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ISBN : 1030405840
Éditeur : Allia (05/01/2017)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 96 notes)
Résumé :
Ici c'est La Fourrière, un "village de nulle part" et c'est un enfant qui raconte : massacrer le chien de "la grosse conne de voisine", tuer le cochon avec les hommes du village, s'amuser au "jeu de l'arabe", rendre les coups et éviter ceux des parents.
Ici on vit retiré, un peu hors-la-loi, pas loin de la misère aussi. Dans cette Guerre des boutons chez les rednecks, les bêtes sont partout, les enfants conduisent leurs parents ivres morts dans des voitures d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  18 mai 2017
La Fourrière. C'est ici que je vis. Un hameau au bout d'une route qui finit en patte d'oie. Au moins ici, on est tranquille. C'est pour ça que le père s'est installé ici. Juste trois maisons : la mienne, celle de mon ami, Jonas, et de la grosse conne. Celle-là même qui a écrasé mon chat. du coup, pour se venger avec Jonas, on lui a buté son chien. À coups de pierre jusqu'à ce qu'il crève. de toute façon, des chiens, il y en a au moins une douzaine au hameau. Agressifs, en plus. Une vraie meute qui gueule sans arrêt. Une fois à la maison, il y avait mon père dans le jardin, en train de cuire des côtes de porc. le barbecue, l'été, c'est tous les jours. Pour éviter qu'il y ait trop de mouches dans la maison. L'été ne faisait que commencer et on allait bientôt plus pouvoir se baigner dans le ruisseau à cause des brebis que les chiens du hameau, rien qu'en gueulant, avaient tuées...
À l'instar de la couverture, Simon Johannin nous livre un roman profondément sombre, cruel et fangeux. À La Fourrière, le pays de nulle part, les gamins, livrés à eux-mêmes, collectionnent les os trouvés au cimetière, jouent au jeu de l'Arabe, squattent chez la seule voisine qui a la télé, tuent les agneaux, martyrisent les animaux ou ramènent leurs parents bourrés pour conduire. L'on est plongé dans une atmosphère glauque, violente, brumeuse et misérable. L'on a les pieds dans les merdes de chien ou la boue. L'on pourrait presque sentir ces odeurs de charognes bourdonnantes ou ces fumées noires des usines de croquettes pour chiens. Ce roman est divisé en deux parties bien distinctes : la première narre avec âpreté et rudesse l'enfance du narrateur au milieu des charognes ; la seconde évoque l'adolescence. L'écriture est à la fois poétique, dure et râpeuse. Un premier roman saisissant, sauvage et brut.
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kateginger63
  12 novembre 2018
Le Nature writing français bien trash
*
Un roman noir violent et cru.
Voilà les 2 adjectifs qui me viennent immédiatement à l'esprit à l'évocation de cette lecture.
Ce livre, de format court, n'est pas à mettre entre toutes les mains. Je le conseillerais plutôt à des lecteurs aguerris aux scènes dérangeantes. Ce n'est pas un polar , pas de crime à l'horizon, pas (trop) de sang mais alors de la chair il y en a à profusion!
Même moi qui ai l'habitude de "trifouiller" dans les viscères, de ramasser le vomi et autres liquides organiques (infirmière en digestif, ça ne s'explique pas:), j'ai eu besoin de quelques moments d'accommodation à ces phrases trop/très suggestives.
Le style est poétique (malgré le sujet), tout en finesse et sensibilité. L'auteur ne mâche pas ses mots. Il les expose sur le papier sans filtres, sans ornements.
Attention aussi aux lecteurs sensibles à la cause des animaux car dès la première page, vous appellerez la SPA ! Ici , les charognes sont reines, cela déborde de partout. Et pourtant, il y a du respect envers ceux-ci (c'est subtil).
Et les enfants? Elevés comme des animaux domestiques, toujours en quête de jeux sauvages, nourris à la viande, fessés au moindre regard de travers.
