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ISBN : 9791030410129
Éditeur : Allia (03/01/2019)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 74 notes)
Résumé :
Truffée de dialogues truculents, l'écriture pleine de vivacité de ce roman plante à la perfection ses personnages. Nino, dix-neuf ans, raconte ses galères pour survivre sans argent à Paris. Amoureux de Lale, il voit son couple menacé par la pauvreté, contre laquelle il essaie coûte que coûte de lutter sans perdre sa volonté de vivre. C'est une vie de débrouille ponctuée de fêtes, celle d'une jeunesse qui cumule les petits boulots et les trafics en tout genre. Les ré... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
Sociolitte
  08 avril 2019
Nino Paradis a vingt ans, sans argent ni aucune perspective de vie, mais une furieuse envie de dépasser cet horizon bouché, quitte à se fracasser contre les parois de la nuit. Se perdre dans les ténèbres lui permettra-t-il de retrouver le chemin de la lumière ? de sa prose ardente, ce roman illumine le crépuscule d'un nouveau jour. Un roman incandescent.
Ça commence par un engagement militaire dans la Légion étrangère, « l'armée en pire ». C’est une volonté empreinte de désespoir qui l'a poussée à venir « gueuler en coeur » parmi « un concentré de galériens, prêts à crever canon en avant pour un smic ». Mais il n'aura pas le temps de marcher au rythme du Boudin : recalé, car complètement camé. « C'est le destin de ce monde que de rattraper ceux qui fuient trop vite ».
« Retour à la case merdier », car il faut bien continuer d'avancer. Et s'il ne peut plus verser son sang pour la France, il se contentera de donner son corps dans des petits boulots précaires et mal payés. Son père le croit étudiant, alors qu'il crève de manque d'argent. Et le peu qu'il gagne, autant le dépenser à s'oublier. Nino Paradis, son nom pourrait être un gag, pour l'instant il le justifiera dans des plaisirs artificiels : la weed pour voyager, des canettes pas chères avec des gros 8 dessus pour décoller, la coke, la kétamine et toutes les lettres de l'alphabet sur des comprimés pour s'envoler. Fuir, oublier « la brume dégueulasse dans laquelle s'enfonce l'avenir », quitte à « sombrer dans un monde où tout est possible et qui fera demain encore un réveil triste ».
La nuit l'emporte, elle l'envahit. Défoncé des cinq sens, ses tympans pressurés par des musiques assourdissantes, à force de trop tirer sur le joint, « la queue du diable », il n'aura pas de second tour gratuit pour le paradis et risquerait bien de se faire appeler Nino Enfer.
Du fond de la nuit, brille encore une lumière.
Les souvenirs de sa peau l’aident à tenir. Elle s’appelle Lale. Elle revient dans sa vie comme un messie. Ensemble, ils pourront retrouver le chemin du jour et « baiser la nuit ». À corps unis, l’espoir surgit. C’est pour elle qu’il volera, pour elle qu’il vivra. Lale est son phare, son seul espoir.
« Je cherche le bout du départ pour nous dérouler la grande vie, te tailler des tangas dans le tapis rouge et plus jamais suer à courir après ce qu'il faut pour passer d'un jour à l'autre. Je sais pas comment faire, alors je sors guetter, brancher la vigilance dans la rue pour voir si des fois de l'or sortirait pas de ses trous. »
C’est une déclaration d’amour avec les mots qui lui restent. De leur prose étincelante, Capucine et Simon Johannin feraient lever le soleil dans la nuit la plus noire. Après L’Été des charognes de ce même Simon, on suit avec plaisir et émotion le destin de Nino l’écorché. Tour à tour poétique ou brute, sa langue fait briller en nous tous les espoirs assombris.
Nino dans la nuit, Nino dans le jour, Nino pour la vie. Une étoile polaire d’une vivacité et d’une vitalité éblouissante !
