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ISBN : 2070300919
Éditeur : Gallimard (17/03/2005)

Note moyenne : 3.32/5 (sur 37 notes)
Résumé :

Univers, univers est un roman, mille romans. Il raconte une histoire, mille histoires. Il plonge dans les profondeurs du cerveau d'une femme qui fait cuire un gigot tout au long du récit, sans savoir s'il est destiné à sa famille dont elle ne se souvient plus, ou à des amis monstrueux, les Pierrot, qui organisent dans leur propriété des réceptions où l'on tire à balles réelles sur les invités. Devant ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
LouScavia
  23 juin 2011
« Nous sommes des univers passagers dans l'univers qui s'éternise » (Régis Jauffret). Oui, sans aucun doute… Et c'est ce qui résume le mieux ce livre de 609 pages qui, je l'avoue, m'a coupé le souffle et me laisse légèrement ahurie. Mais je ne sais pas encore si c'est d'admiration ou de lassitude ou de stupéfaction. Peut-être un peu des trois à la fois. Parce que… l'ouvrage est déroutant à plus d'un titre.
Il est impossible d'en synthétiser le contenu. Il faudrait pour cela, au minimum, évoquer les personnages principaux. Or, si ce livre foisonne de personnages et de situations, c'est à partir d'un seul individu -une femme qui surveille la cuisson d'un gigot en attendant son mari - que tout se joue. L'exercice titanesque auquel s'adonne Régis Jauffret consiste à imaginer, à partir de cet individu ordinaire, à l'existence quelconque, plongé dans une activité domestique anodine, la multitude des « possibles » : d'autres noms, d'autres origines, d'autres passés, d'autres attentes, d'autres destins…Les variations s'enchainent sans répit autour de ce personnage insignifiant, familier, et de son entourage. Je n'ai pas dénombré les univers « possibles » façonnés par Régis Jauffret…Mais croyez-moi sur parole, l'étendue et la variété des hypothèses sont impressionnantes.
Difficile alors de tracer les grandes lignes d'une histoire qui en réalité n'est ni unique, ni figée, mais démultipliée à l'infini. La seule constante étant l'incipit récurrent : une femme qui surveille la cuisson d'un gigot. Difficile aussi de disséquer clairement le mode de construction de ce livre (je n'ose pas dire roman, car il défie les standards passés et contemporains de la littérature). Il est –linéaire -… Oui, vous avez bien lu : 609 pages d'un récit linéaire rythmé par le flux et le reflux d'une situation de base. On en sort à bout de souffle, sens dessus-dessous comme après un passage dans une centrifugeuse ou le tambour d'une machine à laver à la fin du cycle essorage.
Lecteurs étourdis et/ou à la recherche d'un roman à survoler sur la plage et/ou pour s'occuper l'esprit dans les transports et/ou besoin d'un roman où l'auteur tire le lecteur sur des chemins balisés ... ? Attention : ici, il faut se débrouiller tout seul pour ne pas perdre le nord et surtout, s'accrocher du début à la fin. A quoi ? A la femme qui surveille la cuisson de son gigot, puisque c'est le seul point d'arrimage. Mais…rassurez-vous, on peut aussi se laisser emporter dans « la centrifugeuse de Jauffret » dont le regard tranchant, l'imagination totalement débridée, l'écriture d'une densité incontestable et d'une force peu commune restent on ne peut plus captivants… Univers, Univers, c'est aussi « le style Jauffret » : cynique, amer, acide, cruel, dérangeant. Novateur et hypnotisant.
Univers, Univers, n'est pas un livre comme les autres. C'est une révolution, un grand coup de pied dans les standards de la littérature, de l'écriture comme de la lecture. Un exercice de haute voltige. Une oeuvre plutôt qu'un simple roman. Pour en profiter, il faut faire des efforts : « l'oeuvre » se mérite…
Extrait (Epilogue)
« Elle a eu trop de noms pour qu'on s'en souvienne. A présent, le gigot est cru, l'agneau s'en sert encore pour gambader dans la campagne, grimper aux arbres, s'envoler de la plus haute branche avec la grâce d'un caillou, d'un caïman, d'un lecteur tombé tête la première dans un roman. Un roman décédé de mort subite. Les livres meurent debout. »

