrien Zograffi" regroupe quatre livres : "Codine", "Mikhaïl", "Mes départs" et "Le pêcheur d'éponges". Adrien Zograffi est le double littéraire de Panaït Istrati, auteur roumain écrivant en français, né en 1884 à Braila, sur les rives du Danube.
Vivant dans un quartier pauvre avec sa mère, Adrien/Panaït a, dès l'enfance, un don pour se lier d'intense amitié avec des personnages extraordinaires qu'on dirait échappés d'un conte. Ainsi, Codine, ancien forçat et honorable terreur du quartier, le prend sous son aile alors que le gamin n'a que 7 ou 8 ans. Quelques années plus tard, il rencontre Mikhaïl, sorte de vagabond taciturne qui, sous son aspect misérable, est riche de grande sagesse, et avec qui Adrien parcourra pendant huit ans les pourtours de la Méditerranée. Mais avant de s'en aller courir les chemins, Adrien a quitté l'école très tôt, au désespoir de son instituteur, pour gagner de l'argent et ainsi soulager sa mère. Engagé dans une taverne où il subira mille humiliations, il se lie avec le capitaine Mavromati, qui lui offre le plus beau des cadeaux pour un jeune garçon assoiffé de connaissance : un dictionnaire. Plus tard, rêvant de découvrir la France, il embarque clandestinement sur un bateau pour Marseille, mais, démasqué à bord, il sera débarqué à Naples, où il vivra de presque rien, jusqu'à ne manger que de la salade chapardée dans un champ pendant une semaine, avant de réussir à monter sur un bateau qui l'emmènera vers d'autres aventures.
Ces quatre livres, qui ne sont pas toujours chronologiques et sont écrits, bizarrement, parfois à la 1ère personne, parfois à la 3ème, sont donc des tranches de jeunesse de l'auteur qui, entre petits boulots et voyages, entre débrouille et bourlingue, côtoie la misère, l'exploitation, le désespoir, le racisme, l'injustice. Tantôt récit picaresque haut en couleurs, tantôt réflexions plus intimistes sur les amitiés ardentes d'Adrien, ces quatre textes forment un roman d'apprentissage et d'aventures au style un peu désuet et lyrique. Entre grandes envolées et grands sentiments (notamment une exaltation de l'amitié masculine qui m'a parue excessive), "La jeunesse d'Adrien Zograffi" est une ode à la liberté, au sens de l'honneur et à la justice.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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Pancrace
  07 juillet 2018
Préambule : Ce livre contient quatre romans regroupés sous le titre :
« La jeunesse d'Adrien Zograffi ». Ce commentaire est issu du premier roman : « Codine »
Et voila, je me suis fait une nouvelle fois ensorceler par ce sorcier roumain, conteur et humaniste. Je vais être dithyrambique, dégoulinant de compliments.
Panaït enfile les phrases comme des perles nacrées de sentiments sur la corde sensible de la vie.
Non, bien trop sirupeux et bien lourd ça !
Il faut dire : avec Panaït les tournures glissent comme crème. C'est juste jeun's comme expression.
Codine : C'est le prénom d'un bagnard, d'un forçat au coeur gros « comme ça », laid comme un chimpanzé, poil compris, avec des valeurs humaines comme il n'y en a plus.
Dans ce monde de « laisser pour compte », l'amitié se mesure à la croix tracée sur le bras à la pointe du couteau où le sang gouttant vient abreuver l'ami à la vie à la mort, désigné.
Adrien : C'est un jeune garçon égaré mais ébloui par un nouvel univers où sa mère maintenant, est tenue de loger.
Leur rencontre mêlera deux castes sociales, enrichira l'un et l'autre pour notre plus grand plaisir.
« Dieu tout-puissant ! Hurla-t-il, ouvrant ses bras. Ça vaut encore la peine d'être un homme, même quand on a une gueule de singe, si on peut se faire aimer, à tel point, par un enfant. »
Ce gamin protège de ses débordements un énergumène que la vie a pollué.
« Je me dirigeais vers mon but, vivant des minutes éternelles. »
De son côté, Codine est le rempart puissant de la mère et l'enfant des dangers de ce monde agressif et cruel.
Que j'aime les phrases de Panaït avec de l'honneur dedans et de l'amour qui mouille les yeux.
A chaque ligne son lot d'étonnements, à chaque strophe son lot de catastrophes.
Maintenant, s'il vous plait, laissez-vous vous enivrer des pleins et des déliés de ce roman qui se savoure et se déguste comme du petit lait.
Les vrais « bons sentiments » sont tellement difficiles à exprimer qu'il faut savoir en profiter.
Défaire sa cuirasse, avancer l'âme nue que l'on pourrait voir les gènes de la bonté tatoués dessus.
