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Jacqueline Odin (Traducteur)
EAN : 9782848050836
251 pages
Éditeur : Sabine Wespieser (06/05/2010)
3.85/5   105 notes
Résumé :
« Chaque fois que la femme heureuse en ménage partait, elle se demandait comment ce serait de coucher avec un autre homme. » Dès la première phrase de la nouvelle titre de son recueil, Claire Keegan ferre l’attention du lecteur. L’intrigue qu’elle met en œuvre en peu de pages ne le décevra pas.

Qu’elle décrive des histoires d’amour malheureuses – dans L’Amour dans l’herbe haute, l’héroïne vient attendre, neuf ans après qu’ils se sont quittés, son aman... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
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cicou45
  31 décembre 2012
Recueil composé de quinze nouvelles, je ne connaissais pas l'auteure jusqu'alors mais j'ai été attirée à la fois par son titre et sa quatrième de couverture. Etant passionnée par l'Irlande et ayant été envoûtée par ce pays lorsque je m'y suis rendus lors d'un voyage scolaire il y a une dizaine d'années de cela, j'avais envie de découvrir des auteurs de là-bas, et notamment Claire Keegan dont le livre m'avait paru prometteur.
Je n'ai effectivement pas été déçue ! Certes, certaines nouvelles m'ont plus passionnée que d'autres mais il y règne généralement toujours une onde de mystère, dans un pays où la nature est généralement ingrate en raison de son mauvais temps et où il faut se battre, travailler sans relâche afin de pouvoir survivre ! Mais pourtant, pays ô combien enchanteur ! Dans chacune de ces nouvelles, on y retrouve une trace de son Irlande natale, une intrigue et un petit plus qui fait que l'on a envie d'en savoir toujours plus. Avec une écriture simple et limpide, des nouvelles généralement courtes, le lecteur se laisse rapidement entraîné dans ce recueil. Si je n'ai pas accordé la note maximum à cet ouvrage, c'est tout simplement parce que j'ai été un peu frustrée par la fin de certaines nouvelles mais surtout, n'hésitez pas à découvrit ce fantastique ouvrage !
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SeriallectriceSV
  09 mai 2021
Une plume découverte avec Ce genre de petites choses, le dernier opus en date de Claire Keegan, j'ai poursuivi ma découverte avec son deuxième roman Les trois lumières. Deux romans que j'ai beaucoup appréciés. J'en ai aimé la poésie et les silences.
Alors, je continue d'explorer l'univers de l'auteure, et avec L'Antarctique, son premier recueil de nouvelles, je suis une nouvelle fois admirative devant son travail d'écriture, cette façon qu'elle a de nous abreuver d'images, nous laissant libres de voguer et de composer avec elles. de nous en imprégner, de sentir la tension qui s'installe malgré les mots calmes et délicats distillés, de nous laisser happer par ces intrigues, ces tranches de vies plus ou moins complexes, ces expériences de vie plus ou moins secouées et les sentiments qui les accompagnent. Il y a de la douleur, de l'amertume, de la folie, des traumatismes, de l'adversité dans ces nouvelles. de la souffrance, de la culpabilité, de la vengeance, de l'amour aussi. La vie, quoi ?
J'aime définitivement l'univers singulier de l'auteure. J'aime sa vision des relations humaines, sans fioriture, si juste, et son écriture si précise.
Pas de doute, je guetterai avec plaisir les prochaines sorties de l'auteure.
Lien : https://seriallectrice.blogs..
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emmyne
  16 janvier 2012
Ayant été littéralement retournée par le récit " Les trois lumières " au point d'avoir renoncé à la chronique, il me semblait périlleux de me plonger dans le livre précédent de Claire Keegan tant le risque de frustration, de déception, me paraissait inévitable.
Et pourtant la curiosité l'emporte, la fascination pour l'écriture, l'étrange désir de se perdre encore dans cette émotion.