La première partie évoque surtout les premières années du jeune garçon. Ses parties de jeux avec ses voisins (ils collectionnent tous types d'ossements même humains !), la débrouille dans cette cambrousse remplie de crasse mais aussi élevé à l'amour "je t'aime moi non plus" de ses parents. Puis l'adolescence à la ville où tout se délite.
*
Un récit que j'ai dévoré presque comme le gamin qui mastique et engloutit son bout de méchoui. Oui, c'est une pépite qui fracasse sec. Du lourd qui t'en met plein les mirettes et te donne la nausée. Les bêtes, la crasse, l'alcool mais aussi l'amour. C'est brutal et beau à la fois.
Puissant et évocateur (je l'ai déjà souligné mais j'insiste!)
Et puis l'édition Allia l'a proposé dans un bel écrin noir. What else?
Un auteur à suivre donc....
* Lu dans le cadre du challenge #theblacknovember
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ValerieLacaille
  24 janvier 2019
Simon Johannin signe un premier roman extrêmement noir, à l'image de la couverture. L'éditeur, Allia, a d'ailleurs vraiment bien choisi celle-ci : un squelette de chien se dessine finement mais partiellement en bas de la page. Et des squelettes, il y en a dans cette histoire. Pas de meurtre ni d'assassinat, non. On est ici dans la campagne profonde sud tarnaise ; dans un lieu si bien imaginé « La Fourrière », entre Mazamet et Labastide Rouairoux, et les ossements dont il est question sont ceux des animaux, traités sans ménagement par les paysans qui y vivent. C'est que la vie est rude dans cette vallée du Thoré que je parcours chaque jour pour aller travailler : le soleil ne passe que trop peu entre la Montagne Noire et les Monts de Lacaune, et de ce fait, il y règne une humidité palpable. le vent d'Autan qui y souffle est appelé « le vent des fous ». Et la folie, elle semble bien souvent se présenter au milieu de ces hommes rudes qui vivent à l'ancienne, élèvent des agneaux et cultivent des légumes entre deux plans d'herbe, et boivent des quantités phénoménales d'alcool pour oublier la noirceur de leur quotidien. Il en faut de l'abnégation pour tuer des animaux avec sang-froid, surtout quand on n'y arrive pas du premier coup. le narrateur, que l'on devine double de l'auteur, a intégré ces méthodes et le roman s'ouvre par une scène terrible où avec son copain Jonas, ils massacrent un chien à coups de pierre.
La partie, largement autobiographique je suppose, concernant l'enfance de l'auteur est un mélange de rudesse et de sensibilité. On devine que s'il décrit ces scènes de beuverie et de cruauté, c'est qu'elles ont profondément marqué cet enfant des champs. La plume est alerte, souvent poétique, parfois grossière, et toujours trempée dans le sang.
A partir de la page 107, on entre dans l'itinéraire d'un jeune adulte confronté à un autre raisonnement, plutôt urbain, Et l'écriture devient plus abstraite, à l'image de ce jeune homme qui boit et se défonce pour survivre dans cette jungle finalement peut être plus sauvage que celle de la Montagne Noire. J'avoue avoir moins aimé cette partie-là, moins « authentique » que les premières pages.
Ceci dit, c'est incontestablement un talent à suivre !
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lucia-lilas
  27 juin 2017
Il n'y a aucun doute, L'été des charognes porte bien son titre ! Bon, vous ne vous apprêtez pas à passer à table ? Non ? Très bien, alors, on y va.
Allez, je dirais, dans les cinquante premières pages, vous passez… de la lapidation d'un chien à la dégustation du fromage aux asticots (gentil hein, mais attendez un peu pour voir), à la description des cadavres de quarante-six brebis qui pourrissent au soleil et dans lesquelles les gamins jouent à se pousser (eh oui, l'équarrisseur ne peut venir avant deux semaines…), un extrait pour voir ? Allez, courage : « … il y en a un en trébuchant qui est tombé sur les brebis mortes. Les bras en avant sur le tas gluant, il a fallu qu'on le tire par le col de sa chemise pour le sortir de là tellement les corps s'étaient mélangés en un amas de pourriture grasse, où il pouvait pas s'appuyer pour sortir et s'enfonçait un peu plus à chaque essai. Nous on hurlait de rire tellement c'était drôle qu'il soit recouvert de cette chose pire que de la merde, et puis quand il s'est approché les moins accrochés ont vomi. Il en avait partout presque jusque dans la bouche, plein ses bouclettes blondes du jus marron dégueulasse et des asticots collés sur les mains, même pour la pêche, on les aurait pas pris ceux-là. »
Ça va ? Vous êtes toujours là ?
