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Tayari Jones (Autre)
EAN : 9782266306430
Éditeur : Pocket (20/08/2020)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 117 notes)
Résumé :
Celestial et Roy viennent de se marier. Elle est à l'aube d'une carrière artistique, il occupe un bon job et rêve de lancer son business. Ils sont jeunes, beaux, l'incarnation du rêve américain... à ceci près que Celestial et Roy sont noirs, dans un État sudiste qui fait peu de cadeaux aux gens comme eux. Un matin, Roy est emmené au poste, accusé d'avoir violé sa voisine de palier. Celestial sait qu'il est innocent, mais la justice s'empresse de le condamner à douze... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (67) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  01 septembre 2019
°°° Rentrée littéraire 2019 # 12 °°°
Tayari Jones est une auteure américaine. Noire. Ses personnages, les mariés du titre, Roy et Celestial sont noirs, mais elle a choisi de ne pas leur faire porter leur couleur en étendard pour un propos universel – comme le suggère le titre.
« La race, c'est essentiel pour définir un individu d'un point de vue politique et social. Mais en même temps, c'est un critère vide, qui n'a pas davantage de sens que le sexe ou la couleur des yeux : la race ne dit rien de la personne que vous avez en face de vous. J'écris sur la communauté noire américaine mais je me sens très exactement comme un écrivain russe qui écrit sur les Russes : ce qui compte vraiment, c'est qu'ils sont des êtres humains, et que, partageant la même expérience humaine, le lecteur se sente lié à eux. »
Ces mots sont de la grande Toni Morrison. Nul doute que Tayari Jones se place ( modestement ) dans ses pas. Celestial et Roy sont traités comme des êtres humains au-delà de leur couleur de peau. Ce qui rend tout le propos du roman extrêmement subtil, surtout lorsqu'il s'agit de traiter du racisme et des discriminations qui frappent la communauté afro-américaine.
Roy est condamné à tort pour un viol. Il était juste au mauvais endroit, à la mauvaise heure, avec la mauvaise couleur de peau aux yeux d'un jury judiciaire qui n'avait pas la même. Plutôt que de s'attarder sur les procès qui le condamnent, Tayari Jones choisit de carrément les zapper dans un art de l'ellipse remarquable. Cela a déconcerté et déçu pas mal de lecteurs au vu des retours de lecture sur Babelio, pas moi.
Au contraire, elle préfère resserrer son action sur le vécu de Roy et Celestial, ainsi que les conséquences sur leur couple de très jeunes mariés. C'est à travers leur correspondance épistolaire qu'on découvre toute l'injustice du système judiciaro – carcéral américain. Cette plongée dans l'intimité du couple permet de comprendre sa colonne vertébrale et son délitement progressif. Ces lettres sont sans doute les moments les plus réussis, les plus forts du roman.
Car ce qui intéresse Tayari Jones, c'est avant tout de décortiquer les ressorts d'un couple dans la tourmente, quel que soit sa couleur de peau. Elle le fait avec une acuité folle et beaucoup de classe, explorant tous ses ressorts, les interrogeant avec intelligence ( loyauté, trahison, accomplissement personnel, sens du sacrifice, culpabilité, rapports de force ). Personne ne se trompe, ni Celestial, ni Roy, ni Andre ( le nouveau compagnon de Celestial ), tous sont blessés et tous se racontent dans ce roman choral à trois voix.
Et pourtant, ce ne sont pas des personnages particulièrement aimables, ils sont plein de défauts ce qui les rend très intéressants, complexes et profondément humains. C'est d'autant plus fort de parvenir à rendre leur histoire aussi déchirante. Mais le personnage qui m'a le plus saisie est le père de Roy. Il est magnifique dans sa dignité à soutenir et aimer plus que tout ce fils qui n'était même pas le sien au départ, ce fils qui a cru avec arrogance au rêve américain comme une revanche pour s'extraire de la pauvreté de sa famille et qui s'est fait broyé. Il est bouleversant lorsqu'il parle de son mariage américain à lui qui a tout surmonté, né à une époque où la ségrégation frappait encore. Concernant la thématique de la filiation, juste pas emballée par l'épisode fortuit de chez fortuit qui concerne le père biologique de Roy, pas nécessaire et pas à la hauteur de la subtilité du roman.
J'ai dévoré ce remarquable roman, complètement happée dès les premières pages par ce thriller de l'intime où se joue le devenir d'un couple dans ce qu'il a de plus banal et de plus singulier.