Retrouvez ma chronique sur Fnac.com/Le conseil des libraires :
Lien : https://www.fnac.com/Nino-da..
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hcdahlem
  04 février 2019
Capucine et Simon Johannin figurent parmi les révélations de cette rentrée 2019. Ensemble, ils ont écrit ce roman qui nous entraîne sur les pas d'un couple de jeunes vivant à la marge, essayant de sortir des galères qui font leur quotidien.
L'histoire de Nino est à ranger parmi les révélations de cette rentrée littéraire de 2019, à la fois par l'originalité de la langue et par sa conception, écrit en duo par Capucine et Simon Johannin Tous deux ayant déjà fait leurs armes en littérature auparavant. Mais avant de parler de ce jeune duo prometteur, revenons au scénario de ce roman qui commence très fort.
Nous sommes dans un centre de recrutement de la légion. Nino vient tenter l'aventure, même s'il n'a pas précisément le profil du candidat idéal. On apprendra plus tard qu'il s'agit pour lui de fuir une nouvelle galère, après avoir refait le portrait d'un homme qui entendait profiter de l'état semi-comateux d'une jeune fille pour la violer. Mais malgré sa docilité et son souci de ne pas se faire spécialement remarquer, il va finir par se trouver à nouveau dans la rue et dans la dèche.
« je fais le tour de l'appartement pour voir s'il reste des trucs que je pourrais vendre. J'ai les outils trouvés avant de partir au fort de la Légion, une perceuse, une disqueuse et des tournevis. Je vais garder les tournevis et je vais vendre le reste, ça fera quelques billets. Mais je vais pas tenir longtemps avec ce genre de magouille. Il faut que je trouve un travail, un truc valable avec un salaire, des heures, quelque chose de normal.»
De galère en galère, on le retrouve parmi ces anonymes à la quête d'un moyen de subsistance et qui se font exploiter pour dix euros de l'heure à la condition qu'ils ferment leur gueule: «Je transite sans encombre dans la masse de tous ceux qui sont debout avant l'heure de leur corps, et ça se lit sur les visages. J'ai autour de moi la preuve que le meilleur moyen d'attraper une sale gueule c'est de se lever tous les jours trop tôt pour aller bosser. Ça craint. Plus personne se tient droit…»
Son coin de ciel bleu s'appelle Lale. Arrivée de Turquie chez son oncle en France, à l'instigation de sa mère, la jeune fille a pris la fuite après avoir été battue par ce dernier et trouver refuge chez Nino. Deux solitudes, deux «misérables» qui essaient tant bien que mal de conjurer le sort.
«Je sais que tu m'aimes. Ce que je sais pas c'est vers quoi on va tous les deux. Comment ça va se passer, avec quoi on va vivre. Toi non plus t'en sais rien, mais pour l'instant c'est la nuit, alors on le fait. Parce que ça fait longtemps, parce que baiser nous permet de pas trop penser au reste, parce qu'ici on est que nous la peau dans la peau.»
Entre petits arrangements et gros ennuis, entre trafics illicites et alcools forts, ils tentent de sortir la tête de l'eau. Ou de s'enfoncer dans les paradis artificiels. Des barres de shit, on passe à la poudre, du joyeux délire à la nuit la plus noire. Au pays de la défonce, il n'y a guère de lendemains qui chantent.
«Je tremble comme un putain de camé et tout en moi me dit plus jamais ça mais je sais déjà que c'est pas vrai, qu'un jour ou l'autre je vais me jeter sur le délicieux croche-patte qui me fera retomber au pays des gogoles.»
Cependant les auteurs ouvrent la porte vers une solution. Nino est invité à participer à un casting, à gagner en un jour davantage que durant toute une année… «C'est fini de patauger dans la boue pour lever les perdrix, quelqu'un a un jour vu que ma tête à moi qui sort d'un costume chic pouvait servir à vendre sur toute la planète ledit costume. Je suis passé de la chasse dans la brume au concours de belles bêtes, et putain c'est tant mieux.» Mais on le sait, une hirondelle ne fait pas le printemps.