Continuons !
Ensuite, on assiste à l'enterrement de Didi une femme chez qui les gamins allaient regarder la TV. Elle a laissé un cochon, qu'il faut manger et donc qu'il faut tuer… scène suivante, je vous le donne en mille : la mort du cochon (je vous en fais grâce), puis, c'est le tour des agneaux qu'il faut tuer… on passe au labo, une petite pièce de la bergerie…
Et là, on arrive à la page 50 et soudain, le rythme un peu éprouvant se calme, on souffle, je dirais presque, on respire…
L'été des charognes est un récit d'enfance puis d'adolescence : dans une campagne loin de tout, des gens très pauvres vivent plus ou moins coupés du monde. Ils élèvent des bêtes, les mangent, en vendent quelques-unes : « J'ai grandi à La Fourrière, c'est le nom du bout de goudron qui finit en patte d'oie pleine de boue dans la forêt et meurt un peu plus loin après les premiers arbres. La Fourrière, c'est nulle part. le père, il s'est mis là parce qu'il dit qu'au moins, à part ceux qui ont quelque chose à faire ici personne ne l'emmerde en passant sous ses fenêtres. Il y a trois maisons, la mienne, celle de Jonas et sa famille et celle de la grosse conne qui a écrasé mon chat, celle à qui il était le chien qu'on a défoncé avec les pierres et qui vient que de temps en temps pour faire ses patates et pour faire chier. »
Les gamins s'amusent comme ils peuvent, c'est la misère : on boit, on se bagarre, les mômes ramènent les parents en voiture les soirs de beuverie, puis, un jour, ils quittent le pays pour aller voir ailleurs si ce n'est pas mieux.
Finalement, ils traînent partout où ils vont la mouise de leur enfance, ne trouvent pas de travail, se droguent, se battent, errent sans but et se perdent ...
J'ai aimé ce texte, la cruauté qu'il met en scène, la violence qu'il nous lance à la figure, la brutalité qui nous assomme à chaque phrase, chaque mot.
L'écriture est puissante, crue, âpre, poétique aussi. C'est sombre à souhait, terrible, désespéré et beau à la fois. Il y a du Céline et du del Amo de Règne animal dans L'été des charognes.
Cependant, j'ai trouvé que les premières pages « en faisaient trop » : on passe sur un rythme effréné d'une scène insoutenable à l'autre et l'on entend l'auteur nous dire : attention, en voilà une autre, tenez-vous bien, encore une « grande scène » ! C'est un peu forcé, démonstratif donc artificiel et, il faut bien le dire, on sature très vite.
Attention, ces scènes, en elles-mêmes, sont fortes, puissantes : pas de doute, on y est, on les voit, on les sent (!), mais le problème, encore une fois, c'est le rythme. Trop serré. La narration perd de sa crédibilité, on décroche un peu. On a presque l'impression de lire des « morceaux choisis », une espèce d'anthologie de la cruauté. J'aurais préféré connaître davantage les personnages, leurs rapports entre eux, leur quotidien ... sans forcément qu'il y ait de l'hémoglobine.
La seconde partie qui évoque l'adolescence du narrateur à travers son errance urbaine dans les brumes de l'alcool et de la drogue est plus posée. On reprend son souffle, même si l'on reste dans un univers glauque et halluciné. L'écriture se fait plus poétique, les phrases s'allongent. Deux livres en un donc.
Simon Johannin, jeune auteur de 23 ans, promet.