Lu dans le cadre du jury Grand Prix des Lectrices Elle 2020 ( n°2 )
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Kittiwake
  31 août 2019
Qu'est-ce que ça représente d'être noir, afro-américain dans les états du Sud des Etats-Unis de nos jours? Certes, des lois ont aboli la ségrégation et sur le papier instauré une égalité incontestable. Il n'empêche, et les prisons en sont la preuve, que dans les faits, la couleur de la peau reste une circonstance aggravante dans toute situation litigieuse .
Roy se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment, et lorsqu'une femme blanche l'accuse de viol, et cela malgré les témoignages de son épouse avec qui il séjournait dans le même hôtel que la plaignante , il écope de douze années de prison. Pour un jeune marié, la pilule st difficile à avaler.
Les années passent et pour Célestial, la jeune épouse, elles sont longues, et mettent à rude épreuve la stabilité du jeune couple.
L'incarcération modifie profondément les relations à l'entourage, et constitue un inducteur pour les confidences. Et de nombreux secrets de famille seront mis à jour au cours des séances de parloir. La prison est aussi le lieu de rencontres inattendues.
Le sujet est amer : racisme ambiant, fragilité des liens familiaux, et pourtant l'auteur n'hésite pas à utiliser un ton léger, et même humoristique, qui contribue largement à l'agrément de la lecture.
Ce roman, qu'Obama a qualifié de bouleversant, est en effet un excellent état des lieux de l'identité afro-américaine dans l'Amérique du Nord de nos jours, et prodigue de surcroît d'agréables heures de lecture.
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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greg320i
  15 août 2019
Si je publie ce billet aujourd'hui, c'est avant tout car je remercie Babelio qui me proposa d'en être l'heureux élu à cette lecture sans souci.
Donc j'adresse milles mercis pour m'avoir choisi aussi spécialement : Ô joie infinie :)
Car effectivement,,
Hoo ,ce roman, quelle claque, quel choc ,mais que d'émotions jean-mimi!
Et si je suis bouleversé par ce Mariage Américain, c'est que l'auteur en est bouleversante de par l'écrit.
Appréciez ses qualités s'il vous plait mes amis :
-Du "parler" comme si vous le viviez en direct ,hum, si vrai, si frais ,
moelleux et riche en goût tel le brie , ,
. Mes humbles félicitations d'ailleurs à la traductrice pour son beau rôle de composition /transmission .
- Une intelligence de construction ( les deux visions de chaque personnage entrecoupé de leur courrier respectif ) qui donne un bon 'ton' à ce texte.
-En parlant du goût ? Soyons fou, , employons même des caractéristiques culinaire s'il le faut pour avancer et justifier mes propos.
Bref , un voyage exquis vers un autre continent qui vaut son lot de dépaysement assurément :trace d'un un incroyable contingent.
Tour à tour déclaration d'amour, tendresse et danger de l'éloignement.
Tantôt cruauté de la vérité qui explose sous nos yeux médusés.
Alors voilà , , Faut-il rajouter quelque chose de plus quand l'essentiel est déjà là d'en lire le contenu tout simplement ?
Pour assister à un spectacle des plus brillant ,il ne vous suffira que d'une bonne vision .
A la question - "Pour quel public cet admirable chef d'oeuvre ?"
Je réponds assurément : à ceux qui veulent vivre la passion, l'amour, le feu des regards croisés de ce couple qui rencontre un destin pour le moins incertain.
Suspense quand tu nous tiens.. Ô oui , retiens nous.
♫ Retieennns la Nuit ,, mon Dieu qu'elle parait si beleeuhhh , ♫
Oups, Pardon..
Je termine par ce constat après bien des heures passé de "whoaa" et de "hannn" pour marquer mon empressement à tourner les pages ..
ICar oui , il va en falloir de la témérité et du courage pour refermer le livre , et en rester d'envies sous le pied comme on dit .
Ha oui ,, et aussi : Ce prestigieux prix Women's Prize 2019 , mes félicitations sincères à cette dame qui en mérite hautement la remise et ses compliments.
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pompimpon
  21 août 2019
Ils sont jeunes mariés (Celestial dit que leur mariage se comptait encore en mois comme pour les enfants) quand l'injustice absolue leur tombe dessus, qui va séparer Celestial et Roy pour de longues années.