Nés en 1991 et 1993, Capucine et Simon Johannin ont trouvé la langue qui sied à leur personnages. Ils rendent à merveille les ambiances et le vécu de cette jeunesse qui reste à la marge malgré des efforts monstrueux, de cette vie qui joue les montagnes russes. Beau dans la violence, saisissant dans la souffrance, étouffant dans la noirceur.

Lien : https://collectiondelivres.w..
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nath45
  05 février 2019
Un roman très contemporain d'une jeunesse vivant en marge, l'engrenage des petits boulots précaires, mal payés, parfois non déclarés, et pour oublier un peu, les soirées de fête, l'alcool, les amis , l'herbe, les pilules diverses. Pas la vie rêvée, et pourtant c'est celle de Nino 19 ans et de sa copine Lale.
Un roman coup de poing, un uppercut !!! Tout semble presque inimaginable et pourtant c'est leur vie, le désenchantement y règne mais aussi l'amour, on aimerait croire que cette vie soit uniquement une fiction mais hélas !!!
Je reconnais que le langage est adapté aux personnages mais pas au mien mais il faut savoir s'adapter pour y goûter une certaine saveur car l'histoire est intéressante, c'est une critique de notre société d'une grande vitalité.
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HarletteBab
  17 janvier 2019
Claque littéraire, uppercut émotionnel.
On suit le quotidien de misère de deux jeunes amoureux fous enchaînant les boulots de merde. On danse avec Nino défoncé sous les stroboscopes, les yeux en mydriase. On rit avec son pote gay Malik, fêtard et généreux. On s'inquiète pour Lale quand elle est triste et on dort dans la chaleur de ses bras. On vit d'amour et de shit, pour maintenir quelques heures l'illusion du bonheur. On espère que le monde de demain sera moins pourri que celui d'aujourd'hui.
Critique sociale mais surtout hymne à l'amour fou, Nino dans la nuit est porté par une écriture flamboyante et poétique. A maintes reprises au cours de ma lecture, je me suis arrêtée pour relire la dernière phrase lue, la faire éclater dans ma tête, et en apprécier toute la force et la beauté.
J'ai quitté Nino le coeur serré mais les yeux grands ouverts dans la nuit.
2019 commence fort, je cours chez mon libraire me procurer L'été des charognes.
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emilie31
  15 septembre 2019
Voici une lecture dont on ne sort pas indemne, une lecture qui dérange, qui bouscule et qui renverse les codes littéraires.
En proposant lors de sa deuxième sélection du prix des lecteurs Privat le roman à quatre mains de Capucine et Simon Johannin, les libraires de Privat ont bousculé mon confort de lecture.
Voici la présentation de l'éditeur – Allia
Nino, 19 ans, raconte son quotidien de jeune sans le sou à Paris, entre petits boulots, trafics en tout genre et fêtes. Amoureux de Lale, il voit son couple menacé par la pauvreté, contre laquelle il lutte avec obstination.
L'histoire semble simple et commune et toute la force de ce couple d'auteurs c'est de transformer la banalité sociale en une oeuvre littéraire. D'aucuns diront que le langage est celui de la rue, vulgaire, que cette jeunesse n'est qu'un miroir décevant de notre société. Moi, j'y ai vu un héritier des plus grands noms de la littérature. Chez ces auteurs, il y a du Louis Ferdinand Céline pour cette écriture orale, brutale, qui percute l'oreille du lecteur mais on y retrouve aussi du Baudelaire. En sortant de ma relecture des Fleurs du Mal, j'ai trouvé dans la plume de Capucine et Simon Johannin cette écriture qui transforme le banal, la jeunesse ordinaire, la pauvreté, la saleté, le commun et le décevant en poésie, en or.