Lien : http://lascavia.com
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folivier
  23 mars 2018
Pourquoi 515 pages, dans l'édition Folio ? et pourquoi pas 1000, 5000, 100 ou deux pages, une nouvelle ou un roman fleuve qui ne s'arrêterait jamais. C'est ce que je me suis dit en arrivant à la fin de univers, univers. Avec un profond soulagement d'avoir réussi à aller au bout de cet exercice de littérature un peu roboratif.
Tout au long de ma lecture je m'interrogeais sur la manière dont je devais entrer dans ce texte. Lire par petite goulée, les chapitres étant très courts, les prendre comme de petites nouvelles, ou bien plonger en apnée et se laisser capter par ce manège incessant et virevoltant du défilement des univers, des personnalités, des brèves histoires, de ces flashs de vie que nous racontent Régis Jauffret. Je ne pense pas avoir trouver la bonne technique et j'ai oscillé en permanence entre ces deux approches en reposant le livre lorsque je constatais que je finissais par avoir le tournis faute de pouvoir s'accrocher à une personne, en finissant par coulée dans ces univers toujours instables, toujours fuyants
Mais finalement ce qui m'a le plus gêné dans ce texte c'est le bruit de fond, le fil conducteur de tout ces univers : la tristesse, le manque d'espoir. Tout finalement sombrant systématiquement dans le glauque, le sordide, la déchéance. Que de suicides dans ce texte, que de morts violentes, que de ruptures, de relations amoureuses déçues
La première phrase du texte résume et illustre parfaitement le roman :
"Vous vous souvenez de votre enfance. Votre mère aux cheveux filasse, au teint rouge, qui criait après vous toute la journée comme un paysan du Paraguay après sa bourrique. Et votre père écrasé devant le téléviseur, marmonnant des imbécilités contre les personnages qui barbotaient à l'intérieur"
Et la fin du roman, répond pour partie à mon interrogation :
"Un roman décède de mort subite
Les livres meurent debout"
Finalement, un long moment de lecture pas très agréable, mais intéressant pour l'exercice littéraire.
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luis1952
  30 septembre 2015
J'avais lu "Claustria" et "Asile de fous" du même auteur et j'étais très étonné de ce livre-ci.
Une femme, la quarantaine, s'appelant Alice, Chloé, Geneviève, Mirabelle ou un autre prénom. Elle est une Pierrot, Durand, Bruteran ou Carli et elle se prépare un gigot. Pendant la cuisson de celui-ci, elle est assise sur son divan, les orteils moites en éventail et se crée un univers, s'imaginant pour elle et son entourage des possibilités infinies.
Bonne lecture, bon roman, à lire tout de même. J'ai mis 4 étoiles pour l'originalité.
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vegalia
  01 avril 2011
Une femme s'invente plusieurs vies, plusieurs destins en attendant que son gigot cuise. Elle ne choisit pas des histoires faciles : ces femmes font face à de nombreuses difficultés : mariages malheureux, enfants qui meurent en bas âge, maris qui les trompent ou les battent. Elles sont fortes ou fragiles, bien portantes ou maladives mais la vie ne leur fait pas de cadeaux.
Pourquoi cette femme s'imagine-t-elle toutes ces vies ? On le sait à la fin du livre, c'est pour échapper à quelque chose d'inéluctable…
Jauffret, délicatement et brillamment, nous fait réfléchir sur la vie, l'amour, la mort, l'amitié, la solitude, la femme, le couple.
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olivier_mas
  25 septembre 2011
Bel exercice, déroutant et attirant au début. Mais on peut aussi se lasser car tout n'est pas génial durant 609 pages et je n'aime pas trop le style.
Exercice poussé jusqu'à l'absurde qui rebutera de nombreux lecteurs, ce dont il se moque.
Lire la très bonne critique de LouScavia avant de se lancer.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
luis1952luis1952   30 septembre 2015
Elle remue les orteils et les jambes pour prévenir l'ankylose. Elle pourrait se lever, faire quelques pas, elle préfère rester assise, aux aguets, surveillant l'univers comme un vigile scrupuleux, attentif au moindre va-et-vient, au moindre bruit suspect.
Elle aimerait qu'un avion prenne feu au-dessus d'elle et aille s'écraser sur l'immeuble d'en face qui lui cache le soleil couchant.
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luis1952luis1952   29 septembre 2015
Elle se lève du canapé, elle marche pieds nus sur le tapis. Elle n'a pas à en savoir beaucoup sur sa personne, elle s'est toujours laissé emporter par les circonstances. elle n'est pas de ces femmes qui éprouvent le besoin de s'affirmer à tout instant, elle se faufile, elle préfère que peu de gens l'aperçoivent et qu'ils ne lui accordent aucune importance.
Elle remet ses chaussures, elle va sur la terrasse.
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WyomingWyoming   19 novembre 2017
Nous sommes des univers passagers dans l'univers qui s'éternise.
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Videos de Régis Jauffret (45) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Régis Jauffret
Régis Jauffret aux Correspondances de Manosque 2016 Réalisation Ludovic Fortin/Timedia pour les Correspondances de Manosque
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