Comment vivre cette situation révoltante ? Comment être, rester mariés quand on n'a eu que dix-huit mois de vie commune comme époux ? Comment maintenir le lien alors que les préoccupations de chacun divergent déjà si rapidement après la catastrophe ? Où vont les loyautés ?
Les voix de Roy, son épouse Celestial, et Andre, le meilleur ami de cette dernière, vont s'entremêler pour raconter : Roy tout d'abord, puis vient le point de vue de Celestial, et celui d'Andre lui succède. Leurs interventions sont entrecoupées d'échanges épistolaires, qui amènent un nouveau regard sur le couple s'enfonçant dans une crise apparemment inévitable.
Entamé comme l'histoire d'un couple récent cherchant encore ses marques entre les deux familles, sa place au sein de chacune d'entre elles, avant de basculer dans une catastrophe qui laisse KO, cet ouvrage aurait pu être une nouvelle pierre au gigantesque édifice dénonçant les conséquences d'un racisme resté assez ordinaire aux États-Unis.
On comprend dès les premières pages que ça ne sera pas le cas. Il n'y a pas de repère chronologique clair dans la première partie du livre, quelques cailloux semés par-ci par-là permettant de se faire une idée ensuite. Le déroulement de l'intrigue est "hors-sol", sans contexte précis, apportant un caractère immuable à la tragédie que vivent Celestial et Roy, parce qu'ils sont noirs.
Cette tragédie, ils ne la vivent pas dans l'Amérique clairement ségrégationniste des années 50 et 60. Ils ne la vivent pas dans les années 90 lors des émeutes de Los Angeles.
Il y a pourtant, parce que Celestial est née en Géorgie et Roy en Louisiane, comme un écho des révoltes, des luttes menées par les mouvements afro-américains en eux. La certitude que cette horreur judiciaire ne devrait pas leur arriver après tous ces combats et les lois qui en ont découlées. Qu'elle ne devrait plus jamais être possible.
Mais le sujet du livre est ailleurs. Il est dans ce couple, ces deux êtres qui le forment avec leurs convictions et leurs contradictions, avec leur histoire familiale et le milieu dont ils sont issus.
Celestial est une jeune femme de la bonne société d'Atlanta, tandis que Roy a grandi dans une famille modeste et qu'il a poursuivi un cursus universitaire grâce aux "dispositifs d'aide aux enfants issus de milieux défavorisés", dit-il.
Celestial veut mener sa vie et se réaliser comme une artiste, et pas uniquement comme la fille unique de parents aisés. Roy veut garder, puis reprendre la vie que douze jurés lui ont confisquée.
J'aurais aimé les aimer davantage, une fois passée la catastrophe, quand la toile s'effiloche, pour reprendre une métaphore de Celestial. Ça n'a pas été possible. Bien entendu, j'ai été atterrée par ce qui leur tombait dessus… après avoir été agacée par leurs disputes et le contexte familial qui m'a semblé assez caricatural. Mais rien ensuite ne m'a réellement fait vibrer, l'évolution de leur situation à tous étant franchement conventionnelle et sans surprise.
La structure du texte était une idée intéressante, elle nécessitait pour fonctionner qu'on puisse reconnaître chaque narrateur autrement que par le nom en tête de chapitre ou à la fin des lettres. Or, j'ai eu du mal à les distinguer et suis retournée plusieurs fois vérifier le nom de celui ou celle qui apportait son point de vue.
Le ton un brin monotone de l'ensemble n'est pas parvenu non plus à me convaincre des élans passionnés censés traverser ces êtres, que dis-je, les couper en deux, les dévaster, les ravager, oui ! ni de la lutte dantesque qu'ils ont à mener.
J'ai refermé cet ouvrage après quelques heures d'une lecture qui n'a pas été déplaisante mais qui aurait dû me laisser au moins sur le flanc, à l'aune des épreuves traversées.
Je suis peut-être passée à côté…
Merci aux éditions Plon et à Babelio pour leur confiance. J'ai été ravie de recevoir ce livre à la couverture attirante avec cette illustration d'un arbre dont le tronc se brise et fait basculer la cîme.