La palette de ces élans est à présent compactée par : Respect cousin ! Autre temps, autre moeurs.
Ecrit en 1926, lu en 2018.
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PiertyM
  11 février 2014
Dans ce premier volume des aventures d'Adrien Zograffi, il est question de sa jeunesse. Une jeunesse remplit de rencontres mais vraiment pas ordinairement qu'on arrive à se demander pourquoi depuis son enfance Adrien bénéficie incroyablement de l'amitié et la confiance des hommes que la société pourrait traiter d'anormaux. Face à trop d'injustice, ces hommes se sont poser des gardes fous contre le genre humain. A défaut de devenir misanthropes, ils se méfient des hommes à tous les niveaux ou accomplissent des insensés une manière certaine de déprécier leur dépression.
Adrien rencontre son oncle Dimiqui le préfère à ses propres enfants. Ainsi tous ses actes mêmes les plus absurdes ou sont connus de son neveu. Quand ses crises de nerfs éclatent, à défaut de taper sur tout ce qui bouge, il tape sa femme. Codine est celui qui, ayant été victime de l'injustice depuis son enfance par ses parents, n'a fait que colleter des injustices sous diverses forme tout le long de son parcours. Alors il se révolte contre la race humaine. Il est le plus vilain, eh alors? Il est aussi le plus fort, ça compense. Il commence d'abord, prendre sa rechange, par taper sa mère chaque soir, petit, celle-ci lui rouait de coups quand il refusait d'aller voler. Codine n'hésite pas à tuer les amants de sa mairesse. Mais quand il rencontre Adrien et le petit s'engage à devenir son frère de croix, il a tant essayé de faire grâce à la race humaine, trop tard, la barre est trop haute, la gangrène a déjà tout nécrosé...
Un livre de jeunesse qui est bien remplit de sagesse et beaucoup d'interrogations que peut vraiment se poser un adolescent. Ce livre est presque une épreuve!
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
viou1108viou1108   25 avril 2020
- Mais comment est-il possible d'écrire des livres pour les hommes, sans aimer les hommes?
- Très bien: c'est pour gagner de l'argent et...
- Gagne-t-on de l'argent en écrivant des livres?
- Beaucoup, preuve barba Spiro; et puis, de la gloire.
- Quelle gloire? Il n'y a pas de gloire si l'on a le cœur sec.
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PiertyMPiertyM   11 février 2014
Le destin de l’homme n’est rien autre que sa propre personnalité, et il se manifeste dès sa sortie du berceau. On a beau prétendre que le milieu social influence et façonne l’être humain, il ne change rien. Qu’il soit né dans la pourpre et qu’il soit élevé par des Fénelon, celui qui est destiné à diriger une épicerie restera épicier, aura âme et intelligence d’épicier, même si son milieu social le hisse à la direction d’un royaume. Il a pu venir au monde sur un tas de fumier, vivre parmi les voyous et rester illettré toute sa vie, cet autre qui, dans le brasier mystérieux des conceptions, a reçu les trésors de la pensée et des hauts sentiments, il sera toujours un penseur et un foyer de haute existence.
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viou1108viou1108   26 avril 2020
Sache donc ceci: l'étranger est une ombre qui porte son pays sur le dos. Cela ne plaît pas aux patriotes et c'est pourquoi l'étranger est partout un homme de trop. Mais il y a pis. Il arrive que l'être dépaysé déplaise à ceux-là mêmes qui l'ont aimé et voilà ce qui est triste.
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PiertyMPiertyM   11 février 2014
Du bon génie, le milieu social ne fera jamais un mauvais génie ni une fripouille ; de l’homme-pantin, il pourra faire à volonté un marchand de vin ou un stupide avocat. Sur celui-ci l’influence du milieu exercera tous ses caprices ; sur l’autre, elle ne pourra absolument rien. Et ainsi, rien ne sera changé, ni dans un cas ni dans l’autre.
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PancracePancrace   06 juillet 2018
Il a la bonté dans les yeux, et je crois au langage du regard, l'homme peut tout feindre par la parole, rien par le regard.
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Videos de Panaït Istrati (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Panaït Istrati
Golo publie chez Actes Sud BD "Istrati ! tome 1, le Vagabond". Une biographie vivante de l'écrivain d'origine roumaine Panait Istrati. le livre est dans la sélection officielle du Festival international de la BD d'Angoulême. Il explique ici à Anne Douhaire comment il s'y est pris pour dessiner son personnage. Plus d'informations sur la BD : https://www.franceinter.fr/culture/bd-l-energie-balkanique-d-istrati-de-golo Plus de Leçons de dessin : https://www.youtube.com/playlist?list=PL43OynbWaTMLSUzMpmqwuKcJNbTeC5GhD
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