Quinze nouvelles, un véritable étourdissement, un recueil qui porte si bien son titre. Les femmes, dans ces textes, traversent une immensité froide, s'éloignent de leurs repères. Il y a quelque chose de redoutable, de rude et d'impérieux dans ces mots là. Des portraits qui égratignent. Et pourtant, le ton, s'il est incisif, n'est pas à l'introspection. C'est l'intensité des scènes, effrayantes de précision pour le moindre détail, l'incertitude d'une attitude, ces secondes de temps flottant, une densité saisie et saisissante en instantanés à la fois pudiques et prosaïques.
On peut être surpris, dérangée parce que c'est parfois dérangeant, par la violence des sentiments suggérés, par la crudité de certains mots après avoir lu " Les trois lumières ". Cependant, il s'agit bien du même style épuré qui dit l'essentiel, la même force d'évocation à travers des moments choisis au quotidien, la même pointe qui touche au plus juste, une tension sensible. Et ces phrases qui s'insinuent.
Ce recueil là, c'est une lumière blanche.

Lien : http://www.lire-et-merveille..
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maevedefrance
  11 juin 2011
Si vous aimez Nuala O'Faolain, vous aimerez Claire Keegan : sans même savoir que la première avait encouragée la seconde à publier (même si c'est clairement écrit sur la 4e de couverture !), j'ai retrouvé la même force et le même mordant dans ce recueil de nouvelles et cela m'a hantée pendant une bonne partie du livre.

Commencer la première nouvelle de Claire Keegan, "L'Antarctique", c'est ne plus lâcher le recueil avant de l'avoir terminé jusqu'au dernier mot. Dans une écriture simple, mais dense par tous les sous-entendus qu'elle soulève, l'écrivaine plante le décor dans la campagne irlandaise ou américaine (mais ça pourrait très bien aussi se passer en France) et raconte la vie des femmes, le machisme ordinaire qui veut, par exemple, que jusqu'à une certaine époque, les femmes ne conduisent pas, et tant d'autres petits détails qui montrent un asservissement parfois inconscient. Avec beaucoup d'ironie et d'humour ses héroïnes font face. Unetelle prendra le volant dans une situation critique sous l'oeil médusé du mari, une autre victime de discrimination par rapport à la beauté de sa soeur mais pas stupide pour autant, trouvera le moyen tout simple pour que cela cesse. Toutes ces femmes ont joué le rôle que la société et l'univers des hommes leur assignaient, jusqu'au jour où elles ont décidé que ça suffisait. Et leur réplique est le plus souvent pimentée comme du Tabasco, mais parfois beaucoup plus tragique... On peut difficilement en dire davantage parce que ces nouvelles se dégustent et la fin est toujours une surprise. le génie de Claire Keegan c'est aussi de ne pas tout dire, de mettre en évidence les non-dits et de laisser le lecteur en tirer les conséquences. Tous ses personnages ne sont pas forcément ce qu'ils ont l'air d'être jusqu'au jour où...
Les nouvelles qui m'ont le plus marquée : "Les hommes et les femmes", "Les soeurs", "Le sermon à la Ginger Rogers", "L'amour dans l'herbe haute", "La soupe au passeport", "On n'est jamais trop prudent" et "L'Antarctique". Mais j'en oublie sûrement !