Je retiens son nom et lirai à coup sûr son prochain roman.
Car il a du talent, c'est certain !
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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Floyd2408
  25 février 2017
En recherche perpétuel de nouvelle lecture, je me laisse flâner dans les étals des libraires comme une âme en peine en quête d'un ovni littéraire, un joyau pure portant mon esprit au délice des anges.
Une ombre à l'éclat d'or scintille dans le tumulte des couvertures, ma main s'aventure vers cette masse légère au titre noir L'été des charognes de Simon Johannin, la quatrième de couverture ondule l'inconnue…
Merde, dans toute chose il y a une part pour les anges.
Cette déchirure ouvre les portes de ma curiosité avec une salinité dévorante, dès les premières lignes mon démon s'alimente de cette enfance rurale perdue dans l'atmosphère étrange d'un monde imaginaire où la réalité est celle des autres, la mienne en parenthèse de cette sauvagerie.
Premier roman, Simon Johannin aspire à lui le lecteur dans sa spirale infernale et transcendante. L'animalité rugueuse de cette vie isolée dans une campagne rude, froide, prisonnière de ses rites entraine ses enfants dans une routine bestiale.
L'écriture sanguine à la première personne, s'écoule dans l'âpreté terrible de cette vie dans la ferme, cet adolescent aux mots familier narre sa vie dans la blessure de l'enfance. Chaque scène cimente la dureté de cette enfance, la terre, le climat, les animaux et ses êtres humains, autochtones, de passages, d'amis, de la famille sont le théâtre de cette destinée rustique.
Le roman se compose de deux parties différentes l'une plus grande occupe plus de 105 pages, dressant le tableau de deux garçons inapprivoisés, deux campagnards élevés à la rudesse. La deuxième est plutôt une introspection dans cette dérive, happée par les démons des paradis artificiels, le jeune adolescent glisse dans la folie, tinte en moi le loup des steppes de Hermann Hesse.
Les premières lignes de Simon Johannin versent dans le sang, la bestialité de ses enfants lapidant un chien, cruelle destiné, dents pour dents oeil pour oeil, dicton oeuvrant l'existence de ces deux garçons. Puis la mort animal est un décor quotidien de ces jeunes, les chiens, les chats, les moutons, les poules et les autres, se côtoie aussi le corps à corps des êtres dans une sauvagerie animale, l'alcool coule à tout moment, les fêtes sont des orgies d'ivresse, une vie d'arme blanche et d'alcool, la bagarre est un rituel pour devenir un homme.
Simon Johannin perle les mots dans un langage familier et rustique comme un écho à Céline. Ce premier chapitre est un préambule à cette chute.
Le deuxième chapitre semble être une lente agonie, un écho animal, la bête tuée vient prendre position de l'âme de cet adolescent sous l'emprise des drogues. Une dérive lente comme un diagnostic, Baudelaire dans Les paradis artificiels aime décrire les sensations sous l'emprise de ces drogues comme peut le faire Simon Johannin. Une poésie acide articule cette deuxième partie du roman comme un chant lointain où vrillent les mots comme des larsens, une mélodie hypnotique dans l'enfer intérieur de notre héros.
L'écho troublant de ce chien, cette bête, spectre ancien venant hanter les émotions troubles de ce garçon embrasé par les substances illicites, ce chien lapidé au début du roman devient comme un piège du passé, une revanche purifié par la bénédicité des animaux.
Cette chronique sans colorant, brute et bestiale sans machiavélisme explose les papilles. Une histoire virtuelle aucunement autobiographique salive encore mon appétit.
Un vrai roman explosif.