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musemania
  27 septembre 2019
Ce livre est le récit d'une histoire d'Amour entre Celestial et Roy, amour qui leur a été volé quand Roy a été injustement accusé de viol et jeté en prison. Encore jeunes mariés, ils ont vécu moins longtemps ensemble qu'éloignés. L'amour a ses limites et notamment, quand survient une séparation. Mais le deuil d'une histoire d'amour ne se fait pas de la même façon selon les individus et Roy, une fois sorti de prison, compte bien reprendre sa place dans la société mais aussi dans sa vie, dans son couple.
Roy et Celestial sont des afro-américains. C'est clairement spécifié dans la quatrième de couverture mais sans en faire un roman revendicatif, l'auteure Tayari Jones n'est pas sans rappeler le talent de la regrettée Toni Morrison. Avant de les différencier par leur couleur, Celestial et Roy sont avant tout des êtres humains, qui partagent des ambitions, des rêves comme tout un chacun. Mais vivre comme eux dans un état sudiste lorsque l'on a une autre couleur de peau que blanche, va malheureusement engendrer des différences, des formes lascives de racisme au quotidien.
Tayari Jones décortique les relations humaines et plus particulièrement celles de ce couple. Elle n'approfondit pas l'épisode du procès et de la problématique des erreurs judiciaires pour se concentrer sur la psychologie de ses personnages, leurs ressentis, leurs blessures. Cet évitement pourra en rebuter plus d'un mais je ne pense pas qu'elle ait voulu écrire sur le système judiciaire américain mais bien sur une société dont les dissemblances pullulent. Alors séparés par la prison, Celestial et Roy s'écrivent des lettres, souvent touchantes, sensibles et si sincères.
Ainsi, alors que Roy s'est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, la terre a continué de tourner, les sentiments d'être partagés ou non. L'écriture de Tayari Jones est tendre, ne rendant pas ses personnages parfaits mais dotés de défauts comme tout être quelconque. Cette histoire si réelle et captivante rend compte de l'American Dream qui n'est finalement destiné qu'à une certaine franche de la population dans un pays si riche de diversités pourtant. Intelligemment écrit, sans tomber dans le pathos, l'auteure sait faire comprendre ce racisme latent, pourtant ô combien dangereux.
Lien : https://www.musemaniasbooks...
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critiques presse (4)
LeJournaldeQuebec   12 novembre 2019
À cause d’une erreur judiciaire, un couple de trentenaires afro-américains sera séparé à jamais. Une histoire bouleversante qui s’inscrit déjà dans notre palmarès des meilleurs romans de l’année.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaPresse   18 octobre 2019
Ce pourrait être une histoire d’amour rose bonbon s’il n’y avait pas le contexte social et politique et la profondeur des questionnements de Tayari Jones. Son roman est à la fois tragique et puissant, complexe et bouleversant.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Lexpress   01 octobre 2019
Immersion dans la classe moyenne noire du sud des Etats-Unis, Un Mariage américain aborde finement le racisme, la famille, la loyauté. Avec un épilogue des plus inattendus.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Actualitte   02 septembre 2019
Et parce que le roman est parcouru de ces nuances, de ces tristesses qui dépassent de loin le traditionnel récit romantique, on s’éprend de ce couple détruit, qui pourtant fait face. On est touché par la grâce de cette étincellante relation.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
StelphiqueStelphique   24 septembre 2020
Pas évident d’estimer le temps quand on a le cœur qui joue au flipper dans la poitrine.
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StelphiqueStelphique   24 septembre 2020
La vérité allait me déchirer comme une morsure de chien.
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StelphiqueStelphique   24 septembre 2020
À cet instant, je le jure, les dieux me sourirent.
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StelphiqueStelphique   17 septembre 2020
C’est peut-être ce que tu as vu: le temps qui s’enfuit.
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AllilyAllily   08 septembre 2019
Le mariage ressemble beaucoup à une greffe. D’un côté on a la branche à peine coupée, la sève qui sourd, le parfum de printemps, et de l’autre l’arbre dépouillé de son écorce protectrice, creusé et prêt à recevoir le corps étranger. Mon père avait pratiqué cette opération chirurgicale sur un cornouiller dans la partie du jardin située le long de la maison. Il avait attaché une branche à fleurs roses volée dans les bois sur l’arbre à fleurs blanches de ma mère, acheté dans une pépinière. Il avait fallu des mètres de jute et deux ans pour que le greffe prenne. Aujourd’hui encore, après toutes ces années, le cornouiller a quelque chose de pas tout à fait naturel, en dépit de sa splendeur bicolore.
+ Lire la suite
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