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Tempsdelecture
  08 février 2018
Ces nouvelles sont prétexte à l'exploration d'un huis-clos que l'auteure présente, pénètre subrepticement, analyse et dépeint. Et à un moment donné, se passe un déclic, tout comme Betty, personnage issue de la nouvelle Les Soeurs, lorsqu'elle se rend compte que sa soeur est rentrée définitivement à la demeure familiale, héritée conjointement à la mort de leur père, et qui se décide à agir pour « expulser » l'occupante indésirable du logis qu'elle a toujours occupé et entretenu alors que celle-ci faisait sa vie en Angleterre. Pas de cris, pas de sang, seul un geste plein de cruauté et d'agressivité refoulée qui finira par annihiler tout désir de cohabitation. Il s'agit aussi de dénoncer l'impossibilité pour certaines personnes de cohabiter ensemble, ou plutôt, de dénoncer cette impossibilité pour eux de se séparer avant qu'il ne soit trop tard et que les gens s'abîment les uns les autres ainsi ceux qui les entourent. Impossibilité à vivre vraiment ensemble, impossibilité de vivre séparément, Claire Keegan ne propose aucune solution, elle laisse ses personnages vivrent comme ils l'entendent jusqu'au point de non-retour. Ces relations impossibles sont vouées à la destruction tôt ou tard, on le comprend vite: chaque cellule familiale, décrite dans chaque différente nouvelle, se situe à un stade différent. Quoi qu'il en soit, on subodore que l'un des individus sera sacrifié, le plus faible, le plus seul, sur l'autel de l'aveuglement, de l'égoïsme et de la lâcheté individuelle ou collective. On ressent parfaitement cet espèce de bataille sous-jacente, de la solitude désespérée dans laquelle les individus sont si profondément ancrés, de ces gens qui ne se supportent plus mais qui restent ensemble par « nécessité »: personne n'ose briser la cellule familiale, par habitude, par peur de l'inconnu, pour raison pécuniaire ou pour tout autre motif, même si l'ailleurs représenterait peut-être une fenêtre ouverte au bonheur. La famille, de quelle forme qu'elle soit – traditionnelle, recomposée, en devenir – est un exercice difficile tout comme la communication entre les individus est difficilement réalisable. le discours directe, qui transpose les dialogues, est d'ailleurs rare et peu fourni, il est souvent constitué de répliques isolées, de bouts de phrases composés uniquement de quelques mots: à la parole de l'un s'oppose le silence obstiné de l'autre comme dans La caissière chantante, qui dépeint la vie une fratrie, composée de deux soeurs, qui finissent par découvrir l'innommable dans la rue où se trouve la maison qu'elles habitent seules depuis le décès de la mère.
Entre les taiseux, les menteurs ou simplement les dissimulateurs, les non-dits submergent cette société irlandaise, où l'essentiel consiste finalement à essayer de vivre simplement et de survivre. Non-dits à l'image de la langue de Claire Keegan aussi économe en mots que puissante par ses images et les sentiments qu'elle sait provoquer chez son lecteur: une campagne et un pays austères et bruts à l'image de ses habitants ne faisant que se refléter à travers son écriture concise et brève, incisive, sans concession qui laisse toute la place aux personnes, aux objets même, à leurs regards et sentiments, qui ne s'expriment pas forcément avec les mots. Les bruits, tels les crépitements d'une machine à coudre, les ronflements du voisin, la radio allumée, les cancans des femmes du quartier, le chant aussi bien que les regards – l'éclat des bijoux clinquants, les odeurs – la fumée de cigarette, les relents de cendre froide du cendrier ou même le goût – la saveur lactée et écoeurante sur le palais de la jeune narratrice.
Les questions ne trouvent souvent aucune réponse et laissent place à la sensibilité du lecteur pour y répondre de lui-même. Car, bien souvent, les fins des nouvelles sont plutôt abruptes, à mon sens, il n'y a réellement de dénouement comme si l'auteure ne voulait pas apporter une fin ferme et définitive à ses histoires mais tenait à laisser en suspens le destin de ces hommes et femmes, dont nous n'avons su appréhender qu'une bribe de vie. Elle a ainsi conscience que ces quelques pages ne sauront satisfaire à comprendre l'exhaustivité d'une vie entière.
Habile psychologue, Claire Keegan possède une finesse d'esprit et d'écriture assez rare. Elle pointe du doigt et creuse les grandes fêlures de ses personnages abîmés, malheureux dans leur vie, momentanément ou définitivement, de familles escagassées, d'une société impitoyable qui s'épuise dans les erreurs et les faiblesses de ses individualités. Avec une telle acuité d'esprit, elle est la preuve que parfois, une écriture brève mais efficace est parfois terriblement plus éloquente qu'une logorrhée sans fin.
