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EAN : 9782370210364
112 pages
Raconter la vie (02/04/2015)
3.6/5   34 notes
Résumé :
Cette enquête porte sur les esthéticiennes, dont le métier consiste à s'occuper du corps des autres, pour leur bien-être et leur agrément. Privilège de celles qui rendent belle ; abaissement de celles qu'on admet dans son intimité. On se confie, on s'accorde un moment à soi. Mais ces spécialistes du corps ne se contentent pas d'épiler ou de masser. Elles jouent aussi le rôle du psy, du coach, de l'infirmière, de l'assistante sociale, dans les instituts où elles trav... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Une courte enquête très intéressante, sur le métier d'esthéticienne en France.
Un métier souvent méprisé, alors qu'il est dans le care, dans le service, tourné vers les autres, leur bien-être, leur beauté.
Méprisé parce que souvent exercé par des femmes, pour embellir les femmes, et les questions de domination masculine ne sont pas loin. Pour ou contre l'épilation intégrale ? pour ou contre les cures minceur ? pour ou contre les traitements anti-âge ?
Méprisé parce que c'est un métier manuel, non médical (par exemple, les esthéticiennes ont le droit de vous traiter par lumière pulsée, mais seul le dermatologue a le droit en France de faire une épilation définitive par laser).
Méprisé parce que de nombreuses personnes croient à tort que c'est un métier de "petite main", dans lequel on est orientée, métier qu'on ne choisirait pas, ou par défaut. L'auteur démonte cette idée reçue comme bien d'autres. La plupart des esthéticiennes évoquent la passion de leur métier, la technicité, le savoir-faire, les études dans des écoles d'esthétique assez chères, parfois après d'autres études, le début dans la vie professionnelle dans un autre métier (proche ou non) et le choix volontaire de reconversion dans l'esthétique.
Un métier injustement méprisé donc, et que cette courte enquête nous permet de mieux cerner.
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Brève mais très intéressante enquête dans l'univers des instituts de beauté. L'historien spécialiste de la Shoah a interrogé une douzaine d'esthéticiennes de tous âges, de tous milieux social et géographique. Avec une empathie non dissimulée, il nous restitue l'envers du décor et nous dit le meilleur comme le pire de ce métier si peu considéré bien qu'il soit au service du bien être l'autre
Les contraintes commerciales, le difficile équilibre financier, les conditions de travail (rythme d'enfer, fatigue, clientes parfois pas nettes nettes ou carrément méprisantes, le cas des clients hommes) mais aussi le plaisir de faire plaisir, la socio-esthétique, le glissement vers le coaching et la confidence. Rien n'échappe au regard intelligent de Jablonka. Truffé de nombreuses données chiffrées et références, cet essai est un beau regard sur une profession méconnue par trop souvent méprisée.
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Cet ouvrage est à la fois un reportage, et une succession de témoignages qui le font presque ressembler à des biographies.
L'auteur (un homme!) rencontre des esthéticiennes de différents milieux, les interroge sur leurs conditions de travail et de vie, leur amour voire passion du métier, les contraintes qui y sont liées, etc... On y apprend des tonnes de choses sur les études possibles, les liens entre les professionnelles entre elles, les difficultés du métier, les charges,... Pourtant assez coutumière de ce genre de lieux, j'ai vraiment appris beaucoup de choses, avec notamment un passage sur la socio-esthétique extrêmement intéressant. La réappropriation du corps comme réellement soin de vie: quand le bien-être est un élément essentiel du soi.
Une lecture très intéressante qui peut faire évoluer notre regard sur ce bien beau métier. A conseiller même aux hommes!
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Qu'est-ce qu'être esthéticienne en France aujourd'hui ? Est-ce la même chose de travailler dans un institut de beauté en Île-de-France et d'exercer en tant qu'esthéticienne à domicile dans la région Rhône-Alpes ?

Ivan Jablonka, historien, mène dans le Corps des autres une enquête sociologique portant sur « celles dont le métier est de s'occuper du corps des autres, pour leur bien-être et pour leur agrément » (p.9). Il ne s'appuie pas sur sa propre expérience (ce qui ne l'empêche pas de faire preuve d'une réelle empathie), mais sur une série d'entretiens avec douze esthéticiennes aux âges et aux milieux d'exercices variés.