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critiques presse (2)
Actualitte   20 juin 2017
Si le thème n’est pas loin de ceux de Marie-Hélène Lafon, c’est avec la prose du Richard Millet de la Gloire des Pythres, ou celle du Règne animal de Del Amo que L’Été des charognes a le plus de proximité.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Actualitte   20 mars 2017
Ce premier roman d'un jeune homme talentueux (né en 1993), Simon Johannin, est âpre et violent, douloureux mais singulièrement beau et bouleversant à bien des égards.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (61) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   20 mai 2017
[Repas de famille]
On se contient tant que ça dure. On bouge les pieds en sous-marin pour ne pas être repérés dans le grand calme qui doit régner pendant qu’ils parlent au-dessus de nous, de la journée, des problèmes ou de ceux qui font la même chose dans la maison d’à côté. Du mal qu’ils ont dans le dos à force d’emmener tous les jours leur grosse existence au travail, et des échardes et des dards qu’ils ont dans les mains et qu’il faudra enlever avec une pince après le repas. Et nous on brûle de mordre et défoncer la viande, d’exploser la soupe mais on attend. On la ferme en bougeant des pieds sans faire trembler la table, sinon torgnole. Et quand le père il a goûté alors on y a droit nous aussi, au petit morceau de tendresse qui vous fond sur la langue.
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marina53marina53   18 mai 2017
Pendant que les vieux retournaient leurs sillons, nous on était encore à marcher partout, et marcher encore dans le reste du brouillard qui vous colle la peau contre le froid du ciel que même les chevaux n'en veulent plus.
À écouter les cris des chiens qui hurlent tellement ils en ont marre de la pluie eux aussi. (…)
À aller mendier du soleil au village tous blafards comme du lait, et à couper des bâton pour s'en mettre des coups aussi puissants que nos rires.
À grimper aux arbres sur les branches et y gueuler tout ce qui tend dans le ventre et se faire secouer là-haut, et s'accrocher encore et gueuler toujours. Gueuler plus fort que ce souffle raide qui vous pique le visage et vous glace le trou du cul presque toute l'année durant.
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marina53marina53   18 mai 2017
Ma mère elle a pas beaucoup de mots qui lui sortent de la bouche, elle nous fait plutôt des regards. Elle parle avec son visage et moi et mon frère on comprend tout.
Elle a des yeux fatigués comme des amandes sèches, pour dire des choses elle regarde et nous autour on sait qu’il faut pas l’emmerder ou glisser du couloir vers la chambre.
Ses bras il y a de la lassitude dedans mais ils sont jolis quand même, ils pèsent un peu gris. Parfois elle dit oui ou elle dit non, elle a toujours ce qu’elle veut parce que c’est le plus juste, se tromper elle sait pas faire.
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marina53marina53   18 mai 2017
On avait encore quelques étés pour que les visages soient rouges, pour que le sang nous frappe les tempes et fasse battre en nous le temps qu'il nous reste.
On avait encore de quoi vivre un peu.
C'était comme quelques carcasses qui nous tournaient autour, avec chacune ses petites mouches et leur baluchon de tristesse. Il suffisait d'avancer dans l'existence pour ne plus voir qu'au travers de la nuée, et d'avoir toujours des insectes entre les yeux et le reste.
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Alice_Alice_   14 mai 2017
Comme on n'arrêtait pas de regarder le chien, celui des deux qui s'appelait Pedra il nous a raconté comment il l'avait récupéré.
C'était en Serbie trois ans avant, il l'avait ramassé dans une station-service en bordure de ville parce qu'il avait vu son maître se faire écraser.
Le bonhomme il était trop défoncé par terre sur le parking, et c'est un camion qui lui est passé dessus parce qu'il l'avait pas vu dans son angle mort.
Pedra il était à côté et il s'est retourné quand il a entendu les os du type craquer sous la marche arrière du poids lourd. Je lui ai demandé s'il avait eu mal l'autre par terre, mais il m'a dit qu'il était tellement loin qu'il s'était rendu compte de rien, ses yeux se sont même pas ouverts quand le camion lui a roulé dessus.
Il nous a dit comme ça qu'il en avait connu plein des gars morts sous le poids du monde. ça m'a fait rire dans ma tête qu'il sorte des jolies phrases pour une mort aussi pourrie.
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Le 4.06.2019, Capucine et Simon Johannin étaient interviewés par Eva Bettan à l'occasion de leur sélection sur la liste du prix du livre Inter 2019.
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