Surtout, ne passez pas à côté des textes de Claire Keegan, accordez-vous deux heures pour lire, explorer et savourer L'Antarctique, qui reste, à mon humble avis, un de ces recueils qui rendront votre journée meilleure.
Lien : https://tempsdelectureblog.w..
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critiques presse (1)
Telerama   21 septembre 2011
La nouvelliste ne hausse jamais le ton et son écriture maîtrisée lui permet de disséquer toute l'intranquillité du monde.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   27 mars 2015
La voix de la jeune fille a changé lorsqu'elle a parlé de son pays. Elle parlait comme si elle pouvait tendre le bras à travers le passé et le toucher du doigt.
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PiatkaPiatka   23 mars 2015
Bridie met du rouge à lèvres et de la poudre de riz, pourtant elle a des mains d'homme. Je trouve que sa tête ne va pas avec son corps, pareil que mes poupées quand j'échange leurs têtes.

Des hommes et des femmes
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PiatkaPiatka   26 mars 2015
Jusqu'à ce que la mort nous sépare, a dit le médecin. C'est toujours les gens mariés qui pleurent aux noces. Ils connaissent la différence entre les serments et la vie.
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TempsdelectureTempsdelecture   08 février 2018
Mardi, lorsqu’il rentre chez lui, le break est garé dans l’allée. Sa femme est dans la chambre de la fillette. Il l’entend la-bas. Elle a remonté le mécanisme du coffret à bijou de l’enfant. Il sait qu’elle est assise là-bas sur le lit de la fillette, qu’elle regarde la petite ballerine en plastique tourner sur son ressort, qu’elle se tourmente. Il entrebâille la porte et glisse un coup d’oeil à l’intérieur. Sa femme le transperce, le dépasse du regard, comme si elle voulait distinguer derrière lui une image dont il la prive. Il est devenu le mari invisible.

« Hé, ho » dit-il.

Il s’approche, s’assoit sur le lit et lui pose une main sur la cuisse. Elle rejette cette main à la façon dont elle chasserait un serpent de ses genoux, attrape le coffret à bijoux et quitte la chambre. Lorsque Franck se dirige vers le salon, il la voit assise dans la galerie, entend la musique, qui ralentit à mesure que le ressort se détend. Ce soir, il ne soucie pas de dîner. Il prend une bouteille de Scotch dans le placard des alcools et l’emporte dans sa chambre avec le journal. Il lit les manchettes, la page des sports et le carnet de deuil, puis va dans la salle de bains et s’assoit sur le siège des toilettes. Lorsqu’il lève les yeux, il voit, accroché au mur, un agrandissement de sa fille qui n’était pas ici la veille. C’est une photo d’elle en porteuse de fleurs au mariage de la belle-soeur de Franck. Elle a une robe en satin rose longue jusqu’aux pieds, leur extrémité pointe à peine sous le bas du tissu. Elle tient un bouquet de roses blanches entourées de gypsophiles. Franck Corso assis là sur les toilettes cache son visage dans ses mains et pleure.
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claraetlesmotsclaraetlesmots   25 juin 2010
Je suppose que j’ai mes raisons personnelles pour venir ici. Peut-être que j’ai besoin d’un peu de ce qu’a ma mère. Juste un peu. J’en prends une petite dose afin de m’immuniser .C’est comme une vaccination. Les gens ne comprennent pas, masi il faut regarder le pire en face pour être paré contre tout .
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Videos de Claire Keegan (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Claire Keegan
A l'occasion de l'Escale du Livre 2021, Claire Keegan vous présente son ouvrage "Ce genre de petites choses" aux éditions Sabine Wespieser. Entretien avec Julia de Chaumont.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2462987/claire-keegan-ce-genre-de-petites-choses
Note de musique : © mollat
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