Le résultat est très intéressant. Il nous permet de découvrir les parcours de ces femmes à la profession trop souvent méprisée, comme Jocelyne, qui a exercé pendant vingt ans dans une ville chic à l'ouest de Paris. Il lève aussi le voile sur l'envers du décor des instituts de beauté : séances à la chaîne, chiffres de vente à réaliser, hygiène douteuse de certain(e)s client(e)s… Ivan Jablonka décrypte la communication, la tyrannie de la beauté qui a tendance à s'imposer dans la société actuelle (il faut lutter contre les rides, le gras, les poils..). Il n'oublie pas les aspects positifs de ce métier, comme le plaisir de voir repartir une cliente rayonnante après sa manucure. Les anecdotes qu'il cite sont très éclairantes.

Seul regret : le texte ne fait qu'une centaine de pages, annexes comprises, ce qui est très peu pour un sujet aussi vaste. le résultat est donc frustrant : on referme le livre avec un sentiment d'inachevé.

Une enquête sur les esthéticiennes intéressante mais un peu superficielle.
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Ivan Jablonka, historien, mène une enquête sociologique dans des instituts de beauté. Voilà qui a de quoi surprendre ! Ce "petit" livre mérite vraiment qu'on s'y intéresse.
En effet, "le corps des autres" recèle bon nombre d'informations précises, circonstanciées, mais bien mystérieuses, car très souvent tues. L'auteur porte un regard attentif et même attendri sur douze femmes de l'ombre- les cabines sont toujours des pièces aveugles- et dénonce les préjugés, dont elles pâtissent. Une profession, à 94% exercée par des femmes qui soignent l'apparence, tout cela n'est rien que superficiel !!!
Eh bien , détrompez-vous ! L'auteur évoque la pénibilité du travail, la précarité de l'emploi, les bas salaires, la socio-esthétique, l'esthétique ethnique...
Ivan Jablonka dresse ici un certain portrait de la France d'aujourd'hui "les instituts de beauté' écrit-il, " sont à notre société, ce que les bistrots étaient à la France des années1950."
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critiques presse (1)
Telerama
24 juin 2015
Un joli petit livre, sensible, curieux, précis et fort instructif.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Pourquoi va-t-on chez l’esthéticienne ?

Après tout, on peut tout faire toute seule : s’épiler, se maquiller, se mettre du vernis. Pour cela, il y a des rasoirs jetables, des appareils électriques, des crèmes, des produits de beauté. On peut aussi s’entraider, en demandant à sa mère ou à sa sœur de faire un henné, d’appliquer la cire au miel. Mais il y a encore une autre manière d’atteindre la beauté : aller chez l’esthéticienne.

L’esthéticienne est détentrice d’une compétence dont l’objet est la beauté et le bien-être. Elle entoure, conseille, rassure, valorise. Elle est la complice qui aide à être belle, plus belle. L’esthéticienne est celle qui prend soin de moi mieux que moi-même.
(p. 7)
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Le plaisir de faire plaisir. L’esthéticienne est payée pour prendre soin d’autrui, lui faire du bien. Ce savoir-donner, complètement de savoir-faire, est source de fierté. Donner du temps et de l’attention aux autres n’est pas si courant aujourd’hui.
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Quant au terme « d'esthéticien », il désigne plutôt un philosophe versé dans l’esthétique, la beauté et les arts. Esthéticienne, esthéticien : la femme épile, l’homme Pense. tristes partages de vocabulaire.
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L’intimité non sexuelle qui définit la relation esthétique va bien au delà Dubois service marchand. La prestation physico-corporelle est inséparable du contact, de la capacité d’écoute, de l’échange Humain.
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La femme qui gère un institut, la professionnelle de la beauté, s’appelle en anglais beautician, qu’on traduira par «  beauticienne », contraction imaginaire de « beauté » et de «magicienne ».
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Videos de Ivan Jablonka (53) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ivan Jablonka
Ivan Jablonka est historien et écrivain. Ou plutôt les deux en même temps. Car, et c'est la thèse qu'il défend dans son dernier ouvrage, il n'y a pas la fiction d'un côté, et la recherche savante de l'autre. Il existe un troisième continent : celui de la littérature du réel. Pour en parler, il est l'invité de Géraldine Mosna-Savoye et Nicolas Herbeaux.
Visuel de la vignette : Joel Saget / AFP
#histoire #litterature #écrivain _________
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