Ce roman fait parfois sourire – les scènes à la Légion Etrangère sont d'anthologie – mais il prend surtout aux tripes, il interroge, il est social tout en étant poétique, il est fort. Il est auditif, visuel, sensoriel, il est total !
En résumé : une oeuvre nécessaire pour le tableau social et indispensable pour sa force poétique et littéraire !
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critiques presse (3)
LeMonde   01 avril 2019
Un roman parfaitement picaresque, entre dèche, drogues et « after » infinie.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaCroix   15 février 2019
Le portrait vif et incandescent d’une jeune génération qui cherche élévation, poésie, amour et beauté malgré la précarité et le gris quotidiens.

Lire la critique sur le site : LaCroix
Lexpress   14 janvier 2019
On en sort comme d'un lendemain de fête, "la tête bouilloire qui siffle et du ciment plein les plaies."
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
SociolitteSociolitte   04 avril 2019
On avance tous dans la même direction et je le vois qui m'arrive dessus, le mur des douaniers gantés. Ils sont nombreux, tous sur le côté gauche et je me dis merde, je vais y passer c'est clair, j'ai l'air d'être le neveu louche des vioques en costume qui sortent du train en même temps que moi.
Et puis je repense aux Noirs dans le wagon, j'en cherche un des yeux. J'en vois deux, la trentaine, plutôt classe la montre au poignet, la barbe et les cheveux taillés de frais, alors je m'arrête pour fouiller le vide de mes poches le temps qu'ils me dépassent.
Je leur colle ensuite au cul jusqu'au mur des emmerdes et bingo, le bras de la République se tend carte en main sur leur chemin, et c'est parti pour une fouille complète des bagages pendant que moi blanc comme mon cul, je passe de la drogue, de l'argent de la drogue et des bijoux volés, les jambes d'un coup plombées par les shoots de tension.
Un mec m'accoste tracts en main à l'entrée du métro et en glisse un dans la mienne.
– Jesus peut vous sauver, il le peut vraiment !
– C'est sympa ça.
– Il peut vous sauver ! Jésus vous aime !
J'avance et une fois le papier jeté j'accélère pour changer ce qu'il faut changer comme ligne, marcher ce qu'il faut marcher comme pas, monter ce qu'il faut monter comme marches pour sentir enfin tes cheveux à toi inonder mon visage.

Pages 200-201, Allia, 2019.
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SociolitteSociolitte   03 avril 2019
Ils sont gentils et me proposent de sortir de l'autoroute pour me déposer mais c'est pas la peine, ça me va bien de reprendre un peu la pluie, alors restez cool et merci salut. Je fais un tour dans la boutique et prends une autre bouteille de Cristaline. J'ai pas soif, mais c'est ce qui y a de moins cher pour avoir le droit de voler ce que je veux. Vu les prix des merdes en rayon je vole des voleurs, et voler des voleurs c'est pas vraiment voler.
Je me fais sourire tout seul à penser comme ça, le dos rempli d'un paquet de barres de céréales et d'un sandwich suédois. A essayer de trouver un peu de morale dans ce que je fais alors que je trimballe avec moi de quoi rouler des torpilles pour toute une armée, en allant chercher dans un autre pays un paquet de bijoux volés par un type qui entre chez les gens par les fenêtres.
J'aurais bien vendu mon sang mais ici on peut que le donner, alors je le garde sauf quand j'ai la dalle parce qu'ils donnent à manger après.
Je fais comme les fils de bandits qui chantent maintenant la voix posée dans le grave des écouteurs que j'ai tirés avec le reste, j'accorde une danse à la rue et je retourne faire les signes qu'on fait sur la route quand on veut que quelqu'un qu'on connaît pas nous emmène.

Pages 171-172, Allia, 2019.
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SociolitteSociolitte   01 avril 2019
Je me roule une clope de miettes après le joint de la misère, puis je descends dans le fond de soleil pour faire lentement le tour de la ville.
Ça brasse du Slave et du Guinéen, les premiers debout le long des murs à fumer de la clope de contrebande et les autres à éviter le stationnement. On a l'air moins louche quand on marche, et marcher y a que ça à foutre quand on a les pieds pris dans le drap tordu de l'exil.
J'apprécie l'absence de police, et sur la place la chaise en plastique où le guetteur guette a pas bougé. Il indique où aller à ceux qui veulent donner un billet froissé contre un morceau de résine. Islamo-turfiste et islamo-gaushit, c'est ça le monde de ma ville qui fait tant friser les vieilles des campagnes. Pas plus d'embrouilles, pas plus de trucs à faire, pas plus de meufs emmerdées. Juste un peu plus de kebabs aux noms pas très fleuris et à la viande aussi fraîche que les fleurs de leurs noms.
Je file vers le Lavomatic où j'entre vite fait des fois qu'une pièce traînerait dans le bac à monnaie du distributeur de lessive. Le fou tient les murs, comme à peu près toutes les semaines, il est là dans son caleçon avec ses rangers pourries aux pieds, à attendre au chaud près des sèche-linges que sa lessive se termine.
Pas de pièce, je m'en doutais un peu mais faut bien s'occuper quand on a rien à foutre et la tête trop loin dans le cul du temps pour se concentrer et réfléchir.

Pages 144-145, Allia, 2019.
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SociolitteSociolitte   22 mars 2019
Aujourd'hui je viens de rentrer, et c'est retour à la case merdier.
Le trou dans le plancher est toujours là, et sous le parquet je vois le plafond des autres. Ma tête se pose sur le montant de la fenêtre, j'ai le corps vide de toute envie, j'ai que le souvenir de ta peau sur mon front, de tes doigts qui me couvrent les yeux.
Je regarde en bas le monde qui marche, qui tire les cabas, qui pousse les poussettes, qui tourne les roues.
Je vois le peu d'argent qui brille au fond des poches, l'amour dans les cages de chacun qui trace rouge dans les veines du cou. Les tissus tannés sur les peaux à qui on a volé le soleil et les regards envoûtés de fatigue, de désirs secrets. J'observe le monde par la fenêtre, je t'aime par la fenêtre et partout je vois tomber du ciel, sur moi et tout le quartier, des grosses gouttes de lassitude. J'allume une fraise éteinte et laissée là dans le cendrier depuis que je suis parti, ça fait cramer en moi un peu d'émotion quand la fumée me passe par le cœur. Je m'emmerde. Je m'emmerde de toi mon amour, sans toi c'est la tranchée. Je fais le tour de l'appartement puis je retourne à la fenêtre.

Pages 44-45, Allia, 2019.
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SociolitteSociolitte   28 mars 2019
Il y a aussi deux ou trois jeunes dans la boîte, des jeunes un peu moins jeunes que moi. On se ressemble pas. Ils ont pas l'air en forme non plus. Trop de cul posé, de docilité intégrée depuis la première école. Sur les rails de la vie ils roulent le chemin tracé, et laissent poliment les flaques de paternalisme des bides en surplomb leur mouiller les oreilles de ce qu'il faudrait savoir du monde. Et tout ça tombe de bouches pleines du lard rance des années passées à attendre d'être assez vieux pour justifier leur dégaine de gros sac et se dire que ça y est, à leur âge on va la fermer en face d'eux et les écouter parler, parce que c'est comme ça qu'ici tout fonctionne. Trente ans de carrière pour parader devant un résidu de jeunesse, des puits de science creusés dans l'eau, rien sous la couche, juste le vent qui fait siffler les bords du trou et clapoter mes oreilles.

Pages 89-90, Allia, 2019.
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Videos de Simon Johannin (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Simon Johannin
Le 4.06.2019, Capucine et Simon Johannin étaient interviewés par Eva Bettan à l'occasion de leur sélection sur la liste du prix du livre Inter 2019.
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